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Des patrouilles mixtes pour sécuriser Bamako après l'attaque du Radisson

La garde présidentielle patrouille à Bamako le 21 novembre 2015. (AP Photo/Jerome Delay)

A Bamako, placée sous état d'urgence depuis l'attaque du Radisson, des patrouilles mixtes formées de policiers maliens et de Casques bleus parcourent les rues pour rassurer la population.

Des véhicules longent des constructions inachevées plongées dans le noir, puis s'arrêtent soudain. Policiers maliens et de l'ONU en descendent, entrent au jugé dans un bâtiment et embarquent deux dormeurs. A Bamako sous état d'urgence, ces patrouilles mixtes sillonnent les rues de nuit pour rassurer la population.

Le délit reproché aux deux malchanceux, conduits en short à travers un terrain vague à l'arrière des pick-ups, les yeux encore bouffis de sommeil, par les policiers maliens et les Casques bleus en armes et gilets pare-balle: l'absence de pièce d'identité.

Dans la nuit fraîche de novembre, ils ne traquent pas les jihadistes en tant que tels. Leur mission consiste plutôt à faire des contrôles d'identité et fouiller des véhicules.

Fréquentes à l'intérieur du pays, en particulier dans le Nord confronté au quotidien à la menace jihadiste ou au banditisme, ces patrouilles mixtes qui opèrent de 22H00 à 07H00 sont une première dans la capitale.

"Elles continueront tant que le gouvernement malien en fait la demande", précise-t-on à la Mission de l'ONU au Mali, la Minusma, dont le mandat ne comporte pas la traque de responsables d'attentat.

L'état d'urgence a été décrété le 20 novembre après l'attaque contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako, qui a fait 20 morts, outre les deux assaillants tués.

"Nous sommes là pour sécuriser la population et non pas la brutaliser", rappelle un officier sénégalais de la Minusma à ses hommes avant le lancement des patrouilles, "vous n'avez pas droit à l'erreur".

Un impressionnant rassemblement de près de 200 Casques bleus, policiers et militaires maliens a pris ses ordres au Groupement mobile de Sécurité avant de se disséminer dans plusieurs quartiers de la capitale.

Population coopérative

Ces habitations ont été "sans doute squattées", explique l'inspecteur Diakité, d'un commissariat de la périphérie de Bamako, pour justifier le réveil impromptu des deux hommes dans le quartier de Souleymanebougou, emmenés pour un contrôle d'identité.

Les auteurs d'attentats "peuvent faire des choses et puis venir se camoufler ici, raison pour laquelle on y passe", poursuit-il.

Un peu plus tard, posté au milieu de la chaussée, l'inspecteur Diakité arrête les voitures. Les conducteurs et les occupants s'exécutent sous la lumière des flashs des caméras et appareils photo des nombreux journalistes invités à couvrir l'événement.

Au bord de la route, les groupes de jeunes assis en cercle autour des théières fumantes regardent passer dans l'indifférence les bruyants véhicules blindés de la Minusma qui brisent le calme d'une soirée presque ordinaire.

Les conducteurs dont les papiers sont vérifiés et les coffres des véhicules fouillés se prêtent de bonne grâce aux contrôles. "Ils ne s'opposent pas. Ils collaborent avec nous. Ils sont vraiment coopératifs", se félicite le policier malien.

"Je crois que ces mesures sont nécessaires et indispensables pour qu'au moins un minimum de contrôle et de sécurité puisse être assuré", approuve Hamidou Sampi, un passager contrôlé.

"A la longue, ça pourra un peu canaliser beaucoup de choses et amener la quiétude chez les populations", veut-il croire.

Le chef des opérations de la police de la Minusma, le colonel Christophe Monbelli-Valloire, de la gendarmerie française, dit ne pas penser "que la menace a changé. Elle a peut-être quelque peu évolué de façon asymétrique mais elle n'a pas changé totalement".

"Je suis présent depuis 2014, on a malheureusement connu des faits précédents. Je pense que c'est le contrecoup de ce qui s'est passé en France", ajoute-t-il, en référence aux attentats du 13 novembre à Paris, une semaine avant l'attaque de Bamako.

AFP

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Six soldats nigérians tués dans une embuscade djihadiste

Des maisons de boue ont été incendiées par des combattants islamistes de Boko Haram dans le village de Maiborti, à la périphérie de Maiduguri, dans le nord-est du Nigéria, le 17 décembre 2018.

Six soldats ont été tués dans une embuscade tendue par des djihadistes contre une patrouille dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, ont déclaré jeudi deux sources militaires à l'AFP.

Des combattants armés du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont ouvert le feu mercredi contre un véhicule militaire en patrouille près de Jakana, à 30 kilomètres de la capitale de l'Etat, Maiduguri. Tous les soldats à bord du véhicule sont morts.

"Nous avons perdu les six soldats lors de l'embuscade, y compris un colonel", a précisé une des sources militaires, toutes deux anonymes.

Les soldats se déplaçaient de Maiduguri vers Damaturu, la capitale du Yobe, un Etat voisin, quand les djihadistes ont attaqué vers 16H20 GMT, selon la même source.

"Le camion armé que conduisaient les soldats a été détruit", a complété la seconde source.

Après cette embuscade, les djihadistes ont attaqué une base militaire à l'extérieur de Jakana, utilisant sept camions munis de mitrailleuses pour entamer un affrontement d'une heure, selon les mêmes sources.

L'assaut a été repoussé par les soldats de la base, et les combattants de l'ISWAP ont abandonné des armes ainsi qu'un de leurs véhicules en prenant la fuite.

L'armée n'a pas confirmé officiellement les attaques.

La route de 120 kilomètres qui sépare Maiduguri et Damaturu a vu des attaques répétées, sur des bases militaires et des marchés dans des villages comme Jakana, commises aussi bien par des combattants de l'ISWAP que par Boko Haram, les deux groupes djihadistes qui opèrent dans la région.

En décembre dernier au moins 13 soldats avaient été tués lors d'une embuscade préparée par l'ISWAP près du village de Kareto, le long de cet axe.

Les djihadistes ont aussi lancé plusieurs attaques contre des civils sur la route, tuant les voyageurs et brûlant les véhicules.

Après près de dix ans, l'insurrection se poursuit dans le nord-est du Nigeria et déborde sur les pays voisins, au Niger, Tchad et Cameroun.

Plus de 27.000 personnes ont été tuées et environ deux millions ont fui leur domicile.

La crise s'est complexifiée en 2016, où une scission au sein de Boko Haram a vu émerger l'ISWAP, un groupe qui a prêté allégeance au chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi.

Des centaines de personnes rassemblées à Khartoum en "hommage" aux manifestants tués

Des journalistes soudanais manifestent contre les restrictions des libertés de la presse à Khartoum, au Soudan, le 15 novembre 2017.

Plusieurs centaines de Soudanais sont rassemblés jeudi à Khartoum en "hommage" aux manifestants tués dans la répression du mouvement de protestation contre le régime.

Des hommes et des femmes, scandant des slogans révolutionnaires, se sont dirigés en début d'après-midi vers un des plus grands parcs de la capitale soudanaise, selon des témoins.

Mercredi, les généraux au pouvoir au Soudan depuis la chute du président Omar el-Béchir et les meneurs de la protestation ont signé un accord entérinant le principe d'un partage du pouvoir pendant une période de transition d'un peu plus de trois ans.

Les pourparlers doivent toutefois se poursuivre vendredi sur plusieurs points sur lesquels les parties sont toujours en désaccord.

L'Association des professionnels soudanais (SPA), un des principaux mouvements de la contestation, avait appelé à des rassemblements jeudi en "hommage aux honorables martyrs de la révolution de décembre".

Le SPA a été un des piliers des manifestations qui ont débuté le 19 décembre 2018, à la suite de la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Le mouvement avait pris une tournure politique en réclamant la chute de M. Béchir, destitué et arrêté par l'armée le 11 avril, après trois décennies au pouvoir.

La tension entre militaires et protestataires était montée d'un cran après la brutale dispersion le 3 juin du campement de plusieurs milliers de manifestants installés depuis avril devant le siège de l'armée à Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Cette opération a fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et a provoqué un tollé international.

Tshisekedi demande à une entreprise chinoise d'augmenter les salaires des Congolais

Félix Tshisekedi, le nouveau président congolais, est suivi par son officier d'ordonnance, lors de son investiture, à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a demandé à un chef de chantier chinois d'augmenter les salaires de ses employés congolais lors d'une visite de travaux routiers dans la capitale, Kinshasa, a rapporté jeudi la presse congolaise.

"Cinq dollars par jour, c'est peu pour le travail qu'ils font. Vous devez revoir ces salaires à la hausse", a lancé le président Tshisekedi lors de sa tournée d'inspection mercredi.

"Je veux que leurs conditions de travail et de vie soient améliorées parce que vous allez recevoir de l'argent (de l'État congolais). Cet argent, eux aussi doivent en jouir", a insisté M. Tshisekedi, selon un enregistrement parvenu jeudi à l'AFP.

"Il faut payer ces salaires de manière régulière et constante. Il faut les rémunérer à leur juste valeur", a-t-il insisté, après avoir écouté un porte-parole improvisé des ouvriers congolais qui dénonçait les faibles rémunérations.

"A la fin du mois, je vais revenir pour m'assurer que tout a été respecté", a conclu le chef de l'État.

Il a inspecté mercredi les chantiers pour la construction de neuf "sauts-de-mouton" (des ponts routiers ou des échangeurs) qui doivent désengorger le trafic automobile aux grands carrefours.

Pour leur construction, l'Etat congolais aurait mis à la disposition de l'Office des Voiries et Drainage (OVD) environ 17 millions de dollars depuis le 28 mars 2019, d'après le site d'information économique en ligne deskeco.com.

L'OVD est associé à l'entreprise chinoise China Railway Engineering Corporation (CREC) pour la construction du "saut-de-mouton" où le président a fait sa remarque au responsable chinois, d'après le site actualité.cd.

En mars, des salariés congolais de commerces tenus par des étrangers avaient fait grève à Kinshasa pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail.

L'argent, au cœur des tensions sur le front de la riposte contre Ebola en RDC

Le Directeur Général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est plié au rite du lavage des mains, précaution de base dans la prévention contre la maladie à virus Ebola, à son arrivée à l’aéroport de Beni, Nord-Kivu, RDC, 15 août 2018. (Twitter/Monu

Pas suffisant, mal réparti, ou dépensé sans transparence : l'argent nourrit des jalousies, des frustrations et des violences sur le front de la guerre contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo où l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) déplore des "retards de financement".

Le gouvernement, l'OMS, les ONG, les Etats-Unis ... investissent des millions de dollars et des grands moyens ostentatoires (4X4 ultra-modernes) entre Beni et Butembo (est) pour lutter contre la fièvre hémorragique, élevée mercredi soir au rang "d'urgence de santé publique de portée internationale" par l'OMS.

Cet argent ne fait pas forcément le bonheur des habitants ni ne suscite leur gratitude. Il pourrait même expliquer une partie des violences qui entravent le travail des équipes de la riposte.

"Ici, la population ne connaissait pas les ONG, les humanitaires. D'un coup, ils ont vu beaucoup de grandes Jeeps apparaître dans la ville", analyse le maire de Butembo, Sylvain Kanyamanda.

- "Frustrations" -

"Il y a eu une forte réaction dans la population parce qu'ils ne comprenaient pas comment le gouvernement et la communauté internationale pouvaient investir autant d'argent et de moyens pour Ebola alors qu'ils ne font rien pour lutter contre les massacres des ADF (une milice armée) autour de Beni", ajoute-t-il.

Une revendication revient chez les habitants de Butembo: qu'au moins cet argent profite aux locaux et non aux Congolais venus d'autres régions ou aux expatriés.

"Les revendications sont toujours les mêmes depuis le début de l'épidémie : remplacer les expatriés par des nationaux. Certains disent +vous venez de vos pays pour venir récolter de l'argent sur nos morts+", déclare le vice-président de la Société civile Edgar Mateso.

Les différences de traitement entre les locaux et les autres sont régulièrement dénoncées.

"Avant d'être détaché à la riposte, je gagnais environ 100$ par mois, aujourd'hui je gagne près de 600$ (...) mais les médecins qui viennent de Kinshasa touchent 4.500$ par mois, plus 150$ de per diem par jour. C'est sûr, ça crée des frustrations", glisse un médecin généraliste originaire de Butembo.

"Il y a de grandes différences de traitement entre les équipes, alors que nous faisons tous le même travail", relève un Congolais engagé dans des actions de prévention, et payé par une organisation internationale.

"Celles qui sont prises en charge par les partenaires internationaux (OMS, Unicef, ...) sont payées dans les temps, mais ceux qui sont pris en charge par le PDSS (un programme du ministère de la Santé congolais) ont toujours des retards sur le paiement de leurs salaires", affirme-t-il.

Investi dans l'emploi de nationaux originaires de la région, l'argent de la "riposte" nourrit des jalousies de voisinage.

Deux responsables locaux ont été assassinés en début de semaine entre Beni et Butembo. "Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier qui les enviaient car ils avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola", d'après le ministère de la Santé.

L'une des victimes, une femme, "avait déjà été attaquée une première fois il y a quelques semaines mais elle avait eu la vie sauve parce qu'elle avait donné de l'argent aux assaillants".

- "Menaces de mort" -

"Beaucoup de mes collègues ont fui Butembo parce qu'ils craignaient pour leur peau", reprend le Congolais engagé dans des actions de prévention.

"Dans leurs communautés on savait qu'ils travaillaient pour des ONG internationales, et pour ça, ils pouvaient être poursuivis jusqu'à chez eux. Ils ont été menacés, allant même jusqu'à des menaces de mort : c'est vous qui êtes en train de manger l'argent de la riposte. Donne-moi 2.000$ ! Si tu n'as pas 2.000$, on va tirer sur toi", raconte-t-il.

Loin de Butembo, depuis Genève, les experts de l'OMS ont déploré "des retards dans le financement qui ont entravé la riposte" en décidant d'élever l'épidémie au rang d'urgence sanitaire internationale.

Une décision qui n'enthousiasme pas le ministre congolais de la Santé, Oly Ilunga.

Le ministre, par ailleurs médecin, "espère" que la décision de l'OMS "n'est pas le résultat des nombreuses pressions (...) pour lever des fonds pour les acteurs humanitaires".

"Nous espérons qu'il y aura une plus grande transparence et redevabilité des acteurs humanitaires par rapport à leur utilisation des fonds pour répondre à cette épidémie d'Ebola", ajoute le ministre.

"L'épidémie d'Ebola est avant tout une crise de santé publique qui nécessite une réponse par des acteurs ayant une réelle expertise technique".

Message reçu, promet jeudi une ONG présente à la marge dans la riposte, Oxfam : "Tout nouveau financement doit s'accompagner d'une responsabilisation plus stricte afin de garantir que tout le monde travaille efficacement".

Les Etats-Unis via USAID se présentent comme les premiers donateurs (98 millions de dollars) et estiment que "d'autres donneurs doivent s'y mettre".

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