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Paris: 1.600 migrants évacués lors d'un nouveau démantèlement de camps

Un des campements sauvages des migrants installés à la porte de La Chapelle, dans le nord de Paris, France, 17 août 2017.

Une nouvelle opération d'évacuation de migrants, la 59e depuis l'été 2015, a permis jeudi le démantèlement de deux campements à Paris et l'évacuation de plus de 1.600 personnes, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire de la France.

"Au total, 1.606 personnes ont été évacuées", a souligné la préfecture sur Twitter. Avec cette évacuation, près de la moitié des migrants du nord-est de Paris, qui vivaient sous des tentes de fortune près du périphérique parisien, ont été emmenés vers des gymnases ou des centres d'accueil, a constaté un journaliste de l'AFP.

Quelque 1.500 à 3.000 exilés vivaient à Paris dans des tentes à portée des pots d'échappement du périphérique et de l'autoroute. L'autre partie, qui se trouve dans un camp voisin de ceux démantelés jeudi, doit faire l'objet d'une prochaine évacuation.

Awa, Ivoirienne de 32 ans, dormait dans une tente depuis son arrivée en France il y a un an. Dans la file d'attente sous un embranchement du périphérique pour monter dans un bus, elle explique qu'on est venu la voir à 03h00 pour lui proposer cette mise à l'abri.

"Je ne sais pas où je vais, mais ça me fait plaisir d'y aller, parce que j'aurai un toit ce soir", dit-elle à l'AFP en emportant juste un sac à dos avec elle.

- Reprendre "le contrôle" -

Cette vaste opération intervient au lendemain de l'annonce par le gouvernement d'un durcissement de la politique migratoire, avec l'instauration de quotas et la limitation des remboursements de soins médicaux.

Le Premier ministre Édouard Philippe avait notamment affirmé que son gouvernement voulait "reprendre le contrôle de la politique migratoire" nationale.

"L'essentiel pour nous est de faire en sorte que les sites ne se reforment pas", a insisté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en visite dans l'après-midi dans un centre d'accueil de la capitale. Ce dernier avait anoncé que tous les campements du nord-est parisien allaient être évacués "d'ici la fin de l'année".

"Jusque-là, on avait des opérations de mise à l'abri de 200, 300 personnes, mais on ne vidait jamais les campements et ils revenaient. Avec cette opération, on a un objectif de zéro retour", explique-t-on à la préfecture de police (PP).

Les campements prenaient "trop d'ampleur" et une "délinquance" s'y installait, selon la PP, qui en veut pour preuve les 213 atteintes aux personnes répertoriées dans le secteur début 2019. Sans compter les "rixes entre migrants".

- "Vidéo-patrouilles" -

Alors que les files d'attente s'allongeaient devant les cars, Mahar, 21 ans, originaire du Pakistan et arrivé en France il y a 4 mois, montre des cicatrices après plusieurs tentatives de suicide. "Je vais être hébergé mais j'y vais surtout parce qu'on m'a dit qu'il y aurait une aide pour les formalités administratives, pour que je puisse demander l'asile", explique-t-il.

"Je ne peux pas laisser une situation de danger de cette nature (...) tout ça ne peut plus durer", a expliqué sur place le préfet de police de Paris Didier Lallement.

"Chaque fois on nous a dit ça ne se reproduira plus", a souligné la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, présente également, rappelant qu'il s'agit de la 59e mise à l'abri depuis l'été 2015. "Il est clair que pour que cela ne se reproduise plus, il faut un dispositif d'accueil adapté et digne", réclame-t-elle.

Les associations de défense des migrants craignent, elles, que l'opération ne se transforme en vaste coup de filet avec des placements en détention.

Les mises à l'abri se feront sur la base du "volontariat", insiste à l'inverse la préfecture de la région. Les examens des situations administratives se feront dans un second temps, mais l'accueil reste "inconditionnel", souligne-t-on.

Pour éviter que des camps ne se reforment, des forces mobiles doivent "tourner 24 heures sur 24 sur place" et un "dispositif de vidéo-patrouilles" est prévu.

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Mort de la chanteuse turque engagée Helin Bölek après plus de neuf mois de grève de la faim

Helin Bölek, chanteuse du groupe de musique turc Grup Yorum, décédée à 28 ans, au 288e jour d'une grève de la faim.

La chanteuse de 28 ans du groupe de musique révolutionnaire turc Grup Yorum est morte vendredi après près de 300 jours d'une grève de la faim qu'elle observait pour protester contre la répression dont fait l'objet son collectif.

"Helin Bölek, qui était en grève de la faim depuis 288 jours, est tombée en martyre", a déclaré Grup Yorum dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Grup Yorum, fondé en 1985, est connu pour ses oeuvres mêlant musique traditionnelle et reprise de chants révolutionnaires socialistes. Ses membres sont régulièrement arrêtés et ses concerts interdits.

Helin Bölek avait entamé sa grève de la faim pour demander la libération de sept membres incarcérés, le retrait de mandats d'arrêt pour d'autres musiciens et la levée de l'interdiction des concerts du groupe.

Elle avait elle-même été arrêtée en 2016, puis libérée deux ans plus tard. Un autre membre de Grup Yorum, Ibrahim Gökçek, est actuellement en grève de la faim.

Des médecins stagiaires se retrouvent face à de lourdes responsabilités

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Le meurtre d'une étudiante par son compagnon ravive l'inquiétude sur la "cohabitation forcée" en Italie

Affiches contre la violence faite aux femmes lors de la campagne d’art de rue "Just Because I am a Woman" par l’artiste Alexsandro Palombo, Milan, Italie, 16 janvier 2020. (AP Photo/Antonio Calanni)

Une Sicilienne a été étranglée par son compagnon, un fémicide qui ravive les inquiétudes pour les femmes victimes de violence, contraintes à une "cohabitation forcée" induite par le confinement.

Le crime s'est produit mardi à Furci Siculo dans le département de Messine, et c'est son auteur qui a appelé les carabiniers pour se dénoncer, selon les médias italiens. La victime, 27 ans, était inscrite comme son compagnon à la faculté de médecine de Messine. Avant d'appeler les carabiniers, le meurtrier a tenté de se suicider.

Selon le recteur de l'université Salvatore Cuzzocrea, où étudiait le couple, cette tragédie est liée à la "situation de crise que nous vivons en ce moment". "Les experts avaient mis en garde contre le risque que la cohabitation forcée n'accentue les conflits familiaux".

La présidente de la commission Féminicide du Sénat, Valeria Valente, a dénoncé "l'énième féminicide survenu dans un foyer, où la crise du coronavirus nous impose de rester". "Demandez l'éloignement de ceux qui peuvent vous faire du mal ou en dernier recours éloignez-vous, y compris avec vos enfants", a-t-elle lancé, en rappelant le numéro d'urgence mis à disposition pour ce genre de situations.

La semaine dernière, la ministre italienne de l'Egalité hommes-femmes et de la Famille Elena Bonetti avait souligné la nécessité de trouver des maisons-refuges pour les femmes victimes de violences, contraintes de cohabiter avec leurs compagnons violents en raison des mesures de confinement imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus.

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