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L'Eglise Catholique à l'heure de l'interrègne

Un hélicoptère emmène Benoît XVI à Castel Gandolfo, le 28 fév. 2013

Le pontificat de Benoît XVI a pris fin et les « Princes de l’Église » se préparent à entrer en conclave pour lui choisir un successeur.


"A 20 heures, je ne serai plus pape mais seulement un pèlerin qui entame l'ultime étape de son pèlerinage sur terre." C’est par ces propos que Benoît XVI a salué les milliers de fidèles catholiques et habitants enthousiastes à Castel Gandolfo, avant sa démission, jeudi.

L’abdication du Saint-Père ouvre la voie à une transition qui pourrait soit inaugurer une ère nouvelle pour l’Église, soit renforcer la ligne conservatrice du pape démissionnaire.

Après avoir fait ses adieux mercredi, en présence de plus de 100 mille fidèles et touristes rassemblés sur la place Saint-Pierre, le souverain pontife a renoncé, jeudi 19 heures GMT, à tous ses pouvoirs, remis son anneau d’or, et fait son entrée dans un isolement de deux mois à Castel Gandolfo, la résidence estivale des papes depuis des siècles.

Le Pape salue la foule pour la derniere fois a Castel Gandolfo (28 fév. 2013)
Le Pape salue la foule pour la derniere fois a Castel Gandolfo (28 fév. 2013)


Les huit années de Joseph Aloisius Ratzinger à la tête de l’Église ont été une période qu’il a lui-même reconnue un peu houleuse parfois, mais « le Christ ne nous a jamais abandonnés », avait-il rappelé la veille de son départ.

Le Père Janvier Marie Gustave Yameogo (chargé du secteur francophone et du continent africain au sein du Conseil pontifical pour les Communications sociales au Vatican) a observé les derniers moments du pontificat de Benoît XVI et nous en parle dans le reportage ci-dessous.

Dans ce même reportage, le Père Gerald Murray, docteur en Droit canon et curé de la paroisse de Saint-Vincent de Paul à New-York, jette un bref coup d’œil sur la transition.

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Statut spécial de Hong Kong révoqué par Washington: un symbole avant tout

Des militants en faveur de la démocratie participent à une manifestation à l'occasion de la fête nationale chinoise à Hong Kong, Chine, le 1er octobre 2017. REUTERS / Bobby Yip - RC17449D12D0

L'administration du président Donald Trump a décidé de frapper fort en révoquant le statut commercial préférentiel de Hong Kong, même s'il est peu probable que cela suffise à convaincre Pékin de renoncer à sa nouvelle loi sécuritaire pour l'ex-colonie britannique.

La détermination mercredi par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo que Hong Kong ne jouissait plus d'un haut degré d'autonomie par rapport à la Chine soulève plusieurs questions.

- Pourquoi? -

M. Pompeo a pris cette décision quelques heures avant l'adoption par le parlement chinois d'une disposition controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, en réaction aux manifestations de l'an dernier.

Cette loi permettra de réprimer tout ce qui sera perçu comme une menace envers le contrôle par la Chine de ce territoire auquel Pékin avait promis une large autonomie lors de sa restitution par le Royaume-Uni en 1997 selon le principe "Un pays, deux systèmes".

Selon une loi adoptée l'an dernier par le Congrès des Etats-Unis, le secrétaire d'Etat américain était tenu de "certifier" si le territoire jouissait toujours de son autonomie pour qu'il puisse conserver son statut spécial.

"Aucune personne sensée ne peut soutenir aujourd'hui que Hong Kong conserve un haut degré d'autonomie par rapport à la Chine, au vu des faits sur le terrain", a déclaré M. Pompeo.

Cette décision intervient alors que les tensions sont au plus haut entre les deux premières économies mondiales, et que Donald Trump cherche à rendre Pékin responsable de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 100.000 morts aux Etats-Unis.

- Quelles conséquences?

C'est le président américain, dont le ton à l'égard de la Chine s'est durci à l'approche du scrutin présidentiel de novembre, qui décidera des mesures à prendre contre Hong Kong.

Il pourrait abolir tous les privilèges commerciaux accordés au grand centre financier asiatique, et traiter Hong Kong, dont les échanges avec les Etats-Unis ont approché les 67 milliards de dollars en 2018, comme n'importe quelle autre ville chinoise.

Il pourrait aussi prendre des mesures plus limitées, comme restreindre les visas accordés aux responsables gouvernementaux de Hong Kong.

Le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie, David Stilwell, a indiqué que les mesures seraient "aussi ciblées que possible pour obtenir un changement d'attitude", reconnaissant que les Etats-Unis ne voulaient pas apparaître comme punissant la population de Hong Kong.

- Quel impact pour Hong Kong? -

La révocation du statut spécial pourrait n'avoir aucune conséquence dans les faits, note Jahangir Aziz, expert des marchés émergents à JP Morgan Global Research.

Mais si Donald Trump choisit la manière forte, "les dommages pourraient être importants", ajoute-t-il.

"On pourra se poser la question de la légalité des contrats conclus selon la loi de Hong Kong, voire se demander si le dollar de Hong Kong est une devise légalement reconnue", souligne-t-il.

Mais pour Nicholas Lardy, du Peterson Institute for International Economics, Hong Kong n'est plus un centre majeur d'exportations manufacturières, la grande majorité des produits exportés vers les Etats-Unis provenant du reste de la Chine ou d'autres pays asiatiques.

Pour l'administration américaine, il s'agit juste de "faire payer la Chine", ajoute-t-il. "Mais le prix que nous ferions payer à la Chine à cause de cela est très, très faible".

"Si nous faisons payer quelqu'un, ce sera la population de Hong Kong et les sociétés étrangères, notamment les sociétés américaines" qui y sont implantées, conclut-il.

- La Chine cèdera-t-elle? -

Le président chinois Xi Jinping a réprimé durement tout signe d'opposition en Chine et il paraît désireux de reprendre Hong Kong en main après les manifestations monstres de 2019 contre le pouvoir central, qui avaient donné lieu à des violences et alimenté un sentiment indépendantiste.

David Stilwell, du département d'Etat, a expliqué que la décision de M. Pompeo était destinée à faire pression sur Pékin. Mais "nous avons peu d'espoir que Pékin change d'avis", a-t-il reconnu.

Une bouteille rarissime de cognac adjugée plus de 131.000 euros

Un homme se tient dans un magasin de vin et de thé à Ludwigsburg, dans le sud de l'Allemagne, le 20 avril 2020. (Photo de THOMAS KIENZLE / AFP)

Une bouteille de cognac rarissime de la Maison Gautier, datant du XVIIIe siècle, a été adjugée jeudi plus de 118.000 livres (131.000 euros) par Sotheby's, un record dans le domaine, a annoncé la maison de vente aux enchères.

C'est un collectionneur privé asiatique qui a remporté la précieuse mise pour 118.580 livres exactement, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Appelée "Grand frère", il s'agit de l'une des trois dernières bouteilles de cognac Gautier de 1762 existant encore à ce jour, et la plus grande.

Elles sont restées dans la même famille durant des générations depuis la fin du XIXe siècle, selon Sotheby's.

Comme le "Grand frère", le "Petit frère" avait été vendu aux enchères à New York en 2014, tandis que la "Petite soeur" est conservée au Musée Gautier, dans le sud-ouest de la France.

Accusations de prévarication : la BAD temporise malgré l'appel de Washington

Siège de la Banque Africaine de Développement à Abidjan, le 4 octobre 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

Pressée par Washington d'accepter une enquête indépendante sur son président Akinwumi Adesina, accusé de prévarication, la Banque africaine de développement (BAD) a fait savoir jeudi qu'elle n'avait pour l'heure pris "aucune décision" dans ce dossier.

Mardi, le bureau du Conseil des gouverneurs de la BAD a tenu une réunion "pour examiner l'affaire découlant d'une plainte de lanceurs d'alerte contre le président de la BAD", explique dans un communiqué la présidente de ce Conseil, Nialé Kaba, également ministre ivoirienne du Plan et du développement.

"Aucune décision n'a été prise tel que faussement véhiculé par certains médias", déclare-t-elle sans donner plus de détails.

Des médias avaient annoncé mercredi que le Conseil des gouverneurs avait accepté la demande formulée par le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. M. Mnuchin avait réclamé le 22 mai une enquête "approfondie" et "indépendante" sur les accusations portées contre M. Adesina par un groupe de "lanceurs d'alerte", telles que "comportement contraire à l'éthique, enrichissement personnel et favoritisme".

Le Nigeria, premier actionnaire de la BAD, a apporté jeudi son soutien à M. Adesina, qui est le premier Nigérian à diriger l'institution depuis sa création en 1964.

"La demande d'une +enquête indépendante+ sur le président est étrangère aux règles et procédures établies" de la Banque, a écrit la ministre nigériane des Finances Zainab Ahmed dans une lettre datée de jeudi et adressée à Mme Kaba.

M. Adesina a de son côté clamé son "innocence" dans un communiqué mercredi et a affirmé qu'il allait "continuer à travailler".

"En aucun cas, il n'a été demandé au président (Adesina) de démissionner", a précisé Mme Kaba, alors que certains médias avaient évoqué une possible "mise en retrait".

La présidente du Conseil des gouverneurs a aussi indiqué avoir "reçu des lettres de certains (Etats) actionnaires (de la BAD) exprimant des points de vue différents" sur cette affaire.

Une réunion au complet du Conseil des gouverneurs pourrait être convoquée prochainement pour débattre de l'affaire, a indiqué une source bancaire.

Economiste spécialiste du développement et ancien ministre de l'Agriculture du Nigeria, Akinwumi Adesina, 60 ans, est actuellement le seul candidat pour un second mandat de cinq ans à la tête de l'institution panafricaine de développement.

L'élection doit se tenir fin août. Mais sa position apparaît désormais largement fragilisée et sa réélection très incertaine, selon les observateurs.

Le secrétaire américain au Trésor avait exprimé dans sa lettre ses "sérieuses réserves" sur l'enquête interne menée par la BAD qui l'avait conduite début mai à disculper totalement M. Adesina, mis en cause depuis le début de l'année par les "lanceurs d'alerte".

L'ancien président du Nigeria Olusegun Obasanjo (1999-2007), qui jouit d'une certaine autorité morale dans son pays et sur le continent, a apporté un soutien à son compatriote en appelant, dans une lettre datée de mardi, une douzaine d'anciens chefs d'Etat africains à "se lever" pour "défendre" la BAD.

"Le secrétaire américain au Trésor dénigre la Banque et bafoue l'ensemble de son système de gouvernance", et cette attaque "sans précédent"pourrait conduire à la "fin" de l'institution, estime M. Obasanjo, appelant ses ex-homologues à signer un communiqué de presse conjoint.

La BAD compte 80 pays actionnaires (54 pays africains et 26 non africains, d'Europe, d'Amérique et d'Asie). Elle est la seule institution africaine cotée triple A par les agences de notation financière.

Elle aréalisé en octobre 2019 une augmentation de capital géante, qui a plus que doublé, passant de 93 à 208 milliards de dollars, considérée comme un succès personnel pour M. Adesina.

En interne, sa gestion du personnel a cependant causé des remous depuis cinq ans, entrainant le départ de nombreux cadres.

Cessez-le-feu éphémère en Afghanistan: 14 morts chez les forces de sécurité

Les forces de sécurité afghanes montent la garde devant l'hôpital Dasht-e-Barchi qui a été attaqué à Kaboul, en Afghanistan, le 12 mai 2020. REUTERS / Mohammad Ismail

Quatorze membres des forces de sécurité afghanes ont été tués jeudi dans deux attaques imputées par les autorités aux talibans, au surlendemain de l'expiration d'un cessez-le-feu décrété par les insurgés qui n'ont pas confirmé leur implication dans ces attaques.

"Les talibans ont attaqué un check-point des forces de sécurité. (...) Ils y ont mis le feu, tuant cinq d'entre eux et ont abattu les deux autres", a déclaré à l'AFP Hussain Shah, le chef de la police du district de Seyagird, où l'attaque est survenue.

Un autre membre des forces afghanes a été blessé, et les talibans ont également subi des pertes, a indiqué Waheeda Shahkar, le porte-parole du gouverneur provincial.

Dans la ville de Farah (Ouest), "des talibans ont lancé une attaque contre un poste de police", dans laquelle sept policiers ont été tués, a raconté à l'AFP Mohibullah Mohib, le porte-parole de la police de cette province éponyme, harcelée par les insurgés ces dernières années.

"Huit talibans sont aussi morts" durant cet assaut, qui a duré une demi-heure, a-t-il ajouté.

Les talibans n'ont pas confirmé leur implication dans ces attaques, survenues au surlendemain de l'expiration d'un cessez-le-feu qu'ils avaient décrété samedi à l'occasion de la fin du ramadan et qui avait été largement respecté de dimanche à mardi.

D'après la Commission afghane indépendante des droits de l'homme, le nombre des victimes civiles avait chuté de 80% durant ces trois jours, passant d'une moyenne quotidienne de 30 à 6 tués et blessés.

Ce répit a été d'autant plus apprécié que les violences étaient avant cela en forte recrudescence. Mercredi, l'armée afghane a toutefois mené des frappes aériennes et un assaut au sol contre des "ennemis" qui attaquaient un convoi logistique, selon Lal Mohammad Amiri, le porte-parole de la police de la province de Zaboul (Sud).

Quelque 18 insurgés ont péri et trois enfants ont été blessés, a-t-il ajouté.

- Incertitude -

Les autorités afghanes ont libéré lundi et mardi un millier de prisonniers talibans dans l'espoir d'aboutir à une reconduction du cessez-le-feu. Mais les rebelles n'ont officiellement toujours pas fait connaître leur position sur le sujet.

"Les talibans n'annonceront pas un autre cessez-le-feu officiellement car ils pensent que la guerre et le combat (...) favorisent leurs intérêts", a estimé Sayed Nasir Musawi, un analyste politique basé à Kaboul.

Mais "non officiellement, ce cessez-le-feu va se poursuivre et nous continuerons à avoir une réduction significative de la violence", a-t-il pronostiqué, interrogé par l'AFP.

Une délégation talibane était jeudi à Kaboul pour discuter de l'échange de prisonniers avec les autorités, a indiqué à l'AFP Javid Faisal, le porte-parole du Conseil national de sécurité, un organe gouvernemental, ce qu'a confirmé Suhail Shaheen, un porte-parole des insurgés, sur Twitter.

Quatre-vingt policiers et soldats afghans ont parallèlement été relâchés jeudi dans le Nord du pays par les insurgés, a encore tweeté le porte-parole.

Ces libérations réciproques - jusqu'à 5.000 talibans contre 1.000 membres des forces afghanes - sont prévues par l'accord américano-taliban signé fin février à Doha, mais non ratifié par Kaboul, qui prévoit le retrait des troupes étrangères d'Afghanistan sous quatorze mois en échange de garanties sécuritaires de la part des insurgés.

Ce vaste échange de détenus, émaillé d'obstacles, a pris du retard. Kaboul avait, avant le cessez-le-feu, élargi environ 1.000 prisonniers alors que les insurgés en avaient libéré environ 300.

C'est le premier cessez-le-feu à l'initiative des talibans depuis qu'une coalition internationale menée par les Etats-Unis les a chassés du pouvoir en 2001.

Une première interruption des combats s'était produite en juin 2018, à l'initiative d'Ashraf Ghani, déjà à l'occasion de l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan. Elle avait duré trois jours et donné lieu à de spectaculaires scènes de fraternisation entre combattants des deux camps.

Les talibans ont également respecté une trêve partielle de neuf jours du 22 février au 2 mars 2020 à l'occasion de la signature de l'accord de Doha.

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