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L'opposition dénonce la perspective d'une "présidence à vie" de Museveni en Ouganda

Les députés ougandais, réunis au parlement, à Kampala, en Ouganda, le 21 septembre 2017.

Le président ougandais Yoweri Museveni s'achemine vers une "présidence à vie", a dénoncé vendredi un avocat représentant l'opposition, après que la justice ougandaise a supprimé la limite d'âge fixée à 75 ans pour être candidat à la tête de l'Etat.

Au pouvoir depuis 31 ans, le dirigeant ougandais, âgé de 73 ans, a promulgué en janvier une loi supprimant la limite d'âge fixée à 75 ans pour être candidat à la présidence, provoquant la colère de l'opposition.

Une coalition de partis d'opposition avait ensuite saisi la justice. Mais les juges ont validé jeudi la loi, permettant à M. Museveni de briguer un sixième mandant en 2021.

"La cour a consacré la présidence à vie, le pouvoir d'un seul homme", a déploré l'avocat spécialiste des droits de l'homme Ladislaus Rwakafuzi, qui représente la coalition de partis. "Les juges ont manqué de courage pour dire au président qu'il est là depuis suffisamment longtemps", a-t-il ajouté.

L'avocat entend consulter les plaignants pour décider s'ils font ou non appel.

"Nous croyons toujours que nous pouvons obtenir justice à un autre niveau", a estimé Winnie Kiiza, cheffe de file de l'opposition au parlement.

Le ministre adjoint de la Justice Mwesigya Rukutana s'est pour sa part dit "très heureux" de la décision des juges.

>> Lire aussi : Feu vert de la justice à Musevini pour un 6e mandat en Ouganda

M. Museveni, qui a pris le pouvoir en 1986 en tant que chef de l'armée rebelle, a jadis déclaré que les dirigeants qui "restaient trop longtemps" au pouvoir incarnaient les racines des maux de l'Afrique.

Mais alors qu'il était candidat pour un cinquième mandat en 2016, il a assuré que le moment n'était pas encore venu pour lui de partir, affirmant qu'il avait encore beaucoup de travail à accomplir.

Avec AFP

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Quatorze personnes tuées par Boko Haram au Niger

Un soldat nigérien dans un camp de la ville de Diffa lors de la visite de Mohamed Bazoum, ministre de l'Intérieur au Niger, le 18 juin 2016.

Une série d'attaques des jihadistes de Boko Haram a fait 14 morts samedi dernier dans quatre localités du Sud-Est nigérien, proche du Nigeria, indique lundi un nouveau bilan du gouvernorat de la région de Diffa.

"Nous avons relevé cinq morts à Alhaji-Mainari, une localité à 25 km de la ville de Diffa (la capitale régionale) où des cases et des animaux ont été brûlés", a déclaré à la télévision d'Etat Mohamed Mouddour, le gouverneur de Diffa.

A N'Gagam, une autre localité attaquée, les assaillants ont tué "six personnes, enlevé deux femmes et brûlé le marché local", a déploré M. Mouddour, en poste depuis seulement cinq jours.

"Deux pêcheurs" et "une personne" ont été tués respectivement à Chétimari et à Droum, deux des quatre villages visés par les islamistes nigérians.

Dimanche, un haut responsable civil de la région de Diffa avait fait état auprès de l'AFP de "sept tués et deux femmes enlevées" et une ONG locale avait compté "onze morts" lors de ces attaques.

"Nous avons constaté une résurgence des activités de Boko Haram contre les populations qui lui ont tourné le dos" en refusant de "collaborer", a expliqué Mohamed Mouddour.

Il a assuré que "les FDS (Forces de défense et de sécurité) ont été déployées dans les villages" visés. Les insurgés pénètrent au Niger "en traversant à pied ou à dos de cheval" la Komadougou Yobé, rivière-frontière naturelle entre le Niger et le Nigeria, a-t-il souligné.

Jeudi dernier, Boko Haram avait déjà tué huit personnes, dont une femme, à Karidi, un village dans la commune de Gueskérou, selon les autorités locales.

Le 9 mars, sept membres des forces armées nigériennes ont péri dans une attaque du groupe jihadiste près de cette même localité de Gueskérou.

Le 16 février, sept soldats avaient été tués après l'attaque de leur position par Boko Haram à Chétima Wangou, un village très proche de la frontière nigériane.

De son côté, l'armée assure avoir tué "33 terroristes" de Boko Haram le 12 mars lors d'une "vaste opération de ratissage" au cours de laquelle elle a récupéré un "véhicule blindé" et un important stock d'armes et de munitions auprès des "terroristes".

Fin 2018, elle avait affirmé avoir tué "plus de 200 terroristes" dans une première offensive d'envergure terrestre et aérienne dans le bassin du Lac Tchad, un repère des islamistes nigérians, à cheval entre le Niger, le Nigeria et le Tchad.

Menace d'épidémies après le cyclone au Mozambique

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Un collectif de médecins congolais réclame une prime de risque

Manifestation de docteurs à Bukavu dans le Sud-Kivu, le 20 mars 2019. (VOA/Ernest Muhero)

En RDC, un collectif des médecins exige de meilleurs avantages comme un moyen de transport ou une prime de risque. Ils ont remis un mémorandum aux autorités provinciales du Sud-Kivu après une marche pacifique à Bukavu.

En arrivent au gouvernorat de province, les manifestants ont remis à un délégué du gouverneur leur mémorandum. Le prime de risque figure en première place de leurs revendications.

Un collectif de médecins réclame la prime de risque
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Docteur Musa Byamungu, coordonnateur provincial du collectif des médecins sans prime de risque au Sud-Kivu, argumente que "la prime de risque est un droit".

Il poursuit : "au Sud-Kivu plus de 200 médecins ne bénéficient pas de cette prime malgré le fait que certains courent le risque de travailler dans les zones de conflit où il y a des groupes armés. En tout cas, travailler dans ces conditions nous frustre et aujourd’hui nous avons dit trop, c’est trop".

Ces médecins -en majorité jeunes employés dans les structures étatiques- déplorent leurs conditions de vie et de travail.

Les médecins dénoncent le manque de moyens de transport, le manque de logement de fonction mais surtout les inégalités dans l'allocation de la prime de risque décidée selon les provinces et d’autres facteurs tribaux selon eux.

Le Docteur Henri Zigabe, un des manifestants, s'est confié à VOA Afrique : "nous réclamons haut et fort que cette injustice puisse cesser. Nous savons que le nouveau pouvoir lutte contre la corruption. Nous refusons cette injustice car nous devons être rétablis dans nos droits, car nous risquons nos vies en sauvant des vies".

Beaucoup de frustrations sont perceptibles dans ce mouvement de revendication. Le Docteur Marthe Bilabwe évoque des conditions de travail déplorables.

"La médecine est un travail noble. Un médecin doit travailler dans de bonnes conditions, mais dans notre cas, elles sont précaires. Nous ne savons pas comment nous déplacer pour arriver au lieu du travail à temps en cas d’urgence médicale, c’est pourquoi nous rappelons à l’Etat congolais de penser à notre condition", souligne-t-il.

Idesbald Byabuze, conseiller politique du gouverneur du Sud-Kivu, a reçu le memo et il a assuré que ce texte serait transmis "à qui de droit". Le conseiller a toutefois précisé que la question de la prime de risque relèvait de la compétence du gouvernement central.

Togo : la coalition de l'opposition s'effrite, minée par des querelles internes

Manifestation du Front citoyen Togo , à Lomé, 5 octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

"Nous avons marché durant des mois sous un soleil chaud et parfois sous la pluie, espérant venir à bout du régime en place. Mais nous nous sommes trompés, car les leaders de l'opposition ne font que se déchirer", déplore Afiwa Yogué, vendeuse de tissu à Lomé, au Togo.

"Nous sommes fatigués d'eux", ajoute la commerçante de 34 ans, déçue des divisions au sein de l'opposition dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Ces querelles minent la principale coalition de l'opposition, C-14, qui regroupe 14 partis et avait organisé des manifestations très suivies contre le régime du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

Entre septembre et octobre 2017, elles avaient drainé une marée humaine dans les rues de Lomé et de plusieurs grandes villes du Nord. Les manifestants exigeaient notamment la démission du chef de l'Etat, au pouvoir depuis la mort de son père qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

Mais depuis deux mois, plus de manifestations. La dernière remonte au 26 janvier et n'avait réuni qu'un maigre cortège.

Sept partis ont depuis claqué la porte de la coalition, dont le Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l'homme fort du soulèvement populaire, en exil depuis plus d'un an.

L'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de l'ex-chef de file de l'opposition Jean Pierre Fabre et le Comité d'Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo, ancien premier ministre et grande figure de l'opposition, ont eux aussi quitté C-14 pour marquer leur désaccord avec l'orientation du mouvement.

- "Déficit de cohésion" -

"Certains pensent qu'il faut restructurer la coalition et la doter d'une charte. Nous ne sommes pas d'accord, car ce n'est pas ce qui a manqué à la lutte : c'est plutôt la généralisation de la mobilisation", a expliqué le secrétaire général du PNP, Kossi Sama.

Selon Fulbert Sassou Attisso, président du parti Le Togo Autrement, "le bilan de la lutte menée par la coalition depuis 18 mois n'est pas positif".

"La responsabilité de ce nouveau revers est collective. Mais elle est due à une culture politique que l'opposition togolaise traîne depuis le début de la lutte en 1990", a déclaré à l'AFP M. Attisso, qui a lui aussi claqué la porte de la coalition.

Les autres membres de C-14 ont admis à mi-mot l'échec de la coalition, affirmant dans un bilan publié le 12 mars qu'elle "n'a atteint aucun des objectifs qu'elle s'est fixés". "Le parcours de la coalition a été marqué par un déficit de cohésion et de confiance", ont-ils déploré.

L'opposition réclame notamment des réformes constitutionnelles pour limiter à deux le nombre de mandats présidentiels et instaurer un scrutin à deux tours pour la présidentielle.

Elle exige aussi la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations. Une soixantaine sont toujours détenues.

Outre ses dissensions internes, la coalition est secouée par une affaire de corruption portant sur 30 millions de francs CFA (45.734,85 euros), don d'un chef d'Etat de la région.

L'un des responsables de C-14 a affirmé la semaine dernière sur une radio locale que la coalition avait bien reçu ce don mais souligné qu'il avait servi à organiser les manifestations.

"Nos leaders de l'opposition ont intérêt à se ressaisir. Le peuple s'est encore mobilisé derrière eux, mais ils nous ont encore déçus", a déploré Attah Hinnou, 44 ans, gérant d'une station-service à Lomé.

Depuis 1990, l'opposition a souvent manqué d'une stratégie cohérente.

Les tentatives de candidatures uniques ont toujours échoué la veille des élections présidentielles, laissant un boulevard au régime en place.

L'opposition a également boycotté des élections législatives, notamment en 2002, ce qui a permis au pouvoir de modifier à sa guise la Constitution.

Elle a aussi boycotté celles du 20 décembre dernier. Cette décision "agit fortement sur la coalition. Les responsables de ce regroupement sont bien conscients qu'ils ont commis une grave erreur, après plusieurs mois de lutte", estime Edouard Baglo, un politologue.

Les dirigeants de C-14 ont dénoncé des "irrégularités" dans l'organisation du scrutin.

Les observateurs de l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest ont salué la bonne tenue de ces législatives. Les dirigeants ouest-africains ont jugé ces élections "libres et transparentes", conformes à leur feuille de route pour une sortie de crise au Togo.

Avec AFP

Tuerie au Mali: une milice de chasseurs dissoute, l'état-major limogé

Le présiden malien, Ibrahim Boubacar Keita, dans le nord du Mali, le 19 mai 2017.

Le gouvernement malien a prononcé dimanche la dissolution d'une milice de chasseurs dogons et limogé les chefs de l'armée, au lendemain du massacre de plus de 130 Peuls dans le centre du pays, l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue le Mali depuis au moins six ans.

Cette tuerie est la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l'opération lancée en 2013, à l'initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays. Elle s'est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture. Les Dogons ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense", dont l'association "Dan Nan Ambassagou".

Ces violences avaient coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l'ONU.

Dans la soirée, la télévision publique ORTM a annoncé un "bilan provisoire" de 136 tués pour cette attaque, dans le village d'Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso. La télévision a montré des images de cases incendiées, de bétail brûlé et de douilles de fusil dans le village.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a réuni dimanche un Conseil des ministres extraordinaire qui a prononcé "la dissolution de l'association +Dan Nan Ambassagou+ pour dire clairement aux uns et aux autres que la protection des populations restera le monopole de l'Etat", a expliqué le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga.

"Depuis un certain temps", a affirmé le gouvernement dans un communiqué, l'association "s'est écartée de ses objectifs initiaux, en dépit des mises en garde répétées des autorités administratives locales".

Le gouvernement a également annoncé le remplacement des chefs d'état-major des armées, de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air.

Ces limogeages au sommet de la hiérarchie militaire interviennent également après l'attaque jihadiste le 17 mars contre un camp de l'armée à Dioura (centre), au cours de laquelle 26 soldats ont péri.

La principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, à laquelle appartient le groupe d'Amadou Koufa, avait d'ailleurs justifié vendredi l'opération de Dioura par de précédents "crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre nos frères peuls".

- Inédit, "pas imprévisible" -

Une délégation gouvernementale conduite par le ministre de la Justice, Tiéna Coulibaly, s'est rendue dimanche sur les lieux de la tuerie. Cette délégation a été envoyée par le président Keïta pour "dire aux populations d'Ogossagou que ce qui s'est passé ici est inacceptable, que ce qui s'est passé ici ne restera pas impuni", a assuré le ministre.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était déclaré samedi soir "choqué et outré", appelant "les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice".

L'Union européenne a appelé dimanche à des "mesures immédiates", dont "le désarmement et le démantèlement de l'ensemble des milices qui sévissent" dans le centre du Mali. La France également "salue l'engagement du gouvernement malien à dissoudre les milices qui alimentent la terreur dans cette région et qui doivent être désarmées".

Parmi les tués d'Ogossagou-Peul figuraient "des éléments peuls du DDR cantonnés dans le village", avait indiqué samedi le préfet de Bankass, Boubacar Kané. Il faisait référence à l'extension au centre du pays depuis le début de l'année du processus de "désarmement, démobilisation et réinsertion" (DDR) prévu par l'accord de paix de 2015 pour les combattants de groupes armés du Nord, censé justement mettre fin à la prolifération de milices.

Pour Baba Dakono, chercheur à Bamako pour l'Institut d'études de sécurité sur l'Afrique (ISS), "le drame d'Ogossagou-Peul est certes inédit mais il n'était pas imprévisible".

"L'ampleur dépasse l'entendement, mais les conditions pour qu'il arrive existaient et étaient connues", a-t-il souligné, évoquant les carences de l'Etat, "l'accès facile aux armes" et "l'instrumentalisation du facteur +terroriste+" par l'ensemble des protagonistes.

Dans un rapport publié le 5 mars, le secrétaire général de l'ONU saluait de récentes avancées dans l'application de l'accord de paix de 2015, mais regrettait que "la menace, qui continue de se propager du nord vers le centre du Mali, détourne l'attention de l'Accord et en complique la mise en oeuvre".

Il citait ainsi "l'expansion des groupes extrémistes, qui exacerbe les violences intercommunautaires, la multiplication des explosions touchant les forces de sécurité et les civils et l'accroissement du nombre de personnes déplacées".

Avec AFP

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