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Résignation et inquiétude face à une présidence à vie de Museveni en Ouganda

Le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni donne un discours à Juba, Soudan du Sud, le 22 mai 2017

"Il sera au pouvoir à vie". Fataliste, Fadh Sabiti, étudiant et serveur à mi-temps à Kampala ne se faisait guère d'illusion jeudi sur l'issue de la révision constitutionnelle entamée la veille pour permettre au président Yoweri Museveni de se représenter en 2021.

"Les hommes politiques de l'opposition qui se sont battus hier au Parlement font juste du bruit. Bientôt on ne les entendra plus", explique dans un haussement d'épaules l'étudiant de 23 ans, à la faveur d'une pause dans son service, dans un restaurant chic de la capitale ougandaise, majoritairement acquise à l'opposition.

Mercredi, pour le deuxième jour consécutif, les travaux parlementaires ont tourné au pugilat, avant que des députés de l'opposition, scandalisés par le projet de réforme constitutionnelle, ne soient évacués manu militari du Parlement.

Pugilat au Parlement en Ouganda (vidéo)
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"Vous ne pouvez pas vous battre contre quelqu'un comme Museveni", ajoute Fadh, en référence à ses condisciples de l'université de Makerere (Kampala) qui ont affronté ces derniers jours la police anti-émeutes pour protester contre la réforme.

"Pendant toutes ces batailles, avec ces gaz lacrymogènes et ces soldats, Museveni ne dit mot et reste calme. Il reste au-dessus de tout cela, et aucune pierre (lancée par les étudiants, ndlr) ne peut l'atteindre".

Comme près de trois-quart de la population ougandaise, Fadh a moins de trente ans et n'a connu d'autre président que celui qui tient fermement les rênes du pays depuis 1986.

L'ancien rebelle avait pourtant affirmé, peu après la prise du pouvoir, que "le problème de l'Afrique en général, et de l'Ouganda en particulier, ce n'est pas son peuple, mais les dirigeants qui veulent rester trop longtemps au pouvoir".

Le parti au pouvoir souhaite désormais supprimer la limite d'âge pour se présenter à l'élection présidentielle, fixée à 75 ans, ce qui permettrait au chef de l'Etat, 73 ans, de briguer un sixième mandat en 2021.

Population 'fatiguée'

Le président n'en est pas à son coup d'essai. En 2005, la Constitution avait été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, lui permettant ainsi de briguer ses troisième, quatrième et cinquième mandats. M. Museveni avait alors soutenu que le Parlement était indépendant et qu'il respecterait la volonté du peuple, un argument réutilisé douze ans plus tard.

Mercredi, après une nouvelle bagarre en deux jours dans l'hémicycle et le départ des députés d'opposition refusant de cautionner le "projet de présidence à vie de Museveni", les députés du parti au pouvoir ont adopté à une large majorité une motion inscrivant le projet de modification de la Constitution à l'agenda du Parlement.

Pour Solomon Owchi, 48 ans, tout cela a malheureusement un air de déjà-vu.

"A peu près au moment où je suis né, le Premier ministre Milton Obote a aboli la Constitution", explique le chauffeur, au milieu des gaz d'échappements de la capitale, congestionnée comme à son habitude.

C'était en 1966: le "père de l'Indépendance" avait suspendu la loi fondamentale et des députés acquis à sa cause avaient voté un texte qu'Obote leur avait fait parvenir avant le vote dans leur boîte au lettre personnelle, au Parlement.

"Museveni a été populaire fût un temps et je pense qu'il a fait beaucoup pour le pays mais la population en a assez maintenant. Elle est fatiguée de voir tout ça une nouvelle fois", estime M. Owchi.

Eric Sakwa, un consultant en risques financiers, s'inquiète quant à lui pour l'avenir de son pays.

"Dans le business, nous avons ce concept consistant à planifier les successions, mais il n'y a rien de tel pour l'avenir du pays. Nous sommes plus ou moins coincés", explique l'homme de 52 ans.

Dans ce pays, "les gens qui ont la démocratie à coeur, ils se détournent de la politique et ils ont un vrai boulot", résume M. Sakwa.

Avec AFP

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Mesures contre la chute des prix de la noix de cajou en Côte d'Ivoire

Des noix de cajou sont empilés dans un entrepôt à Bouaké, Cote d'Ivoire, le 23 février 2017.

Les autorités ivoiriennes ont pris une batterie de mesures pour stopper la baisse vertigineuse du prix de la noix de cajou, dont le pays est le premier producteur mondial, a annoncé jeudi le responsable de la filière.

"Les prix d'achat des noix ont évolué quasi continuellement à la baisse sur la deuxième moitié de l'année 2018, passant de 2.200 dollars la tonne en début d'année à moins de 1.500 dollars/tonne (soit de 1.970 à 1.340 euros), avec de nombreux défauts dans l'exécution des contrats", a déclaré à l'AFP Adama Coulibaly, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui gère la filière.

Pour lui, "la campagne ouverte le 15 février dernier se déroule à un rythme beaucoup plus lent que les campagnes précédentes", en raison du "faible niveau de financement et de l'attentisme des clients vietnamiens et indiens qui ne proposent que de rares contrats aux exportateurs".

La CCA a annoncé la "suspension de toutes les autorisations d'exportation, le temps de contrôler les contrats signés". La filière a également opéré "des saisies de produits pour des cas d'exportations illicites", sans donner la quantité.

"Des contrats signés largement en dessous de 1.200 dollars (...) ne peuvent pas respecter le prix bord champ de 375 francs CFA (0,57 euro) le kilo", a souligné M. Coulibaly, évoquant "une situation grave" sur le marché mondial où "tout le monde travaille à augmenter la production. Depuis 2018, la demande et l'offre ont commencé à s'équilibrer".

En 2019, l'offre devrait dépasser la demande, a expliqué de son côté un spécialiste, accusant les pays exportateurs, le Vietnam en tête, de refuser de constituer du stock chez eux. "Ils (les pays exportateurs) laissent le stock en Afrique et ils se servent quand ils en ont besoin, et cela met la pression sur les pays producteurs et fait chuter les prix".

La Côte d'Ivoire a maintenu l'an dernier sa place de premier producteur mondial, la production passant de 673.236 tonnes en 2017 à 761.317 tonnes en 2018. Le pays, qui représente 22% de la production mondiale, table cependant sur une récolte en baisse à 730.000 tonnes en 2019.

La noix de cajou est utilisée en cuisine et dans les cosmétiques, alors que la résine contenue dans la coque a divers usages industriels.

La noix de cajou brute est exportée vers l'Inde, le Vietnam et le Brésil, qui abritent des industries de transformation. Les principaux pays (ou régions) consommateurs sont l'Inde, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Chine, les Emirats arabes unis et l'Australie.

"Des vies en danger" en Libye : 10 ONG exhortent l'UE à revoir "d'urgence" ses politiques migratoires

Ethiopian migrants, stranded in war-torn Yemen

Dix ONG internationales exhortent jeudi l'Union européenne et ses Etats membres à "revoir en urgence" leurs politiques migratoires, soulignant que les migrants, "y compris les femmes et les enfants, sont sujets à des détentions arbitraires et illimitées" en Libye, dans des conditions "abominables".

"La communauté humanitaire est témoin chaque jour de la souffrance des migrants et réfugiés en Libye, où ils sont de plus en plus exposés à des risques immédiats alors que la violence continue de déstabiliser le pays", indiquent dans un communiqué commun les membres du Forum des ONG internationales pour la Libye.

Parmi les signataires du communiqué figurent notamment Première Urgence Internationale, Danish Refugee Council, International Rescue Committee, Mercy Corps ou Terre des Hommes.

"Les politiques migratoires de l'UE et de ses Etats membres, notamment le soutien aux gardes-côtes libyens, contribuent indirectement au renvoi des migrants et réfugiés qui risquent leurs vies durant leur traversée de la Méditerranée ; ils finissent alors détenus (...) avec des chances quasi nulles d'exercer leur droit de demander l'asile" ou d'accéder à une "protection internationale", dénoncent ces ONG.

"Les migrants et réfugiés, y compris les femmes et les enfants, sont sujets à des détentions arbitraires et illimitées en Libye" et leurs conditions de détention sont "abominables", témoignent ces ONG. "Le manque d'accès à de l'eau potable, de la nourriture et des services médicaux ne cesse d'augmenter".

"Des vies sont en danger" en Libye, selon ces ONG, qui estiment que "les politiques européennes contribuent à l'aggravation de la crise humanitaire et des droits de l'Homme en Libye en facilitant indirectement le retour des migrants et réfugiés en détention". "Les interventions humanitaires ne peuvent être utilisées pour légitimer le renvoi et le refoulement vers la Libye", martèlent-elles.

Le Forum appelle "les citoyens européens et la société civile à faire entendre leurs voix" sur ce sujet.

Il presse aussi l'UE et ses Etats européens de donner la priorité à "des politiques qui protègent les vies et la dignité des réfugiés et des migrants" et de "permettre l'évacuation humanitaire d'urgence de ceux détenus dans des centres de détention vers des espaces sûrs hors de Libye".

En 2017, l'Italie a conclu un accord, validé par l'UE, avec les autorités libyennes pour former et équiper les garde-côtes libyens. Un volet plus controversé, conclu avec des milices libyennes, avait permis une diminution drastique des départs à partir de juillet 2017.

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires rappellent régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, où ils se retrouvent placés dans des camps de détention ou à la merci de milices.

Un chef rebelle rwandais plaide coupable de terrorisme

Callixte Nsabimana (C), porte-parole du groupe rebelle du Front de libération nationale (FLN), est escorté par des policiers au tribunal de première instance de Gasabo à Kigali le 23 mai 2019.

Un chef rebelle soupçonné d'avoir lancé des attaques meurtrières dans le sud-ouest du Rwanda a plaidé coupable jeudi de toutes les accusations portées à son encontre, dont celle de terrorisme, et admis travailler pour des gouvernements étrangers contre Kigali.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), était accusé de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Le FLN est un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région de Nyungwe, frontalière avec le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC).

M. Nsabimana a plaidé coupable des 16 chefs d'accusation, dont ceux de meurtre et terrorisme, et s'est excusé sans réserve pour ses crimes.

"Je m'excuse pour tout ce que j'ai fait", a-t-il déclaré devant le tribunal. "Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout ce qu'ils font à partir de maintenant est leur problème et non le mien."

"Je voudrais présenter mes excuses au président (rwandais Paul Kagame), à ceux que nous avons blessés et aux familles de ceux qui sont morts. Je m'excuse auprès de tous les Rwandais", a-t-il ajouté.

Son avocat a requis sa mise en liberté sous caution. Cette demande, à laquelle le parquet s'est opposé, estimant que M. Nsabimana risquait de s'enfuir du pays, sera examinée le 28 mai.

Ce dernier a également admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et avec l'armée ougandaise. "Nous leur avons demandé leur soutien militaire et diplomatique contre le Rwanda et ils étaient prêts à nous aider", a-t-il soutenu.

Ces aveux devraient encore détériorer les relations entre les trois pays. M. Kagame a plusieurs fois accusé l'Ouganda et le Burundi de s'immiscer dans les affaires intérieures du Rwanda.

Le FLN est la branche armée du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en 2018 par Paul Rusesabagina, le directeur de l'hôtel des Mille Collines lors du génocide de 1994, dépeint dans le film Hôtel Rwanda.

Le FLN est affiliée aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

En décembre, M. Nsabimana avait revendiqué l'incendie de bus dans la région de Nyungwe, prisée des touristes pour ses gorilles des montagnes, une espèce menacée, qui avait fait deux morts et de nombreux blessés.

Les attaques à Nyungwe avaient conduit de nombreux pays occidentaux, dont la France, l'Allemagne, le Canada et l'Australie, à déconseiller à leurs ressortissants de voyager dans cette région.

Afrique du Sud : le parquet requiert le maintien des charges contre Zuma

FILE - Former South African president Jacob Zuma dances as he addresses supporters outside the high court in Durban, South Africa, June 8, 2018.

Le parquet sud-africain a défendu jeudi le maintien des poursuites pour corruption contre l'ancien président Jacob Zuma dans une vieille affaire de ventes d'armes en raison du "très lourd dossier" retenu contre lui et au nom de "l'égalité" devant la loi.

L'ex-chef de l'Etat (2009-2018) est soupçonné d'avoir touché 4 millions de rands (260.000 euros au cours actuel) de pots-de-vin du groupe français de défense Thales à la faveur d'un contrat d'armement de près de 4 milliards d'euros conclu en 1999.

Les deux parties ont toujours nié ces allégations.

Au gré de multiples rebondissements, les accusations visant Jacob Zuma ont été plusieurs fois suspendues puis rétablies au fil des années, jusqu'à la décision en 2018 du procureur général du pays d'ouvrir, enfin, son procès.

L'ancien président conteste ces accusations et plaide depuis lundi devant la Haute Cour de Pietermaritzburg (nord-est) pour obtenir l'abandon définitif des charges. Ses avocats ont dénoncé un "lynchage", et lui-même une "chasse aux sorcières" et un procès "politique".

Le parquet général a méthodiquement écarté leurs arguments jeudi à la barre de la Haute Cour.

Les "théories du complot" avancées par la défense "sont infondées et contestées et doivent donc être rejetées", a estimé un des procureurs, Wim Trengrove.

"Il n'y a pas la moindre preuve que la décision de poursuivre M. Zuma était motivée par la politique", a-t-il poursuivi, "le dossier retenu contre lui est très lourd".

Au principal accusé qui avait affirmé qu'un procès près de vingt ans après les faits "viole ses droits", M. Trengrove a rétorqué qu'il était "important que M. Zuma soit traité comme un autre".

"Si M. Zuma échappe aux poursuites, il y a fort à parier qu'il soit considéré comme ayant reçu un traitement de faveur parce qu'il est un homme important et puissant", a-t-il jugé.

Le procureur a aussi renvoyé dans les cordes Thales, qui a lui également demandé l'arrêt des poursuites au motif que "les très longs retards de cette procédure" empêchent "un procès équitable".

"Il est absolument évident que Thales a échappé aux poursuites grâce à des ruses malhonnêtes", a affirmé M. Trengrove.

"C'est Thales, pas le (parquet), qui est responsable des retards de procédure depuis 2004", a renchéri son confrère Andrew Breitenbach, "les preuves contre Thales sont irréfutables".

Englué dans de nombreux scandales, le président Zuma a été poussé à la démission en 2018 et remplacé par son vice-président Cyril Ramaphosa, qui a promis de nettoyer son parti et le pays de la corruption.

La Haute Cour de Pietermaritzburg doit se prononcer ultérieurement sur l'abandon ou non des charges visant M. Zuma.

La Russie annonce l'envoi de conseillers militaires au Congo

Le Premier ministre russe par intérim Dmitri Medvedev et le président Vladimir Poutine assistent à une session de la Douma d'Etat à Moscou le 8 mai 2018.

La Russie va envoyer au Congo des spécialistes pour l'entretien du matériel militaire russe en vertu d'un contrat signé jeudi entre les deux pays, dans un contexte de renforcement de la présence de Moscou en Afrique.

Ces spécialistes dispenseront des formations sur "l'exploitation, l'entretien et la réparation" du matériel d'origine russe et soviétique présent dans l'armée congolaise, a précisé le vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine, cité par les agences russes après la signature de ce document avec le ministre congolais de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo.

Selon M. Fomine, qui a qualifié ce nouveau contrat de "prolongement" de la coopération militaire entre Moscou et Brazzaville, cet équipement militaire comprend notamment des blindés, de l'artillerie, des hélicoptères, et peut "encore servir longtemps".

Des négociations sur la livraison de nouvelles armes russes au Congo "sont en cours", a-t-il ajouté, indiquant que Moscou attendait tout d'abord une demande en sens de la part des autorités congolaises.

Une série d'accords bilatéraux ont été signés jeudi dans le cadre d'une rencontre officielle au Kremlin entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso.

Dans un communiqué, le ministère russe de l'Energie a notamment annoncé la signature avec le Congo d'un accord de coopération dans le nucléaire civil.

Ces négociations s'inscrivent dans une stratégie de reconquête géopolitique et économique plus large de Moscou sur le continent africain.

En janvier, le Kremlin avait reconnu la présence d'"instructeurs" russes au Soudan confronté à un vif mouvement de contestation.

En Centrafrique voisine, Moscou avait également annoncé l'an dernier l'envoi de 170 "instructeurs civils" chargés de former l'armée gouvernementale, qui ont été identifiés par des experts comme des membres du groupe paramilitaire Wagner connu notamment pour sa présence en Syrie.

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