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L'opposition appelle à un mouvement de grève lundi au Soudan


Une station essence à Khartoum, Soudan, le 24 septembre 2013.

L'opposition soudanaise et des militants ont relancé dimanche leur mot d'ordre pour un mouvement de grève lundi contre les réductions de subvention au carburant, malgré la récente mise en garde du président.

"Nous appuyons le peuple soudanais pour qu'il observe un mouvement de désobéissance civile le 19 décembre", a déclaré le parti d'opposition Oumma dans un communiqué, une position partagée par le parti communiste soudanais.

Des groupes de militants et de divers acteurs de la société civile (journalistes, avocats, enseignants, pharmaciens) ont exprimé sur les réseaux sociaux leur soutien à un tel mouvement et lancé une pétition en faveur de la grève.

Le Mouvement de libération du Soudan (SPLM-N), une rébellion qui combat les troupes du régime soudanais dans les Etats du Nil bleu et du Kordofan sud, a appelé ses partisans à suivre ce mort d'ordre.

Lundi, le président soudanais Omar el-Béchir avait prévenu que toute tentative visant à renverser son régime serait sévèrement réprimée.

"Nous avons entendu ces derniers jours des appels à renverser le régime lancés par des personnes cachées derrière leurs claviers", a déclaré devant des partisans rassemblés à Kasala (est) le président Béchir, au pouvoir depuis un coup d'Etat militaire en 1987.

"Nous leur disons: 'Si vous voulez renverser le régime, faites-nous face directement dans la rue' (...) Ce régime ne sera pas renversé par des claviers et (l'application) Whatsapp", a prévenu le président.

En 2013, des heurts sanglants avaient opposé manifestants et forces de l'ordre à l'occasion d'une précédente hausse des prix consécutive à une réduction des subventions. Ils avaient fait près de 200 morts selon des organisations de défense des droits de l'Homme, moins de 100 selon le gouvernement.

Plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines au Soudan contre la hausse de 30% des prix du pétrole et du diesel annoncée début novembre et la dépréciation de la livre soudanaise, qui ont entraîné une augmentation des prix de nombreux produits, notamment des médicaments. Ces rassemblements ont été rapidement étouffés par la police anti-émeute.

Fin novembre, un appel pour une grève de trois jours avait été partiellement suivi.

Avec AFP

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