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L'ONU regrette l'absence de poursuite pour "crimes contre l'humanité" au Kasaï

Au centre de réception de Mussungue, dans le nord-ouest de l’Angola, des employés du HCR distribuent des vivres aux réfugiés congolais ayant fui une éruption de violence dans la région du Kasaï. (UNHCR / Adronico Marcos Lucamba)

Le Bureau de l'ONU aux droits de l'homme en République démocratique du Congo (BCNUDH) a regretté la décision d'un tribunal militaire du Kasaï de ne pas poursuivre pour crime contre l'humanité sept militaires congolais poursuivis pour le meurtre de civils dans cette région du centre du pays.

"Nous regrettons la décision" de la justice militaire de ne pas poursuivre pour "crimes contre l'humanité" sept militaires jugés dans l'affaire d'une vidéo supposée avoir été tournée dans le village de Mwanza Lomba (au Kasaï-oriental) montrant ce qui apparait comme une scène de massacre de civils armés de bâtons par des militaires, a déclaré à l'AFP José-Maria Aranaz, directeur du BCNUDH.

"Juger ces crimes est une manière de prévenir d'autres violations de droits de l'homme et l'usage excessif de la force par les forces armées", a-t-il ajouté.

Les sept militaires dont le procès a débuté le 5 juin étaient poursuivis pour "crimes de guerre" par meurtre, par mutilation, par traitements cruels, inhumains et dégradants et refus de dénonciation d'une infraction commise par des militaires dans cette région où l'armée est engagée contre une rébellion.

Samedi, le tribunal militaire de Mbuji-Mayi a abandonné la charge de "crime de guerre", ne retenant que les "meurtre, dissipation de munitions et outrage".

"Les charges de crime de guerre qui sont tombées peuvent être justifiées parce qu'il n'y a pas de conflit déclaré dans le Kasaï", a commenté M. Aranaz.

En revanche, a-t-il poursuivi, il aurait été important que l'accusation de "crime contre l'humanité" soit retenue contre ces soldats car cela aurait constitué "un signal fort en direction de tous ceux qui sont impliqués dans les violences au Kasaï".

Depuis septembre 2016, quatre provinces du centre de la RDC sont secouées par des violences qui impliquent des miliciens, soldats et policiers, après la mort du chef traditionnel Kamwina Nsapu qui défiait le pouvoir de Kinshasa.

Ces atrocités ont causé la morts de plus de 3.000 personnes, selon l'Église catholique, et fait 1,3 million de déplacés. Deux experts onusiens, missionnés par le secrétaire général de l'ONU pour enquêter sur ces violences, y ont été assassinés en mars.

L'ONU accuse les rebelles Kamwina Nsapu d'enrôler des enfants-soldats et d'avoir commis des atrocités, tout en dénonçant l'usage disproportionné et indiscriminé de la force par l'armée congolaise "ainsi que la mobilisation et l'armement des milices supplétives" par les autorités.

Le BCNUDH estime que "les officiers doivent garantir l'usage proportionné de la force par des éléments, militaires ou policiers, sous leur commandement", balayant tout argument qui consiste à attribuer ces excès à "des éléments isolés de l'armé".

Avec AFP

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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