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Number 12, le documentaire qui a fait exploser le football ghanéen

La fiche d’annonce du documentaire Number 12 du journaliste d'investigation Anas Aremeyaw Anas au Ghana, 9 juin 2018. (Twitter/Emmanuel Gyabaah)

Il aura fallu à peine trois jours au documentaire Number 12, réalisé par le journaliste d'investigation Anas Aremeyaw Anas, pour faire tomber la tête du patron du football ghanéen, et ébranler la planète du ballon rond africain.

Dans ce film, Anas tel qu'il est surnommé affectueusement dans son pays, a piégé des dizaines d'arbitres du championnat ghanéen ou de grands championnats du continent, ainsi que le président de la Fédération nationale, en leur proposant des "cadeaux" amicaux. Autrement dit: des liasses de billets.

Les arbitres ghanéens acceptent ainsi sans hésiter les 100 dollars (et une chèvre!) que leur proposent les faux agents du fan club des Hearts of Oak d'Accra à la veille d'un derby crucial contre le club Asante Kotoko de Kumasi, il y a un peu plus d'un an.

La rencontre se soldera par une victoire par penalty des Hearts, dans l'incompréhension générale.

L'équipe d'Anas s'attaque ensuite aux championnats d'Afrique de l'Ouest, piégeant arbitres ivoiriens, gambiens, kényans au nom de "l'amitié" entre "frères". Une amitié qui se monnaye jusqu'à 2.000 dollars.

Dans une scène ahurissante, un arbitre ivoirien affirme sans ciller qu'il favorisera le Ghana, aux dépends de l'Algérie. "Vous jouez contre qui? Des Arabes? Est-ce que je suis Arabe moi? Alors, c'est plié", lâche-t-il en acceptant les 700 dollars tendus avant le match entre les deux équipes. Le Ghana gagnera cette rencontre 1-0 sur penalty.

- "Honte" -

Plus grave encore, le président de la Fédération ghanéenne de football, Kwesi Nyantakyi, est invité dans un "pays du Moyen-Orient" pour négocier avec un riche investisseur qui lui propose de "sponsoriser" le football ghanéen après lui avoir offert 65.000 dollars.

Le contrat juteux s'élèvera à hauteur de 15 millions de dollars, lui promet le faux homme d'affaires, lui réservant une part personnelle de 4,5 millions de dollars.

Vendredi, Kwesi Nyantakyi a démissionné de ses fonctions. "J'ai commis une série d'erreurs (...) en ayant des discussions privées avec des escrocs qui m'ont fait croire qu'ils avaient un intérêt réel à investir dans notre pays", a-t-il déclaré dans un communiqué.

>> Lire aussi : La Fifa suspend le président de la Fédération du Ghana

Il s'est également excusé auprès du président ghanéen Nana Akufo-Addo, arrivé au pouvoir en 2017 sur la promesse d'éradiquer la corruption dans ce pays réputé pour être un bastion démocratique et de bonne gouvernance.

Au Ghana, le film a laissé le pays stupéfait. L'annonce de sa sortie en salles avait été faite depuis plusieurs semaines, panneaux géants dans les rues d'Accra à l'appui pour annoncer sa sortie.

Au Centre international de conférence d'Accra, en présence de nombreux diplomates et responsables politiques, les spectateurs étaient bouche bée. "C'est écœurant et nous devrions tous en avoir honte", a commenté à l'AFP Henry Asante Twum après avoir visionné le documentaire.

- Ethique -

"Cela doit être une sonnette d'alarme", a-t-il ajouté. "Le système est gangréné par la corruption".

Anas n'en est pas à sa première affaire. En 2015, il avait utilisé les mêmes procédés pour mettre à jour la corruption généralisée dans le système judiciaire de son pays. Une vingtaine de magistrats ont depuis été limogés, dont quatre juges de la Haute Cour du Ghana.

>> Lire aussi : Le gouvernement décide de dissoudre la fédération de football au Ghana

Toujours vêtu d'un chapeau, dont le bord lui recouvre le visage de perles, "Anas" n'a jamais dévoilé sa véritable identité, et personne ne connait son véritable visage, ce qui lui permet de continuer à piéger ses interlocuteurs.

S'il est considéré au Ghana comme un super héros de la lutte contre la corruption, ses méthodes posent toutefois des questions éthiques: il ne filme pas une situation de corruption en caméra cachée, il la met en scène. Ses proies cèdent à la tentation créée par le journaliste.

Ses pratiques ont probablement influencé des décisions judiciaires, ou dans le cas de Number 12, des résultats sportifs.

"Ce n'est pas juste de proposer des sommes lucratives et ensuite, de retourner sa veste et d'accuser cette personne d'être corrompue", martèle Charles Bentum, avocat des juges mis en cause précédemment. "Au regard de la loi, celui qui tend l'argent est tout aussi condamnable que celui qui l'accepte".

>> Lire aussi : La fédération prête à "prendre des mesures immédiates" suite au scandale de corruption au Ghana

Mais Anas n'en démord pas. Le règlement de la Fifa est clair: il est absolument interdit d'accepter des cadeaux des parties impliquées dans une compétition. "Favoriser une équipe est absolument inacceptable", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Et je ne parle même pas de tendre la main pour y recevoir de l'argent."

Avec AFP

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Foot: Hervé Renard, sélectionneur français du Maroc, annonce sa démission

Hervé Renard lors d'une conférence de presse à Moscou, en Russie, le 19 juin 2018.

Le sélectionneur français du Maroc, Hervé Renard, a annoncé sa démission dimanche dans un communiqué posté sur son compte Twitter, deux semaines après l'élimination surprise de son équipe lors de la CAN en Egypte.

"Il est temps pour moi de clore ce long et beau chapitre de ma vie, non sans une certaine émotion et tristesse, mais c'est une décision inéluctable prise bien avant la CAN-2019", a ajouté le sélectionneur arrivé en 2016 et resté 41 mois à la tête de l'équipe nationale marocaine.

A la surprise générale, le Maroc, finaliste de la CAN en 2004 et quart de finaliste lors de la dernière édition, avait été éliminé le 5 juillet dès les huitièmes par le Bénin (1-1, 4 tab 1), pourtant réduit à dix et novice à ce stade de la compétition.

"Oui, on espérait tous mieux pour cette édition 2019 de la CAN en Egypte, mais le football est ainsi, il fait naître les espoirs les plus fous et nous ramène durement à la réalité d'une élimination trop rapide aux tirs aux buts", a poursuivi Hervé Renard.

Il a précisé que le président de la Fédération royale marocaine de football Fouzi Lekjaa avait été informé et "s'est engagé contractuellement" à respecter cette décision.

Finale de la CAN 2019

Finale de la CAN 2019
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L'Algérie décroche sa 2e Coupe d'Afrique 29 ans après

L'attaquant algérien Riyad Mahrez (à gauche) se bat contre l'attaquant sénégalais Sadio Mane lors du match de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2019 entre le Sénégal et l'Algérie au Stade du 30 juin au Caire le 27 juin 2019. (Photo de Khaled DESOU

Une si longue attente: 29 ans après, l'Algérie a conquis sa deuxième Coupe d'Afrique des nations en douchant le Sénégal (1-0) après seulement 79 secondes de jeu grâce à un but de Baghdad Bounedjah, vendredi, au Caire.

Au-delà de l'attente suscitée à Dakar et Alger, ce match était particulièrement suivi en France où un dispositif de sécurité exceptionnel a été mis en place après les incidents qui ont jalonné le beau parcours de l'équipe algérienne.

Chez les Lions, la fête n'aura duré que 79 secondes

Les Sénégalais attendaient leur deuxième finale de CAN depuis 12 ans et l'avaient préparée dans la ferveur depuis des jours, certains de l'emporter. Mais la fête n'aura duré que 79 secondes, le temps pour l'Algérie de refroidir des Lions en manque cruel d'efficacité.

Un tir dévié en cloche de Baghdad Bounedjah dès la première attaque des Fennecs, qui termine sa course dans les filets, un penalty accordé aux Sénégalais en début de seconde période, puis annulé après consultation de la VAR... "On a vraiment manqué de chance", pestait un supporter ne cachant pas sa désillusion.

"Nous aimons le foot, mais le foot ne nous aime pas", se désolait une jeune supportrice au coup de sifflet final. "Je me demande quand finalement nous allons gagner une CAN", se lamentait un jeune homme.

Plongées dans un silence de cathédrale pendant une première période insipide, les "fan zones" de Dakar se sont bien à nouveau animées après la mi-temps, lorsque les dribles de la star de Liverpool Sadio Mané, qui en a perdu sa chaussure, ont sonné la révolte des Lions, faisant reculer la défense algérienne.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, la confiance était là, avant la rencontre. "On va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirmait le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui avait rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

La place avait été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes populaires devaient animer la nuit dakaroise.

Les Sénégalais, forts de leur statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, étaient persuadés de pouvoir enfin vaincre le signe indien à l'occasion de leur deuxième finale continentale de leur histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Toute la journée, Dakar a vécu au rythme des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de l'autre star internationale du pays, le chanteur Youssou N'Dour. Jusqu'à ce que les rues de la capitale se vident, sur le coup de 19H00 heures.

Dans un pays fan de foot mais toujours en quête de son premier trophée, les villes de l'ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest s'étaient mises sur leur 31 pour soutenir l'équipe nationale.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

"Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne dakaroise, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du drapeau national.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux avaient organisé des soirées spéciales, même si de nombreux Sénégalais avaient préféré regarder le match en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier de Rennes Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs avaient envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP. Tout était prêt pour faire la fête.

Jusqu'à cette maudite 79e seconde ...

Les dix derniers vainqueurs

2019: Algérie

2017: Cameroun

2015: Côte d'Ivoire

2013: Nigeria

2012: Zambie

2010: Egypte

2008: Egypte

2006: Egypte

2004: Tunisie

2002: Cameroun

Nombre de titres par pays (la première édition a eu lieu en 1957):

1. Egypte: 7 titres (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008, 2010)

2. Cameroun: 5 (1984, 1988, 2000, 2002, 2017)

3. Ghana: 4 (1963, 1965, 1978, 1982)

"Eau de naissance" une ode au courage des réfugiés soudanais

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Argentine: Bilardo, l'entraîneur champion du monde 1986, dans un état grave

Carlos Bilardo a rejoint l’école technique de Maradona dans les anneaux de "Pibe". Voir les réunions pour "Albiceleste" en Afrique du Sud et un monde de loisirs.

Carlos Bilardo, l'ancien sélectionneur de l'équipe d'Argentine de football, qui avait mené l'Albiceleste au titre mondial en 1986, est hospitalisé dans un état grave après avoir subi une opération au cerveau, a appris vendredi l'AFP.

Le technicien avait déjà été hospitalisé à deux reprises en 2018 en raison d'un syndrome d'"hydrocéphalie à pression normale" (augmentation du volume de liquide cérébro-spinal).

Âgé de 81 ans, l'ancien entraîneur se trouve aux soins intensifs de l'Institut argentin du diagnostic et traitements (IADT) de Buenos Aires depuis 48 heures et "son pronostic vital est réservé", a informé l'hôpital dans un communiqué. Il avait été admis dans cet établissement le 4 juillet, mais son état s'est aggravé ces dernières heures.

Carlos Bilardo a récemment subi un drainage dans la région du cerveau, la deuxième intervention en un peu plus d'un mois, selon son entourage et la presse argentine.

"Je veux le remercier éternellement de nous avoir inculqué le respect du maillot argentin, ce que cela signifie d'être un membre de la sélection", a réagi l'ancien gardien Sergio Goycochea, qui s'est en outre dit préoccupé par l'état de santé de celui qui l'a fait briller au Mondial-1990 en Italie.

Gynécologue de formation, Carlos Bilardo a pris la direction de la sélection argentine en 1982 et a présidé à sa destinée jusqu'en 1990.

Outre le titre mondial en 1986 -la deuxième et dernière couronne planétaire de l'Albiceleste- il a mené ses troupes à la finale de la Coupe du monde 1990, remportée 1-0 par l'Allemagne au stade Olympique de Rome.

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