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Des médiateurs de la CEDEAO ont rencontré le président malien IBK et l'imam Dicko

Photo de famille lors de la réunion des pays du CEDEAO à Lomé, au Togo, le 31 juillet 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Une mission ouest-africaine de haut rang a entrepris jeudi une tentative de médiation au Mali pour tenter de dissiper la crise politique en cours, à la veille d'une nouvelle manifestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, a constaté un correspondant de l'AFP.

Cette mission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a rencontré le Premier ministre Boubou Cissé et devait s'entretenir ensuite avec les principaux acteurs de la crise: le président lui-même en fin d'après-midi et, auparavant, le chef de file de la contestation, l'imam Mahmoud Dicko.

"Il y a en ce moment un défi politique, social au Mali. Donc, en tant que président de la Cédéao, le président (du Niger Mahamadou Issoufou) nous a chargés de nous y rendre pour essayer de faire de la médiation", avait expliqué auparavant sur la radio d'Etat du Niger le ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Geoffrey Onyeama, après un entretien avec le chef de l'Etat nigérien.

Il s'agit d'éviter une propagation de la crise malienne à la sous-région, avait-il ajouté.

La délégation comprend aussi les ministres des Affaires étrangères nigérien et ivoirien Kalla Ankourao et Ally Coulibaly, ainsi que le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, selon une source officielle.

Cette démarche s'inscrit dans les efforts menés de toutes parts pour résoudre une situation qui suscite l'inquiétude tant le Mali, confronté à des défis sécuritaires, économiques et sociaux considérables, peut mal se permettre une escalade politique à l'issue incertaine.

Des dizaines de milliers de Maliens sont descendus dans la rue le 5 juin à l'appel d'une alliance hétéroclite pour dire leur ras-le-bol devant les violences jihadistes et intercommunutaires, le marasme économique et ce qu'ils dénoncent comme l'impéritie et la corruption du pouvoir. Ils ont réclamé la démission du chef de l'Etat.

Des responsables de l'Onu, de la Cédéao et de l'Union africaine avaient ensuite rencontré séparément les protagonistes. Le président avait plus tard tenté l'apaisement en annonçant des consultations pour un gouvernement d'union nationale.

Mais la figure dominante de la contestation, l'imam Dicko, a déclaré ces gages insuffisants et a appelé à manifester à nouveau en masse vendredi.

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Pour l'Aïd, l'imam Dicko appelle à "chasser les démons de la division" au Mali

Mahamoud Dicko à Badalabougou le 24 juillet 2020. (VOA Bambara)

Les Maliens doivent "se faire violence" et "chasser les démons de la division", a déclaré vendredi la figure morale de l'opposition au Mali, l'imam Mahmoud Dicko, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, alors que les efforts pour dénouer la crise politique au Mali font du surplace.


​"Chacun dans ce pays doit faire violence sur soi, doit avoir un dépassement de soi, pour que les coeurs se rapprochent, pour que nous puissions vraiment bâtir ensemble notre pays dans la paix, la prospérité et la quiétude", a déclaré à la presse l'influent chef religieux, après avoir dirigé la prière dans sa mosquée de Bamako et sacrifié un mouton, comme le veut la tradition lors de cette fête, la plus importante du calendrier musulman.

"C'est un devoir citoyen et un devoir religieux pour tout un chacun. C'est un voeu ardent que je formule. Je pense que, Inch' Allah (si Dieu le veut, ndlr), le peuple malien saura avoir les ressources nécessaires pour chasser les démons de la division, de la discorde, dans notre pays et que les coeurs se retrouvent pour qu'on ait un Mali stable dans la paix et dans la quiétude", a ajouté l'imam Dicko.

Le religieux de 66 ans est la figure clé du mouvement de contestation sans précédent du président Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK" qui a vu le jour ces derniers mois et qui fait craindre aux voisins du Mali, épicentre de la menace jihadiste au Sahel, que le pays sombre dans le chaos.

Après avoir appelé à voter pour M. Keïta en 2013, l'imam Dicko s'en est éloigné au point de devenir la bête noire du chef de l'Etat, qui le soupçonne de vouloir faire du Mali une république islamique.

L'influent imam souffle le chaud et le froid sur le plan de sortie de crise adopté par les Etats ouest-africains de la Cédéao lors d'un sommet virtuel lundi dernier.

Contrairement au mouvement d'opposition M5-RFP, coalition hétéroclite de chefs religieux, d'opposants et de membres de la société civile dont il est proche sans en faire formellement partie, Mahmoud Dicko ne réclame pas la démission du chef de l'Etat.

Mais il a rejeté la main tendue du Premier ministre Boubou Cissé, qui lui demandait de jouer de son influence pour que l'opposition le rejoigne dans un gouvernement d'union nationale, l'une des recommandations essentielles de la Cédéao.

Lors d'un tête-à-tête mardi, Mahmoud Dicko a au contraire demandé à Boubou Cissé de "rendre sa démission" afin que soit formé un "vrai gouvernement d'union nationale".

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