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Tirs de gaz lacrymogènes sur les manifestants à Khartoum et au Darfour

Manifestation contre le gouvernement à Kordofan, au Soudan, le 23 décembre 2018.

Les forces anti-émeute soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes dimanche pour disperser des manifestations antigouvernementales à Khartoum et au Darfour (ouest), région où des rassemblements ont eu lieu pour la première fois depuis le début de ce mouvement de contestation du pouvoir.

Les organisateurs ont appelé à de nouvelles manifestations pour "une semaine du soulèvement".

"La révolution est le choix du peuple", ont scandé les protestataires dans les rues du quartier de Bahari, dans la capitale soudanaise, avant que la police n'intervienne pour réprimer la manifestation, ont indiqué des témoins à l'AFP.

Appel à une semaine de soulèvement au Soudan
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Beaucoup de femmes étaient descendues dans la rue pour protester en sifflant et tapant dans leurs mains. Elles s'étaient munies de masques pour se protéger des gaz lacrymogènes, selon des témoins.

Des manifestants ont brandi le drapeau soudanais et des banderoles sur lesquelles était écrit "paix, justice, liberté", un des slogans du mouvement qui a éclaté le 19 décembre, après la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Dans un pays en plein marasme économique, les manifestations se sont rapidement transformées en une contestation du président Omar el-Béchir, qui dirige le Soudan d'une main de fer depuis un coup d'Etat en 1989.

Vingt-quatre personnes sont mortes depuis le début du mouvement, selon un bilan officiel. Les ONG Human Rights Watch et Amnesty International parlent elles d'au moins 40 morts.

Pneus brûlés, rues bloquées

Vendredi, l'Union européenne a affirmé que les forces de sécurité soudanaises avaient parfois utilisé des "balles réelles" pour réprimer les rassemblements.

Des témoins ont affirmé à l'AFP avoir vu la police poursuivre les manifestants dans les rues de Khartoum dimanche. "C'est le jeu du chat et de la souris", a confié l'un d'entre eux.

Des habitants de Bahari ont fait entrer chez eux des manifestants cherchant à se protéger des tirs de gaz lacrymogènes et leur ont offert des jus de fruits, a raconté un témoin.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent la police arrêter des manifestants, mais leur authenticité n'a pas pu être vérifiée.

Après la fin des manifestations, plusieurs rues de Khartoum sont restées bloquées, jonchées des pierres et de pneus brûlés par les protestataires, selon un témoin qui a ajouté que la police anti-émeute restait déployée sur la zone, notamment avec des véhicules équipés de mitraillettes.

Dimanche, des rassemblements ont eu lieu pour la première fois depuis le 19 décembre au Darfour.

La police a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogènes à Al-Facher, capitale de l'Etat du Darfour-Nord, et à Niyala, capitale de l'Etat du Darfour-Sud, d'après des témoins. Leur nombre était pour l'heure difficile à évaluer.

Vaste comme la France, cette région de l'ouest est secouée depuis 2003 par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles issus de minorités ethniques et s'estimant marginalisés par le pouvoir central.

Le conflit au Darfour a fait plus de 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU. Le président soudanais est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour répondre d'accusations de génocide et crimes de guerre dans cette région.

Des manifestations ont également eu lieu dans la ville de Madani (centre) ainsi que dans des villages de la province agricole et pauvre de Gadaref, dans l'est du Soudan.

Crise économique

Environ 1.000 personnes ont été arrêtées dans différentes localités du Soudan en trois semaines de manifestations, selon des groupes de défense des droits humains, notamment des militants, des leaders de l'opposition et des journalistes.

L'UE a appelé vendredi les autorités à libérer tous les opposants détenus "arbitrairement".

La Grande-Bretagne, la Norvège, les Etats-Unis et le Canada ont prévenu que les actions de Khartoum "auront un impact" sur leurs relations.

Pour ses détracteurs, le régime est responsable de la crise économique, pour sa mauvaise gestion et pour avoir consacré le gros du budget aux forces de sécurité face aux conflits qui ont éclaté ces dernières années dans plusieurs provinces.

M. Béchir continue d'attribuer à Washington la responsabilité des maux économiques, pointant l'embargo imposé en 1997 par les Etats-Unis pour le soutien présumé de Khartoum à des groupes islamistes, même s'il a été levé en 2017.

Amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, le pays est confronté à une inflation de près de 70% par an. Plusieurs villes souffrent de pénuries de pain et de carburant.

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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