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Nouveaux heurts violents à Paris contre la loi "sécurité globale"

Des pompiers à côté d'une voiture entourée de flammes lors d'une manifestation contre un projet de loi controversé, à Paris, France, le 5 décembre 2020.

Des dizaines de manifestants cagoulés ont lancé des projectiles sur la police anti-émeute, brisé des vitrines de magasins, incendié des voitures et brûlé des barricades lors d'une manifestation dans la capitale française samedi contre les violences policières.

La police a riposté par des rafales de gaz lacrymogène.

Des milliers de personnes avaient commencé à marcher pacifiquement à Paris lorsque les affrontements ont éclaté entre la police et des poches de manifestants, la plupart habillés en noir et le visage couvert. Certains ont utilisé des marteaux pour briser des pavés.

Les manifestants s’insurgent contre les violences policières et contre une proposition de loi dite de "sécurité globale", qui limite la diffusion d'images des membres des forces de l'ordre.

Un projet de loi que beaucoup considèrent comme une entrave grave aux libertés individuelles et à la liberté de la presse.

Un manifestant tient une pancarte lors de la manifestation contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, France, le 5 décembre 2020.
Un manifestant tient une pancarte lors de la manifestation contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, France, le 5 décembre 2020.

Le passage à tabac d'un Noir, le producteur de musique Michel Zecler, par plusieurs policiers fin novembre a intensifié la colère. Cet incident n’a été révélé qu’après que des images des caméras de surveillance et de téléphones portables ont circulé en ligne.

Dans un revirement en début de semaine, le parti du président Emmanuel Macron a déclaré qu'il réécrirait la portion du projet de loi qui restreint les droits de circulation des images des policiers. Mais ce n'est pas suffisant, de l’avis des manifestants.

"Nous nous dirigeons vers une limitation des libertés de plus en plus importante. Il n'y a aucune justification", a déclaré Karine, résidente de Paris

Un autre manifestant, Xavier, a déclaré "La France a cette manie de restreindre les libertés sur son territoire tout en prêchant leur importance aux autres".

Des manifestations ont aussi eu lieu dans plusieurs autres villes, notamment à Marseille, Lyon, Rennes et Lille.

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Ali Boumendjel: Macron acte le mea culpa de la France

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Plaidoyer visuel de l'UNICEF pour la réouverture des salles de classe

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Guerre d'Algérie: Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été "torturé et assassiné" par l'armée française

Le président français Emmanuel Macron prononce un discours après une réunion par vidéoconférence avec les dirigeants des pays du G5 Sahel en Afrique de l'Ouest, à Paris, France, le 16 février 2021.

Emmanuel Macron a reconnu mardi, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste algérien Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957, un geste d'apaisement recommandé par le rapport de l'historien français Benjamin Stora.

Ce geste "n'est pas un acte isolé", promet le président français dans un communiqué. "Aucun crime, aucune atrocité commise par quiconque pendant la Guerre d'Algérie ne peut être excusé ni occulté".

Premier président français né après la guerre d'Algérie (1954-1962), M. Macron s'est engagé à prendre des "actes symboliques" pour tenter de réconcilier les deux pays, mais il a exclu toute "repentance" et "excuses".

Le président français a lui-même annoncé cette reconnaissance aux petits-enfants d'Ali Boumendjel en les recevant mardi. A l'époque l'assassinat de l'avocat avait été maquillé en suicide.

"Au coeur de la Bataille d'Alger, il fut arrêté par l'armée française, placé au secret, torturé, puis assassiné le 23 mars 1957", détaille la présidence française dans le communiqué. En 2000, "Paul Aussaresses (ancien responsable des services de renseignement à Alger, NDLR) avoua lui-même avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de le tuer et de maquiller le crime en suicide".

"Aujourd'hui, le président de la République a reçu au Palais de l'Elysée quatre des petits-enfants d'Ali Boumendjel pour leur dire, au nom de la France, ce que Malika Boumendjel aurait voulu entendre: Ali Boumendjel ne s'est pas suicidé. Il a été torturé puis assassiné", ajoute la présidence.

"Il leur a également dit sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages, encourager le travail des historiens par l'ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité".

La présidence française ajoute que "ce travail sera prolongé et approfondi au cours des prochains mois, afin que nous puissions avancer vers l'apaisement et la réconciliation", voulant "regarder l'Histoire en face, reconnaître la vérité des faits".

"La génération des petits-enfants d'Ali Boumendjel doit pouvoir construire son destin, loin des deux ornières que sont l'amnésie et le ressentiment. C'est pour eux désormais, pour la jeunesse française et algérienne, qu'il nous faut avancer sur la voie de la vérité, la seule qui puisse conduire à la réconciliation des mémoires", ajoute-t-elle encore.

Le mois dernier, la nièce d'Ali Boumendjel, Fadela Boumendjel-Chitour, avait dénoncé un "mensonge de l'Etat (français) qui fut dévastateur".

"Ni déni, ni repentance"

La reconnaissance de ce crime par la France fait partie des préconisations du rapport Stora sur la colonisation et la guerre d'Algérie, afin de résoudre les tensions autour de la mémoire de ce conflit.

Ce document, remis le 20 janvier, a soulevé de vives critiques, aussi bien en France qu'en Algérie, notamment pour ne pas avoir préconisé des "excuses" de Paris pour la colonisation.

La puissante Organisation des moudjahidine (ONM), les anciens combattants de la guerre d'indépendance (1954-1962) a accusé Benjamin Stora d'avoir "occulté les crimes coloniaux" de la France en Algérie.

Le comité national de liaison de harkis (CNLH), des anciens combattants auxiliaires de l'armée française pendant le conflit, a, lui, dénoncé un rapport "minimaliste" et demandé que la France reconnaisse "l'abandon et le massacre des harkis, après les accords d'Evian et le cessez-le-feu du 19 mars 1962".

Le gouvernement algérien a demandé à plusieurs reprises "la reconnaissance des crimes coloniaux" de la France.

"Nous ne privilégierons pas de bonnes relations au détriment de l'histoire et de la mémoire, mais les problèmes se règlent avec intelligence et dans le calme, et non avec des slogans", a affirmé lundi soir le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

La réconciliation entre Paris et Alger doit s'inscrire dans le cadre d'une reconnaissance mutuelle qui ne soit "ni le déni, ni la repentance", a affirmé mardi matin l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, au quotidien francophone L'Expression, proche du pouvoir.

A l'approche du 60e anniversaire en 2022 de la fin de la guerre et de l'indépendance de l'Algérie, Paris et Alger ont fait de cette "réconciliation des mémoires" un dossier prioritaire et MM. Macron et Tebboune se sont engagés à travailler ensemble sur ce dossier.

La dirigeante d'extrême droite française Marine Le Pen (Rassemblement national), dont le parti a soutenu l'Algérie française, a estimé mercredi sur Twitter qu'Emmanuel Macron "continue d'envoyer des signaux désastreux de repentance, de division et de haine de soi" alors que "le communautarisme et l'islamisme progressent et se nourrissent de nos faiblesses".

Le député de gauche radicale Alexis Corbière (La France Insoumise) a salué à l'inverse un "acte significatif au nom de la République, pour le passé, le présent, pour l'amitié entre la France et l'Algérie".

Une première en Grande-Bretagne: une ministre prend un congé maternité

La ministre Suella Braverman arrive à Downing Street à Londres, en Grande-Bretagne, le 25 février 2020.

Suella Braverman est devenue mardi la première membre du gouvernement britannique à pouvoir prendre un congé maternité, tout en conservant son poste, au lendemain de l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi le permettant.

Occupant le poste de conseillère juridique du gouvernement (attorney general), Suella Braveman, 40 ans, va être remplacée pour six mois par l'un de ses adjoints tout en continuant à percevoir son salaire.

Dans une vidéo sur Twitter, la future maman, qui attend son deuxième enfant, a exprimé son enthousiasme à l'idée de "faire partie de l'histoire". Saluant un "moment marquant" pour le pays, elle a estimé qu'il s'agit là d'un message "pour les jeunes femmes qui voudraient faire carrière en politique".

Le Premier ministre Boris Johnson lui a adressé ses "meilleurs voeux pour son congé maternité et a hâte de la retrouver à l'automne", selon un communiqué de Downing Street.

La loi précédemment en vigueur, "obsolète" de l'aveu même des services du Premier ministre britannique, l'aurait contrainte à quitter son poste si elle souhaitait prendre un congé maternité après la naissance de son enfant.

Boris Johnson avait indiqué qu'il prévoyait de prendre un congé de paternité après la naissance de son dernier fils en avril dernier, mais l'a pour l'instant repoussé en raison de la pandémie de coronavirus.

Affaire Navalny: des experts réclament une enquête internationale

Le chef de l'opposition russe, Alexei Navalny.

Des experts de l'ONU ont dénoncé lundi la responsabilité de la Russie dans l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny et demandé une enquête internationale, tandis que l'UE a officialisé des sanctions contre de hauts fonctionnaires russes.


"La Russie est responsable de la tentative d'assassinat arbitraire de M. Navalny", a soutenu Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, en conférence de presse en référence à l'empoisonnement de l'opposant en août.

Celle qui a également enquêté sur l'affaire Khashoggi a fait valoir que dans l'affaire Navalny, seuls des acteurs étatiques pouvaient avoir eu accès au Novitchok (un agent innervant militaire Ndlr) tout en disposant du savoir-faire nécessaire pour développer la "forme nouvelle" du produit retrouvée dans les échantillons de l'opposant.

L'experte française, dont les avis n'engagent pas l'ONU, a également relevé que M. Navalny était sous la "surveillance intensive" des services de renseignement russes lors de son empoisonnement, ce qui rend à son avis, improbable qu'une tierce partie ait pu agir à l'insu des autorités russes.

Dans un communiqué, Mme Callamard, et Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection de la liberté d'opinion et d'expression, ont également demandé la "libération immédiate" d'Alexeï Navalny, et la mise en place d'une enquête internationale sur son empoisonnement.

"Avertissement clair et sinistre"

"Etant donné la réponse inadéquate des autorités nationales, l'utilisation d'armes chimiques interdites et le schéma apparent de tentatives d'assassinats ciblés, nous pensons qu'une enquête internationale devrait être menée de toute urgence afin d'établir les faits et de clarifier toutes les circonstances concernant l'empoisonnement de M. Navalny", ont-elles souligné, pointant du doigt "l'implication très probable de représentants du gouvernement, probablement à un niveau élevé".

Cette enquête internationale est "particulièrement cruciale" alors que M. Navalny est "détenu par le gouvernement russe".

A leurs yeux, cet empoisonnement a été commis pour envoyer "un avertissement clair et sinistre" à quiconque s'opposerait au gouvernement russe.

Cet agent innervant mis au point à des fins militaires à l'époque soviétique "a précisément été choisi pour susciter la peur", selon elles.

Interrogé par un média russe sur le fait que l'ONG Amnesty International ne considère plus l'opposant russe comme un "prisonnier de conscience" en raison de propos passés haineux, Irene Khan a eu un vif échange avec le journaliste, refusant de commenter les propos d'Alexeï Navalny.

"Permettez-moi de commencer par dire que les droits de l'homme nous appartiennent à tous", a-t-elle dit, soulignant par ailleurs que le soutien que les expertes de l'ONU lui apportent "est dû au fait que son droit à la vie a été violé, que son droit à ne pas être torturé a été violé".

Vers des sanctions américaines

A Bruxelles, les Etats membres de l'UE ont de leur côté officialisé lundi des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre M. Navalny et dans la répression menée contre ses partisans.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitenciers, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d'enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie. Leurs noms doivent être publiés mardi au Journal officiel de l'UE.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a déclaré que son pays répondrait "bien sûr" aux sanctions de l'UE.

"L'Union européenne continue sur une voie absolument illégale, c'est une impasse absolue", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Les Européens avaient déjà décidé mi-octobre de sanctionner six personnalités russes, dont des proches du président Vladimir Poutine, après l'empoisonnement d'Alexeï Navalny.

Selon la chaîne CNN qui s'appuie sur deux sources proches de la présidence américaine, les Etats-Unis se préparent également à imposer des sanctions à la Russie pour les mêmes motifs.

L'opposant russe de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie en janvier de cinq mois de convalescence en Allemagne suite à un empoisonnement, dont il accuse le président Vladimir Poutine et les services secrets russes d'être responsables.

Il est arrivé dimanche dans une région à 200 kilomètres à l'est de Moscou pour purger dans une colonie pénitentiaire une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique.

Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d'importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11.000 arrestations, suivies généralement d'amendes et de peines de prison.

Le 18 janvier, Agnès Callamard et Irene Khan avaient salué le "courage" d'Alexei Navalny, et dénoncé son arrestation à son arrivée à Moscou.

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