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Gabon

"No", un jeune Slameur qui milite pour la conscientisation citoyenne

‘No’ en pleine prestation au carrefour Awendje à Libreville, le 24 janvier 2020. (archives fournies par ‘No’)

Au Gabon, les mauvais comportements sont comme une tâche de marqueur indélébile. Pour s’en défaire, Franck Noël Makosso - "No" pour les intimes - veut changer les mentalités par la poésie. Le slam est son crédo.

"On veut que les choses changent, mais on fait tout pour que les choses ne changent pas.Qu’il soit simple citoyen ou une personnalité ayant des responsabilités administratives, politiques ou sociales, le problème du Gabon, c’est le Gabonais lui-même", soutient ‘No’.

Le slam pour dépeindre la réalité
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Plus qu’un simple constat d’échec d’une société, Franck Noël Makosso de son vrai nom dépeint en noir le comportement du citoyen qu’il côtoie dans les bidonvilles de Libreville.

La trentaine révolue, le jeune slameur a choisi le slam pour dénoncer la galère d’une jeunesse désœuvrée des quartiers populaires et les extravagances d’une élite de "parvenus".

"Le Gabonais aiment les jouissances. Donne-lui 30 millions de francs CFA [30.000.000], il appellera ses frères pour faire la fête plutôt que de se construire une maison", lance le slameur national.

Pour lui, le problème du Gabon, c’est finalement le Gabonais : "Je pense que le seul changement de mentalité du citoyen peut influencer celle des décideurs politiques".

Et "No" croit avoir déjà une solution au problème Gabonais.

"C’est en décryptant les mauvaises habitudes qui ont cours dans notre cité que je me suis retrouvé à écrire ce texte. Pour moi, la solution, c’est l’amour de son pays. L’amour est dans la poésie. Il suffit de soustraire du mot problème, les trois lettres rebelles qui sont R.L.B pour en faire un poème", déclare "No".

Étudiant en licence 2 de l’Institut des techniques avancées de Libreville, Franck Noël Makosso est promoteur des ateliers de slam dans les écoles de Libreville.

Ce projet vise à familiariser les lycéens aux mélodies parlées et improvisées pour en faire plus tard des spécialistes dans l’art oratoire.

Triple champion national des concours de slam 2016-2017 et 2018. "No" est issu du carrefour Awendjé, un quartier sud de Libreville où il organise régulièrement des séances de slam et de rap.

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La société civile gabonaise s'active pour préserver les marais

Des mangroves dans la zone du Cap Esterias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020.

Au Gabon, les ONG dénoncent un massacre écologique et environnemental dont les conséquences sont à craindre si rien n’est fait, notamment du fait que les sols de ces marais sont des puits de carbone très efficaces, selon les spécialistes.

"Notre pays adhère pourtant à l’urgence de préserver 30% des terres et 30% des océans à l’horizon 2030", s’indigne Paul Kopedina Itanguino, le président de l’ONG Action citoyenne pour le développement local, est à l’origine de la campagne de dénonciation du massacre des mangroves du Cap Esterias, au nord de Libreville.

"Il y a de cela 15 ans toute cette zone était couverte de mangroves. Aujourd’hui c’est le désert", soutient-il devant l’ampleur des dégâts.

Un véritable désastre "écologique" qui pèse sur toute une économie locale du fait de l’occupation anarchique des terres par les gros bonnets.

Barrière naturelle contre l’élévation du niveau de la mer, réservoir immense en matière de biodiversité, “supermarché” naturel pour certaines populations, la mangrove de Libreville est en danger. Aujourd’hui, de nombreuses associations mettent en œuvre des projets pour la protéger.

Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)
Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)

C’est le cas de l’ONG Pumerea dont les membres multiplient d’efforts afin de préserver ou replanter les forêts de mangrove, qui couvrent un peu plus de 2000 hectares de surface de terres gabonaises.

Cette zone dite Okala, toujours au nord de Libreville, est une expérience réussie pour Landry Lignabou et ses hommes.

Leur mobilisation pour la sauvegarde de cet écosystème n’a rien du hasard. Elle est la réponse à la disparition de forêts de palétuviers qui s’est accélérée à partir des années quatre-vingt pour des raisons essentiellement économiques.

"Nous mettons l’accent sur le reboisement. Mais le constat est que les mangroves sont polluées par les déchets plastiques et la mauvaise gestion des ordures ménagères", déclare Landry Lignabou, président de l’ONG Pumerea. "Nous ne voulons jeter la pierre sur personne. Ce que nous voulons, c’est une synergie d’action autour de ce projet qui est d’intérêt communautaire", ajoute-t-il.

Avec le développement de la ville, le littoral est devenu victime d’une urbanisation parfois massive, bien souvent au détriment de la mangrove. L’activité humaine empiète donc de plus en plus sur la mer pour la construction de villas.

Nicaise Rabenkogo étudie le phénomène depuis une vingtaine d’années. Le spécialiste sciences marines fait régulièrement la ronde des zones tampons pour une collecte de données devant servir aux analyses scientifiques. Ce qu’il voit ici l’inquiète car, dit il, la survie des espèces aquatiques est menacée par la pollution de l’eau.

"La ville doit mettre en place un système de ramassage de déchets plastiques et d’ordures ménagères de sorte que ces polluants-là ne dégradent pas le travail qui est déjà fait par l’agence des parcs nationaux", selon Nicaise Rabenkogo, chef de département des sciences marines à l’Institut des recherches en sciences humaines de l’Université Omar Bongo.

Le ministère gabonais des eaux et forêts a pris un arrêté en juillet dernier pour donner obligation aux porteurs de projets dans les zones de mangroves de réaliser une étude d’impact sur site.

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