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Nigeria

Une attaque jihadiste fait 30 morts dans le nord-est du Nigeria

ARCHIVES - Des soldats nigérians patrouillent le 12 octobre 2019, après que des hommes armés soupçonnés d'appartenir au groupe État islamique d'Afrique de l'Ouest ont fait un raid sur un village, tuant un soldat et trois résidents.

Trente personnes ont été tuées dans le nord-est du Nigeria dans une attaque menée par des jihadistes en représailles contre un raid de l'armée, a-t-on appris mardi auprès de deux responsables de milices.

Cette attaque a été menée samedi dans le village de Mudu, dans l'Etat de Borno près de la frontière avec le Tchad par des jihadistes de l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), a-t-on indiqué de même source.

Elle n'a été connue que mardi en raison de la mauvaise qualité du réseau de communications, les jihadistes ayant détruit plusieurs relais de télécommunications dans la région.

Les 30 victimes étaient "des ferrailleurs qui se trouvaient dans la région à la recherche de véhicules calcinés, qui sont nombreux dans les villages du nord de Borno en raison des attaques terroristes", a déclaré à l'AFP Babakura Kolo, chef d'une milice dans la capitale régionale Maiduguri.

Élu décapité au Nigeria: aucun suspect n'a été identifié
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Les hommes tués dans l'attaque étaient venus à pied depuis des camps pour personnes déplacées de la ville de Rann, à 80 km de là.

Selon un autre chef de milice, Umar Ari, l'Iswap a accusé les ferrailleurs d'avoir renseigné l'armée sur leurs positions dans la région.

"Les trente hommes ont eu la malchance de se trouver dans le secteur au moment où les terroristes pleuraient la mort de leurs deux commandants tués dans une opération militaire", a expliqué M. Ari à l'AFP.

Ces dernières semaines, l'armée nigériane a mené avec succès des raids terrestres et aériens contre l'ISWAP et les combattants rivaux de Boko Haram, tuant plusieurs commandants jihadistes.

L'ISWAP s'est séparé de Boko Haram en 2016, et s'est progressivement hissé au rang de groupe jihadiste le plus puissant de la région.

Les deux groupes s'en prennent de plus en plus souvent aux civils, notamment aux bûcherons, aux agriculteurs et aux éleveurs, qu'ils accusent de les espionner.

Les violences jihadistes ont fait plus de 40.000 morts et obligé quelque 2,2 millions de personnes à quitter leurs foyers dans le nord-est du Nigeria depuis 2009, selon l'ONU.

La plupart des personnes déplacées vivent dans des camps et dépendent de l'aide alimentaire fournie par les organisations humanitaires. Beaucoup d'entre elles se voient obligées d'abattre des arbres dans cette région aride pour obtenir du bois de chauffage, et de récupérer des ferrailles qu'elles vendent pour acheter de la nourriture.

Les violences jihadistes au Nigeria se sont étendues au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins. Pour les combattre, les armées des quatre pays, ainsi que celle du Bénin, ont réactivé en 2015 une Force multinationale mixte (FMM), créée en 1994 mais très peu opérationnelle depuis.

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Suspension rélevée de 10 à 11 ans pour la Nigériane Blessing Okagbare

La Nigériane Blessing Okagbare lors du 200 m aux Championnats du monde d'athlétisme au Khalifa International Stadium de Doha, Qatar, le 30 septembre 2019.

La sprinteuse nigériane Blessing Okagbare a vu sa suspension antidopage relevée de 10 à 11 ans à cause d'un nouvel élément dans son dossier, qui prive par ailleurs le relais 4x100 m nigérian féminin des Mondiaux de Eugene (15-24 juillet), a annoncé l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU).

Le dossier de Blessing Okagbare, vice-championne olympique du saut en longueur en 2008, s'alourdit mois après mois.

La Nigériane, parmi les outsiders du 100 m aux Jeux olympiques de Tokyo l'été dernier, avait d'abord été suspendue provisoirement et exclue des JO juste avant les demi-finales de la ligne droite le 31 juillet 2021 pour dopage à l'hormone de croissance, à la suite d'un contrôle réalisé hors compétition le 19 juillet.

Début octobre 2021, l'athlète de 33 ans avait été de nouveau épinglée pour un contrôle positif à l'EPO plus tôt dans la saison, avant d'être suspendue 10 ans en février pour "multiples usages de produits prohibés" mais aussi pour son "refus de coopérer" avec l'enquête.

L'AIU lui reproche cette fois d'avoir esquivé un contrôle antidopage le 13 juin 2021 à Jacksonville (Floride), six jours avant de contribuer à qualifier son relais du 4x100 m pour les Mondiaux de 2022. Tous ses résultats à partir du 13 juin 2021 sont invalidés, y compris donc celui du relais 4x100 m, annonce l'instance par communiqué.

Okagbare se trouve également au coeur de l'enquête américaine qui vise le Dr Eric Lira, premier inculpé dans le cadre de la controversée "loi Rodchenkov", qui permet à la justice américaine de poursuivre et d'infliger des peines de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans et des amendes pouvant s'élever à un million de dollars à toutes les personnes, quelle que soit leur nationalité, impliquées dans un système international de dopage.

Eric Lira est accusé d'avoir acheté des produits destinés à améliorer les performances, comme de l'hormone de croissance et de l'érythropoïétine (EPO), et d'en avoir distribué à deux athlètes dans le cadre d'un programme de dopage lors de leur préparation aux JO-2020.

Bidonvilles détruits et vies ruinées dans la capitale pétrolière du Nigeria

Plusieurs riverains s'entassent dans cette structure de fortune, pour s'abriter des averses et des moustiques provoqués par la saison des pluies, à Elechi, Port Harcourt, Nigeria, le 10 mars 2022.

Sous une pluie battante, des silhouettes dorment allongées parmi les décombres de leurs anciennes maisons. Gift, elle, est assise sur un bloc de béton, là où se trouvait sa porte d'entrée.

Avertie en urgence par des voisins, cette vendeuse de bananes plantains se rappelle avoir accouru, trop tard. La démolition du bidonville avait déjà commencé. Sa vie, ses souvenirs "détruits". "J'ai tout perdu", se lamente-t-elle.

Près des eaux polluées de Port Harcourt, principale ville pétrolière du Nigeria située dans le sud, les quartiers informels faits de matériaux de récupération abritent un demi-million de personnes.

Autant d'âmes menacées d'être expulsées de force, sans alternative ni compensation: début janvier, le gouverneur de l'Etat de Rivers, Ezenwo Nyesom Wike, a annoncé la démolition de tous ces habitats informels sur le front de mer, devenus, selon lui, des "repaires de criminels".

Dans la foulée, les démolitions ont commencé fin janvier.

Le quartier informel de Diobu par exemple, dans le sud-ouest de la ville, a été à moitié détruit. En l'espace de six jours, près de 20.000 résidents ont perdu leur logement et leur moyen de subsistance.

Car grâce à la pêche, aux marchés ambulants et au transport maritime, la plupart dépendent du littoral pour survivre.

Beaucoup vivaient là depuis des décennies. Leurs aïeux avaient tout construit de leurs mains. Aujourd'hui, il ne reste plus que 11 hectares de décombres.

Démographie galopante

"On vivait paisiblement ici", se lamente Tamunoemi Cottrail, propriétaire local et vendeur de poisson, avant de se remémorer l'arrivée des hommes armés.

"Ils n'ont parlé à personne. Ils ont juste dévalé les marches et commencé à tracer des X sur certains bâtiments."

Les autorités locales n'ont pas donné de détails sur l'avenir du front de mer, une fois les bidonvilles détruits. Mais elles assurent que les démolitions des communautés informelles sont nécessaires et légales.

"La loi autorise (les démolitions) tant que c'est pour l'intérêt public", indique un membre de l'Autorité de développement du logement et de la propriété de l'État de Rivers, sous couvert d'anonymat.

Ces expulsions forcées illustrent avant tout le développement urbain complexe des villes du pays le plus peuplé d'Afrique (220 millions d'habitants) qui, selon les estimations de l'ONU, deviendra le troisième plus peuplé du monde d'ici 2050.

Avec cette démographie galopante et une planification urbaine ignorée, des millions de Nigérians continueront de s'agglutiner dans des bidonvilles, aux conditions de vie très difficiles.

A Port Harcourt, capitale de l'or noir au Nigeria, premier producteur de brut d'Afrique, un tiers des habitants vivent dans ces quartiers.

Ces communautés subissent les premières les dégâts environnementaux de l'extraction du pétrole et du gaz.

"Les gens ne s'installent pas délibérément dans des habitats informels", rappelle Isa Sanusi, le porte-parole d'Amnesty International au Nigeria.

"Il ne devrait pas y en avoir dans ce type d'endroit car les Etats sont riches et ont la capacité de subvenir aux besoins".

Coups de fouets et mensonge

A Diobu, les autorités locales ont affirmé aux résidents qu'ils avaient sept jours pour faire leur sac.

"Quand ils sont arrivés, ils ont commencé à fouetter les gens", souffle Omobotare Abona, pêcheur de Diobu. "Quand les gens disaient: 'Attendez, laissez-nous rassembler nos affaires parce que c'est soudain', ils répondaient: 'Sortez'"

Les démolitions ont commencé trois semaines après l'annonce du gouverneur Wike dans son discours du Nouvel An. Il y fustigeait ces habitats informels qui "servent de repaires et de planques aux criminels", notamment -selon lui - aux voleurs qui siphonnent les pipelines de pétrole.

"C'est un mensonge", lance M. Abona. Comme partout, il y a des "mauvaises personnes" mais il ne faut pas généraliser, assure-t-il.

Face au mécontentement des populations locales, le commissaire régional à l'Information Paulinus Nsirim a adopté un ton plus sévère, insistant sur le besoin "d'assainir les fronts de mer".

Beaucoup d'anciens résidents de Diobu ont emménagé ailleurs chez des proches. Certains sont restés près du littoral, faute d'alternative, leurs meubles et vêtements empilés sur les trottoirs.

Les communautés alimentent une économie informelle vitale pour la ville, qui représente jusqu'à 65% de l'activité économique réelle.

Pourtant, elles vivent dans une extrême pauvreté, sans service public et sans représentation politique.

M. Abona a envoyé sa femme et son fils de 6 mois chez un parent mais ne s'imagine pas vivre ailleurs. "J'ai grandi ici, je m'y sens en sécurité" insiste-t-il. Ce pêcheur revient souvent sur le site où sa maison a été démolie. Il dit attendre le bon moment pour reconstruire.

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