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Des centaines d'enfants des rues évacués de Kano pour éviter la propagation du virus au Nigeria

Policiers dans les rues de Kano au Nigeria le 19 mai 2014.

La plupart d'entre eux sont des élèves d'écoles coraniques controversées que l'on voit généralement mendier dans les rues dans le nord majoritairement musulman du pays.

Pour freiner la propagation du coronavirus, les autorités locales ont décidé d'évacuer quelque 250.000 enfants de la ville de quatre millions d'habitants, pour les renvoyer dans leurs villages.

"Pour l'instant, nous allons évacuer 1.595 enfants", a déclaré à l'AFP Muhammad Sanusi Kiru, ministre de l'Education de Kano, alors que les premiers bus s'apprêtaient à partir mardi. "C'est un processus graduel, nous le faisons par phases, nous les récupérons petit à petit".

Les rues de cette cité commerçante d'ordinaire bouillonnante d'activité - qui compte pour l'instant 73 cas officiellement confirmés de coronavirus et un décès - sont vides depuis le confinement décrété la semaine dernière.

Le gouvernement de Kano, qui estime le nombre d'enfants mendiants à plusieurs millions dans tout l'Etat, craint une propagation du virus qui pourrait s'avérer catastrophique dans une ville comme Kano, aux infrastructures de santé largement défaillantes.

- "Conditions désastreuses" -

Dans cette région, de nombreux parents envoient leurs fils dès l'âge de six ans apprendre le Coran auprès de maitres religieux dans des écoles non agréées, appelées Almajiri.

Les cours sont gratuits, mais les enfants doivent se débrouiller seuls, généralement en mendiant ou en effectuant des petits boulots.

Ces écoles - qui font aussi office de "maisons de correction" pour les jeunes toxicomanes - ont fait scandale l'année dernière, lorsque plusieurs raids de la police dans des villes du nord ont mis à jour les conditions inhumaines dans lesquelles y vivaient nombre d'enfants et de jeunes hommes.

Certains ont été retrouvés enchaînés, des centaines vivaient entassés dans des pièces sales où la torture et le viol étaient généralisés.

Dans une lettre ouverte en mars, une ONG nigériane, Almajiri Child Right Initiative, demandait que les enfants qui le pouvaient soient ramenés chez eux, et que des aides alimentaires soient distribuées à ceux qui restaient.

"Les écoles officielles ont été suspendues partout dans le pays pour contrôler la propagation probable de la pandémie (...) mais aucune mesure similaire n'a été appliquée dans les écoles Almajiri", selon l'ONG.

Compte tenu des conditions "désastreuses" dans lesquelles ces enfants vivent, "nous pensons qu'il n'y a pas pire environnement" pour eux.

- "Volontaires" -

Kano imite ainsi les Etats voisins de Kaduna et Nasarawa, qui ont déjà évacué des grandes villes des centaines d'enfants, dans le cadre d'une résolution prise par 19 gouverneurs du nord, pour lutter contre la mendicité dans le contexte de crise sanitaire.

Selon les autorités de Kano, qui ont appelé les leaders religieux à évacuer leurs élèves via des messages diffusés à la radio, la première vague de 1.595 garçons part sur une base "volontaire".

"Les enseignants qui ont amené ces enfants à Kano sont ceux qui nous appellent volontairement pour venir les chercher", assure le ministre Kiru. "Nous ne les obligeons pas à quitter l'Etat".

Pour l'activiste Saminu Dala, les 250.000 jeunes mendiants identifiés jusque-là "ne représentent qu'une fraction de leur nombre réel".

"Dans une situation d'urgence comme celle-ci, vous devez être sévère et utiliser la puissance régalienne pour évacuer ces enfants", de force si besoin, a-t-il dit à l'AFP.

En février, avant même que le coronavirus arrive dans la région, la mendicité de rue avait été interdite. La police chargée de faire appliquer la charia, la Hisbah, avait reçu l'ordre d'arrêter les religieux et les parents qui enfreignaient la nouvelle mesure.

Seuls 1.500 enfants avaient initialement regagné leurs foyers, mais au bout de quelques semaines, la répression s'était essoufflée.

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Le président nigérian désigne Ngozi Okonjo-Iweala comme candidate pour diriger l'OMC

La ministre des finances du Nigeria à l'époque, Ngozi Okonjo-Iweala, s'exprime lors d'un entretien avec Reuters dans son bureau de la capitale Abuja, le 24 août 2012. (Photo Reuters)

Le président nigérian Muhammadu Buhari a nommé jeudi Ngozi Okonjo-Iweala, économiste de renom, comme candidate du Nigeria à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-on appris des médias locaux.

Agée de 65 ans, Mme Okonjo-Iweala est une administratrice de haut rang. Elle a dirigé les ministères des affaires étrangères, de l’économie, et des finances sous les administrations des présidents Olusegun Obasanjo et Goodluck Jonathan.

Elle a aussi occupé les fonctions de directrice générale de la Banque mondiale et avait même été pressentie comme la première femme à prendre les rênes de l’institution basée à Washington. Au final, le Conseil d’administration a plutôt choisi la Bulgare Kristalina Georgieva, à titre intérimaire.

La diplomatie nigériane est déjà à l’œuvre pour faciliter la désignation de celle qui pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l’OMC.

En effet selon le quotidien This Day, une lettre de soutien est déjà entre les mains de "toutes les ambassades et missions permanentes à Addis-Abeba", siège de l’Union africaine. Le quotidien précise que le président a retiré la candidature de Yonov Frederick Agah.

M. Agah est le représentant permanent du Nigeria auprès de l'OMC et le directeur général adjoint de l'organisation. Il pourrait toutefois assurer l’intérim du Brésilien Roberto Azevedo, qui a annoncé sa démission à la fin du mois d’août.

Selon le quotidien nigérian The Punch, Mme Okonjo-Iweala préside actuellement l'Alliance mondiale pour les vaccins et l'immunisation (GAVI), un partenariat sanitaire mondial public-privé dont l'objectif est d'accroître l'accès à l'immunisation dans les pays pauvres. Elle siège également au conseil d'administration de Twitter.

La vente à partir de coffres de voiture bat son plein à Abuja

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BAD: Buhari soutient son compatriote Akinwumi Adesina

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Les Nigérians procèdent au déconfinement progressif

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Le président nigérian Buhari soutient la réélection de son compatriote Adesina à la BAD

Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, lors de l'assemblée annuelle de la BAD à Gandhinagar, en Inde, le 22 mai 2017. (Photo REUTERS/Amit Dave)

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, est venu mardi à la rescousse de son compatriote Akinwumi Adesina dont la gestion de la Banque africaine de développement est contestée.

"Le Nigeria soutient avec ferveur @akin_adesina dans sa la réélection au poste de président de la Banque africaine de développement", a écrit le président sur son compte Twitter. "Nous allons collaborer avec tous les dirigeants et les parties prenantes de la BAD pour nous assurer qu'il soit réélu", a-t-il précisé.

M. Adesina, 60 ans, est sous le feu des critiques après que des dénonciateurs internes à la BAD aient déposé une plainte dans laquelle ils accusent le chef de l’institution panafricaine de plusieurs abus de pouvoir, de népotisme et de mépris envers les normes établies.

Une enquête interne a exonéré M. Adesina en mai, mais le gouvernement des États-Unis, par la voix de son ministre des finances, Steven Mnuchin, a exigé une enquête indépendante. Depuis, des interrogations persistent quant à l’avenir du banquier à la tête de la BAD.

Selon les statuts de l’institution, le chef de la BAD doit être d'origine africaine. Par tradition, il y a généralement une rotation entre les différents groupes régionaux et linguistiques qui composent ce continent à forte diversité.

Les allégations de mauvaise gestion au sein de l'AFDB ne sont pas un phénomène nouveau. Le prédécesseur d'Adesina, le rwandais Donald Kaberuka, avait en son temps également fait l’objet de nombreuses critiques.

L'élection du prochain chef de l'institution est prévue pour le mois d'août. M. Adesina est l'unique candidat.

Fondée en 1964, la BAD compte 80 pays membres, dont 26 en dehors d’Afrique comme les États-Unis. Selon ses règles, les actionnaires africains détiennent en tout temps la majorité des votes.

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