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Niger: plainte d'ONG après des révélations sur plus de 95 millions d'euros de malversations

Le nouveau président du Niger Mohamed Bazoum et l'ancien président du Niger Mahamadou Issoufou lors de son investiture au Centre international de conférences de Niamey le 2 avril 2021.

Des ONG nigériennes ont déposé une plainte au parquet de Niamey, après la révélation par la Cour des Comptes de malversations dans des services publics atteignant 63 milliards de francs CFA (95,7 millions d'euros) de manque à gagner pour l'Etat, a appris jeudi l'AFP.

"On parle de près de 63 milliards FCA de manque à gagner (pour l'Etat). Il est essentiel d'aller faire cette dénonciation au niveau du procureur pour que ce dossier là ne puisse pas être enterré", a déclaré à l'AFP, Ali Idrissa, responsable du Réseau nigérien pour la transparence et l'analyse budgétaire (Rotab), une des ONG à l'origine de cette plainte, déposée mercredi.

Le 19 avril dernier, la Cour des comptes du Niger avait remis son rapport 2021 au président nigérien Mohamed Bazoum, dans lequel elle a passé au crible la gestion des services, entreprises publiques, collectivités territoriales et projets financés par des bailleurs étrangers.

Le rapport consulté par l'AFP révèle des surfacturations, des dépenses sans base légale, l'absence de pièces justificatives pour des achats de matériels ou la construction d'infrastructures, de fausses mises en concurrence dans les marchés publics ou "l’octroi d’avantages indus" à des responsables.

Des achats d'équipements dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ont par exemple été effectués à des "coûts non raisonnables".

Pour se justifier devant la Cour, le ministère nigérien de la Santé publique, chargé de la gestion du Covid-19, a notamment mis en avant notamment "la demande nettement supérieure à l'offre dans un climat de panique générale où les pays n'étaient pas en position d'imposer aux fournisseurs un quelconque conformisme de prix".

Le président Bazoum qui a fait de la lutte contre la corruption une de ses principales priorités, avait appelé lors de sa prise de fonction en avril 2021 différents acteurs de la société, dont les ONG, à l'aider dans ce domaine.

Il a récemment indiqué qu'"une trentaine de hauts cadres de l’Etat, coupables de malversation ou détournement, croupissent actuellement en prison et y resteront longtemps".

Le ministre nigérien de la Communication, Mahamadou Zada, a été écroué pour son implication présumée dans une affaire de détournement de trois milliards de FCFA (plus de 4,5 millions d'euros) lorsqu'il dirigeait une entreprise publique entre 2013 et 2021.

En 2020, une affaire de surfacturations d'achats et de livraisons non effectuées d'équipements militaires, pour un montant de 39,4 milliards de FCFA (59,4 millions d'euros), avait déjà fait grand bruit au Niger.

Un procès sur cette affaire doit se tenir à une date non encore fixée.

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Paludisme: feu vert du Niger pour l'utilisation d'un vaccin chez les enfants

Les habitants du village de Tomali au Malawi font la queue pour que leurs enfants participent au programme pilote du premier vaccin contre le paludisme le 11 décembre 2019.

Le Niger "a donné son feu vert" pour administrer le vaccin britannique contre le paludisme aux enfants de moins de cinq ans, afin de lutter contre cette maladie qui a tué en 2021 plus de 4.000 personnes, a indiqué jeudi à l'AFP le ministre de la Santé.

"Le gouvernement du Niger a donné son feu vert pour l'utilisation du vaccin contre le paludisme, le vaccin RTS,S/AS01, chez les enfants de zéro à cinq ans" qui paient chaque année un lourd tribut à cette maladie, a affirmé à l'AFP Illiassou Maïnassara, le ministre nigérien de la Santé.

"Dans les mois à venir, ce vaccin va parvenir au Niger et des dispositions sont déjà en train d'être prises", a assuré le ministre.

Un communiqué du Conseil des ministres a confirmé cette annonce, indiquant que le Niger faisait partie "des pays éligibles par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)".

Le 9 octobre 2021, l'OMS avait recommandé le déploiement massif chez les enfants du "RTS,S", vaccin du géant pharmaceutique britannique GSK, le seul qui a jusqu'à présent montré une efficacité pour réduire significativement les cas, y compris les plus graves de paludisme.

Depuis 2019, le Ghana, le Kenya et le Malawi ont commencé à introduire le vaccin dans certaines régions.

Plus d'un million d'enfants ont reçu ce vaccin dans ces pays, montrant une réduction "de manière substantielle des cas graves", selon l'OMS.

Au Niger, "une autorisation pour faire rentrer" ce vaccin est déjà accordée aux partenaires dont l'OMS ou l'Unicef, selon le ministre Maïnassara.

Le "RTS,S" agit contre le parasite "plasmodium falciparum", transmis par les moustiques, le plus mortel à l'échelle mondiale et le plus prévalent en Afrique.

Maladie très ancienne, signalée dès l'Antiquité, le paludisme se manifeste par de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires puis par des cycles de frissons, fièvre et sueur. Si elle n'est pas traitée à temps, elle peut être mortelle.

Environ 90% des cas de paludisme dans le monde sont enregistrés en Afrique, où 260.000 enfants en meurent chaque année.

Au Cameroun, la société civile sensibilise contre le paludisme
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L'an dernier, au Niger, 4.170 personnes sont mortes du paludisme, et plus de 4 millions de cas ont été déclarés.

Selon le Dr Djermakoye Hadiza Jackou, coordonnatrice du Programme national de lutte contre le paludisme au Niger (PNLP), le vaccin est "une opportunité de pouvoir réduire la mortalité-morbidité" chez les enfants de 0 à 5 ans "qui représentent plus de 50% des cas" et "près de 60% des décès".

Selon elle, une combinaison du vaccin avec les autres moyens de prévention, notamment les moustiquaires imprégnées d'insecticides, permettra de faire chuter "d'au moins 75% les cas de paludisme" chez les enfants.

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