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Niger : N'Gagam ou "le petit enfer" pour les réfugiés et déplacés de Boko Haram

Ces femmes sont mariées à des ex-combattants de Boko Haram qui se sont rendus. D'autres sont toujours dans le groupe djihadiste, Diffa, Niger, le 17 avril 2017 (VOA/Nicolas Pinault)

"Saï wahala" (+que du calvaire+ en langue haoussa) Canicule, pas à manger, pas de vêtements, pas de travail, pas droit de quitter le camp... c'est un petit enfer ici", dit Zara Moustapha, au camp de N'Gagam, dans une zone désertique du sud-est du Niger.

Originaire de Mallam Fatori (Nord-ouest Nigeria), théâtre de plusieurs affrontements entre l'armée et Boko Haram qui y a commis de nombreuses exactions, cette mère de famille fait partie des 7.000 réfugiés nigérians et 5.500 déplacés internes nigériens vivant dans cet immense bidonville, enchevêtrement de tentes et cases.

Assis sur une natte étalée sur le sable incandescent sous un hangar improvisé, Mark Lowcock, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les secours d'urgence, écoute les doléances des milliers des pensionnaires qui ont fui ou ont été évacués de force.

- 'Voir de ses propres yeux' -

Les femmes se sont drapées dans des voiles multicolores, certaines avec des piercing de bijoux dorés au nez pour rencontrer l'émissaire de l'ONU. Ce dernier est protégé par des soldats d'élite. Le camp a déjà été attaqué par les jihadistes nigérians qui l'infiltrent régulièrement.

"Nous lui avons parlé de nos maux: manque de soins médicaux, insuffisance de nourriture, d'eau potable, insécurité et désoeuvrement...", égrène Yagana Cheffou, la porte-parole du camp.

"Nous avons besoin besoin d'ambulances, d'une eau de qualité, de plus de sécurité. Nous n'avons reçu aucune aide alimentaire depuis au moins dix mois", rappelle, flottant dans un grand boubou délavé, Boulama Mamane Ibrahim, chef du village nigérien de Bandé.

A cause de la "mauvaise qualité de l'eau", une épidémie d'hépatite E a fait "des morts" dont "des femmes enceintes", souligne-t-il.

"Hommes, femmes et enfants dorment dans les champs de mil, infestés de moustiques. Il y a déjà une flambée de paludisme", tempête-t-il.

"J'ai écouté leur histoire et je la raconterai" dans "un plaidoyer", fin septembre à l'Assemblée générale des Nations unies, a promis M. Lowcock, trempé de sueur. "Si les donateurs ne réagissent pas, je leur dirai de venir voir de leurs propres yeux", ajoute-t-il.

Il salue cependant la mobilisation internationale qui a "sauvé des vies des millions de personnes" dans la zone. "L'aide n'est pas suffisante, c'est vrai", reconnaît à l'AFP Lawan Magadji, le ministre nigérien de la gestion des catastrophe.

Le ministre espère que Marc Lowcock obtiendra les "400 millions de dollars" demandés pour boucler l'assistance humanitaire "dans tout le bassin du lac Tchad".

A Diffa, la vulnérabilité des 300.000 réfugiés-déplacés et des populations locales est aussi accentuée par les "mesures sécuritaires" prises par les autorités, estiment plusieurs ONG.

- 'Indicateurs partout' -

Pour contenir les attaques incessantes et les infiltrations, les autorités ont évacué des zones, interdit le commerce du poisson et des poivrons, fermé des marchés, plombant l'économie locale alors que Diffa était déjà confrontée à des crises alimentaires répétées.

Une accalmie est observée depuis deux mois dans la région mais l'armée reste aux aguets. Présent à N'Gagam, Mahaman Laouali Dandano, le gouverneur de Diffa, a même abordé l'épineuse "présence d'éléments infiltrés de Boko Haram" sur le camp.

"Soldats, humanitaires, agents de santé... tout le monde met sa vie en danger pour vous assister et vous, vous trouvez normal de ne pas dénoncer ces gens", a-t-il tonné.

"Il se ravitaillent au marche de N'Gagam. Certains reviennent même (du Nigeria) pour visiter leurs parents sous vos yeux !", s'indigne M. Dandano. "Les +BH+ (Boko Haram) ont des indicateurs ici partout", avoue plus tard à l'AFP le chef Boulama. "Si vous les dénoncez, ils viendront brûler vos maisons et enlever nos enfants", chuchote-t-il.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

Pénurie de gaz au Tchad : appel à manifester en dépit d'une interdiction

Bonbonnes de gaz butane vide à N’Djamena, le 4 avril 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le Collectif tchadien contre la vie chère a appelé mardi les Tchadiens à "manifester pacifiquement" jeudi pour protester contre la pénurie de gaz qui affecte le pays depuis plus de deux mois, en dépit d'une interdiction du gouvernement.

"Nous appelons les Tchadiens, jeunes, femmes, enfants touchés par cette situation à sortir massivement avec leurs bonbonnes de gaz et marmites vides" jeudi dans les rues, a déclaré le porte-parole du collectif, Dyngamnayal Nely Versinis, selon un communiqué.

Lundi, le gouvernement tchadien avait pris un arrêté pour interdire la marche lancée par ce collectif de la société civile. Mi-mars, une première marche avait déjà été interdite.

"Le gouvernement dans sa logique de restreindre la liberté d'expression, a pris un arrêté pour interdire ladite manifestation sans qu'aucune raison valable ne soit avancée", a indiqué le collectif qui a décidé "de maintenir la marche" jeudi "sur toute l'étendue du territoire".

Depuis fin janvier, la raffinerie de Djarmaya, seule source d'approvisionnement en gaz du pays, tourne au ralenti.

En cause, la révision des machines de la centrale, qui détient le monopole du gaz dans le pays, et qui n'aurait pas été anticipée.

Pour parer à la situation, le gouvernement avait autorisé l'importation de gaz du Nigeria ou du Cameroun, mais les besoins en énergie de la population ne sont toujours pas satisfaits.

"Aujourd'hui, il s'agit plus d'un bras de fer entre le gouvernement et la société chinoise actionnaire de la raffinerie pour la renégociation de contrats qui est en cause", a indiqué à l'AFP une source proche du ministère tchadien de l'Economie.

Au Tchad, les manifestations de la société civile sont souvent interdites par le gouvernement qui invoque des "raisons de sécurité".

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