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Grande manifestation de "soutien" au président nigérien Issoufou


Le président du Niger Mahamadou Issoufou lors de la visite de Angela Merkel à Niamey, Niger, 10 octobre 2016. VOA/ Abdoul-Razak Idrissa

Quelque 20.000 personnes dont des ministres, députés et fonctionnaires ont défilé dimanche à Niamey pour "soutenir" le président Mahamadou Issoufou accusé "de mauvaise gestion" par la société civile du Niger, un des plus pauvres au monde.

A l'appel d'une cinquantaine de partis politiques de la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN, la coalition au pouvoir), les manifestants ont défilé trois semaines après une autre grande marche, de protestation celle-là, contre "la vie chère", "la corruption" et "la mauvaise gestion du pays" à appel d'organisations de la société civile.

Les manifestants, avec à leur tête, Bazoum Mohamed, le président du PNDS (principal parti au pouvoir), ont marché sur plusieurs kilomètres avant de tenir un meeting devant le siège du Parlement, aux cris de "Tayi tabchi" ("la vie est moins dure" en langue locale) à l'opposé du "Tayi taouri" ("la vie est trop dure") qu'avaient scandé les protestataires du 21 décembre.

Dans la foule aux couleurs des partis politiques des pancartes étaient visibles avec les slogans comme "soutien aux actions du président Issoufou". Certains manifestants arboraient des T-shirts estampillés "le Niger est bon".

Bazoum Mohamed, également ministre de l'Intérieur, a expliqué à la télévision publique que la manifestation est une réponse à celle de la société civile qu'il accuse d'agir "sous le manteau" du Mouvement démocratique nigérien (Modem) dirigé par l'ex-Premier Hama Amadou, plus farouche opposant au régime qui vit depuis mars à l'étranger.

"La manifestation du 21 décembre" entre dans le cadre d'un "scénario" censée "déboucher sur une grande insurrection populaire", mais "qu'ils cessent de rêver", a-t-il prévenu.

"Pas d'amalgame", a rétorqué lors d'une conférence de presse, Moussa Tchangari, une figure de la société civile en justifiant leur manifestation "par la colère et le mécontentement face à une gestion calamiteuse" du pays.

Il a également annoncé la tenue d'une autre manifestation "citoyenne" le 13 janvier.

Le président Issoufou a été réélu en mars 2016 avec 92,51% des voix pour un deuxième quinquennat, contre 7,49% à l'opposant Hama Amadou, qui avait été emprisonné de novembre 2015 à mars 2016 dans le cadre d'une affaire de trafic présumé d'enfants. L'opposition, qui a dénoncé "une mascarade électorale", avait appelé à boycotter le scrutin présidentiel.

De son côté, le pouvoir a accusé l'opposition d'avoir voulu éviter une défaite.

Avec AFP

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