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Niger

Au moins un mort dans une manifestation à Niamey

Des manifestants marchent avec une banderole pour protester contre la loi de finances 2018, à Niamey, Niger, le 14 janvier 2018. (AFP / BOUREIMA HAMA)

Au moins une personne est morte dimanche à Niamey, lors de violents heurts entre forces de l'ordre et manifestants, qui demandaient des sanctions dans un scandale de surfacturations d'achats d'équipements militaires, a constaté l'AFP.

Un journaliste de l'AFP a vu le corps sans vie d'un homme âgé que des manifestants ont vainement tenté de réanimer.

"Deux autres personnes ont été retrouvées mortes à l'intérieur du marché" Tagabati, dans le centre-ville, au cours d'un incendie, a indiqué une source sécuritaire.

Les commerçants accusent les policiers d'avoir provoqué l'incendie avec le tir de grenades alors que les autorités démentent "formellement" que les forces de l'ordre soient à l'origine du sinistre.

Au total dix manifestants dont les organisateurs, Moussa Tchangari, Nouhou Arzika et Moukaïla Halidou, ont été arrêtées, selon la police.

Ces trois figures de la société civile avaient maintenu le mot d'ordre de manifester malgré l'interdiction de "toute manifestation publique de plus de 1.000 personnes" dans le cadre de la prévention du coronavirus, dont aucun cas n'a encore été détecté au Niger.

Ils entendaient faire pression sur le gouvernement pour qu'il transmette à la justice l'audit sur les surfacturations et livraisons non effectuées.

Samedi, un juge des référés saisi par les organisateurs a "autorisé" la manifestation, mais seulement à Maradi, la deuxième ville du pays.

Tôt ce dimanche, des forces de l'ordre avaient pris position sur les lieux où le rassemblement devait avoir lieu.

Plus tard des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et les manifestants déterminés à se rendre au rassemblement. Les affrontements se sont surtout concentrés dans des quartiers populaires du centre ville et dans le secteur du Grand marché (poumon économique de Niamey) qui a été fermé et du marché Tagabati.

Le 26 février, le gouvernement a annoncé qu'un audit demandé par le président Mahamadou Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées dans des achats d'équipements pour l'armée, qui combat depuis 2015 les jihadistes dans le sud-est et l'ouest du pays.

Le gouvernement a annoncé avoir "décidé de faire rembourser les montants indûment perçus". Il a aussi décidé de "transmettre aux tribunaux compétents les dossiers des fournisseurs qui refuseraient de s'exécuter" et "de prendre les sanctions administratives appropriées à l'endroit des agents publics incriminés".

Mais le gouvernement n'a pas évoqué directement de poursuites pénales pour les coupables. Il n'a pas non plus précisé les montants concernés, ni les personnalités mises en cause.

D'après des journaux locaux, l'audit a porté sur "la dilapidation" de milliards de FCFA (millions d'euros), impliquant des hommes d'affaires et des responsables gouvernementaux.

Le scandale a d'autant plus choqué l'opinion qu'entre décembre 2019 et janvier 2020, près de 200 soldats nigériens ont été tués dans des attaques revendiquées par le groupe Etat islamique.

Le syndicat des magistrats et les partis d'opposition sont déjà montés au créneau pour demander que le dossier soit traité par la justice.

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L'ONU note une intensification des déplacements des populations au Niger

L'ONU note une intensification des déplacements des populations au Niger
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"L'escalade de la violence" au Niger provoque de nouveaux flux de déplacés

La région de Tillabéri est le théâtre depuis 2017 des actions sanglantes de mouvements jihadistes.

"L'escalade de la violence" provoquée par les actions de groupes jihadistes présumés engendre depuis le début de l'année de nouveaux flux de déplacés dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, frontalière du Burkina Faso et du Mali, a alerté mardi l'ONU.

"Les mouvements forcés de population se sont intensifiés au cours des cinq premiers mois de l’année 2022, à cause de l’escalade de la violence des groupes armés non étatiques (Gane) qui attaquent les civils et les forces de sécurité", indique un rapport du Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) transmis à l'AFP. De janvier à avril 2022, le nombre d'"incidents sécuritaires" a été de 136, contre 93 par rapport à la même période en 2021, selon Ocha.

Quarante-trois civils ont été tués et vingt-deux autres enlevés entre le 1er et le 19 mai dans les départements de Torodi, Téra et Gothèye, qui enregistrent une recrudescence des attaques jihadistes, relève l'agence de l'ONU. Depuis avril, 34.746 personnes vivant dans des zones frontalières avec le Burkina Faso et le Mali "ont été forcées de se déplacer pour s’installer dans des endroits plus sécurisés", ajoute-t-elle.

Ocha rappelle qu'un "point culminant" avait déjà été atteint au "dernier trimestre 2021": assassinats de civils et de militaires, enlèvements, vols de bétail, destructions de greniers à céréales, sabotage des systèmes de communication, destruction de boutiques et d'agences de transfert d’argent.

Discussions entre le président nigérien et le chancellier allemand à Niamey
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Les déplacements "forcés des populations" sont également accentués par "des menaces et intimidations" contre les fonctionnaires, élus, enseignants et chefs traditionnels, poursuit Ocha. La peur des attaques aux IED (engins explosifs improvisés), de plus en plus fréquentes, a en outre "réduit" les mouvements des humanitaires, qui ont "suspendu" leurs interventions dans certaines zones.

Face à cette situation sécuritaire, "les Forces de défense et de sécurité ont déclenché depuis le 16 mai 2022 des opérations de ratissage et de nettoyage dans ces secteurs en vue de les assainir", indique un communiqué signé par le ministre nigérien de la Défense, Alkassoum Indatou, reçu mardi soir par l'AFP.

"Ces opérations se poursuivent et ont donné les résultats considérables suivants à la date du 23 mai 2022 : côté ami, deux blessés et un véhicule endommagé par un engin explosif improvisé. Côte ennemi : 65 éléments de groupes armés terroristes neutralisés (tués), 163 motos détruites, 12 plots logistiques et 11 bases de regroupement détruites", a-t-il souligné.

La vaste région enclavée de Tillabéri, située dans la zone dite "des trois frontières" entre Niger, Burkina Faso et Mali, est le théâtre depuis 2017 des actions sanglantes de mouvements jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI).

Selon l'ONU, 12 de ses 13 départements "sont impactés" par les actions des "groupes armés très actifs". De janvier à décembre 2021, 318 incidents sécuritaires y ont coûté la vie à 645 civils, "soit une augmentation de plus de 200%" comparativement à l’année 2020, où 145 civils avaient été tués dans 265 incidents et 45 autres "portés disparus".

Face à l'afflux de nouveaux déplacés, les aides de l'Etat et des ONG restent insuffisantes, selon les organisations humanitaires. Le Niger, l'un des pays les plus pauvres au monde, abrite 250.000 déplacés et plus de 264.000 réfugiés nigérians et maliens, auxquels s'ajoutent plus de 13.000 Burkinabès fuyant les atrocités des jihadistes, selon l'ONU. Ces violences y ont entraîné la fermeture de 800 écoles accueillant plus de 69.400 élèves.

Cette année, le Niger est en outre frappé par une grave crise alimentaire en raison de la sécheresse et des violences jihadistes qui ont empêché les paysans de cultiver leurs champs.

Discussions entre le président nigérien et le chancellier allemand à Niamey

Discussions entre le président nigérien et le chancellier allemand à Niamey
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Niamey salue sa coopération militaire avec Berlin

Niamey salue sa coopération militaire avec Berlin
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Niamey se félicite de la coopération militaire avec Berlin

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président nigérien Mohamed Bazoum à Niamey le 23 mai 2022.

Le président du Niger, Mohamed Bazoum, a salué lundi la coopération militaire avec l'Allemagne comme "un modèle" à suivre par les autres partenaires de son pays, à l'issue d'une rencontre à Niamey avec le chancelier allemand Olaf Scholz.

Pour sa mission "Gazelle" de formation des forces spéciales nigériennes dans l'ouest du Niger, "l'Allemagne a fait de grands investissements dans les infrastructures, la construction d'aérodromes, de bâtiments, et assure une formation de grande qualité qui est appréciée de façon tout à fait singulière par notre armée", a déclaré M. Bazoum lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Scholz.

"Je voudrais vous féliciter pour le travail que nous avons accompli ensemble et qui va désormais être un modèle vers lequel nous allons aiguillonner tous nos autres partenaires", a-t-il ajouté. Le chef de l'Etat nigérien a souhaité une prolongation de la mission "Gazelle" qui s'achève fin 2022.

Olaf Scholz a indiqué que le Parlement allemand "a déjà donné son feu vert à une prolongation". "Il faut qu'on voit quelles sont les perspectives d'avenir et quels sont les détails de (la poursuite) de cette coopération", a-t-il ajouté, estimant cependant "que le succès atteint jusqu'à présent est vraiment déjà une bonne motivation pour continuer".

Le chancelier allemand a rendu visite lundi matin aux soldats allemands de "Gazelle" dans la région de Tahoua (ouest) et affirmé avoir pu constater "à quel point c'est vraiment un succès". Il a estimé que "la situation sécuritaire au Sahel est très difficile", et qu'il fallait "vraiment une bonne coopération pour assurer la sécurité dans la région".

Il a rappelé que son pays était prêt "à continuer à fournir" sa "contribution" à la Mission des Nations unies au Mali (Minusma). Selon lui, "il est clair que cette situation (sécuritaire) ne s'améliorera pas avec la présence de mercenaires russes au Mali", et "il est d'autant plus important d'avoir une très bonne coopération ici (au Niger) avec vous".

Plusieurs pays du Sahel – Mali, Niger et Burkina Faso – sont confrontés aux activités meurtrières de groupes jihadistes liés à Al Qaïda et à l'Etat islamique qui menacent également de déstabiliser plusieurs pays du Golfe de Guinée plus au sud.

Après le Sénégal et le Niger, le chancelier allemand doit se rendre en Afrique du Sud où il est attendu dans la soirée de lundi.

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