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Neuf ONG pillées en un mois à Bambari en Centrafrique


Une femme en pleurs devant le siège de la Minusca, à Bangui en Centrafrique, le 11 avril 2018

Neuf organisations humanitaires ont été pillées au mois de mai à Bambari, ville du centre secouée par des violences intercommunautaires, a annoncé l'ONU.

"Au courant du mois de mai dans la seule ville de Bambari, au centre de la Centrafrique, des locaux de 9 organisations humanitaires ont été pillés ainsi que la Commission nationale des réfugiés (CNR)", selon un communiqué du bureau des affaires humanitaires de l'ONU en Centrafrique (OCHA).

Bambari a été le théâtre de violences intercommunautaires mi-mai, dans lesquelles neuf personnes ont perdu la vie, dont un membre local d'une ONG et un infirmier-accoucheur d'une structure sanitaire de la ville, selon l'ONU.

La gendarmerie, le commissariat, la paroisse, les bases de l'ONU et de plusieurs ONG ont été attaqués par des hommes armés "présumés affiliés", selon l'ONU, au groupe Union pour la paix en Centrafrique (UPC).

Bambari, à cheval entre plusieurs zones d'influences de groupes armés, jouissait jusqu'alors d'un calme relatif depuis l'intervention de la Minusca début 2017 pour en déloger l'UPC qui en avait fait sa base.

Depuis, l'ONU avait fait de Bambari la vitrine de son intervention en Centrafrique, arguant que la ville était "sans arme ni groupe armé".

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Des tirs ont de nouveau été entendus mercredi dans la ville, selon des sources concordantes.

"4 personnels humanitaires ont perdu la vie" depuis le début de l'année en RCA, selon Ocha, qui ajoute que "la République centrafricaine est et reste l'un des pays les plus dangereux au monde pour les opérations humanitaires".

Face à ces violences, les humanitaires doivent suspendre temporairement ou limiter leurs activités, ce qui affecte l'aide apportée aux populations dans un pays où la moitié de la population dépend de l'aide humanitaire, indique le texte.

Depuis 2013, la Centrafrique est en proie à des conflits. Le renversement du président François Bozizé par l'ex-rébellion de la Séléka avait entraîné une contre-offensive des milices d'"autodéfense" antibalaka.

>> Lire aussi : Le casse-tête des contingents de l'ONU en Centrafrique

Les groupes armés et des milices s'affrontent aujourd'hui pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, mais riche en diamants, or et uranium.

En Centrafrique, près de 700.000 personnes sont déplacées, 570.000 réfugiées à l'étranger et 2,5 dans le besoin d'une aide humanitaire, selon l'ONU.

Avec AFP

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