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En Corée du Nord, Xi Jinping s'invite dans le duo Kim/Trump

Kim Jong Un, à gauche, et Xi Jinping, Pékin, Chine. (Photo de l'agence de presse nord-coréenne, 10 janvier 2019)

Xi Jinping est arrivé jeudi en Corée du Nord, la première visite d'un président chinois depuis 14 ans, qui vise à renforcer l'alliance entre les deux voisins au moment où le rapprochement entre Kim Jong Un et Donald Trump piétine.

"Notre peuple est fier d'avoir un ami proche et digne de confiance comme le peuple chinois", s'est félicité le même jour dans un éditorial le Rodong Sinmun, le principal journal nord-coréen.

Le quotidien officiel du parti au pouvoir estime que la visite d'Etat de Xi Jinping "gravera une page nouvelle et durable dans l'histoire de l'amitié" bilatérale. La dernière venue d'un président chinois remontait à 2005.

M. Xi est arrivé en fin de matinée par avion spécial, accompagné par son épouse et son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, selon la télévision d'Etat chinoise CCTV.

A Pyongyang, des drapeaux chinois étaient accrochés dans toute la capitale et les habitants étaient placés le long des rues pour accueillir Xi Jinping.

Alors que le président américain Donald Trump promet un développement économique fabuleux à la Corée du Nord si elle accepte de renoncer à son programme nucléaire, son homologue chinois entend rappeler le rôle incontournable de son pays, qui absorbe 90% du commerce de Pyongyang.

L'amitié sino-nord-coréenne est "irremplaçable, même pour des millions", a assuré Xi Jinping lui-même, dans un texte publié mercredi par le Rodong Sinmun.

La visite devrait accorder une large place à l'histoire et à l'intervention de la Chine dans la guerre de Corée (1950-53), qui devait sauver le régime de Kim Il Sung, grand-père de l'actuel numéro un Kim Jong Un. L'ennemi commun n'était autre que les Etats-Unis.

- Visite surtout symbolique -

Les premières années au pouvoir de Kim Jong Un n'ont pas été faciles pour Pékin: la Chine a appliqué les sanctions internationales destinées à forcer Pyongyang à abandonner son programme nucléaire, provoquant la colère de son voisin.

Conséquence: Kim Jong Un, arrivé au pouvoir à la mort de son père fin 2011, a attendu 2018 pour se rendre pour la première fois en Chine et rencontrer enfin Xi Jinping, aux manettes à Pékin depuis 2012. Les deux hommes se sont vus à quatre reprises l'an dernier.

Une réconciliation qui semble avoir été précipitée par le rapprochement entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, symbolisé par l'historique sommet Trump-Kim de Singapour en juin 2018: Pékin redoute de voir son allié tomber dans le camp américain, tandis que les Nord-Coréens ont besoin des Chinois pour faire le poids face à Washington.

Signe cependant de la nervosité des autorités nord-coréennes, elles ont interdit aux médias étrangers présents à Pyongyang de couvrir la visite de Xi Jinping.

Celle-ci devrait être largement symbolique. Aucun communiqué conjoint n'est ainsi attendu, comme lors du sommet en avril entre Kim Jong Un et le président russe Vladimir Poutine à Vladivostok.

Pour la Corée du Nord, le sommet Kim-Xi "va servir à montrer aux Etats-Unis qu'elle a le soutien de la Chine et à leur dire qu'ils doivent cesser leur politique de pression maximale", observe Lim Eul-chul, professeur à l'Université Kyungnam en Corée du Sud.

- "Grave erreur" -

Le deuxième sommet Trump-Kim en février à Hanoï n'a rien donné. Américains et Nord-Coréens restent bloqués sur la question de la dénucléarisation. Washington exige qu'elle intervienne avant la levée des sanctions internationales, ce que Pyongyang refuse.

Comme pour afficher son soutien à son allié, la Chine, comme la Russie, a bloqué mardi à l'ONU une initiative américaine visant à empêcher les approvisionnements de pétrole raffiné à la Corée du Nord.

Le président chinois a lui aussi maille à partir sur un autre sujet avec son homologue américain qu'il retrouvera la semaine prochaine au Japon à l'occasion d'un sommet du G20: la guerre commerciale sino-américaine.

Mais Yongwook Ryu, spécialiste des relations internationales à l'Université nationale de Singapour, estime que M. Xi ferait "une grave erreur" s'il tentait d'utiliser le dossier nord-coréen dans ses négociations commerciales avec Donald Trump.

Cela étant, "si Xi peut faire pression sur la Corée du Nord pour l'encourager à dénucléariser, ce serait une carotte pour Trump, et il pourrait peut-être obtenir des concessions" du président américain, suppose l'analyste.

La visite est, de fait, très suivie par les Etats-Unis.

"Nous espérons vivement que le président Xi continuera à envoyer des messages constructifs et adéquats au cours de ses entretiens", a déclaré mercredi Stephen Biegun, le représentant spécial américain pour la Corée du Nord.

Il a assuré que Washington ne posait aucune condition préalable à la reprise des discussions avec Pyongyang.

Avec AFP

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Cachemire sous contrôle indien: deux morts dans une fusillade

Protestations contre la révocation par l'Inde du statut d'autonomie spéciale dans la partie du Cachemire qu'elle contrôle, Srinagar, le 11 août 2019.

Un "terroriste" et un officier de police sont morts au Cachemire sous contrôle indien dans une fusillade qui a opposé des activistes aux forces de sécurité, a indiqué la police mercredi. 

L'incident qui s'est déroulé dans le district de Baramulla, dans le nord du Cachemire, est le premier à être rapporté par les autorités indiennes depuis qu'elles ont révoqué le statut d'autonomie spéciale dans la partie du Cachemire qu'elles contrôlent.

"Un terroriste a été tué (...) des armes et des munitions ont été découvertes", a indiqué la police sur Twitter, précisant qu'un officier de police avait été tué et qu'un autre blessé dans l'incident était traité dans unhôpital militaire.

Dans un autre tweet, la police a identifié l'activiste abattu comme étant affilié au "Lashkar-e-Taiba" (LeT), une organisation armée basée au Pakistan, accusée par New Delhi et Washington d'avoir organisé les attaques sanglantes de Bombay en 2008.

Un blocage des communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de l'annonce, le 5 août, de la révocation de l'article 370 de la Constitution, qui conférait ce statut d'autonomie spéciale à la région himalayenne.

Les affrontements sont fréquents entre les forces de sécurité indiennes et les militants opposés à la domination indienne, des dizaines de milliers de personnes, pour la plupart civiles, ont perdu la vie au cours des 30 dernières années, ajoutant au ressentiment envers New Delhi.

Quelque 80.000 paramilitaires indiens supplémentaires ont été déployés dans le Cachemire indien. Un demi-million de soldats s'y trouvent déjà en temps normal.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagé le territoire du Cachemire après leur indépendance en 1947, se sont depuis livrés trois guerres, dont deux à propos du Cachemire.

Avec AFP

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