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Mystère autour de la disparition à Istanbul d'un journaliste saoudien critique de Ryad

Jamal Khashoggi, journaliste saoudien, à Davos, Suisse, le 29 janvier 2011.

Le mystère entoure le sort d'un journaliste saoudien donné pour disparu après son entrée dans le consulat de son pays à Istanbul alors que Ryad affirme que cet homme, critique envers les autorités saoudiennes, a bel et bien quitté les locaux de la mission diplomatique.

La Turquie a déclaré pour sa part mercredi que Jamal Khashoggi, 59 ans, porté disparu depuis plus de 24 heures, se trouvait toujours à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul où il s'était rendu pour des démarches administratives.

Rédacteur d'articles d'opinion pour le Washington Post notamment, M. Khashoggi n'a pas été vu depuis qu'il est entré au consulat mardi vers 10h00 GMT.

"Selon les informations dont nous disposons, l'individu en question, qui est un Saoudien, se trouve au consulat saoudien à Istanbul", a déclaré à la presse mercredi en début de soirée le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

Il a affirmé que le ministère turc des Affaires étrangères et la police turque "suivent l'affaire" et que des contacts à son sujet étaient en cours entre les autorités turques et des responsables saoudiens.

Pour sa part, Ryad a réagi via l'agence officielle de presse saoudienne SPA, affirmant que l'intéressé avait quitté les locaux de la mission diplomatique.

Le consulat général d'Arabie saoudite à Istanbul "effectue les procédures de suivi et la coordination avec les autorités locales turques pour découvrir les circonstances de la disparition de Jamal Khashoggi après qu'il a quitté le bâtiment du consulat", déclare un communiqué publié par l'agence de presse officielle saoudienne, SPA, sans davantage de détails.

La disparation de M. Khashoggi avait été annoncée tôt mercredi par le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez.

"Ce serait injuste et scandaleux qu'il soit détenu en raison de son travail de journaliste et de commentateur", a-t-il déclaré dans un communiqué.

La fiancée turque de M. Khashoggi était depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul.

"Je n'ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures (10h00 GMT) hier. Nous voulons savoir où il se trouve", a déclaré à l'AFP la fiancée, Hatice A., qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Un ami de M. Khashoggi, Turan Kislakçi, à la tête d'une association turco-arabe de journalistes, a dit avoir contacté les autorités turques qui lui ont affirmé qu'elles "suivent l'affaire de près".

"Nous sommes certains que Jamal est détenu à l'intérieur, à moins que le consulat n'ait un tunnel", a-t-il déclaré à l'AFP.

- "Disparition extrêmement inquiétante" -

Hatice A. a appelé le ministre turc des Affaires étrangères à contacter l'ambassadeur saoudien en Turquie pour s'enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné devenu critique envers le pouvoir saoudien ces derniers mois alors qu'il était auparavant considéré comme proche du gouvernement.

Selon elle, M. Khashoggi s'était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n'en est jamais ressorti.

"Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié", a-t-elle expliqué.

M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis l'année dernière par crainte d'une arrestation, après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.

Le département d'Etat américain a indiqué qu'il cherchait à en savoir davantage sur son sort.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a qualifié la disparition du journaliste d'"extrêmement inquiétante", et a appelé les autorités saoudiennes et turques à "faire le nécessaire en sorte qu'il réapparaisse - libre - aussi tôt que possible".

Dans un article écrit pour le Washington Post en septembre 2017, M. Khashoggi écrivait: "Quand je parle de peur, d'intimidation, d'arrestations et de dénonciations publiques des intellectuels et des chefs religieux qui osent donner leur avis et que je vous dis que je viens d'Arabie saoudite, êtes-vous surpris?"

- Répression contre les dissidents -

Le même mois, M. Khashoggi avait annoncé avoir été interdit de contribution dans le quotidien Al-Hayat, propriété du prince saoudien Khaled ben Sultan al-Saoud. M. Khashoggi avait alors reconnu avoir défendu les Frères musulmans, ce qui ne semble pas avoir plu à son employeur.

Si les autorités saoudiennes ont classé les Frères musulmans comme "organisation terroriste", la Turquie est quant à elle considérée comme l'un de leurs principaux soutiens.

Le hashtag "enlèvementdejamalkhoshoggi" est l'un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.

L'Arabie saoudite figure à la 169e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Ryad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed ben Salmane a été désigné héritier du trône en 2017.

Mais la répression contre les dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et aussi de militantes de la cause des femmes, s'est accentuée depuis.

M. Khashoggi est l'un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre cette répression. Dans l'un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités saoudiennes.

Avec AFP

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Corée du Sud: 40 ans de prison pour le chef d'un gang de vidéos porno

Photo d'illustration (Reuters)

Le cerveau d'un réseau criminel sud-coréen qui contraignait des femmes, dont des mineures, à réaliser des vidéos pornographiques mises en ligne a été condamné jeudi à 40 ans de prison.

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"L'accusé a largement distribué des contenus sexuellement offensants qui avaient été créés en trompant ou en menaçant les victimes", a jugé le Tribunal du district central de Séoul, selon l'agence Yonhap, en affirmant qu'il avait ce faisant provoqué "un tort irréparable".

Le tribunal a ajouté qu'au vu de la gravité des crimes et du nombre de victimes, Cho Ju-bin devrait être "maintenu à l'écart de la société pendant une longue période de temps". Cinq de ses acolytes ont écopé de peines allant de sept à 15 années de prison.

La violence sexuelle en ligne et le partage illégal de contenus à caractère sexuel est un sérieux problème au sein de la société sud-coréenne, où les autorités sont accusées de laxisme face à ce type de délits. Le gouvernement a créé en 2019 une équipe dédiée à la traque des contenus illégalement partagés.

Dans une des affaires les plus médiatisées de ces dernières années, la star de la K-pop Jung Joon-young a été condamnée pour avoir tourné, à l'insu de ses partenaires, des vidéos de leurs rapports sexuels et les avoir partagées. Egalement reconnu coupable de viol en groupe, il purge une peine de cinq ans de prison.

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