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Myanmar: Aung San Suu Kyi condamnée à 4 ans de prison

Une photo de la dirigeante de Myanmar, Aung San Suu Kyi, lors d'une manifestation contre le coup d'État militaire devant le bureau de l'ONU à Bangkok, en Thaïlande, le 22 février 2021.

Au final, Mme Suu Kyi pourrait être condamnée à plus de 100 ans de prison.

Aung San Suu Kyi, la dirigeante civile du Myanmar (Birmanie) qui a été évincée par un coup d'État le 1er février, a été reconnue coupable d'incitation lundi et condamnée à quatre ans de prison.

Mme Suu Kyi, 76 ans, est une lauréate du prix Nobel de la paix qui a passé 15 ans en résidence surveillée pour avoir résisté aux généraux.

L'armée a pris le pouvoir et a empêché son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, d'entamer un second mandat de cinq ans malgré une victoire électorale sans appel.

Plus de 100 ans de prison?

D'autres procès sont en cours contre elle. Si elle est reconnue coupable de tous les chefs d'accusation auxquels elle fait face, Mme Suu Kyi pourrait être condamnée à plus de 100 ans de prison.

Elle est détenue par l'armée dans un lieu inconnu, et le tribunal n'a pas précisé lundi si elle serait transférée dans une prison ou maintenue sous une forme d'assignation à résidence, selon un responsable juridique, qui a relayé le verdict à l'agence Associated Press sous anonymat par crainte d'être sanctionné par les autorités militaires.

Pour rappel, l'armée a pris le pouvoir en invoquant des fraudes électorales massives lors des élections de novembre 2020, mais les observateurs indépendants n'ont pas détecté d'irrégularités majeures.

L'armée face à la rue

L'opposition à la prise de pouvoir par l'armée a surgi presque immédiatement et reste forte. On note même des cas de résistance armée après la répression violente des manifestations pacifiques par les autorités.

Le verdict de lundi pourrait attiser davantage les tensions.

De l'avis des observateurs, les poursuites engagées contre Aung Suu Kyi ont pour objectif de la discréditer et l'empêcher de se présenter aux prochaines élections, étant donné que la Constitution interdit à toute personne condamnée à une peine de prison d'exercer de hautes fonctions.

Avec Associated Press.

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Confinement national après un premier cas de Covid en Corée du Nord

De la fumée s'élève des usines au-dessus du centre de Pyongyang, en Corée du Nord, le 9 décembre 2011.(AP)

L'apparition du coronavirus pourrait perturber les essais d'armement du pays.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a ordonné des mesures de "confinement" à l'échelle nationale après que le pays a détecté son tout premier cas de Covid-19 depuis le début de la pandémie, selon les médias d'État jeudi.

M. Kim "a appelé toutes les villes et tous les comtés du pays à confiner minutieusement leurs territoires et à organiser le travail et la production après avoir isolé chaque unité de travail, chaque unité de production et chaque unité d'habitation les unes des autres", afin de bloquer la propagation du "virus malveillant", a déclaré l'agence de presse officielle KCNA.

Après deux ans de lutte contre la pandémie, des échantillons prélevés sur des patients fiévreux à Pyongyang "coïncident avec le variant Omicron BA.2", a rapporté l'agence officielle KCNA.

"Pour que Pyongyang admette publiquement des cas d'Omicron, la situation de santé publique doit être grave", a estimé Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.

Le site spécialisé NK News, basé à Séoul, citant des sources à Pyongyang, a rapporté que des quartiers de la capitale nord-coréenne avaient été confinés pendant deux jours, faisant aussi état d'achats paniques.

Selon les experts, le système de santé déficient du pays aurait du mal à faire face à une épidémie majeure, d'autant que la Corée du Nord n'a vacciné aucun de ses 25 millions d'habitants, ayant rejeté les offres de vaccination de l'OMS, de la Chine et de la Russie.

Accepter les vaccins par le biais du programme Covax de l'OMS requiert la "transparence sur la façon dont les vaccins sont distribués", a déclaré à l'AFP Go Myong-hyun, chercheur à l'Asan Institute for Policy Studies, "c'est pourquoi la Corée du Nord l'a rejeté".

La Corée du Nord s'est longtemps vantée de sa capacité à tenir le virus à distance, et n'avait pas signalé à l'Organisation mondiale de la santé le moindre cas confirmé de Covid-19.

Selon l'institution, la Corée du Nord avait mené, en 2020, 13.259 tests anti-Covid, qui se sont tous révélés négatifs.

Lors d'une parade militaire en 2020, Kim Jong Un avait remercié les citoyens et les militaires pour leur loyauté et pour être restés en bonne santé face à la pandémie mondiale. Les médias d'Etat avaient déjà évoqué des mesures de "prévention des épidémies", et des civils ont parfois été vus portant des masques sur des photographies officielles.

Mais lors de l'énorme défilé militaire à Pyongyang fin avril diffusé par les médias d'Etat, aucune des milliers de personnes présentes n'a été vue portant un masque.

Essai nucléaire retardé?

La Corée du Nord est entourée de pays qui ont lutté ou luttent encore pour éradiquer d'importants foyers d'Omicron.

La Corée du Sud, où les taux de vaccination sont élevés, a récemment assoupli la quasi-totalité des restrictions sanitaires, les cas ayant fortement diminué après une flambée en mars.

La Chine voisine, seule grande économie du monde à maintenir une politique zéro Covid, est aux prises avec de multiples foyers d'Omicron, et a confiné plusieurs grandes villes dont la capitale financière Shanghai.

Selon les analystes, la crise sanitaire en Corée du Nord pourrait perturber les essais d'armement du pays.

Pyongyang a déjà effectué plus d'une douzaine de tests d'armement cette année, dont un missile balistique intercontinental à longue portée, pour la première fois depuis 2017.

Des images satellites indiquent que la Corée du Nord se prépare à effectuer un essai nucléaire, et les Etats-Unis ont prévenu que cela pourrait arriver dès ce mois-ci.

"Il est possible que l'essai nucléaire soit retardé afin de se concentrer sur la maîtrise du coronavirus", a déclaré à l'AFP Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul.

Mais il a ajouté que si les craintes de la population concernant une épidémie se répandaient, Kim Jong Un pourrait procéder à un essai "pour détourner cette peur".

Biden accueille l'Asie du Sud-Est, un accord commercial allégé en ligne de mire

Joe Biden lors de sa première conférence de presse officielle dans la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 25 mars 2021.

Joe Biden accueille jeudi les dirigeants des pays d'Asie du Sud-Est à Washington pour afficher l'engagement concret des Etats-Unis dans cette région face aux appétits croissants de la Chine, qui pourrait prendre la forme d'une initiative commerciale revisitée.

Avant l'invasion russe de l'Ukraine, le président américain avait clairement défini sa première priorité sur la scène internationale: la compétition teintée de confrontation avec Pékin.

Le sommet avec l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui s'ouvre jeudi par un dîner avant d'autres rencontres vendredi, doit permettre au démocrate, accaparé depuis des mois par le conflit russo-ukrainien, de remettre l'accent sur sa politique asiatique.

Son principal conseiller pour l'Asie, Kurt Campbell, a expliqué que les Etats-Unis entendaient évoquer avec l'Indonésie, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, les Philippines, le Vietnam, le Cambodge, le Laos et Brunei les domaines de coopération comme la lutte contre le Covid-19.

Il a aussi dit s'attendre à "un intérêt important", de certains de ces pays, pour le Cadre économique pour l'Indo-Pacifique (Indo-Pacific Economic Framework, IPEF), la dernière initiative commerciale américaine annoncée fin 2021 par le secrétaire d'Etat Antony Blinken lors d'une visite à Jakarta.

"Nous avons bon espoir de pouvoir avoir un lancement substantiel avec un panel très large d'acteurs potentiels", a assuré Kurt Campbell, invité mercredi du cercle de réflexion United States Institute of Peace.

- Pas de "nouvelle Guerre froide" -

Koji Tomita, l'ambassadeur du Japon à Washington, a précisé lors d'un autre événement qu'il s'attendait à ce que l'IPEF soit lancé formellement la semaine suivante, lors d'une visite très attendue de Joe Biden à Tokyo et à Séoul.

L'ancien président démocrate Barack Obama avait proposé un traité de libre-échange transpacifique (TPP), présenté à l'époque comme un instrument-clé pour que les Etats-Unis soient en première ligne dans cette région dont il avait, déjà, fait une priorité.

Mais son successeur républicain Donald Trump, dans son tournant souverainiste, avait tourné le dos à cet accord, qu'il jugeait défavorable aux travailleurs américains. Joe Biden, pourtant vice-président de l'ère Obama, a clairement fait comprendre qu'il n'avait aucune hâte de relancer de grands accords de libre-échange, à l'unisson avec une opinion plus protectionniste.

Selon des experts, l'IPEF prévoit d'engager formellement les Etats-Unis à travailler avec leurs partenaires sur des priorités économiques, comme l'amélioration des chaînes d'approvisionnement perturbées depuis la pandémie, la lutte anticorruption ou la promotion d'énergies propres.

Mais contrairement aux accords commerciaux traditionnels, cette initiative ne garantira pas l'accès au marché des Etats-Unis, la première économie mondiale -- qui est d'ordinaire octroyé pour obtenir les concessions des autres pays.

Kurt Campbell a assuré que le président Biden n'entendait pas embarquer l'Asie "dans une nouvelle Guerre froide", et que les éventuelles ententes commerciales devraient répondre aux "besoins" des populations de la région.

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Asean depuis plus de dix ans, malgré d'intenses tensions territoriales entre Pékin et plusieurs membres du forum comme le Vietnam et les Philippines.

Le sommet de Washington intervient aussi alors que les Etats-Unis n'ont cessé depuis plus d'un an d'accroître leur pression sur la Birmanie en riposte au coup d'Etat militaire de février 2021.

Des responsables américains ont dit qu'ils afficheraient leur soutien aux forces démocratiques de Birmanie, et que le pays serait probablement représenté par une chaise vide pendant les réunions.

La Corée du Nord annonce son tout premier cas de Covid-19

Un homme en tenue de protection transporte du désinfectant à l'aéroport de Pyongyang en Corée du Nord, le 1er février 2020.

Le premier cas d'infection au Covid-19 depuis le début de la pandémie a été signalé en Corée du Nord, a annoncé jeudi la presse officielle, qualifiant cela de "grave urgence nationale".

Ce premier cas, détecté lors de tests effectués dimanche à Pyongyang sur des personnes malades et fiévreuses, "correspond" au variant Omicron, hautement transmissible, a précisé l'agence officielle KCNA.

Le dirigeant du pays Kim Jong Un a annoncé la mise en place d'un système de contrôle du virus d'"extrême urgence" à l'issue d'une réunion de crise du bureau politique.

"L'objectif était d'éliminer la racine dans les plus brefs délais", a affirmé le leader cité par l'agence d'Etat KCNA. "Il nous a assuré que du fait de la forte conscience politique de la population [...], nous surmonterons sûrement l'urgence et réussirons avec le projet de quarantaine d'urgence", a précisé l'agence de presse.

Kim Jong Un a demandé un contrôle plus strict des frontières ainsi que des mesures de confinement, demandant aux habitants "d'empêcher complètement la propagation du virus malveillant en bloquant totalement leurs quartiers dans toutes les villes et tous les comtés du pays", selon KCNA.

Toutes les activités productives et commerciales seront organisées de manière à ce que chaque unité de travail soit "isolée" pour éviter la propagation du virus, a-t-il ajouté.

Le pays a complètement fermé ses frontières dès le début de la pandémie en 2020, aux dépens de son économie.

Pyongyang n'avait annoncé aucun cas confirmé de Covid-19 jusqu'à jeudi.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, la Corée du Nord avait mené, en 2020, 13.259 tests anti-Covid, qui se sont tous révélés négatifs.

Les observateurs estiment que le système de santé du pays, très déficient, aurait dû mal à surmonter une épidémie d'ampleur.

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Corée du Sud: Yoon Suk-yeol investi président

Le nouveau président sud-coréen Yoon Suk-yeol salue lors de son investiture devant l'Assemblée nationale à Séoul le 10 mai 2022.

La Corée du Sud a investi mardi son nouveau président Yoon Suk-yeol, qui a entamé son mandat de cinq ans en appelant la Corée du Nord à renoncer à son arsenal nucléaire en échange d'une aide économique massive, alors que les relations entre les deux voisins traversent une période de fortes tensions.

M. Yoon, un conservateur de 61 ans, arrive au pouvoir au moment où la Corée du Nord, de plus en plus belliqueuse, a mené depuis janvier une série record de quinze essais de missiles dont deux la semaine dernière. Séoul et Washington la soupçonnent aussi de vouloir reprendre prochainement ses essais nucléaires.

Mardi à minuit, le nouveau chef de l'Etat a assisté à son premier briefing de commandant suprême des armées avec les responsables de l'état-major sud-coréen, dans le bunker situé sous ses bureaux.

Après avoir prêté serment lors d'une cérémonie géante à Séoul, il a, dans son discours d'investiture, appelé la Corée du Nord à renoncer à l'arme atomique.

"Si la Corée du Nord s'engage véritablement dans un processus de dénucléarisation complète, nous présenterons un plan audacieux qui renforcera considérablement l'économie nord-coréenne et améliorera la qualité de vie de sa population", a-t-il promis.

- Offre de dialogue -

"Les programmes d'armes nucléaires de la Corée du Nord constituent une menace, non seulement pour notre sécurité mais aussi pour celle de l'Asie du Nord-Est", a poursuivi le nouveau président. "La porte du dialogue restera ouverte afin que nous puissions résoudre pacifiquement cette menace".

"Aujourd'hui, nous sommes confrontés à de multiples crises", a-t-il ajouté, citant la pandémie de Covid-19, les problèmes dans la chaîne mondiale d'approvisionnement et les conflits à travers la planète qui, selon lui, "jettent une grande ombre sur nous".

Mais "les Coréens ne se sont jamais avoués vaincus. Nous sommes devenus plus forts et plus sages", a-t-il affirmé.

Pour Park Won-gon, professeur à l'Université Ewha, l'offre de M. Yoon d'aider économiquement la Corée du Nord en échange d'un abandon de l'arme nucléaire est un concept "dépassé".

"Depuis 2009, la Corée du Nord dit qu'elle ne renoncera pas à ses armes nucléaires contre des incitations économiques", explique M. Park à l'AFP ajoutant que "le commentaire de Yoon ne fera qu'énerver Pyongyang, qui prendra cela pour une attaque".

- "Garçon grossier" -

Le président a promis une politique étrangère plus musclée pour son pays, la 10ème économie mondiale, après les tentatives ratées de rapprochement avec le Nord qui ont marqué le mandat de son prédécesseur Moon Jae-in.

Dans la foulée de sa victoire électorale, M. Yoon s'était engagé à "traiter avec sévérité" la menace que représente le régime de Kim Jong Un.

Pendant sa campagne électorale, il avait traité Kim Jong Un de "garçon grossier", lançant aux électeurs: "si vous me donnez une chance, je lui apprendrai les bonnes manières".

M. Yoon avait aussi appelé à une relation plus solide avec son allié américain. Le président Joe Biden est attendu en Corée du Sud fin mai.

Elu d'extrême justesse en mars, M. Yoon, ancien procureur novice en politique, prend ses fonctions avec un taux de popularité d'à peine 41%, un des plus bas de l'histoire de la démocratie sud-coréenne pour un début de mandat, selon un récent sondage Gallup. Alors que la cote de popularité de son prédécesseur de gauche Moon Jae-in est encore de 44%.

La principale raison de l'impopularité de M. Yoon semble être sa décision de déplacer le bureau présidentiel depuis la Maison Bleue, dans le Nord de Séoul, vers l'ancien ministère de la Défense dans le centre de la capitale.

Ce déménagement hâtif et coûteux a heurté l'opinion publique. Ses détracteurs le jugent inutile et même dangereux pour la sécurité du président et du pays.

M. Yoon considère la Maison Bleue, un site utilisé par l'administration coloniale japonaise de 1910 à 1945, comme un "symbole du pouvoir impérial". Il soutient que le déménagement garantira une présidence plus démocratique.

Les terrains de la Maison Bleue seront ouverts au public en tant que parc. Pendant la cérémonie d'investiture, des images de promeneurs déambulant dans l'enceinte autrefois interdite au public ont été diffusées en direct.

La cérémonie s'est déroulée devant l'Assemblée nationale, avec des fanfares de l'armée, des soldats en tenue de cérémonie, environ 40.000 invités et une salve de 21 coups de canon.

Elle est de loin la plus onéreuse jamais organisée avec un budget de 3,3 milliards de wons (2,5 millions d'euros).

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