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Nigeria

15 morts dans une attaque de l'ISWAP dans le nord-est

Un véhicule appartenant au groupe djihadiste Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP)

Quatorze membres des milices civiles anti-djihadistes et un policier ont été tués jeudi dans une attaque menée par le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), dans le nord-est du pays, a indiqué un dirigeant de ces groupes d'auto-défense.

Arrivés à bord de plus d'une douzaine de pick-up équipés de mitrailleuses, des djihadistes de l’ISWAP - faction du groupe djihadiste nigérian Boko Haram affiliée à l'Etat islamique (EI) - ont pris d'assaut un poste de sécurité tenu par une milice civile dans le village de Mamuri situé dans l'État de Borno, provoquant de longs affrontements.

"Nous avons perdu quatorze homme et un policier dans ces affrontements contre les terroristes de l'ISWAP", a déclaré un chef des milices d'auto-défense, Babakura Kolo. "Ils ont attaqué nos hommes vers 20H00 locales (19H00GMT)" et "les affrontements ont duré longtemps", a-t-il ajouté.

"Nos hommes se sont retrouvés sans munitions, ce qui a donné l'avantage aux insurgés", a indiqué M. Kolo.

Dans un communiqué publié vendredi, l'ISWAP a revendiqué la responsabilité de ce raid, affirmant que ses combattants ont tué 15 "membres des milices gouvernementales pro-nigérianes" et capturé deux véhicules tout-terrain ainsi que des armes et des munitions "comme butin", selon SITE Intelligence, un organisme américain de surveillance des mouvements extrémistes.

Des centaines de miliciens civils et des chasseurs de la région ont été envoyés près de Mamumi dans la ville de Gubio, à 80 km au nord de la capitale de l'Etat de Borno, Maiduguri, au cours des derniers mois pour lutter contre l'augmentation des attaques djihadistes.

Fin septembre, cinq miliciens avaient été tués dans une attaque semblable des djihadistes de l'ISWAP.

Le nord-est du Nigeria est plongé dans un conflit entre l'armée et les groupes djihadistes, qui a fait au moins 35.000 morts depuis 2009. Près de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Et les violences se sont propagées au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

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Au Nigeria, l'application Ladies Drive pour les femmes conductrices de taxi

Au Nigeria, l'application Ladies Drive pour les femmes conductrices de taxi
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Au Nigeria, une plateforme de femmes conductrices de taxi à Abuja, connue sous le nom de Ladies Drive, se bat pour faire une place aux femmes dans le secteur des transports. Elles sont plus d’une centaine de femmes à pratiquer ce métier jusqu’ici réservé aux hommes.

Au Nigeria, les manifestants de 2020 attendent l'heure de s'exprimer dans les urnes

De nombreux jeunes Nigérians ont été traumatisés par les tueries dans l'Etat de Lagos en octobre 2020, lorsque les forces de sécurité ont violemment dispersé la foule qui réclamait une meilleure gouvernance.

Deux ans après avoir reçu une balle dans la jambe lors d'une manifestation pacifique à Lagos, la capitale économique nigériane, Samuel Ashola attend l'heure de s'exprimer dans les urnes, comme de nombreux autres jeunes en colère.

"J'ai le sang qui bout", résume cet artiste au chômage de 30 ans, alors que la campagne pour la présidentielle de février 2023 débute ce mois-ci. "Je viens du ghetto, du bidonville, du caniveau (...) et je peux vous dire que les Nigérians sont vraiment remontés. La façon dont notre gouvernement gère les choses, avec tout ce qui s'est passé... Je veux tout dégager", dit-il.

 Insécurité: 600 écoles toujours fermées au Nigeria
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De nombreux jeunes Nigérians ayant participé aux plus grandes manifestations de l'histoire moderne du pays ont été traumatisés par les tueries dans l'Etat de Lagos en octobre 2020, lorsque les forces de sécurité ont violemment dispersé la foule qui réclamait une meilleure gouvernance.

Les manifestations contre le pouvoir avaient débuté pour dénoncer les brutalités policières, un mouvement baptisé #EndSARS ("en finir avec la SARS"), du nom d'une unité spéciale de la police accusée depuis des années de racket, de torture et même de meurtre. Ce mouvement avait pris fin quand l'armée et la police avaient ouvert le feu le 20 octobre 2020 au péage de Lekki à Lagos, lieu de rassemblement emblématique des contestataires.

Amnesty International a affirmé qu'au moins dix manifestants pacifiques avaient été tués au péage, ce que le gouvernement fédéral dément. Fin 2021, une commission d'enquête indépendante a conclu que la répresssion le soir du 20 octobre 2020 à Lagos s'apparentait à un "massacre".

Pour tous ceux présents ce jour-là, et les nombreux autres à avoir suivi les événements sur internet, ce fut un moment de prise de conscience politique, qui pourrait se répercuter dans les résultats de la présidentielle.

"Nous avons arrêté de lutter parce que nous savions que nous avions une chance de changer les gens au sommet (de l'Etat) en 2023", confie Esther Jonathan, 27 ans. "Nous attendons ce moment".

Depuis 2020, l'économie s'est dégradée, l'insécurité a augmenté et les universités publiques ont été fermées pendant huit mois à cause de grèves, motivant encore davantage les partisans d'un changement dans le pays le plus peuplé d'Afrique.

"Elan"

Pour remplacer le président Muhammadu Buhari, qui ne se représente pas au terme de ses deux mandats constitutionnels, deux candidats rivaux: Atiku Abubakar, du Parti démocratique populaire (PDP), et Bola Ahmed Tinubu, du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC). Mais les outsiders Rabiu Kwankwaso, du New Nigeria People's Party (NNPP) et le populaire Peter Obi, du Parti travailliste, pourraient bénéficier d'un vote protestataire émergent.

Au Nigeria, la participation est généralement faible (33% lors de la présidentielle de 2019) et les jeunes ne sont pas considérés comme les électeurs les plus actifs. Mais "il y a eu une évolution positive depuis 2015" concernant l'intérêt pour la politique, estime Udo Jude Ilo, analyste chez Thoughts and Mace Advisory.

La Commission électorale a indiqué le mois dernier qu'environ 70% des nouveaux inscrits étaient âgés de 18 à 34 ans. "Les élections de 2023 ne vont pas être comme les précédentes", avance Akinwunmi Ibrahim Adebanjo, 26 ans. "Cette fois, on sortira pour que le pays ne soit plus aux mains de voleurs".

Odunayo Eweniyi, membre de la Coalition féministe, un groupe-clé derrière le mouvement de 2020, juge que les manifestations ont inspiré ceux qui ne les ont pas directement soutenues.

"Que vous ayez été pour ou contre, un changement s'est opéré, des voix ont été entendues", estime cette femme de 28 ans. "Et en réalisant que c'est possible d'être entendu, où que vous soyez au Nigeria, les gens misent sur cet élan", ajoute-t-elle.

Le temps des jeunes ?

Sur sept manifestants que l'AFP a interviewés à Lagos et dans la capitale politique Abuja, cinq ont dit qu'ils voteraient pour Obi. A 61 ans, son âge est l'un de ses attraits, Abubakar et Ahmed ayant respectivement 75 et 70 ans. "Depuis l'indépendance, on n'a été gouverné que par des vieux" politiciens, assène Anita Izato, 27 ans. "Je pense qu'il est temps de voir si un jeune peut faire mieux".

Obi, passé sous les couleurs moins connues du Parti travailliste après avoir été au PDP, a réussi à se présenter comme un candidat anti-establishement. Mais les observateurs soulignent que ses chances sont limitées, en partie parce que sa formation ne contrôle aucun des 36 Etats du pays ou postes de gouverneurs, des indicateurs perçus comme nécessaires pour engranger des voix.

L'apathie politique et l'achat de voix sont par ailleurs difficiles à combattre dans un pays où 80 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Alors si le candidat de l'APC ou du PDP gagne ? "Je manifesterai", dit dans un sourire Esther Jonathan.

Insécurité: 600 écoles toujours fermées au Nigeria

 Insécurité: 600 écoles toujours fermées au Nigeria
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Au Nigeria, la nouvelle année scolaire a commencé ce mois-ci, mais plus de 600 écoles sont toujours fermées en raison d'une vague d'enlèvements contre rançon par des gangs armés, selon les autorités. Ce pays d’Afrique de l’Ouest a déjà l'un des taux d'enfants non scolarisés les plus élevés au monde.

L’écrivaine Chimamanda Ngozi Adichie appelle les Nigérians à l’éveil social

L'écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie sourit en visitant l'exposition après la cérémonie d'ouverture du Musée ethnologique et du Musée d'art asiatique, qui fait partie des musées d'État de Berlin.

La célèbre écrivaine nigériane a fait une sortie remarquée contre l’état de la société de son pays décrit comme sans espoir, en perte de repères et tyrannique.

C’est un véritable plaidoyer pour l’éveil des consciences, une ode à la mobilisation générale que Chimamanda Ngozi Adichie a lancé le 29 août 2022 dans l’enceinte d’Eko hôtel à Lagos. Invitée de la cérémonie inaugurale de la réunion annuelle de l’association du barreau du Nigeria, la romancière connue pour ses prises de position sans concession, s’est insurgée contre le contexte social préoccupant dans ce pays, le plus peuplé du continent africain.

"Nous devons sauver l’âme de notre nation", a-t-elle lancé sous les acclamations, dans un discours-diagnostic de tous les pans de la société nigériane. La romancière a notamment décrit un pays en plein désarroi et en proie à la tyrannie dans chacune de ses composantes.

Faillite de l’État de droit

"L’État n’a pas le monopole de la tyrannie. Les forces de sécurité qui traînent des journalistes en prison, comme c’est toujours le cas dans ce pays, reflète la tyrannie. Le journaliste qui maltraite son employé de maison est un exemple de tyrannie. L’utilisation de la loi par les riches pour assujettir les pauvres est également tyrannique", estime-t-elle, appelant à une vision plus large du concept de tyrannie.

À en croire l’auteure de plusieurs ouvrages à succès, dont "Americanah" et "nous sommes tous des féministes", entre autres, une telle situation témoigne de la faillite de l’État de droit. Elle invite à rompre cette spirale en agissant pour l’intérêt général. "Ce n’est pas parce que les choses paraissent difficiles qu’elles sont impossibles", indique la militante féministe qui exclut de renoncer à l’action pour le changement.

Manque de figure de proue

Chimamanda Ngozi Adichie estime notamment avoir souvent été assimilée par certains à "une provocatrice", un "fauteur de troubles" à cause de son engagement contre l’injustice, à l’image de tant d’autres personnes. L’essayiste cite à cet effet la défunte spécialiste en pharmacologie Dora Nkem Akunyili réputée pour sa lutte implacable contre les faux médicaments.

"Elle était aussi considérée comme une empêcheuse de tourner en rond. Mais l’important n’est pas d’être traité de fauteur de troubles. Ce qui importe, c’est la raison pour laquelle nous sommes perçus comme tels", a insisté Chimamanda pour qui le Nigeria est en manque cruel de héros susceptibles d’inspirer la jeunesse.

Le discours prononcé en présence de plusieurs personnalités politiques dont le candidat de l’opposition à la prochaine présidentielle Atiku Abubakar, a été repris avec abondamment dans la presse nationale et sur les réseaux sociaux.

Le pays est en effet étreint par de sérieux problèmes de sécurité et une situation économique chancelante, à six mois d’un scrutin présidentiel pour lequel l’actuel chef de l’État Muhammadu Buhari ne peut pas se représenter.

Des centaines de jihadistes fuient le Nigeria vers le Niger

Un climat de violence quasi-généralisée règne dans le nord et le centre du Nigeria, en proie à des bandes criminelles et/ou jihadistes.

Des centaines de jihadistes de Boko Haram ont fui leur repaire dans le nord-est du Nigeria pour le Niger, poussés par des bombardements de l'armée et d'importantes inondations en cette saison des pluies, ont indiqué une source sécuritaire et des habitants.

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit vieux de 13 ans entre l'armée et les deux groupes jihadistes rivaux de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), qui a fait plus de 40.000 morts et forcé plus de deux millions de personnes à fuir. Le conflit a essaimé au Niger, Cameroun et Tchad voisins, notamment sur les pourtours du lac Tchad à cheval sur les quatre pays.

Depuis le mois dernier, on assiste à un exode des combattants de Boko Haram hors de leur enclave de la forêt de la Sambisa, frappée par des bombardements de l'armée, a affirmé à l'AFP un haut-responsable sécuritaire nigérian. "Cet exode s'est accélérée ces derniers jours avec l'intensification des frappes aériennes et à cause des inondations qui ont submergé plusieurs de leurs camps", a ajouté cette source qui préfère garder l'anonymat.

Niamey annonce des succès face aux jihadistes
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Lundi, un convoi de plus de 50 camions transportant des combattants de Boko Haram et leurs familles a traversé des villages sur une route reliant la forêt de la Sambisa au lac Tchad, selon plusieurs habitants de la région à l'AFP. Les combattants sont des fidèles de Bakura Buduma, un chef de faction de Boko Haram qui dispose de camps au lac Tchad, côté Niger, selon ces sources. Les autorités nigériennes n'ont pas pu confirmer immédiatement ce déplacement.

Depuis la mort du chef de Boko Haram Abubakar Shekau en mai 2021, tué par les combattants de l'Iswap, la forêt de la Sambisa est désormais largement dominée par le groupe affilié à l'Etat islamique. Nombre de combattants de Boko Haram ayant refusé de leur prêter allégeance ont fui ou se sont rendus aux autorités depuis.

Un climat de violence quasi-généralisée règne dans le nord et le centre du pays le plus peuplé d'Afrique, en proie à des bandes criminelles et/ou jihadistes qui multiplient attaques et enlèvements, à moins d'un an de l'élection présidentielle. Le président Muhammadu Buhari termine son deuxième mandat en février 2023, critiqué de toutes parts pour son incapacité à endiguer l'insécurité.

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