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Etats-Unis: "Stormin' Norman" tire sa révérence

Gén. Norman Schwarzkopf

Le général Norman Schwarzkopf est mort jeudi de complications d'une pneumonie

Le général Norman Schwarzkopf, commandant de la coalition internationale dirigée par les États-Unis qui a chassé les forces irakiennes du Koweït en 1991, est décédé. Il avait 78 ans.

Schwarzkopf est mort jeudi de complications d'une pneumonie dans la ville de Tampa, en Floride, où il vécut dans la retraite.

Un soldat de combat très décoré, Schwarzkopf était connu populairement comme "Stormin Norman'' en raison de son caractère notoirement explosif. En 1991, il a dirigé l'opération Desert Storm (Tempête du Désert), qui a libéré le Koweït occupé par les forces du dictateur irakien Saddam Hussein.

Schwarzkopf avait sa résidence à Tampa, où il a servi, dans sa dernière mission militaire, en tant que commandant en chef du U-S Central Command. C’est le quartier général des forces armées des Etats-Unis pour les questions de sécurité dans près de 20 pays, de la Méditerranée orientale à l'Afrique et au Pakistan.

Schwarzkopf a pris sa retraite du service actif fin 1991. Au lendemain de la guerre du Golfe, il y a eu des spéculations selon lesquelles il pourrait se présenter aux élections, mais il ne l'a jamais fait.

La Maison Blanche a réagi à son décès en déclarant que «l’héritage du général Schwarzkopf perdurera dans un pays qui est mieux sécurisé en raison de son service patriotique».

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Mort de Georges Floyd: l'auto-critique de l'ambassadeur américain en RDC

Mike Hammer, ambassadeur des États-Unis à Kinshasa, RDC, le 24 décembre 2018. (Facebook/Henri Mova)

"Le racisme est inacceptable, nous devons faire mieux" a écrit mercredi l'ambassadeur des États-Unis en République démocratique du Congo, Mike Hammer, dans une longue déclaration sur la mort de George Floyd où il cite Martin Luther King.

"Le système a échoué à protéger un de nos citoyens comme il l'a trop souvent fait à l'égard de tant d'Afro-Américains", ajoute l'ambassadeur dans sa déclaration sur son compte Twitter, reprise sur le compte de l'ambassade américaine.

"Je partage votre peine, je partage votre colère, je partage votre indignation concernant cette mort et je partage votre désir de justice", ajoute-t-il aux nombreux Congolais choqués qui l'ont interpellé sur les réseaux sociaux.

"Une injustice où qu'elle soit menace la justice partout", poursuit-t-il, affirmant citer le leader des droits civiques Martin Luther King, assassiné en 1968.

"Quand nous, en tant qu'Américains, dévions des idéaux de liberté et d'égalité qui ont fondé notre nation, nous devons nous engager (...) à identifier nos failles, à corriger notre trajectoire", ajoute le représentant de Donald Trump, qui plaide régulièrement pour la lutte contre l'impunité et la corruption en RDC.

"Alors que nous nous efforçons de parfaire notre démocratie américaine et d'atteindre nos idéaux, nous continuerons de rechercher le même engagement de la part de nos amis et de nos partenaires dans le monde entier", conclut ce fervent soutien des réformes amorcées par le nouveau président congolais Félix Tshisekedi.

George Floyd, un homme noir de 46 ans, est décédé le 25 mai à Minneapolis (États-Unis) en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier dont les collègues sont restés passifs. Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression au niveau de son cou.

Depuis lors, un mouvement de colère contre le racisme et les brutalités policières s'est propagé à travers les États-Unis et le monde.

Trump accusé d'utiliser les forces armées à des fins politiques

Le président Donald Trump quitte les portes de la Maison Blanche pour se rendre à l'église St. John's, de l'autre côté du parc Lafayette, le lundi 1er juin 2020, à Washington. (Photo AP)

Accusé de se faire utiliser par Donald Trump à des fins politiques, le Pentagone cherchait mardi à se distancier du président américain après des propos polémiques du ministre de la Défense Mark Esper et le déploiement de renforts militaires autour de la Maison Blanche.

Dans un pays où les militaires sont vénérés, le chef du Pentagone Mark Esper a semé l'inquiétude en déclarant lundi que les forces de l'ordre devaient "dominer le champ de bataille" pour rétablir l'ordre, alors que des centaines de milliers d'Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales exacerbées par la crise du Covid-19.

M. Esper et le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, se sont par ailleurs affichés aux côtés de M. Trump lorsqu'il s'est rendu à pied lundi soir devant l'église Saint John, bâtiment emblématique proche de le Maison Blanche, dégradé la veille en marge d'une manifestation.

M. Esper était au premier rang des responsables de l'administration, près de Donald Trump, quand celui-ci s'est fait photographier devant l'église avec une bible à la main, quelques minutes après la dispersion brutale, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, de manifestants qui protestaient pacifiquement près de la Maison Blanche.

Le général Milley a été filmé marchant en tenue de camouflage derrière M. Trump. Des images vite reprises par la Maison Blanche dans une vidéo aux accents électoraux.

Tout ceci a semé la consternation dans l'opposition démocrate et parmi d'anciens responsables militaires.

"L'Amérique n'est pas un champ de bataille. Nos concitoyens ne sont pas l'ennemi", a tweeté un ancien chef d'état-major américain, l'ex-général Martin Dempsey.

Un haut responsable du Pentagone a assuré qu'en parlant de "champ de bataille", M. Esper n'avait pas d'arrière-pensée, et qu'ancien militaire lui-même, il s'exprimait juste dans un "jargon militaire".

Quant à la présence du général Milley derrière le président américain lors d'une sortie de la Maison Blanche visiblement politique, elle aurait été involontaire, a ajouté ce haut responsable ayant requis l'anonymat.

Le président leur a dit "qu'il voulait voir les troupes déployées à l'extérieur", a-t-il expliqué, assurant que ni M. Esper, ni le général Milley "ne savaient que les forces de l'ordre avaient décidé de faire évacuer" la zone.

"Jargon militaire"

Le Congrès s'est emparé de l'affaire. L'influent président de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, Adam Smith, s'est inquiété mardi de la direction "autocratique" du président Trump et de "la façon dont elle affecte le jugement de la hiérarchie militaire".

"Le rôle de l'armée américaine dans le maintien de l'ordre sur le territoire est limité par la loi", a-t-il rappelé.

Une loi interdit en effet d'utiliser des soldats d'active dans des missions de maintien de l'ordre, sauf en cas d'insurrection. En cas de désordres publics, il revient à chaque Etat américain de faire appel à d'anciens policiers réservistes de la Garde nationale.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé mardi Donald Trump d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs".

Les minorités sont largement représentées au sein de l'armée américaine, considérée comme un ascenseur social, et le malaise était palpable parmi les militaires une semaine après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc.

"Je suis George Floyd", a notamment tweeté l'adjudant de l'US Air Force Kaleth Wright, un des militaires noirs américains les plus en vue. "Comme la plupart des aviateurs noirs, je suis outré de voir un autre homme noir mourir à télévision sous nos yeux".

"Ce qui arrive trop souvent dans ce pays à des hommes noirs victimes de brutalités policières (...) pourrait m'arriver à moi", a-t-il ajouté dans des messages ayant reçu un large écho.

Il a notamment reçu le soutien public du plus haut gradé de l'armée de l'Air, le général Dave Goldstein, qui dans une lettre aux commandants d'unités, a qualifié la mort de George Floyd de "tragédie nationale" et annoncé qu'il participerait mercredi avec l'adjudant Wright à un débat en ligne sur le racisme.

Du côté du sénat, le président américain a essuyé des critiques de la part des démocrates et de certains républicains. C'est le cas de la sénatrice Susan Collins de l'État de Maine.

Mardi, la sénatrice républicaine a interpellé le président Trump pour son attitude "antipathique" face à des manifestants pacifiques qui ont été dispersés au gaz lacrymogène lundi soir pour que le chef de l'exécutif puisse poser avec une Bible devant l'église épiscopale St. John.

Biden accuse Trump d'avoir transformé l'Amérique en "champ de bataille"

Le candidat démocrate à la présidentielle, l'ancien vice-président Joe Biden s'exprime à Philadelphie, le 2 juin 2020. (Photo AP / Matt Rourke)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a accusé mardi Donald Trump d'avoir transformé les Etats-Unis en "champ de bataille", en promettant de tout faire pour "guérir les blessures raciales".

La mort à 46 ans de George Floyd, un homme noir, il y a une semaine à Minneapolis est un "électrochoc pour notre pays, pour nous tous", a déclaré l'ancien vice-président de Barack Obama lors d'un discours à Philadelphie.

C'était la première fois depuis la mi-mars que Joe Biden, 77 ans, s'aventurait hors de son Etat du Delaware, où il était confiné à cause de la pandémie de coronavirus.

Filmé par des passants, l'homicide de George Floyd - asphyxié, visage contre terre, sous le genou d'un policier blanc - a indigné le pays et le monde, et provoqué des manifestations à travers les Etats-Unis qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Joe Biden a condamné à plusieurs reprises les violences mais a accusé mardi Donald Trump, 73 ans, d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille divisé par les vieux ressentiments et les peurs nouvelles".

"Il pense que la division l'aide" pour remporter la présidentielle du 3 novembre, a affirmé le démocrate, qui le devance dans les sondages.

Joe Biden a dénoncé la dispersion lundi soir de "manifestants pacifiques" à coups de "gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes" pour permettre à Donald Trump de réaliser une "opération de communication" en se rendant devant une église proche de la Maison Blanche, une bible à la main.

En voyant ces scènes, "nous sommes en droit de penser que le président est plus préoccupé par le pouvoir que par les principes. Qu'il est plus intéressé par servir les passions de sa base que les besoins de ceux dont il est censé s'occuper", a-t-il affirmé.

"Nous ne pouvons pas être naïfs. J'aimerais pouvoir dire que la haine a commencé avec Donald Trump et disparaîtra avec lui. Ce n'est pas le cas. Et cela n'arrivera pas. L'Histoire américaine n'est pas un conte de fées avec une fin heureuse garantie", a souligné le démocrate.

Cherchant à s'inscrire en net contraste avec le milliardaire républicain, il a fait une promesse aux électeurs américains: "Je ne manipulerai pas la peur et la division. Je n'attiserai pas les braises de la haine. Je chercherai à guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps, et non pas à les utiliser pour des avantages politiques".

"Le moment est venu pour notre pays de s'attaquer au racisme institutionnel", a-t-il ajouté en exhortant le Congrès à agir dès ce mois-ci, en "commençant par une véritable réforme de la police".

Si la grande majorité des parlementaires a dénoncé la mort de George Floyd, une action aussi rapide paraît difficile dans un Congrès profondément divisé, entre la Chambre des représentants dirigée par les démocrates et un Sénat républicain.

En réponse, Donald Trump, élu en 2016 sans la moindre expérience politique ou diplomatique, a ironisé sur le fait que son rival démocrate était une figure politique de Washington depuis près d'un demi-siècle.

"Sleepy Joe est en politique depuis 40 ans et il n'a rien fait", a-t-il tweeté. "La faiblesse ne vaincra jamais les anarchistes, les pillards et les voyous, et Joe a été politiquement faible toute sa vie", a-t-il ajouté.

Genou à terre, le signe de solidarité des policiers américains face aux manifestants

Forte émotion d'un manifestant lorsqu'un un policier met un genou à terre en signe de solidarité lors d'une manifestation contre la mort de George Floyd à côté de la Maison Blanche le 31 mai 2020 à Washington, DC.

Le geste a coûté sa place en championnat au joueur de football américain Colin Kaepernick, mais depuis le début des manifestations en hommage à George Floyd, plusieurs policiers ont mis genou à terre, en solidarité avec des manifestants noirs. Jusque devant l'hôtel Trump à Washington.

A travers les Etats-Unis, les sympathisants de la cause "Black Lives Matter" (Les vie noires comptent) posent un genou à terre pour protester contre les violences policières contre les Afro-Américains, qui ont coûté la vie à George Floyd la semaine dernière à Minneapolis.

Plusieurs policiers ont rejoint le mouvement, avec un impact décuplé par le symbole de l'homme en uniforme, garant du respect de la loi, fissurant son armure pour exposer son humilité. Un geste aussi interprété comme une demande de pardon pour des bavures individuelles entachant leur mission collective.

A New York, le chef de la police, un Blanc, s'est agenouillé en tenant les mains de manifestants noirs, expliquant sous les remerciements et applaudissements de la foule qu'"aucun" de ses agents "ne pensait que ce qui s'était passé dans le Minnesota ne pouvait se justifier".

Un officier de police de New York met un genou à terre lors d'une manifestation à Times Square suite à la mort de George Floyd lors de son interpellation par un policier de Minneapolis le 31 mai 2020 à New York.
Un officier de police de New York met un genou à terre lors d'une manifestation à Times Square suite à la mort de George Floyd lors de son interpellation par un policier de Minneapolis le 31 mai 2020 à New York.

Des scènes similaires ont été vues en Floride, en Californie, dans l'Illinois, l'Iowa, le Missouri, en Géorgie... Dans la capitale Washington également, à plusieurs reprises.

Des responsables politiques démocrates de premier plan ont pris la posture, comme le candidat à la présidentielle Joe Biden, ou le maire de Los Angeles Eric Garcetti.

Souvent, vue l'émotion montrée par les policiers, il ne fait pas de doute que la génuflexion est effectuée sincèrement.

Mais parfois, les forces de l'ordre ont semblé la faire sous la pression de la foule, comme devant le Trump International Hotel, près de la Maison Blanche à Washington, où les agents étaient invectivés par les manifestants lundi après-midi.

"Leur réaction était naturelle sur le moment et n'était pas une technique" de désamorçage des tensions "préparée d'avance", a expliqué à l'AFP la police de la capitale américaine.

- Geste sulfureux -

Le geste vient du mouvement de protestation lancée par le joueur de football américain Colin Kaepernick en 2016 pour dénoncer les violences policières contre les Noirs.

Mais à force de s'agenouiller pendant l'hymne national dans des stades où il se faisait huer, et même si Barack Obama avait approuvé sa démarche, Kaepernick, pourtant une star de sa discipline, n'a pas retrouvé d'équipe à l'expiration de son contrat.

Le chef de police Andy Mills, à droite, et le maire de Santa Cruz Justin Cummings, au centre, mettent un genou à terre sur Pacific Avenue au centre-ville de Santa Cruz en Californie le 30 mai 2020 pour honorer la mémoire de George Floyd.
Le chef de police Andy Mills, à droite, et le maire de Santa Cruz Justin Cummings, au centre, mettent un genou à terre sur Pacific Avenue au centre-ville de Santa Cruz en Californie le 30 mai 2020 pour honorer la mémoire de George Floyd.

Le geste semblait à l'époque plus sulfureux qu'aujourd'hui (la cause "Black Lives Matter" n'était pas embrassée publiquement pas les plus grandes corporations américaines comme on commence à le voir en juin 2020) et les républicains s'étaient déchaînés contre Kaepernick, l'accusant d'insulte au drapeau.

Même s'il ne joue plus, sa génuflexion s'est étendue à une grande partie des joueurs de la ligue qui l'ont imité en 2017, s'attirant la colère de Donald Trump qui les a traités de "fils de putes" et a assuré qu'ils "devraient peut-être pas être dans le pays".

De telles scènes, en période de tensions aussi vives, ont donc de quoi surprendre, a expliqué à l'AFP Joshunda Sanders, une auteure et journaliste noire vivant à New York.

"J'ai vu un chef de police se découvrir quand il parlait de la famille de George Floyd, une marque de respect tellement claire et évident. Je ne me souviens plus exactement de ses paroles, mais c'était puissant à voir. Ce n'est pas quelque chose que j'ai vu auparavant".

Reste à savoir comment la hiérarchie et les collègues de ces policiers réagiront à ce geste qui, dans la passé, a été qualifié d'injure aux forces de l'ordre.

La police de Washington a assuré à l'AFP qu'ils ne risquaient aucune sanction mais dimanche soir, lorsque la tension était à son maximum dans la capitale, une vidéo montrait un policier agenouillé relevé de force par ses collègues.

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