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"Mort à l'Amérique": l'Iran célèbre la prise d'otages de 1979

L'Iran a célébré lundi le quarantième anniversaire de la prise d'otages de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran à grands renforts de bannières étoilées brûlées ou piétinées ou d'effigies moquant le président américain Donald Trump.

A Téhéran, des milliers de personnes se sont rassemblées devant l'ancienne représentation diplomatique américaine, dans le centre de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Hommes, femmes principalement en tchador et enfants agitaient des pancartes en anglais et en persan, sur lesquelles on pouvait lire: "Mort à l'Amérique, mort à Israël, victoire pour l'islam".

"Les Etats-Unis sont comme un scorpion au venin mortel qui ne cesse de vous agacer que lorsqu'il est écrasé", a lancé aux manifestants le général de division Abdolrahim Moussavi, commandant en chef de l'armée iranienne.

"Leur hostilité à notre égard va continuer", a ajouté l'officier, "la seule voie possible pour aller de l'avant est celle du maintien de l'esprit révolutionnaire, fondé sur la prudence et l'obéissance au guide" suprême iranien Ali Khamenei.

Discuter avec les Etats-Unis reviendrait à accepter "la soumission et la défaite", a-t-il encore déclaré, reprenant des propos récents de l'ayatollah Khamenei.

- "Nos vies pour le Guide" -

La télévision d'Etat a diffusé en direct des images de manifestations similaires dans de nombreuses villes iraniennes, notamment Machhad (nord) et Ispahan (centre), respectivement deuxième et troisième agglomérations du pays, mais aussi à Ilam, Bouchehr, Ahvaz et Chiraz, dans le Sud, Zahedan (sud-est) ou encore à Qazvin et Tabriz (nord).

Selon l'agence Mehr, proche des conservateurs, "des millions de personnes" ont pris part à ces rassemblements.

"Nous sacrifierons nos vies et notre être pour le guide et [la République islamique] et nous ne nous laisserons pas intimider par notre ennemi, l'Amérique", a déclaré à l'AFP Sajad Chirazi, tailleur de pierre venu manifester à Téhéran.

Dans la foule alentours, de nombreux drapeaux jaunes frappés des mots "A bas l'Amérique" étaient brandis et des pancartes faisaient référence au discours prononcé dimanche par M. Khamenei sur la nécessité d'empêcher les Etats-Unis de "prendre pied" en Iran.

Le 4 novembre 1979, moins de neuf mois après le renversement du dernier chah d'Iran, un groupe d'étudiants partisans de la Révolution islamique avait pris d'assaut l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, qualifiée alors de "nid d'espion" par les partisans de Khomeiny, père fondateur de la République islamique.

Les étudiants avaient exigé, pour libérer les otages, que les Etats-Unis extradent le chah afin qu'il soit jugé en Iran.

La crise ne s'achèvera que 444 jours plus tard, après la mort du souverain déchu en Egypte, avec la libération de 52 diplomates américains.

Rompues entre-temps, les relations diplomatiques entre Téhéran et Washington n'ont jamais été rétablies.

- "Au-dessus des lois" -

Le quarantième anniversaire de la prise de l'ambassade survient dans un climat de tensions accrues entre Téhéran et Washington sur fond de retrait des Etats-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne et de la poursuite d'une politique américaine de "pression maximale" contre l'Iran.

L'Iran a d'ailleurs indiqué lundi avoir nettement accéléré en deux mois son rythme de production d'uranium faiblement enrichi, à la veille de l'annonce attendue d'une nouvelle réduction de ses engagements pris à Vienne, en riposte à la politique hostile des Etats-Unis à son égard

Samedi, les autorités avaient dévoilé de nouvelles fresques antiaméricaines sur les murs de l'ex-ambassade des Etats-Unis à Téhéran, dénonçant "l'arrogance" d'une Amérique présentée comme assoiffée de guerre pour asseoir son emprise sur le monde.

Quarante ans après les événements, la prise d'otages des diplomates américains continue d'empoisonner les relations de la République islamique et des Etats-Unis.

"Les documents trouvés (à l'intérieur de l'ambassade américaine en 1979) ont corroboré les affirmations des étudiants révolutionnaires selon lesquelles Washington utilisait le bâtiment pour fomenter des complots" contre la République islamique naissante, écrit Mehr.

"A l'époque, les Américains croyaient qu'ils étaient une nation exceptionnelle et qu'ils pouvaient commettre n'importe qu'elle injustice n'importe où", a déclaré le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii lors d'une conférence de presse.

"Le problème de l'Amérique reste son sentiment d'être au-dessus des lois, a-t-il ajouté. Elle se permet de fouler aux pieds le droit international et de commettre les pires crimes qui soient contre des nations sans peur d'une réaction internationale".

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Troubles en Iran : des vidéos émergent sur le Net, révélant l'ampleur de la répression

Manifestation à Téhéran en Iran le 16 novembre 2019.

Des vidéos de manifestants en sang et de tireurs perchés sur des toits ont émergé avec le retour progressif d'internet en Iran, coupé pendant des troubles qui ont entraîné l'une des répressions les plus brutales de la République islamique, selon des analystes.

Déclenchées le 15 novembre par l'annonce d'une hausse du prix de l'essence, les manifestations, violentes par endroits, se sont rapidement étendues à plusieurs dizaines de localités.

Mais l'accès des protestataires au monde extérieur via internet a été tout aussi rapidement coupé par les autorités, selon NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet et a fait part d'une interruption quasi-totale durant au moins une semaine.

Pendant ce blackout, la répression a été "plus brutale" que lors de précédents mouvements de contestation en Iran, affirme à l'AFP Kamran Matin, chercheur en relations internationales à l'université du Sussex (Grande-Bretagne).

"Toutes les vidéos que j'ai vues avant la coupure d'internet montrent que l'intervalle entre le début des rassemblements et les +tirs pour tuer+ était très court".

Fin novembre, le guide suprême Ali Khamenei a affirmé que son pays avait mis en échec "un complot dangereux" orchestré principalement par les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de Téhéran.

Mais, dans le sillage du retour progressif d'internet, des vidéos provenant de la centaine de sites théâtres de manifestations ont commencé à circuler, donnant une autre version des faits.

- Images tremblantes -

Sur ces images tremblantes, l'on peut voir des forces de sécurité tirant à bout portant sur des manifestants désarmés ou les frappant à coups de bâtons, tandis que des corps ensanglantés jonchent le sol.

Des cris d'effroi et des slogans retentissent contre l'appareil sécuritaire et la classe dirigeante, dénonçant l'inflation et le fort taux de chômage.

Dans une vidéo filmée à Téhéran, dont Amnesty International a garanti l'authenticité, des membres des forces de sécurité surgissent de l'arrière d'un bâtiment et tirent sur des manifestants.

Une autre montre plusieurs hommes armés vêtus d'un uniforme noir tirant sur des gens du toit d'un bâtiment gouvernemental à Javanroud, dans la province de Kermanshah (ouest).

Pendant les manifestations, stations-service, commissariats, centre commerciaux, mosquées et bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, selon les médias locaux.

Au moins "208 personnes" ont été tuées dans la répression, a affirmé lundi Amnesty, selon qui le "bilan réel" est même "vraisemblablement supérieur".

L'Iran a qualifié de "mensonges absolus" ces bilans fournis par des "groupes hostiles". Les autorités iraniennes n'ont confirmé la mort que de cinq personnes --quatre membres des forces de l'ordre tués par des "émeutiers" et un civil--, et annoncé environ 500 arrestations dont 180 "meneurs".

A l'inverse, le président américain Donald Trump, qui a fait de l'Iran une de ses bêtes noires, a évoqué mardi "peut-être des milliers et des milliers" de morts.

Dans ce contexte, reconstituer les faits par le visionnage des vidéos, même avec une vérification scrupuleuse, reste un défi.

Car selon Nick Waters, du site d'investigation Bellingcat, des images d'anciennes manifestations pourraient circuler parmi celles des troubles de novembre.

"Actuellement, il y a beaucoup de contenu diffusé en même temps, ce qui rend la vérification difficile", et il "manque des informations sur le contexte".

"On ne voit pas l'image d'ensemble", dit pour sa part l'auteure canado-iranienne Nazila Fathi. "On ne voit que ce qui est devant l'objectif de la caméra, donc c'est difficile de dénombrer. Combien de gens sont présents? Comment ont-ils été incités à participer? (...) Il y a beaucoup d'hypothèses".

- Peur de représailles -

Selon Amnesty, les familles de victimes ont été "averties de ne pas parler aux médias".

Certaines ont néanmoins pris le risque, à l'instar de celle de Pooya Bakhtiari, l'une des personnes dont la mort a été confirmée par des organisations de défense des droits humains.

Dans la vidéo filmée d'une morgue envoyée par cette famille à la militante Masih Alinejad basée aux Etats-Unis, on peut voir le corps sans vie de Pooya Bakhtiari, le visage apparemment atteint par balles.

Beaucoup d'Iraniens craignent de publier directement des vidéos et préfèrent les envoyer à des journalistes et militants à l'étranger, relève le chercheur spécialisé sur les droits numériques en Iran, Kaveh Azarhoosh.

Mais, pour beaucoup, la peur des représailles pousse au silence.

Selon le Comité pour la protection des journalistes basé à New York, le journaliste Mohammad Mosaed a été arrêté le 22 novembre en Iran après avoir contourné la coupure du réseau pour écrire sur Twitter: "Bonjour monde libre! (...). Des millions d'Iraniens sont privés d'internet. Vous nous entendez?"

D'après M. Azarhoosh, "les autorités ont compris que, pour contrôler les comportements en ligne, le contrôle du réseau ne suffit pas, il faut aussi instaurer un facteur peur dans la vie réelle".

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