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Mondial U20 : "Penalty ou pas?", les arbitres à l'école de la vidéo

  • VOA Afrique

Le Gabonais Emerick Aubameyang marque un pénalty à la CAN 2017, à Libreville, Gabon, le 18 décembre 2017.

Faute ? Simulation ? Penalty ? Carton rouge ? Faut-il demander la vidéo ? En avril dernier à Coverciano, le "Clairefontaine" italien, 60 des meilleurs sifflets de la planète ont travaillé l'assistance-vidéo à l'arbitrage, qui sera de nouveau utilisée à partir de samedi au Mondial U20 en Corée du Sud.

Une tente en bord de terrain, quatre écrans de contrôle scrutés par deux arbitres et, sur la pelouse, les jeunes de la Fiorentina qui jouent les scénarios inventés par la direction de l'arbitrage de la Fifa

"On fait un jour sur le terrain, un jour sous la tente. On a aussi fait des tests athlétiques et du théorique. On est en plein dedans et je peux vous dire qu'on n'a pas eu le temps de visiter Florence", a raconté à l'AFP Clément Turpin, présent à ce stage toscan et qui sera justement en Corée en tant qu'"assistant-vidéo".

Ces derniers mois, la Fifa a considérablement accéléré le rythme des tests de l'assistance-vidéo à l'arbitrage (VAR), qui comme l'a affirmé le président de l'instance mondiale Gianni Infantino sera utilisée lors de la Coupe du Monde 2018.

Pour Pierluigi Collina, président de la commission des arbitres de la Fifa, et Massimo Busacca, chef du département de l'arbitrage, il faut donc désormais faire en sorte que les arbitres, et pas seulement la technologie, soient prêts dans un an.

"Plus les arbitres sont bons et bien préparés, plus ils pourront dire +merci la technologie, mais je n'ai pas besoin de toi+", assure d'ailleurs Busacca.

Collina de son côté rappelle que "l'objectif est de maintenir le rythme et la fluidité". "Interférences minimum, résultats maximum", promet l'ancien grand arbitre italien.

'Comme ton iPad'

C'est tout le sens de la session organisée à Coverciano: soigner la communication entre le central et le VAR, savoir quand interrompre le jeu ou le laisser se poursuivre, perdre le moins de temps possible.

"Tu fais bouger l'écran, tu zoomes avec les doigts, c'est comme sur ton iPad", explique le technicien à l'un des arbitres chargés de vérifier l'action litigieuse sur l'un des écrans de contrôle.

Dit comme ça, ça a l'air tout simple, mais sous la tente ça cafouille un peu. Le Russe Sergueï Karasev se trompe d'écran et regarde celui qui passe le direct au lieu de celui où sont diffusés les ralentis.

Pour Clément Turpin, la question de la communication avec les techniciens est d'ailleurs centrale. "Ce sont eux les experts, ils connaissent les angles, les caméras. Je préfère y toucher le moins possible pour ne pas faire perdre de temps", explique-t-il.

Plus ou moins rapides dans la prise de décision, plus ou moins à l'aise avec l'outil technique, les arbitres se succèdent sous la tente, pendant que sur le terrain Massimo Busacca et les jeunes de la Fiorentina tentent de mettre les centraux en difficulté avec des actions "limites": sorties du gardien devant l'attaquant, tacles dans la surface, mains délibérées ou involontaires.

"Correct, correct. Oui, décision correcte, il n'y a rien"; "Penalty, jaune pour le gardien." "On vérifie, attends, attends !". Les consignes du VAR doivent être brèves et assurées. Elles ne le sont pas toujours.

'Mon ami'

Alors Busacca déboule sous la tente. "Oh, il faut combien de temps pour donner un penalty ? Une heure ? Ça ne va pas les gars, je veux que vous soyez concentrés."

Pour le central aussi, la pression se fait sentir. "Penalty ou pas ? C'est toi qui décides, pas moi. Rouge ? Il n'y a jamais rouge mon ami, jamais", peste Busacca, qui distribue aussi quelques bons points.

"Bonne position Sato (l'arbitre japonais Ryuji Sato, NDLR), excellent. Penalty, bien sûr. Pas besoin de la technologie". C'est la grande idée. Si vous êtes bons, vous n'avez même pas besoin de la VAR.

Publiquement, c'est tout de même l'unanimité et tous les arbitres qui s'expriment n'ont que des éloges pour l'assistance-vidéo. "Pour nous c'est un grand ami. On n'est plus seuls sur la pelouse", assure ainsi le Néerlandais Bjorn Kuipers.

Et finalement, s'il y a un grain de sable, c'est du côté des joueurs qu'il vient. Ainsi quand un des jeunes défenseurs de la Fiorentina s'étonne de l'absence de penalty alors que, assure-t-il, il a "fait main". Réponse de Busacca: "Trois arbitres disent que non, mon ami. Un ici et deux sous la tente. Alors tu n'as pas fais main". L'arbitre a toujours raison, surtout quand il y en a trois.

Avec AFP

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