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Augmentation de 150% des décès dus aux mines antipersonnel

Formation sur les mines antipersonnel à El Retiro en Colombie le 23 janvier 2013.

Plus de 8.600 victimes en 2016, soit une augmentation de 150% en trois ans due à des bilans "particulièrement lourds" en Afghanistan et au Yémen, indique Handicap International.

Les nouvelles victimes de mines, qu'elles soient d'origine industrielle ou artisanale ou qu'il s'agisse de munitions non explosées, "a augmenté de presque 25% en un an, passant de 6.967 victimes en 2015 à 8.605 victimes" l'an dernier, souligne l'Observatoire des mines dans son rapport 2017, dévoilé par Handicap International, ONG co-fondatrice de l'Observatoire.

Le nombre de victimes a augmenté de 150% entre 2013 (3.450 tués ou blessés) et 2016, année au cours de laquelle les victimes étaient à 78% des civils, dont 42% d'enfants, s'alarme Handicap International dans un communiqué publié à Paris.

Vingt ans après l'adoption du traité d'Ottawa bannissant les mines antipersonnel (décembre 1997), l'ONG affirme que ce bilan est "le plus lourd enregistré par l'Observatoire depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000", où 9.228 victimes avaient été recensées pour l'année 1999.

Le rapport pointe des bilans "particulièrement lourds" en Afghanistan, en Libye, en Syrie, en Ukraine et au Yémen, où des conflits font rage.

En outre, "des groupes non étatiques ont également utilisé des mines antipersonnel, dont des mines de fabrication artisanale, dans au moins neuf pays: Afghanistan, Inde, Irak, Birmanie, Nigeria, Pakistan, Syrie, Ukraine et Yémen".

"Après 15 ans de baisse quasi continue, la multiplication par 2,5 du nombre annuel de nouvelles victimes depuis 2013 représente un retour en arrière inacceptable. Nous devons rappeler sans relâche que la guerre ne justifie pas tout", souligne Thomas Hugonnier, responsable des opérations de déminage de Handicap International.

Si ces chiffres sont élevés, ils restent toutefois bien en deçà de ceux enregistrés avant l'entrée en vigueur du traité d'Ottawa (1999), dont 162 Etats sont parties, quand le nombre de victimes atteignait les 25.000 personnes par an.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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