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Droits humains

Des centaines de millions de chrétiens persécutés dans le monde

Des chrétiennes après un culte religieux, à Maiduguri, au Nigeria, le 17 février 2019.

Plus de 340 millions de chrétiens ont été "fortement persécutés" dans le monde en 2020, un phénomène en constante augmentation et qui a de plus été exacerbé par la pandémie, selon un rapport de l'ONG Portes ouvertes publié mercredi.

"Les minorités chrétiennes persécutées ont dû faire face à des violences sans précédent et une plus grande discrimination. La Covid-19 a amplifié les tendances que nous voyons émerger depuis plusieurs années", écrit l'ONG protestante en présentant son index annuel des 50 pays où les chrétiens sont le plus ciblés.

Au total, 340 millions de chrétiens - catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes... - ont été "fortement persécutés", contre 260 millions en 2019, note l'ONG, qui recense toutes les atteintes, de l'"oppression quotidienne discrète" aux "violences les plus extrêmes".

"Cela représente 1 chrétien sur 6 en Afrique, et 2 sur 5 en Asie", souligne Patrick Victor, directeur de Portes Ouvertes France, assurant que ces chiffres sont "en dessous de la réalité".

Elle s'alarme notamment de l'extension d'un "arc rouge-orangé" de pays où la persécution est extrême ou très forte de l'Afrique sub-saharienne à l'Asie du Sud en passant par le Moyen-Orient, avec deux moteurs: "le nationalisme religieux", en Asie notamment, et "l’extrémisme islamique, qui s'étend" en Afrique.

Le nombre de chrétiens tués a fortement augmenté (+60%, passant de 2.983 à 4.761). "Plus de 90% l'ont été en Afrique sub-saharienne", explique Patrick Victor, directeur de Portes ouvertes France.

Pour la 6e année consécutive, le Nigeria arrive "en tête des pays où les chrétiens sont tués pour leur foi", et de loin (3.530 morts), devant la RDC (460) et le Pakistan (307).

Au Nigeria, "les groupes qui s’en prennent aux chrétiens (Boko Haram, État islamique, militants extrémistes peuls) ont ainsi profité des restrictions sanitaires pour étendre leur influence", souligne l'organisation.

L'ONG note en revanche une forte diminution du nombre d'églises prises pour cible (fermées, attaquées, endommagées, incendiées...), qui a été pratiquement divisé par deux (4.488, contre 9.488 en 2019).

La Chine est de loin le pays où le plus grand nombre d'églises ont été ciblées (3.088, après 5.576 en 2019), devant le Nigeria.

"En Chine, comme en Inde, la persécution des chrétiens est systématique, voire systémique", note M. Victor.

Le nombre de chrétiens détenus pour des raisons liées à leur foi a également baissé, passant à 4.277, contre 3.711 en 2019. Près de la moitié se trouvent en Erythrée (1.030) et en Chine (1.010).

Toutes persécutions confondues, la Corée du Nord, où "la foi en Dieu est un crime contre le régime" selon l'ONG, reste en tête de ce classement annuel. Suivent l'Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan et l'Erythrée.

"Il n'y a pas que des motifs strictement religieux derrière les persécutions: elles peuvent aussi être liées au nationalisme religieux, comme en Inde ou en Turquie, au contrôle étatique, comme en Chine, voire au crime organisé et aux cartels comme en Colombie et au Mexique", résume l'association.

Portes ouvertes, partenaire d'Open Doors international, existe en France depuis 1976.

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La CEDH condamne la Suisse pour avoir emprisonné une femme qui mendiait

Les juges de la Cour Européenne des Droits de l'Homme avant une audience, à Strasbourg, en France, le 22 novembre 2017. (AFP/ Frederick Florin)

La Cour Européenne des Droits de l'Homme a condamné mardi la Suisse pour avoir infligé une lourde amende à une mendiante roumaine pour mendicité sur la voie publique à Genève.

"La Cour estime que la sanction infligée à la requérante ne constituait une mesure proportionnée ni au but de la lutte contre la criminalité organisée, ni à celui visant la protection des droits des passants, résidents et propriétaires des commerces", explique l'institution judiciaire du Conseil de l'Europe, installée à Strasbourg.

Une Roumaine analphabète, appartenant à la communauté rom et née en 1992, avait été condamnée en janvier 2014 à 500 francs suisses (environ 464 euros) d'amende pour mendicité sur la voie publique. Cette femme, qui n'avait pas de travail et ne touchait pas d'aide sociale, a été ensuite placée cinq jours en détention provisoire pour ne pas avoir payé l'amende.

"Placée dans une situation de vulnérabilité manifeste, la requérante avait le droit, inhérent à la dignité humaine, de pouvoir exprimer sa détresse et essayer de remédier à ses besoins par la mendicité", a considéré la CEDH.

La Cour a donc jugé que la Suisse avait violé l'article 8 protégeant le droit au respect de la vie privée et familiale de la convention européenne des droits de l'Homme.

La Suisse doit verser à la requérante 922 euros pour dommage moral.

Navalny: rassemblement à Moscou où l'opposant est détenu

Navalny: rassemblement à Moscou où l'opposant est détenu
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L'opposant russe Navalny attend en cellule de connaître son sort

Le chef de l'opposition russe Alexei Navalny à un point de contrôle des passeports à l'aéroport Sheremetyevo de Moscou, en Russie, le 17 janvier 2021. Les forces de l'ordre s'entretiennent avec lui avant de l'emmener. REUTERS / Reuters TV

Aussitôt atterri, aussitôt interpellé! Le principal opposant russe, Alexeï Navalny, a été arrêté par les services pénitentiaires dimanche dès son arrivée à Moscou depuis l'Allemagne, où il se trouvait en convalescence après un empoisonnement présumé. Il attend toujours pour savoir plus sur son sort.

Charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, M. Navalny, 44 ans, est recherché depuis fin décembre par le FSIN, le service en charge des prisons en Russie, qui lui reproche d'avoir violé les conditions d'une peine avec sursis dont il a écopé en 2014.

Alors qu'il s'apprêtait à donner son passeport pour le contrôle à la frontière, aux côtés de sa femme Ioulia, l'opposant a été approché par plusieurs policiers en uniforme qui l'ont emmené. "Il restera en détention jusqu'à la décision du tribunal" sur son cas, a indiqué le FSIN, sans préciser à quelle date elle pourrait avoir lieu.

"Ici, c'est chez moi. Je n'ai pas peur (...) car je sais que j'ai raison et que les affaires criminelles lancées contre moi sont fabriquées de toutes pièces. Je n'ai peur de rien et je vous appelle à n'avoir peur de rien", a déclaré M. Navalny peu avant son arrestation.

Réactions des dirigeants américains et européens

Le président du Conseil européen Charles Michel dénonce comme "inacceptable" l'interpellation de M. Navalny, exigeant sa libération "immédiate". La Lituanie appelle à adopter de nouvelles sanctions contre Moscou et la Pologne à une "réponse rapide et sans équivoque au niveau de l'UE".

Le futur conseiller à la sécurité nationale du président élu américain Joe Biden, Jake Sullivan, a également appelé à la libération de l'opposant et à "tenir responsable" les auteurs de son empoisonnement en août.

Le ministère des Affaires étrangères britannique s'est dit lundi dans un communiqué "profondément préoccupé" par l'arrestation de l'opposant russe Alexei Navalny dimanche à son retour en Russie, plusieurs mois après son empoisonnement présumé.

"C'est effarant qu'Alexey Navalny, victime d'un crime odieux, soit détenu par les autorités russes", a ajouté le ministre des Affaires étrangère Dominic Raab dans un tweet, appelant la Russie à chercher comment "une arme chimique a été utilisée sur (son) sol" plutôt que "de persécuter M. Navalny", dont il appelle à la"libération immédiate".

Alexei Navalny, rétabli après un empoisonnement présumé en août, "a pris la décision consciente de retourner en Russie qu'il considère comme sa patrie personnelle et politique", et le fait qu'il ait été arrêté par les autorités russes dès son arrivée "est totalement incompréhensible", selon M. Maas.

Reconnaissant que la Russie est liée par sa propre constitution et par des obligations internationales à l'égard de l'état de droit et de la protection des droits civils, le ministre social démocrate a ajouté: "bien entendu, ces principes doivent également être appliqués" à Alexei Navalny, qui "devrait être libéré immédiatement".

Alors qu'une "grave attaque empoisonnée" a été commise sur le sol russe à l'égard de M. Navalny, charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, l’Allemagne appelle la Russie à "enquêter de manière approfondie sur cette attaque et traduire les auteurs en justice", a encore dit M. Maas.

Alexei Navalny, 44 ans, est recherché depuis fin décembre par le FSIN, le service en charge des prisons en Russie, qui lui reproche d'avoir violé les conditions d'une peine avec sursis dont il a écopé en 2014.

Le chef de file de l'opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu'il revenait d'une tournée électorale en Sibérie. D'abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches.

Trois laboratoires européens ont depuis conclu que l'opposant avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l'époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) malgré les dénégations de Moscou.

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Russie: arrestations à l'aéroport de Moscou avant l'arrivée d'Alexeï Navalny -

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