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Mike Pompeo à Doha à la veille des pourparlers interafghans

Mike Pompeo lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le 2 septembre 2020.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est arrivé à Doha pour participer au lancement samedi des négociations de paix historiques entre les talibans et le gouvernement afghans, qui s'annoncent longues et difficiles.

L'avion de la délégation du gouvernement afghan a aussi atterri dans la capitale du Qatar vendredi, à la veille des pourparlers destinés à mettre fin au conflit interminable en Afghanistan.

M. Pompeo, qui sera présent à l'ouverture des négociations, a appelé, avant son départ des Etats-Unis, les deux camps à ne pas "gâcher" cette occasion "historique" de mettre fin à la guerre.

Et dans l'avion le menant à Doha, il a reconnu que les discussions seraient "difficiles". "Mais c'est (aux Afghans) de déterminer comment aller de l'avant et rendre la vie meilleure pour (leur) peuple."

Vendredi marque le 19e anniversaire des attentats meurtriers du 11 septembre 2001, qui ont entraîné l'intervention internationale menée par les Etats-Unis ayant chassé les talibans du pouvoir.

Dix-neuf ans de guérilla en Afghanistan ont poussé Washington à négocier avec les talibans en février dernier au Qatar un accord de retrait des troupes américaines mi-2021. En échange, quelques vagues promesses des rebelles, dont la tenue du dialogue interafghan.

"Nous allons à Doha pour dire aux talibans: vous ne pouvez pas réussir par la force", a lancé Abdul Hafiz Mansour, un membre de la délégation afghane, avant son départ pour Doha. "Le temps est venu de se réconcilier, nous pouvons résoudre nos problèmes en nous parlant."

Rien ne garantit que les deux belligérants parviendront à trouver un terrain d'entente, tant leurs objectifs divergent. Tout dépendra de leur volonté d'harmoniser leurs visions et de leur capacité à gouverner ensemble.

- Réduire les violences -

Les talibans ont toujours refusé de reconnaître le gouvernement de Kaboul, qu'ils qualifient de "marionnette" de Washington. Ils feront pression pour transformer l'Afghanistan en un "émirat" où la loi sera dictée par un islam rigoriste.

L'administration du président Ashraf Ghani cherchera elle à maintenir la jeune République et sa constitution, qui a consacré de nombreux droits.

Les femmes ont gagné de plus grandes libertés, notamment en ville. Elles pourraient les perdre si les talibans, au nom des "valeurs islamiques", reprennent partiellement ou totalement le pouvoir. Nombre d'Afghans craignent un retour aux pratiques en vigueur sous leur règne sanglant, comme la lapidation des femmes accusées d'adultère.

"Autant nous voulons la paix, autant nous voulons aussi que les acquis des années passées soient préservés", observe Aminullah, un instituteur de la province instable de Kunduz (Nord).

La cheffe de la mission de l'ONU en Afghanistan (Manua), Deborah Lyons, a appelé dans un communiqué à une "réduction immédiate et inconditionnelle des violences" en prévision des négociations. "Cela créerait un environnement plus propice à des pourparlers constructifs."

Malgré la conclusion de l'accord Etats-Unis/talibans de février, les violences ont continué de tuer en Afghanistan.

Pour Gilles Dorronsoro, spécialiste français de l'Afghanistan, pour qu'un accord soit trouvé entre les deux belligérants, "le gouvernement de Kaboul sera obligé de lâcher énormément", ce qui peut passer par "une nouvelle constitution" ou "un partage des pouvoirs".

- Handicap -

Le conflit afghan a tué des dizaines de milliers de personnes, dont 2.400 soldats américains, poussé des millions d'autres à fuir, et coûté plus de mille milliards de dollars à Washington.

Le président américain Donald Trump, dont la réélection en novembre est incertaine, est déterminé à mettre fin coûte que coûte à la plus longue guerre de l'histoire des Etats-Unis.

Autre handicap: alors que les talibans ont présenté un front unifié, le pouvoir afghan est divisé. L'accord Etats-Unis/talibans n'a pas été ratifié par Kaboul. Embrassé du bout des lèvres par M. Ghani, réélu il y a un an au terme d'élections largement contestées, il est ouvertement rejeté par son premier vice-président, Amrullah Saleh, ressorti indemne mercredi d'un nouvel attentat contre sa personne.

La requête principale de Kaboul, un cessez-le-feu, a peu de chances d'aboutir, l'accord de février n'en faisant qu'"un point à l'ordre du jour" des pourparlers.

Dans ce texte, les insurgés s'engagent aussi à "ne pas permettre" à des groupes jihadistes d'utiliser l'Afghanistan, où sévit l'organisation Etat islamique, comme base pour frapper ensuite des pays étrangers. Mais aucune mention d'Al-Qaïda n'est faite, quand les talibans n'ont jamais coupé les ponts avec ce réseau qu'ils hébergeaient avant le 11 septembre 2001.

"Si les négociations n'aboutissent pas, les talibans (...) vont user le régime jusqu'à ce qu'il tombe", pronostique Gilles Dorronsoro.

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Le Soudan bientôt retiré de la liste noire des États-Unis

La ministre des Affaires étrangères du Soudan, Asma Mohamed Abdalla, et sa délégation quittent le Département du Trésor américain à Washington, États-Unis, le 6 novembre 2019, après des négociations sur le barrage du Grand Ethiopian Renaissance. REUTERS / Siphiwe Sibeko

Donald Trump à ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

"Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump!", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute d'Omar el-Béchir en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l’économie mondiale".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi. "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Emirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

Lundi, ni la Maison Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

"Paix arabo-israélienne"

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les Etats-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsqu'Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les Etats-Unis ont "une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste", avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs en septembre.

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait "pas de mandat" pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du "rôle" du Soudan dans "l'avenir de la paix arabo-israélienne".

Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

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