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Migrants: Trump veut interdire aux clandestins de déposer des demandes d'asile

Un groupe de migrants centraméricains à Mexico, Mexique, le 8 novembre 2018.

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé vouloir interdire aux migrants n'étant pas entrés légalement sur le territoire américain de déposer une demande d'asile, dernière décision en date du président sur l'immigration, dont il a fait son cheval de bataille.

Concrètement, avec cette nouvelle règle, les migrants n'étant pas arrivés sur le territoire américain via un point d'entrée officiel à la frontière avec le Mexique ne pourront pas déposer de demande d'asile.

"Notre système d'asile croule sous un trop grand nombre de demandes d'asile injustifiées, ce qui pèse de façon démesurée sur nos moyens, nous empêchant de pouvoir accorder rapidement l'asile à ceux qui le méritent vraiment", a déclaré jeudi le ministère américain de la Sécurité intérieure.

Cette disposition, publiée par le ministère, devrait être signée rapidement par le président américain alors que des "caravanes" de migrants se dirigent actuellement vers les Etats-Unis.

Elle est censée soulager un système déjà surchargé, quelque 700.000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux.

Durant les cinq dernières années, le nombre de personnes ayant déposé une demande d'asile a augmenté de 2.000%, selon le département de la Sécurité intérieure, précisant que moins de 10% d'entre elles sont finalement acceptées.

"Conformément à nos lois sur l'immigration, le président a toute autorité pour suspendre ou restreindre l'entrée d'étrangers aux Etats-Unis s'il considère qu'il en relève de l'intérêt national", affirme le communiqué.

Donald Trump entend ainsi faire usage des mêmes pouvoirs exécutifs que ceux dont il avait argué lorsqu'il avait pris, au tout début de son mandat en janvier 2017, un décret migratoire extrêmement contesté qui interdisait l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane.

Dans sa dernière version, validée le 26 juin par la Cour suprême après de nombreuses péripéties judiciaires, ce décret ferme les frontières américaines aux citoyens du Yémen, de Syrie, de Libye, d'Iran, de Somalie, mais aussi de Corée du Nord et dans certains cas du Venezuela.

- Bataille judiciaire en perspective -

Comme pour le décret migratoire, la décision de jeudi risque de déclencher une bataille judiciaire.

La puissante organisation de défense des libertés civiques ACLU a immédiatement réagi à l'annonce de l'exécutif. "La loi américaine autorise spécifiquement les individus à demander l'asile, qu'ils soient arrivés ou non à travers un point d'entrée", a déclaré dans un communiqué Omar Jadwat, responsable de l'ACLU.

"Il est illégal de contourner ce principe", a-t-il estimé.

Le groupe de défense des migrants New York Immigration Coalition a de son côté déjà fait part de sa volonté de "combattre" la nouvelle règle, estimant que "le gouvernement ne peut pas abandonner sa responsabilité envers les migrants fuyant le danger".

La semaine dernière, lors d'une déclaration consacrée à l'immigration, le président Trump avait annoncé que son gouvernement était sur le point de terminer un plan destiné à mettre fin "à l'abus endémique" du "système d'asile".

"Sous ce plan, les étrangers clandestins n'auront plus de laissez-passer dans notre pays en déposant des demandes d'asile sans justification. Au lieu de cela, les migrants cherchant (à obtenir) l'asile auront à se présenter légalement à un point d'entrée", avait-il déclaré.

Donald Trump avait fait de l'immigration son principal thème de campagne avant les élections de mi-mandat, dénonçant régulièrement une "invasion".

Dans ses discours comme sur le réseau social Twitter, il avait multiplié les déclarations alarmistes sur l'avancée de milliers de migrants centraméricains, fuyant les violences et la misère, et se déplaçant à pied en groupe dans l'espoir de déposer une demande d'asile aux Etats-Unis.

Mercredi, 5.500 d'entre eux sont arrivés dans la capitale du Mexique, avec l'intention de poursuivre leur route vers le nord.

Quelque 200 de ces migrants centraméricains se sont rendus jeudi devant le bureau à Mexico du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour réclamer que des autocars soient affectés au transport des migrants vers la frontière des Etats-Unis.

Selon eux, étant donné le grand nombre des migrants déjà arrivés à Mexico, il faudrait au moins 150 autocars pour assurer leur transport jusqu'à la frontière.

Le président américain a annoncé vouloir envoyer jusqu'à 15.000 militaires à la frontière sud du pays.

Selon des chiffres officiels, plus de 400.000 personnes franchissent chaque année illégalement la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Avec AFP

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Le Rapport Mueller finalement livré au public

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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

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Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

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Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

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