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L'ex-président mauritanien Ould Abdel Aziz inculpé pour corruption

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l'aéroport de Nouakchott, en Mauritanie, le 2 juillet 2018.

L'ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et une dizaine de hautes personnalités ont été inculpés jeudi à Nouakchott pour corruption et placés sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de l'avocat de l'ancien chef d'Etat.

Le juge d'instruction a suivi les réquisitions du procureur Ahmedou Ould Abdallahi qui avait demandé l'inculpation et le placement sous contrôle judiciaire de M. Ould Abdel Aziz, d'un de ses gendres, de deux anciens Premiers ministres et de plusieurs anciens ministres et hommes d'affaires, a dit une source judiciaire proche de l'enquête et s'exprimant sous le couvert de l'anonymat en raison de la confidentialité et de la sensibilité des investigations.

L'un des avocats de l'ancien président, Me Mohameden Ould Icheddou, a confirmé l'information. Son client "a refusé de répondre aux questions du juge, s'en tenant à l'immunité que lui confère la Constitution en son article 93", a-t-il dit à l'AFP.

Le juge précisera prochainement les conditions du contrôle judiciaire, a dit la même source judiciaire anonyme. Le procureur a requis un contrôle judiciaire "poussé".

Après plus de dix ans au pouvoir entre 2008 et 2019, cette inculpation représente une nouvelle étape de la chute de M. Ould Abdel Aziz sous son successeur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son ancien chef de cabinet et ministre, dont il avait pourtant préparé l'accession à la présidence.

M. Ould Abdel Aziz crie au "règlement de comptes". Son successeur a constamment invoqué l'indépendance de la justice.

"La liste des chefs d'inculpation dressés contre lui (l'ex-président) par le parquet et sur lesquels le juge d'instruction doit statuer et enquêter est longue", avait dit dans la journée une source proche du parquet sous le couvert de l'anonymat.

Elle "comporte notamment la corruption, le blanchiment d'argent, l'enrichissement illicite, la dilapidation de biens publics, l'octroi d'avantages indus et l'obstruction au déroulement de la justice", selon la même source.

La justice est saisie depuis août 2020 du rapport d'une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics pendant les années de pouvoir de M. Ould Abdel Aziz.

La commission s'est penchée sur plusieurs aspects: gestion des revenus pétroliers, vente de domaines de l'Etat, liquidation d'une société publique assurant l'approvisionnement du pays en denrées alimentaires ou activités d'une société chinoise de pêche.

Question d'honneur

Au terme d'une enquête préliminaire transmise au parquet début mars, la procédure s'est accélérée avec la convocation en début de semaine d'une kyrielle de personnalités dans les locaux de la police à Nouakchott, dont l'ancien chef de l'Etat.

Celui-ci a été entendu mercredi par le procureur.

"Il s'agit de traîner tout un système et ses hommes devant la police et de souiller leur honneur", s'est ému le collectif d'avocats qui le défend, dans un communiqué publié au moment de son transfert de la police au parquet.

Fidèle à sa ligne de défense, M. Ould Abdel Aziz a refusé de collaborer et a passé la nuit dans les locaux de la police où il avait été ramené, dit-on dans son entourage.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat militaire, M. Ould Abdel Aziz a été élu en 2009 et réélu en 2014 président de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest de 4,5 millions d'habitants. M. Ghazouani, son dauphin, a été élu à sa succession en juin 2019.

Depuis, l'ex-président a perdu en décembre 2019 la direction de l'Union pour la République (UPR), parti qu'il a fondé. En août 2020, il a été interrogé plusieurs jours par les policiers et est ressorti privé de son passeport.

Si le procureur n'a pas requis le placement sous mandat de dépôt de l'ancien président et des autres suspects, c'est en raison de la longueur prévisible des investigations, a dit le parquet dans un communiqué. Il a aussi invoqué les modalités de récupération des biens publics spoliés selon lui, sans préciser en quoi un mandat de dépôt aurait compliqué cette récupération.

L'enquête financière menée parallèlement à celle de la police a permis d'identifier et de geler ou saisir des sociétés, des immeubles et appartements, des parcs de véhicules, des sommes d'argent, rien qu'en Mauritanie, dit le parquet.

Ces biens sont évalués sommairement à l'équivalent de 96 millions d'euros, dont 67 millions revenant à l'un des suspects et 21 au gendre de celui-ci, a dit le parquet sans préciser s'il faisait référence à l'ex-président et son gendre.

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Affaire Daunte Wright: 5e nuit de manifestation devant la police

Affaire Daunte Wright: 5e nuit de manifestation devant la police
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Au moins 8 morts dans une fusillade à Indianapolis

La police métropolitaine d'Indianapolis enquête sur la scène à la suite d'une fusillade dans un centre commercial à Indianapolis, Indiana, le 28 octobre 2015.

Une fusillade a fait au moins huit morts et plusieurs blessés tard jeudi à Indianapolis, dans le centre des Etats-Unis, et un tireur présumé se serait donné la mort, a annoncé la police.

Toutes les victimes ont été retrouvées dans un centre du groupe de transport de lettres et colis FedEx près de l'aéroport international de la ville, a déclaré aux journalistes une porte-parole de la police, Genae Cook, précisant que les policiers étaient intervenus vers 23 heures locales (3 heures GMT).

Huit personnes avec des blessures par balle ont été retrouvées mortes sur le site et plusieurs autres hospitalisées. "C'est une tragédie", a-t-elle ajouté. Nombre des policiers intervenus "tentent de faire face parce que c'est une vision que personne ne devrait jamais avoir à affronter".

La police estime que le tireur présumé s'est suicidé et pour les autorités il n'y a plus de menace pour la sécurité publique mais la collecte d'informations et l'identification des victimes se poursuit.

Un homme travaillant sur le site a raconté à la télévision locale WISH-TV avoir vu une personne tirer à l'arme automatique et entendu plus de dix tirs qu'il a d'abord pris pour des bruits provenant d'un moteur.

"J'ai vu un homme avec une sorte de pistolet mitrailleur, une arme automatique, et il tirait en plein air", a dit Jeremiah Miller. "Je me suis baissé immédiatement et j'avais peur".

FedEx a confirmé dans un communiqué une fusillade sur son site et souligné que le groupe coopérait avec les autorités.

"Nous avons connaissance de la fusillade tragique sur notre installation au sol près de l'aéroport d'Indianapolis", a affirmé le communiqué de FedEx. "La sécurité est notre priorité absolue et nos pensées vont à tous ceux qui ont été touchés".

Le site emploie plus de 4.000 personnes selon des médias.

Les fusillades, fléau récurrent

Un autre employé du site témoin de la scène, Timothy Boillat, a expliqué à WISH-TV avoir vu une trentaine de voitures de police arriver sur place alors que la fusillade s'achevait.

"Après avoir entendu les tirs, j'ai vu un corps par terre", a-t-il dit. "Par chance, j'étais suffisamment loin, il (le tireur) ne m'a pas vu".

Des images vidéo ont montré le périmètre de sécurité installé par la police autour du site de la fusillade, laquelle fait suite à une série d'incidents similaires ces dernières semaines.

Les fusillades sont un fléau récurrent aux Etats-Unis, relançant régulièrement le débat sur la prolifération des armes à feu dans le pays.

Le 9 avril, une personne avait été tuée et plusieurs autres blessées dans un magasin d'ameublement au Texas, quelques heures après la présentation par le président Joe Biden d'un plan limité pour lutter contre la violence par armes à feu.

Le 31 mars, quatre personnes, dont un enfant de neuf ans, avaient été tuées près de Los Angeles, une fusillade survenue après deux autres tueries qui ont fait 18 morts en mars, en particulier huit personnes dont six femmes asiatiques dans des salons de massage d'Atlanta en Géorgie.

Les armes à feu ont fait plus de 43.000 morts, suicides inclus, aux Etats-Unis en 2020, selon le site Gun Violence Archive qui a dénombré 611 "fusillades de masse" -au moins quatre victimes- en 2020 contre 417 l'année précédente.

Depuis le 1er janvier, plus de 11.000 personnes ont déjà été tuées par une arme à feu.

"La violence par arme à feu dans ce pays est une épidémie, c'est une honte internationale", avait fustigé M. Biden le 8 avril en dévoilant des mesures ciblées pour lutter contre la prolifération des armes à feu aux Etats-Unis.

Des mesures d'une portée réduite en raison de la difficulté à faire adopter au Congrès des mesures plus audacieuses au regard de la très courte majorité parlementaire démocrate.

Des républicains avaient aussitôt dénoncé les projets présidentiels. De nombreux Américains restent très attachés à leurs armes.

Les Nigérians peuvent à nouveau activer leurs cartes SIM

Un fournisseur de services MTN tente d'enregistrer la carte SIM d'un client à Lagos, le 27 octobre 2015.

La vente de cartes SIM pour téléphones mobiles reprendra lundi au Nigeria, quatre mois après sa suspension pour des raisons de sécurité, a annoncé le ministère nigérian des Communications.

Le pays le plus peuplé d'Afrique avait suspendu l'ouverture de nouvelles lignes mobiles dans l'attente de l'enregistrement de leurs titulaires, afin d'en contrôler l'usage dans un pays ravagé par l'insécurité entretenue par des jihadistes dans le nord-est, des bandes criminelles dans le nord-ouest et des séparatistes dans le sud-est.

Les opérateurs de téléphonie mobile avaient reçu pour instruction de lier toute carte SIM à un numéro national d'identité afin d'en contrôler les titulaires.

"La mise en oeuvre des nouvelles dispositions commencera lundi 19 avril 2021", a affirmé le ministère dans un communiqué publié jeudi soir.

"La délivrance de nouvelles cartes SIM et la reprise d'autres activités liées recommencera à cette date, avec toutes les mesures de contrôle prévues", affirme le communiqué du ministère.

Quelque 200 millions de lignes mobiles existent au Nigeria.

En 2015, le plus gros opérateur mobile en Afrique, le sud-africain MTN, avait été sanctionné d'une amende géante de 3,2 milliards d'euros pour n'avoir pas déconnecté quelque 5,1 millions de lignes à la demande du gouvernement, inquiet de l'utilisation des lignes par des groupes jihadistes. Le montant de l'amende avait par la suite été réduit à 1,2 milliard d'euros.

Indignation à Chicago après la publication d'une vidéo où la police abat un garçon de 13 ans

Cette image extraite de la vidéo capturée par une caméra corporelle d'un policier de Chicago montre le moment précédant le tir qui a causé la mort d'Adam Toledo, 13 ans, le 29 mars 2021, à Chicago.

Une vidéo capturée par la caméra corporelle d'un policier publiée jeudi montre un agent de la police de Chicago ouvrir le feu sur un garçon de 13 ans.

Le garçon, Adam Toledo, semble avoir les mains en l'air une fraction de seconde avant que le policier Eric Stillman tire sur lui dans la nuit du 29 mars. Il meurt sur le champ.

L'intervention de la police faisait suite à des rapports faisant état de coups de feu dans le secteur.

Pour sa part, la police affirme que l'adolescent avait une arme de poing sur lui avant la fusillade. Et la vidéo de l'agent Stillman le montre en train d'éclairer une arme sur le sol près du corps du garçon.

La publication des images et d'autres éléments de l'enquête intervient à un moment délicat, avec le procès en cours à Minneapolis de l'ancien policier Derek Chauvin accusé d'avoir tué George Floyd.

Dans le même temps, des manifestations ont lieu dans la banlieue de Minneapolis, où Daunte Wright, un jeune Noir de 20 ans, a été tué par balle par une policière qui dit avoir confondu son pistolet et son Taser, une arme qui émet un choc électrique paralysant.

La mairesse de Chicago, Lori Lightfoot, a lancé un appel au calme jeudi soir.

"Nous vivons dans une ville traumatisée par une longue histoire de violence et de mauvaise conduite de la police", a déclaré Lori Lightfoot.

"Il est certainement compréhensible que tant de nos résidents ressentent cette vague trop familière d'indignation et de douleur. Il est encore plus clair que la confiance entre notre communauté et les forces de l'ordre est loin d'être guérie et reste gravement brisée", a-t-elle ajouté.

Dix-neuf secondes se sont écoulées entre le moment où l'agent Stillman est sorti de sa voiture de police et quand il a tiré sur le garçon.

Double meurtre des experts de l'ONU au Kasaï: un témoin parle de "préméditation"

Un combattant de la Force de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) debout à côté d’un véhicule de la Monusco, près de Tchei, Ituri, 28 juillet 2006.

Une journaliste française a été entendue jeudi comme témoin au procès des auteurs présumés du meurtre dans le sud-est de la République démocratique du Congo de deux experts des Nations unies, en mars 2017, en marge du conflit dans la région du Kasaï.

Correspondante en RDC pour Radio France internationale (RFI), Sonia Rolley a évoqué la thèse de la "préméditation" et de la complicité des agents des forces de sécurité lors de son audition devant la justice militaire à Kananga, chef-lieu d'une des provinces du Kasaï.

Une trentaine de personnes sont accusées du meurtre des deux jeunes experts des Nations unies, l'Américain Michael Sharp et la Suédoise d'origine chilienne Zaida Catalan, le 12 mars 2017.

Selon la version officielle des autorités de l'époque, ils ont été tués par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l'armée régulière. Le conflit a fait 3.400 morts et des dizaines de milliers de déplacés entre septembre 2016 et mi-2017.

Sonia Rolley a indiqué avoir rencontré les deux experts par deux fois à Kananga en 2017 au plus fort de l'insurrection des miliciens du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité en août 2016.

"Ils m'ont expliqué qu'ils étaient au Kasaï avec le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU afin d'enquêter sur la situation des enfants dans les groupes armés, l'approvisionnement en armes de la milice, leurs soutiens au niveau de l'échiquier politique et administratif tant provincial que national et enfin les fosses communes", a déclaré la journaliste.

"Je pense qu'il y a eu préméditation" dans le meurtre des deux experts, a-t-elle ajouté, reprenant des éléments d'une de ses enquêtes de décembre 2017 sur la duplicité des autorités.

"L'interprète des experts disposait d'une carte de l'Agence nationale des renseignements", a-t-elle indiqué.

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