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Mauritanie

Face à un général récemment retraité, un quintette d'adversaires

Des électeurs attendent de voter à Nouakchott lors des élections législatives, régionales et locales, le 1er septembre 2018.

Six candidats s'affrontent samedi au premier tour de l'élection présidentielle en Mauritanie: un ancien général, compagnon d'armes et dauphin du chef de l'Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, un ex-Premier ministre, un opposant historique, un dissident, un journaliste et un technocrate.

Le candidat du parti à la présidence de l'Union pour la République (UPR), Mohamed O. Gazhouani, soutenu par le parti politique en exercice, se rend à Chinguetti pour une réunion le 11 avril 2019.
Le candidat du parti à la présidence de l'Union pour la République (UPR), Mohamed O. Gazhouani, soutenu par le parti politique en exercice, se rend à Chinguetti pour une réunion le 11 avril 2019.

Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani

A 62 ans, ce militaire de carrière est largement crédité du succès de l'armée et des services de sécurité en Mauritanie, qui n'a connu aucun attentat djihadiste depuis 2011.

Entré dans l'armée en 1978, c'est à l'Académie royale militaire de Meknès (Maroc) qu'il rencontre Mohamed Ould Abdel Aziz, avec lequel il a participé à deux putschs, en 2005 et 2008.

Originaire de la préfecture de Boumdeid (centre sud), chef-lieu traditionnel de la Chadhiliya, puissante confrérie musulmane soufie dont il est le fils du chef spirituel, il appartient à la tribu maraboutique des Ideiboussat connue pour sa richesse, sa discrétion et sa forte présence dans le pays.

Après le putsch contre le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), Ould Ghazouani est nommé directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), un poste stratégique qui permettra à ce spécialiste du renseignement militaire de développer ses réseaux.

Il devient chef d'état-major peu avant le coup d'Etat de 2008 qui porte son ami au pouvoir, jusqu'à son départ de l'armée en octobre 2018, avant un passage au gouvernement comme ministre de la Défense jusqu'à mars 2019.

Ses adversaires affirment qu'il a été choisi par le président sortant pour assurer ses arrières lorsqu'il aura quitté le pouvoir.

Mais des observateurs l'estiment largement capable de jouer sa propre partition. L'ancien général promet de ne "laisser personne au bord de la route", mais aussi de garantir la justice et les droits de l'Homme dans le pays.

L'ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle de juin 2019, soutenu par le parti islamiste d'opposition Tewassoul Sidi Mohamed Ould Boubacar, à Nouakchott, le 30 mars 2019.
L'ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle de juin 2019, soutenu par le parti islamiste d'opposition Tewassoul Sidi Mohamed Ould Boubacar, à Nouakchott, le 30 mars 2019.

Sidi Mohamed Ould Boubacar

Deux fois Premier ministre, en 1992-1996, puis comme chef de l'exécutif de transition (2005-2007), Sidi Mohamed Ould Boubacar, 62 ans, est considéré comme le rival le plus sérieux du candidat du pouvoir et celui qui peut se prévaloir de la plus importante expérience gouvernementale.

Né à Atar (centre ouest) il se présente comme indépendant, mais bénéficie de soutiens de poids, allant du parti islamiste Tewassoul, principale formation d'opposition, au puissant et richissime homme d'affaires Mohamed Ould Bouamatou, en exil en Europe.

Il a également été ministre des Finances et plusieurs fois ambassadeur en France, en Egypte et aux Etats-Unis notamment.

Biram Dah Abeid, politicien mauritanien et défenseur de l'abolition de l'esclavage, lors d'une conférence de presse à Dakar, le 29 septembre 2016.
Biram Dah Abeid, politicien mauritanien et défenseur de l'abolition de l'esclavage, lors d'une conférence de presse à Dakar, le 29 septembre 2016.

Biram Ould Dah Ould Abeid

Président et fondateur de l'organisation anti-esclavagiste non reconnue Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), il fait régulièrement la Une des médias pour ses actions en faveur des descendants d'esclaves, communauté à laquelle il appartient.

Ce militantisme lui a valu d'être détenu à plusieurs reprises. Biram Ould Dah Ould Abeid se targue d'ailleurs dans ses meetings d'être le seul candidat ayant connu la prison "au service de son peuple".

Agé de 55 ans, il a été élu député en septembre grâce à une alliance avec un parti nationaliste arabe, reconduite pour ce scrutin. Déjà candidat en 2014, il était arrivé en deuxième position, avec seulement 9 % des voix.

Historien formé aux universités de Nouakchott et Dakar, il est souvent associé à des rapports internationaux qui épinglent la Mauritanie sur le respect des droits de l'Homme.

Mohamed Ould Moloud.
Mohamed Ould Moloud.

Mohamed Ould Moloud

Ce professeur d'histoire à l'université de Nouakchott, 66 ans, incarne l'opposition historique dont le leadership revenait à Ahmed Ould Daddah, empêché par son âge de se représenter.

Député de l'Union des forces du progrès (UFP) gauche, dont il est le président, Mohamed Ould Moloud est soutenu par une coalition comprenant le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) de M. Ould Daddah.

Il tente de rassembler les électeurs déçus par le président sortant et qui "refusent de plier l'échine et se résigner à suivre aveuglément les régimes militaires", selon ses propos.

Baba Hamidou Kane.
Baba Hamidou Kane.

Baba Hamidou Kane

Ce journaliste et docteur en communication s'était déjà présenté en 2009, recueillant moins de 2% des voix.

Candidat d'une coalition baptisée "vivre ensemble", Baba Hamidou Kane entend rééquilibrer les relations entre populations d'origine ou de culture arabo-berbère, et négro-africaines.

Elu député du RFD d'Ahmed Ould Daddah, il fut alors vice-président de l'Assemblée nationale sous le président Ould Taya.

Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi

Ce haut fonctionnaire au Trésor mauritanien, 42 ans, expert comptable passé par l'Ecole nationale d'administration, est un nouveau venu sur la scène politique.

Il peut se prévaloir de son expérience au ministère des Finances et d'ex-directeur financier d'une entreprise de distribution des produits pétroliers.

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Le G5 Sahel cherche une "nouvelle stratégie" après le retrait du Mali

"La situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué du G5 Sahel.

Les ministres de la Défense et les chefs d'état-major des pays du G5 Sahel ont tenu jeudi une réunion extraordinaire à Niamey pour réfléchir à une "nouvelle stratégie" pour cette force antijihadiste après le retrait du Mali en mai, a appris vendredi l'AFP.

Cette réunion d'une journée visait à "échanger sur la nouvelle configuration" de la Force conjointe après "le retrait du Mali" et le "départ de Barkhane" de ce pays, selon le communiqué final. "Cette situation nous impose d'adopter de nouvelles stratégies pour lutter efficacement contre les groupes armés terroristes dans l'espace commun", indique le texte.

La Banque mondiale tire la sonnette d'alarme sur l'urgence climatique au Sahel
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Aucun détail n'a été donné sur cette nouvelle stratégie. Le G5 Sahel est une force militaire conjointe qui regroupait jusqu'au mois de mai le Niger, le Burkina, la Mauritanie, le Tchad et le Mali.

Largement financée par l'Union européenne, cette force représentait aux yeux des partenaires internationaux du Sahel une porte de sortie dans une région en proie aux violences jihadistes. Mais en cinq ans, les opérations conjointes sont restées peu nombreuses et la situation sécuritaire au Sahel n'a cessé de se dégrader.

En dépit des "efforts" des Etats avec "l'appui" des partenaires "la situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué.

"La formule actuelle (...) ne peut plus répondre à nos préoccupations opérationnelles", a observé en ouverture de la réunion, le général Gninguengar Mandjita, chef d'état-major des Armées du Tchad, pays qui assure la présidence du G5 Sahel.

Alkassoum Indatou, ministre nigérien de la Défense, juge quant à lui qu'"au delà des difficultés financières", le G5 Sahel souffre désormais d'un "problème de cohésion et d'unité d'action (...) mise à mal depuis le retrait du Mali".

Mi-mai, les autorités de transition au Mali, empêchées d'en assurer la présidence, ont décidé de se retirer du G5 Sahel et de sa force conjointe, invoquant une "perte d'autonomie" et "une instrumentalisation" au sein de l'organisation. En juillet, Mahamat Idriss Déby du Tchad et Mohamed Bazoum du Niger avaient martelé vouloir garder le G5 en vie, malgré le départ du Mali.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali a récemment poussé vers la sortie la France qui a déployé via son opération Barkhane pendant des années des milliers de militaires dans le pays, dont une partie s'est repliée au Niger voisin.

Les partisans de l'ex-président mauritanien Aziz exigent une "liberté totale"

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Les partisans de l'ex-président Aziz aspirent à son exonération totale

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L’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a bénéficié ce jeudi d’une levée de son contrôle judiciaire. Une nouvelle bien accueillie par ses partisans.

L'ex-président mauritanien Aziz, inculpé pour corruption, recouvre la liberté

Mohamed Ould Abdel Aziz a dirigé la Mauritanie de 2008 à 2019.

L'ancien président mauritanien tombé en disgrâce Mohamed Ould Abdel Aziz a recouvré sa liberté dans la nuit de mercredi à jeudi après plus d'un an de détention préventive et de contrôle judiciaire, en attendant son procès pour corruption présumée, a constaté un correspondant de l'AFP.

Vers minuit (jeudi 00H00 GMT), les policiers ont commencé à lever les barrières disposées autour de son domicile dans la capitale Nouakchott, et les agents affectés à son strict contrôle judiciaire ont commencé à s'éloigner. M. Aziz, qui a dirigé la Mauritanie de 2008 à 2019 et est âgé de 65 ans, est sorti de sa maison pour saluer de la main les quelques personnes venues célébrer sa liberté de mouvement récouvrée.

La saison hivernale continue avec son lot de morts en Mauritanie
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"Son contrôle judiciaire a pris fin ce mercredi à minuit et, comme le veut la loi, il est libre de ses mouvements, ce qui ne veut pas dire que son dossier est clos, loin de là", a dit à l'AFP un magistrat du parquet sous le couvert de l'anonymat.

L’ex-chef d’État a été inculpé en mars 2021 en même temps qu'une dizaine de hautes personnalités pour des faits présumés de corruption, blanchiment d’argent, enrichissement illicite, dilapidation de biens publics, octroi d’avantages indus et obstruction au déroulement de la justice.

Il a été placé en détention en juin suivant pour non-respect des mesures de son contrôle judiciaire et trouble à l’ordre public. Il a été relâché en janvier pour des raisons de santé, mais maintenu sous contrôle judiciaire. Le contrôle judiciaire imposé à ses co-inculpés a été levé en mars. Lui et ses défenseurs crient au règlement de comptes.

L'ex-président et les autres inculpés, parmi lesquels ses gendres, deux anciens Premiers ministres et plusieurs anciens ministres et hommes d'affaires, sont à présent renvoyés par la justice devant un tribunal. Aucune date n'est encore fixée pour le procès.

"Oui, il retrouve sa liberté, son passeport lui sera restitué et les clefs de son domicile familial à Akjoujt (sa ville natale, à 250 km au nord de Nouakchott) lui seront remises", a dit à l'AFP son principal avocat Mohameden Ould Icheddou. "La priorité de l'ancien président sera d'aller se soigner à l'étranger après tout ce qu'il a subi comme pression et suite à sa maladie cardiaque", a-t-il ajouté.

La saison hivernale continue avec son lot de morts en Mauritanie

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En Mauritanie, la saison hivernale 2022 continue avec son lot de morts suite à une vague d’inondations sans précédent dans plusieurs villes du pays.

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