Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Maroc

Au moins 18 morts parmi des migrants qui tentaient d'entrer à Melilla

ARCHIVES - Un jeune tente d'escalader la clôture frontalière dans l'exclave espagnole de Ceuta, à la frontière avec le Maroc, le 13 avril 2021.

Au moins 18 migrants d'origine africaine sont morts lors d'une tentative d'entrée vendredi matin de près de 2.000 d'entre eux dans l'enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, selon un bilan actualisé des autorités marocaines, énième drame de la migration aux portes de l'Union européenne.

"Treize migrants en situation irrégulière blessés lors de l'assaut contre la ville de Melilla sont décédés dans la soirée des suites de leurs graves blessures", a indiqué vendredi soir à l'AFP une source des autorités de la province de Nador.

Un premier bilan de ces mêmes autorités faisait état de cinq morts et 76 blessés, dont 13 grièvement, parmi les migrants, et de 140 membres des forces de l'ordre blessés, dont 5 grièvement.

Les victimes ont trouvé la mort "dans des bousculades et en chutant de la clôture de fer" qui sépare l'enclave espagnole du territoire marocain, lors d'"un assaut marqué par l'usage de méthodes très violentes de la part des migrants", a précisé la même source.

Contactée par l'AFP, la Garde civile espagnole, qui surveille l'autre côté de la clôture, a assuré ne pas avoir d'informations sur ce drame, renvoyant vers le Maroc.

Très tôt samedi matin, le calme régnait à Nador, ville marocaine limitrophe de Melilla, ainsi qu'à la frontière de l'enclave espagnole, sans déploiement policier, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Situées sur la côte nord du Maroc, Melilla et l'autre enclave espagnole de Ceuta sont les seules frontières terrestres de l'UE sur le continent africain et font régulièrement l'objet de tentatives d'entrée de la part de migrants cherchant à rejoindre l'Europe.

- "Bilan très lourd" -

Cette tentative d'entrée massive a débuté vers 06H40 lorsqu'un groupe de "près de 2.000 migrants (...) a commencé à s'approcher de Melilla", selon la préfecture. "Plus de 500" d'entre eux "provenant de pays d'Afrique subsaharienne" ont ensuite forcé l'entrée du poste frontalier avec "une cisaille", a ajouté la préfecture, selon laquelle 133 sont parvenus à rentrer.

En déplacement à Bruxelles pour un sommet de l'UE, le Premier ministre Pedro Sanchez a dénoncé un "assaut violent" fomenté par des "mafias qui font du trafic d'êtres humains".

Omar Naji, de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), a confirmé à l'AFP que des "affrontements" avaient eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi entre migrants et agents marocains. Des médias espagnols avaient déjà fait état de violences ces derniers jours entre clandestins et policiers dans la zone frontalière de Melilla.

La section de l'AMDH à Nador a réclamé l'ouverture d'"une enquête sérieuse pour déterminer les circonstances de ce bilan très lourd" qui montre que "les politiques migratoires suivies sont mortelles avec des frontières et des barrières qui tuent".

Cette tentative d'entrée massive dans l'une des deux enclaves espagnoles est la première depuis la normalisation mi-mars des relations entre Madrid et Rabat, après une brouille diplomatique de près d'un an.

La crise entre les deux pays avait été provoquée par l'accueil en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, en avril 2021, pour y être soigné du Covid-19.

Elle avait eu pour point culminant l'entrée en mai 2021 de plus de 10.000 migrants en 24 heures à Ceuta, à la faveur d'un relâchement des contrôles côté marocain. Madrid avait alors dénoncé une "agression" de la part de Rabat, qui avait rappelé son ambassadrice en Espagne.

Pedro Sanchez a mis fin à cette brouille en soutenant publiquement le plan marocain d'autonomie pour le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole contrôlée à 80% par Rabat mais revendiquée par le Polisario, soutenu par l'Algérie. Début avril, le roi Mohammed VI l'avait reçu à Rabat pour sceller cette réconciliation.

- "Coopération extraordinaire" -

Pour Madrid, cette normalisation a pour but principal de s'assurer de la "coopération" de Rabat dans le contrôle de l'immigration illégale.

Très critiqué en interne pour son revirement sur le Sahara, M. Sanchez a salué vendredi la "coopération extraordinaire" de Rabat en matière migratoire qui démontre, selon lui, "la nécessité d'avoir la meilleure des relations".

Juste avant cette réconciliation, Melilla avait été le théâtre début mars de plusieurs tentatives de passage en force dont la plus importante jamais enregistrée dans cette enclave, avec quelque 2.500 migrants. Près de 500 y étaient parvenus ce jour-là.

Le Maroc, d'où partent la majeure partie des migrants vers l'Espagne, a été régulièrement accusé par le passé de les utiliser comme moyen de pression sur l'Espagne.

L'apaisement des relations avec le Maroc a entraîné une baisse récente des arrivées en Espagne.

Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de migrants arrivés dans l'archipel espagnol des Canaries en avril, premier mois ayant suivi la normalisation, a été inférieur de 70% à celui du mois de février.

Toutes les actualités

Avortement criminalisé : des Marocaines dans la rue

Avortement criminalisé : des Marocaines dans la rue
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:46 0:00

Des militantes féministes ont manifesté à Rabat aujourd’hui afin de réclamer la modification des lois qui criminalisent l'avortement. Elles ont tenu à descendre dans la rue après la mort d'une adolescente victime d'une IVG clandestine.

"Vol de motifs": le Maroc exige le retrait d'un maillot de la sélection algérienne

ARCHIVES - "Algérie-Maroc: la rupture" titre un quotidien d'Alger, le 25 août 2021.

Le ministère marocain de la Culture a sommé le géant allemand de l'équipement sportif Adidas de retirer sa nouvelle collection de maillots de la sélection algérienne de football, l'accusant de s'être indûment approprié des symboles du "patrimoine culturel marocain".

"Il s'agit d'un vol de motifs inspirés du 'zellige marocain' (céramique caractéristique de l'art décoratif traditionnel marocain, ndlr) qui figurent sur des maillots de sport de l’Algérie, ce qui a poussé le ministère à agir en urgence", a expliqué à l'AFP une source au sein du ministère de la Culture.

Dans une mise en demeure adressée via courrier électronique et par voie d'huissier au PDG d'Adidas Kasper Rorsted, dont l'AFP a obtenu une copie, l'avocat marocain a dénoncé "une appropriation culturelle et une tentative de voler un motif du patrimoine culturel marocain pour l’utiliser en dehors de son contexte".

Me Mourad Elajouti, l'avocat du ministère, a exigé le retrait sous quinzaine de la collection des maillots de sport "inspirés de l'art du zellige marocain".

Cette polémique survient dans un climat de tension permanente entre les deux rivaux du Maghreb.

L'Algérie a rompu ses liens diplomatiques avec le Maroc en août 2021, accusant Rabat d'"actes hostiles". Une décision "complètement injustifiée", selon Rabat.

"Le ministère de la Culture marocain se réserve le droit d'utiliser toutes les voies de recours judiciaires possibles devant les tribunaux allemands et internationaux", avertit l'avocat dans son courrier.

Il menace également de porter l'affaire "devant les organismes relatifs à la protection du patrimoine et les droits d'auteurs, l'Unesco et l'OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), afin de protéger les éléments du patrimoine culturel marocain des tentatives illicites d’appropriation".

Le 23 septembre, Adidas a présenté sur Twitter une photo du kit des "Fennecs", le onze algérien, pour la saison 2022-2023 "inspiré par la culture et l'histoire".

Ce nouveau design, selon l'équipementier sportif allemand, tire son inspiration du palais de Mechouar à Tlemcen, dans le nord-ouest de l'Algérie.

Alcool frelaté: 19 morts dans le nord du Maroc

ARCHIVES - Un policier marocain garde l'entrée du bureau judiciaire d'investigation à Sale, près de Rabat, Maroc, le 29 janvier 2017.

Un total de 19 personnes sont décédées à Ksar El Kebir, une ville du nord du Maroc, après avoir consommé de l'alcool frelaté, un fléau récurrent dans le royaume, ont rapporté mercredi soir les médias locaux, citant une source hospitalière.

Un suspect de 48 ans a été arrêté mardi par la police pour son implication présumée dans la vente de l’alcool frelaté ayant causé la mort de certains de ses clients, selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Les victimes auraient consommé de l'alcool de contrebande acheté dans le magasin du suspect, d'après les médias citant des sources policières.

Lors de la perquisition du commerce, les enquêteurs ont saisi près de 50 litres d’alcool de ce type.

Une trentaine de personnes - âgées de 35 à 50 ans - ont dû être hospitalisées dans un état critique après cette intoxication, et deux d'entre elles se trouvaient toujours en réanimation.

Elles souffraient de céphalées, de vomissements, de crampes à l’estomac ainsi que de rougeurs oculaires, a expliqué un chef infirmier de l’hôpital de Ksar El Kebir au site d'information Le360.

Cet établissement hospitalier avait reçu mardi les corps de neuf victimes. Le bilan s'est ensuite alourdi mercredi à 19 morts, a précisé à la presse un responsable local du ministère de la Santé.

Leurs cadavres ont été transférés dans un hôpital de Tanger, la préfecture de la province, pour "une autopsie afin de préciser les causes des décès", a-t-il ajouté.

Ce n'est pas la première fois qu'un tel drame se produit au Maroc mais aussi en Tunisie et en Algérie.

En juillet 2021, une vingtaine de personnes sont décédées après avoir bu de l’alcool frelaté acheté chez un "guerrab" (vendeur illégal) à Oujda, dans l'est du Maroc.

En théorie, la loi marocaine interdit la vente d'alcool aux musulmans, soit 99% de la population du Maroc, où l'islam est religion d'Etat.

Mais dans les faits, on en trouve aisément dans les bars, restaurants ou encore dans des magasins sous licence qui le proposent discrètement à la vente derrière des vitres opaques ou d'épais rideaux.

Maroc: 20 ans de prison pour le trafiquant français Sofiane Hambli

Arrêté le 22 octobre 2021 au Maroc, Sofiane Hambli était poursuivi notamment pour "trafic international de drogue". (photo d'illustration)

La justice marocaine a condamné le baron de la drogue français Sofiane Hambli à 20 ans de prison ferme notamment pour "trafic international de drogue", "blanchiment d'argent" et "séquestration", a-t-on appris vendredi auprès d'une source judiciaire.

"La chambre criminelle de Rabat a condamné jeudi soir Sofiane Hambli à 20 ans de prison ferme pour des crimes commis au niveau national", a indiqué à l'AFP une source judiciaire marocaine, confirmant une information du site d'information Hespress.

Arrêté le 22 octobre 2021 au Maroc après sept mois de cavale, ce trafiquant de haut vol était poursuivi notamment pour "trafic international de drogue", "blanchiment d'argent", "constitution d'une bande criminelle organisée", "séquestration". Il avait été appréhendé dans une clinique de Tanger, où il se faisait soigner après avoir été agressé et grièvement blessé à l'arme blanche dans une rue de ce grand port du nord du Maroc, plaque tournante du trafic de drogue vers l'Europe.

Sofiane Hambli est détenu à la prison de Salé 2, près de la capitale Rabat, "sous haute sécurité compte tenu de sa dangerosité", précise Hespress.

Ce Français d'origine algérienne de 46 ans est le personnage-clé du scandale de l'importation en France de sept tonnes de cannabis en 2015, qui avait abouti à l'éviction de l'ex-patron de la lutte antidrogue, François Thierry, dont il aurait été un informateur. Surnommé "La chimère", il est également soupçonné d'avoir perçu 2,5 millions d'euros pour la logistique d'un projet d'importation de quatre tonnes de cannabis, des accusations qu'il avait démenties via son avocat Hugues Vigier.

Coutumier de la cavale

Le procès dans le cadre de cette affaire, prévu en juin dernier à Bobigny, en banlieue parisienne, a dû être renvoyé en raison de son absence. Son extradition temporaire, demandée par le parquet français, a été refusée par les autorités marocaines en raison des poursuites engagées devant la justice marocaine contre Sofiane Hambli, selon des médias locaux.

Placé en détention en novembre 2020 dans ce dossier puis libéré sous contrôle judiciaire en mars 2021 après une décision favorable de la Cour de cassation, le trafiquant de drogue s'était vu notifier peu après un mandat de dépôt par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

Ne s'étant pas présenté à la justice et la police ne l'ayant pas retrouvé, Sofiane Hambli était depuis considéré en cavale et Interpol avait émis un mandat d'arrêt international à son encontre, via une notice rouge, à la demande des autorités françaises.

Né à Mulhouse (est de la France), le narcotrafiquant au lourd casier judiciaire est coutumier de la cavale. Il avait notamment été interpellé en 2004 en Espagne après son évasion l'année précédente de la prison de Metz. En 2009, c'est encore en Espagne qu'il avait été arrêté alors qu'un tribunal français l'avait condamné par défaut à 18 ans de prison.

Peine de prison alourdie pour une militante marocaine des droits humains

Placée en détention depuis le 23 mars, postait régulièrement des publications critiques à l'encontre des autorités sur les réseaux sociaux. (photo d'illustration)

La justice marocaine a porté mercredi en appel à trois ans de prison ferme la peine prononcée contre la militante des droits humains Saida El Alami, condamnée notamment pour "outrage envers un corps constitué" sur internet, selon sa défense.

"C'est une décision injuste. Saida El Alami s'est exprimée dans le cadre de sa liberté d'expression, instituée dans la Constitution", a déclaré à l'AFP son avocate Souad Brahma. La défense prévoit de saisir la Cour de cassation.

Placée en détention depuis le 23 mars, Saida El Alami, qui se présente comme une "dissidente politique" sur Facebook, postait régulièrement des publications critiques à l'encontre des autorités sur les réseaux sociaux. Elle avait notamment dénoncé des responsables des services de sécurité et la corruption au sein de la justice, selon Amnesty International.

Cette femme de 48 ans était poursuivie pour "outrage envers un corps constitué", "outrage envers des fonctionnaires publics dans l'exercice de leurs fonctions", "atteinte à la justice" et "diffusion de fausses allégations". Elle avait été condamnée le 29 avril à deux ans de prison ferme en première instance, une peine assortie d’une amende de 5.000 dirhams (470 euros), devant un tribunal de Casablanca.

Membre du collectif "Femmes marocaines contre la détention politique", la militante a affiché son soutien à des journalistes et activistes marocains condamnés par la justice et emprisonnés, comme Omar Radi et Soulaimane Raissouni.

Après l'arrestation de Mme El Alami, Amnesty avait demandé aux autorités marocaines "de mettre fin aux poursuites visant des militant·e·s qui ont critiqué des personnalités publiques, des représentant·e·s ou des institutions de l’État, et de veiller à ce que les citoyen·ne·s soient libres d’exprimer leurs opinions sans craindre de représailles".

Voir plus

XS
SM
MD
LG