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Maroc: l'exécutif tente de calmer la colère des habitants de Jerada


 Des policiers anti-émeutes face aux manifestants après les funérailles de deux frères morts dans l’effondrement d'une mine de charbon abandonnée dans la ville de Jerada, à 60 kilomètres au sud-ouest d'Oujda, le 27 décembre 2017.
Des policiers anti-émeutes face aux manifestants après les funérailles de deux frères morts dans l’effondrement d'une mine de charbon abandonnée dans la ville de Jerada, à 60 kilomètres au sud-ouest d'Oujda, le 27 décembre 2017.

Des représentants de l'exécutif se sont réunis samedi à Jerada, ancienne ville minière du nord-est du Maroc secouée par des manifestations après la mort de deux frères dans une mine de charbon clandestine, a rapporté l'agence officielle MAP.

Ils ont rencontré des élus locaux et pris connaissance des "préoccupations des citoyens", a précisé la MAP.

Ce déplacement intervient sur fond de manifestations pacifiques depuis la mort, le 22 décembre, de deux frères dans une mine d'anthracite clandestine à Jerada, l'une des villes les plus pauvres du royaume.

Houcine et Jedouane, âgés de 23 et 30 ans, ont péri dans un accident alors qu'ils tentaient d'extraire, sans aucune mesure de sécurité, du charbon dans une mine désaffectée, suscitant l'indignation chez les habitants de cette commune déshéritée.

Jeudi, le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi a affirmé que "le gouvernement était très préoccupé" par la situation, et qu'il "oeuvrait de manière continue pour la réalisation des projets en cours".

Malgré la fermeture par l'Etat, à la fin des années 1990, d'une importante mine de charbon qui employait 9.000 personnes, des centaines de mineurs continuent de risquer leur vie pour extraire clandestinement du charbon, faute d'autres perspectives d'emploi.

Depuis la mort des deux frères, les habitants de Jerada manifestent quotidiennement et par milliers pour exiger "travail et développement" et une "alternative économique" aux puits clandestins d'extraction de charbon.

Le Wali (représentant du pouvoir central dans la région), le gouverneur et des élus locaux ont "plaidé" samedi pour "la mise en place de plans de développement propres à la province", et "d'alternatives économiques autres que les mines de charbon", selon la MAP.

Vendredi, plusieurs milliers de manifestants ont de nouveau battu le pavé à Jerada, rejoints par des habitants de communes voisines, alors qu'une grève générale a été largement suivie localement.

La région voisine du Rif, dans le nord du pays, a été secouée tout au long de l'année par un mouvement de contestation sociale, né après la mort d'un marchand de poisson en octobre 2016, dénonçant le sous-développement de cette région historiquement frondeuse, pauvre et enclavée.

La ville de Zagora, dans le sud du royaume, a elle aussi été le théâtre pendant des mois de "manifestations de la soif" pour protester contre les coupures d'eau récurrentes.

Les autorités marocaines ont multiplié les arrestations dans les rangs des protestataires et les condamnations à des peines de prison ferme pour étouffer ces deux mouvements sociaux.


Avec AFP

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