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Espagne: les arrivées de migrants par la mer ont triplé en 2017

Une équipe de l'OIM accueillant des migrants Ivoiriens de retour de Libye à l'aéroport d'Abidjan en Côte d'Ivoire, le 20 novembre 2017.

Des Algériens et des Marocains sont venus grossir en 2017 le flux migratoire à travers la Méditerranée vers l'Espagne, qui a vu le nombre d'arrivées sur ses côtes tripler, au prix de plus de 200 morts.

"En cette fin d'année, le bilan reste désolant", conclut l'ONG Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR).

Alors que le nombre total de morts en Méditerranée a baissé de 4.967 en 2016 à 3.116 cette année, celui de ceux qui ont péri en cherchant à gagner l'Espagne est monté à plus de 223, selon le dernier bilan de l'agence onusienne des migrations OMI.

Du 1er janvier au 20 décembre, 21.468 personnes ont atteint les eaux ou les côtes espagnoles en risquant leur vie sur des embarcations de fortune après avoir payé des passeurs, soit trois fois plus que les 6.046 de l'an dernier.

"Nous subissons une pression migratoire dans toute la zone de la Méditerranée", a souligné jeudi le ministre espagnol de l'Intérieur, le conservateur Juan Ignacio Zoido, à la radio.

Le flux diminue en revanche vers l'Italie et la Grèce.

L'Italie reste la principale porte d'entrée des migrants en Europe, avec quasiment 119.000 arrivées et 2.832 morts, mais ces chiffres ont baissé de plus d'un tiers par rapport à 2016, alors que les traversées à partir de la Libye chutaient.

Puis vient la Grèce avec 28.800 arrivées (six fois moins qu'en 2016) et 61 morts (sept fois moins), après la signature d'un accord entre l'Union européenne et la Turquie pour bloquer les arrivées de migrants.

- Traversée sur une planche de surf -

Ce type d'accord reste vivement critiqué par un grand nombre d'ONG selon lesquelles l'UE est guidée par l'unique ambition de maintenir ces personnes hors d'Europe, plutôt que d'améliorer réellement leur sort. Leur véritable efficacité est également contestée car pour Estrella Galan, secrétaire générale de la CEAR, l'augmentation des arrivées en Espagne "démontre que quand une route migratoire se ferme, une autre est activée".

Ces dernières années, une grande partie des migrants arrivés par la mer en Espagne étaient originaires d'Afrique subsaharienne. La nouveauté cette année semble être une hausse du nombre d'Algériens et de Marocains prenant la mer.

"Cette année, il y a eu une augmentation significative des personnes originaires d'Algérie", explique Carlos Arce de l'Association pour les droits humains en Andalousie (APDHA).

M. Arce l'attribue au fait que "la situation économique en Algérie s'est détériorée au cours des trois dernières années", le pays ayant notamment enduré une baisse des prix du pétrole dont il tire 95% de ses revenus en devises.

Une augmentation des arrivées de Marocains depuis juin a également été signalée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans un rapport le mois dernier.

"Les Marocains utilisent toutes sortes de méthodes pour gagner l'Espagne (par la mer) tels les jet skis, planches de surf, bateaux gonflables et embarcations en bois, transportant parfois plus de 60 personnes", a constaté le HCR.

- Migrants retenus dans une prison -

M. Arce estime que dans le cas du Maroc, le mouvement de contestation ayant débuté fin 2016 dans la région septentrionale du Rif a pu avoir des conséquences: les forces policières semblent avoir été "plus concentrées sur la répression que sur le contrôle migratoires", juge-t-il, ce qui aurait facilité le départ d'embarcations.

En novembre, une forte polémique a éclaté en Espagne quand près de 500 migrants, essentiellement algériens, ont été internés dans une prison - n'ayant encore jamais servi - de la localité andalouse d'Archidona.

Selon Alejandro Cortina, directeur de l'association Málaga Accueil, au cours des deux dernières semaines, des "centaines de personnes ont déjà été renvoyées en Algérie", dont "plusieurs mineurs".

Les autorités avaient fait valoir que les centres d'internement pour étrangers étaient saturés et que cette prison était équipée de "douches, chauffage, lits, salles de sport". "Nous ne pouvons accepter que ces personnes restent en liberté sous prétexte qu'arrivent autant de bateaux et que nous pouvons les sauver", avait affirmé le ministre Zoido.

"La privation de liberté doit être réservée pour les cas où un délit a été commis, ce qui n'est pas le cas" pour l'immigration irrégulière, fait valoir José Villahoz, avocat de l'association Algeciras Accueil.

Avec AFP

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La COP25, une occasion "ratée" de répondre à l'urgence climatique

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP25) à Madrid, en Espagne, le 2 décembre 2019.

La conférence climat de l'ONU qui s'est terminée dimanche à Madrid n'a pas été à la hauteur de l'urgence climatique, adoptant un accord a minima sans s'entendre sur des points essentiels en raison des réticences de certains Etats.

"Je suis déçu du résultat de la COP25", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans un communiqué.

"La communauté internationale a raté une occasion importante de faire preuve d'une ambition plus grande en matière d'atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre), d'adaptation et de financement de la crise climatique", a-t-il insisté. "Nous ne devons pas abandonner, et je n'abandonnerai pas."

Après une année marquée par des catastrophes climatiques tout azimut, les appels vibrants de millions de jeunes descendus dans la rue derrière la jeune Suédoise Greta Thunberg, et des rapports scientifiques toujours plus glaçants, les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris étaient sous une pression sans précédent pour cette COP25 présidée par le Chili mais délocalisée à Madrid en raison de la crise qui frappe le pays d'Amérique du sud.

Mais au terme de cette conférence qui a débordé de plus de 40 heures son programme initial, tout le monde n'a pas vu dans les textes adoptés dimanche le reflet de cette demande d'actions radicales et immédiates. Cette COP "laisse un goût doux-amer", a commenté la ministre espagnole de l'Environnement Teresa Ribera.

Le texte final appelle effectivement à des "actions urgentes" pour réduire l'écart entre les engagements et les objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Mais le langage est "tortueux" et le résultat "médiocre", a estimé Catherine Abreu, du Climate Action Network.

- "Lointain souvenir" -

"Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n'ont pas répondu aux attentes", a déclaré Laurence Tubiana, architecte de l'Accord de Paris, notant toutefois que l'alliance des Etats insulaires, européens, africains et latino-américains, avait permis d'"arracher le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs."

Un projet de texte sur les ambitions présenté samedi par la présidence chilienne avait provoqué une levée de bouclier de ces Etats, forçant à un nouveau round de consultations.

Mais malgré les améliorations, certains pays particulièrement touchés par les dérèglements climatiques ont exprimé leur colère. Le résultat "n'est pas proche du tout de ce que nous voulions. C'est le strict minimum", a dénoncé la représentante climat des Iles Marshall Tina Stege.

"Ces discussions reflètent le décalage entre les dirigeants d'un côté et l'urgence montrée par la science et les demandes des citoyens dans les rues", résume Helen Mountford, du think tank World Resources Institute, estimant que l'esprit de l'Accord de Paris n'était plus qu'un "lointain souvenir".

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C.

Alors pour tenter de réduire cet écart, tous les Etats doivent soumettre d'ici la COP26 à Glasgow l'année prochaine une version révisée de leurs plans de réductions d'émissions. Mais les deux semaines de discussions ont mis en pleine lumière une division flagrante au sein de la communauté internationale en matière d'ambition.

- "Nous n'abandonnerons pas" -

Sans surprise, quasiment aucun des grands pays émetteurs n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions, ni donné de signe clair d'une telle intention pour 2020. Evidemment pas les Etats-Unis qui quitteront l'accord de Paris en novembre prochain, mais pas non plus la Chine ou l'Inde.

Ces deux grandes économies insistent, avant d'évoquer leurs propres engagements révisés, sur la responsabilité des pays développés de faire plus et de respecter leur promesse d'aides financières aux pays en développement.

Egalement dans le collimateur des défenseurs de l'environnement, l'Arabie Saoudite, ainsi que le Brésil et l'Australie tous deux accusés de vouloir introduire des dispositions décriées dans les règles sur les marchés carbone. Malgré un an de discussions et des tractations intenses ces derniers jours, l'adoption de ce dernier reliquat du manuel d'utilisation de l'Accord de paris a de nouveau été reportée.

Parmi les grands émetteurs, nombre d'observateurs ont au contraire souligné le rôle positif de l'UE qui a endossé cette semaine à Bruxelles l'objectif de neutralité climatique d'ici 2020, malgré les réserves de la Pologne.

L'UE doit maintenant s'atteler à la tache de présenter en 2020 un réhaussement de ses engagements pour 2030, ce qui pourrait donner le signal à ses partenaires internationaux de suivre l'exemple.

Les Britanniques qui organiseront la COP26 ont eux promis de tout faire pour que Glasgow soit un succès.

Greta Thunberg a d'ores et déjà prévenu que cette année de préparation se ferait sous la pression de la rue. "La science est claire, mais ignorée. Quoi qu'il arrive, nous n'abandonnerons pas. Nous ne faisons que commencer", a-t-elle lancé sur Twitter.

De son côté, le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé depuis Brasilia le "jeu commercial" auquel se seraient livrés selon lui les pays riches, notamment européens, à cette COP25. "Y a-t-il eu une résolution pour que l'Europe soit reboisée ou est-ce qu'ils continuent juste à perturber le Brésil?", a-t-il lancé.

Le Brésil était censé accueillir cet événement, mais y a renoncé il y a un an, peu après son élection à la présidence.

Avec AFP

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