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Mohammed VI réitère son soutien aux Palestiniens

Le roi Mohammed VI à son palais royal, le 30 juillet 2019.

Le roi du Maroc Mohammed VI a réitéré, dans un message adressé au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, son engagement "permanent pour la défense des droits légitimes du peuple palestinien", a indiqué mercredi le palais royal dans un communiqué.

Ce message a été envoyé au lendemain de la première visite officielle d'une délégation américano-israélienne au Maroc où plusieurs accords de coopération ont été paraphés par des responsables des deux pays.

Cette visite a eu lieu moins de deux semaines après l'annonce de la normalisation des relations entre Rabat et l'Etat Hébreu, en contrepartie d'une reconnaissance américaine de la "souveraineté" marocaine sur le territoire disputé du Sahara occidental.

Dès l'annonce de la reprise des relations diplomatiques, Mohammed VI avait assuré le président palestinien de "l'engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste".

Le monarque marocain a réaffirmé mercredi son "attachement aux négociations entre les parties palestinienne et israélienne comme seul moyen de parvenir à un règlement définitif", après avoir réitéré mardi la position "constante" du Maroc basée sur une solution à deux Etats.

Une réunion du comité Al Qods (Jérusalem), que Mohammed VI préside, se tiendra "prochainement" afin d'examiner "les moyens de consolider la préservation du statut spécial de la ville de Jérusalem", est-il ajouté dans le communiqué.

Le Maroc est le quatrième pays arabe à avoir annoncé cette année une normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.

Le bureau de liaison avec Israël - fermé en 2000 - sera rouvert à Rabat dans un délai de deux semaines, selon le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita.

Les Palestiniens s'opposent à la normalisation des relations entre Israël et le monde arabe, estimant qu'elle ne devrait se faire qu'après un accord de paix israélo-palestinien.

Si la reconnaissance américaine de la "marocanité du Sahara" a été largement saluée dans le royaume, deux manifestations pro-palestiniennes ont été interdites la semaine dernière à Rabat.

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Les Etats-Unis vont ouvrir un consulat au Sahara occidental

Les Etats-Unis vont ouvrir un consulat au Sahara occidental
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Les Etats-Unis lancent le processus d'ouverture d'un consulat au Sahara occidental

Les emblèmes des drapeaux américains et marocains à l'extérieur du consulat provisoire des États-Unis à Dakhla, Sahara occidental administré par le Maroc, le 10 janvier 2021.

Les Etats-Unis ont officiellement lancé dimanche le processus d'ouverture d'un consulat au Sahara occidental, territoire au statut non réglé, que se disputent le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, a constaté l'AFP.

La cérémonie a été organisée dans la petite ville de Dakhla, un grand port de pêche situé dans le sud du Sahara occidental.

L'annonce de l'ouverture d'un consulat s'inscrit dans le sillage de l'accord de normalisation des relations entre le Maroc et Israël, qui doit s'accompagner de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur l'ancienne colonie espagnole.

Mais le processus "prendra des mois", a reconnu dimanche l'ambassadeur américain, David Fischer, après avoir visité un des bâtiments proposés pour abriter le consulat à Dakhla, destiné à devenir un "hub maritime régional" grâce à un projet d'investissement colossal piloté par Rabat.

"C'est un jour historique", a affirmé le secrétaire d'Etat adjoint américain pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, David Schenker, au cours d'un point de presse.

Il a rappelé qu'il y a un mois, le président Donald Trump annonçait à la fois la reconnaissance de "la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental" et que "le Maroc et Israël (...) allaient améliorer leurs relations diplomatiques".

De son côté, un responsable de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Bachir Mustapha Sayed, s'est efforcé de minimiser la portée de la visite de la délégation américaine au Sahara occidental, la qualifiant de "tournée touristique de propagande organisée par le guide touristique marocain au profit d’une administration dont le mandat prendra fin dans moins de deux semaines", dans une interview à l'agence de presse officielle algérienne APS.

La RASD a été proclamée en 1976 par les indépendantistes du Polisario. L'Union africaine la reconnait comme un État membre.

L'événement, organisé aux derniers jours du mandat de M. Trump, est à rebours de la position des Nations unies qui considèrent le Sahara occidental comme un territoire autonome dans l'attente d'un statut définitif.

Il intervient alors que les négociations politiques menées par l'ONU sur le statut de ce territoire désertique, situé aux confins du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie, piétinent depuis des décennies.

Rabat, qui contrôle environ les deux tiers de ce territoire, veut une "autonomie sous contrôle". Le Polisario, soutenu par l'Algérie voisine, milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU.

"Conflit gelé "

"Nous avons travaillé avec les Nations unies pour trouver une solution pacifique à ce conflit gelé et le mois dernier le président Trump a reconnu l'inévitable et formulé l'évidence: cette région est marocaine et le Maroc a la seule solution fiable et durable pour résoudre le destin de ce territoire", a souligné M. Fisher.

"Il s'agit aujourd'hui de sceller et sécuriser le partenariat" entre Rabat et Washington, a ajouté le diplomate.

Le président américain élu Joe Biden n'a pas encore pris position sur ce dossier.

Pressées par le temps, les équipes de M. Trump ont déployé au pas de charge les dispositions de l'accord qui a fait du Maroc le quatrième pays à normaliser ses relations avec Israël -après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan-, tout en légitimant sa présence au Sahara occidental.

La nouvelle carte du Maroc intégrant ce territoire a été adoptée par Washington trois jours après l'annonce de l'accord. Le premier vol commercial entre Tel-Aviv et Rabat a été affrété dix jours plus tard.

Un consulat "virtuel", destiné à dynamiser les échanges bilatéraux, a aussi été créé la semaine dernière, selon l'ambassade américaine.

L'accord inclut une enveloppe de trois milliards de dollars (2,4 milliards d'euros), débloquée par la Banque américaine de développement (DFC) pour le "soutien financier et technique de projets d'investissements privés" au Maroc et en Afrique subsaharienne.

S'y ajoute quelque 818 millions d'euros de la DFC pour l'entrepreneuriat féminin dans la région.

Au-delà du volet financier, Rabat considère la validation américaine de "son Sahara" comme "une percée diplomatique historique".

"Le Maroc se sent plus fort dans son combat légitime pour son intégrité territoriale (...) grâce au soutien de ses amis", a souligné dimanche le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita.

Le Polisario a rompu mi-novembre le cessez-le-feu signé en 1991 sous l'égide de l'ONU après que le Maroc a déployé ses troupes dans une zone démilitarisée à la frontière de la Mauritanie pour "sécuriser" la seule route vers l'Afrique de l'Ouest, régulièrement coupée par des indépendantistes.

Une vingtaine de pays -dont les Comores, le Liberia, le Burkina Faso, Bahreïn ou les Emirats- ont ouvert des représentations diplomatiques à Dakhla ou à Laâyoune (nord), ce que le Polisario considère comme contraire au droit international.

Normalisation Israël-Maroc: premier vol direct, premiers accords

Une photo publiée par l'ambassade des États-Unis au Maroc le 22 décembre 2020 montre le gouverneur de la capitale marocaine Rabat Mohamed Yacoubi accueillant le conseiller présidentiel américain Jared Kushner.

La première visite officielle d'une délégation israélienne au Maroc, arrivée par le premier vol direct entre les deux pays, a culminé mardi avec la signature de plusieurs accords de coopération, moins de deux semaines après le rapprochement piloté par les Etats-Unis.

La liaison aérienne entre Tel Aviv et Rabat a été inaugurée par Jared Kushner, le gendre et conseiller du président américain sortant Donald Trump, et le conseiller à la sécurité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Meir Ben Shabbat.

Parti en grande pompe de l'aéroport de Tel Aviv, l'avion s'est posé sans fanfare à l'aéroport de Rabat, avant une série de rendez-vous officiels, dont une audience au palais royal.

Cette visite est le premier aboutissement de la longue négociation qui a conduit le Maroc à devenir le quatrième pays arabe à se rapprocher d'Israël, en contrepartie d'une reconnaissance américaine de sa "souveraineté" dans l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

Un accord qualifié de "tournant historique" par le roi du Maroc Mohamed VI, marquant une "nouvelle ère de coopération", selon Jared Kushner, et une "nouvelle percée majeure pour la paix", selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Une déclaration tripartite signée mardi à Rabat récapitule les différents engagements des uns et des autres: ouverture d'un consulat américain à Dakhla, (sud du Sahara occidental), aide américaine au développement de l'ancienne colonie espagnole, rétablissement de relations diplomatiques entre Israël et Maroc, développement de la coopération économique et ouverture de vols directs entre les deux pays.

Les Etats-Unis ont promis trois milliards de dollars de "soutien financier et technique à des projets d'investissement privés" au Maroc et en Afrique subsaharienne "en coordination avec des partenaires marocains", dans un memorandum d'entente signé mardi.

Point crucial pour Rabat, Jared Kushner a répété avec force le soutien du président Trump au Maroc sur la question du Sahara occidental, territoire désertique que revendiquent aussi les indépendantistes du Polisario soutenus par l'Algérie. Des négociations pilotées par les Nations unies sont au point mort depuis le printemps 2019.

"En reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, le président Trump a rejeté les status quo ratés qui ne bénéficiaient à personne, et à la place, il a mis en route une solution durable et mutuellement acceptable", a affirmé M. Kushner au cours d'une conférence de presse.

"Une vraie autonomie est la seule option faisable, mais cela prendra du temps et nous appelons toutes les parties à s'engager de façon constructive auprès des Nations unies pour avancer dans les négociations", a-t-il dit en reprenant la solution de Rabat dans les négociations pilotées par l'ONU. Le Polisario, lui, veut l'indépendance et demande que soit organisé le réferendum d'autodétermination prévu par l'ONU.

"Vision puissante"

Pour Jared Kushner, la "vision puissante" de Donald Trump en matière de politique étrangère "a ouvert de nouvelles voies pour que les nations sortent de décennies d'instabilibité et de crise" et annonce "une nouvelle ère de tolérance".

Le Maroc est le quatrième pays arabe à annoncer cette année une normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan.

Israel et le Maroc ont signé mardi quatre accords de coopération dans les domaines de l'eau, de l'aviation et de la finance. Le bureau de liaison avec Israël - fermé en 2000 - sera rouvert à Rabat dans un délai de deux semaines, a précisé le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Les vols directs vont permettre aux touristes israéliens de venir directement au Maroc. Jusque-là, les quelque 50.000 à 70.000 touristes qui venaient chaque année d'Israël, pour beaucoup originaires du Maroc, devaient transiter par d'autres pays.

"Ce voyage a captivé l'imagination des Israéliens, et surtout le million d'ascendance marocaine", a souligné Jared Kushner.

Le Maroc compte toujours la plus importante communauté juive d'Afrique du Nord (environ 3.000 personnes) et reconnaît dans sa Constitution son "affluent hébraïque".

Mais comme le Sahara, le soutien aux Palestiniens y est considéré une "cause nationale" .

Dès l'annonce de la reprise des relations diplomatiques, Mohammed VI avait assuré au président palestinien Mahmoud Abbas la poursuite de "l'engagement permanent et soutenu du Maroc en faveur de la cause palestinienne juste". Le monarque de 57 ans a réitéré mardi la "position constante" du royaume basée sur une solution à deux Etats.

Si la reconnaissance américaine de la "marocanité du Sahara" a été largement saluée dans le royaume, la reprise des relations avec l'Etat hébreu a été critiquée. Mardi, une coalition regroupant une trentaine d'associations et de partis d'extrême gauche marocains a dénoncé la visite de la "délégation sioniste", appelant à "résister à la normalisation" avec Israël.

Israel et le Maroc avaient déjà entretenu des relations officielles dans les années 1990, avant le déclenchement de la deuxième intifada en 2000.

Jared Kushner, gendre de Trump, prend le premier vol commercial direct Tel-Aviv-Rabat

La cérémonie d'inauguration du premier vol commercial entre Israël et le Maroc en présence de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump, le 22 décembre 2020.

Le premier vol commercial direct entre Israël et le Maroc survolait mardi la Méditerranée avec à son bord le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, et un conseiller du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, preuve que la normalisation des relations entre les deux pays est bien en route.

Après les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan, le Maroc est devenu le quatrième pays du monde arabe à annoncer cette année une normalisation de ses relations avec Israël sous l'égide des Etats-Unis, avec à la clé un vol direct Tel-Aviv-Rabat qui a décollé mardi matin.

"J'étais ici il y a quelques mois pour le premier vol vers les Emirats arabes unis après cette percée historique en faveur de la paix. Depuis, des vols commerciaux font la navette plusieurs fois par jour entre les deux pays (...), mon espoir est que ce vol aujourd'hui au Maroc créé la même dynamique", a déclaré M. Kushner sur le tarmac de l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

"Au cours des 75 dernières années, les Juifs et les Musulmans ont été séparés, ce qui n'est pas naturel car ils ont vécu ensemble pendant des siècles dans cette région (...) et ce que nous observons aujourd'hui est un retour à cette norme", a ajouté le gendre du président américain et architecte du plan Trump pour le Moyen-Orient, étrillé par les Palestiniens.

Avant la pandémie de nouveau coronavirus, le Maroc accueillait chaque année entre 50.000 et 70.000 touristes juifs, pour la plupart en provenance indirecte d'Israël.

"50.000 Israéliens viennent tout juste de se rendre à Dubaï et ce qui se passe là-bas est une révolution parce que les Emiratis les ont accueillis chaleureusement (...) et la même chose va se produire maintenant à Rabat et Casablanca", avait déclaré lundi soir M. Netanyahu dont le conseiller spécial à la sécurité, Meir Ben Shabbat, s'est aussi envolé mardi pour Rabat à bord d'un avion de la compagnie israélienne El Al.

Ce vol Tel-Aviv/Rabat doit être suivi par la signature d'accords au Maroc et le développement, à terme, de lignes aériennes directes entre les deux pays.

Sahara/Palestine

En acceptant de relancer officiellement ses relations avec Israël, le Maroc a obtenu en contrepartie que le président Trump reconnaisse sa "souveraineté" sur le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole que lui disputent depuis des décennies les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

L'accord propose d'ailleurs l'ouverture d'un consulat américain au Sahara occidental et un programme d'investissement américain, que la presse marocaine assure colossal, la réouverture de bureaux diplomatiques à Tel-Aviv et Rabat, fermés au début des années 2000, et le développement de la coopération économique bilatérale.

Mais comme le Sahara occidental, le soutien aux Palestiniens est considéré une "cause nationale" au Maroc.

Si, selon l'agence officielle MAP, les Marocains ont célébré dans le monde entier la "marocanité du Sahara", deux manifestations propalestiniennes ont été interdites la semaine dernière à Rabat, avec une mobilisation impressionnante des forces de l'ordre.

Les Palestiniens, du Fatah laïc de Mahmoud Abbas aux islamistes du Hamas, s'opposent à ces accords, estimant que la normalisation des relations entre Israël et le monde arabe aurait dû se faire après un accord de paix israélo-palestinien et non avant.

Coopération ancienne

Israël, qui compte des centaines de milliers de juifs d'origine marocaine, et le Maroc, où vit encore la communauté juive la plus importante d'Afrique du Nord, avaient déjà entretenu des relations officielles à la fin des années 1990.

Deux bureaux diplomatiques ont assuré la liaison après les accords de paix israléo-palestiniens d'Oslo de 1993, jusqu'à leur fermeture après le déclenchement de la deuxième intifada en 2000.

Le nouvel accord formalise "un partenariat de facto remontant à plus de 60 ans", avec notamment une "coopération dans le domaine du renseignement et de la sécurité", a rappelé Ahmed Charaï, patron de presse marocain connu pour sa proximité avec les cercles de pouvoir, dans une chronique publiée par le Jerusalem Post.

Fait rare dans le monde arabe, le Maroc revendique "l'affluent juif" de son histoire, sous l'impulsion du roi Mohammed VI. Casablanca accueille notamment un "musée du judaïsme marocain".

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