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Manifestation et grève des enseignants au Burkina


Les enseignants burkinabés manifestent pour demander de meilleures conditions de travail et de vie, à Ouagadougou, le 26 octobre 2017.

Les syndicats du monde de l’éducation sont en colère. Les enseignants sont en grève de 72 heures pour exiger du gouvernement, l’examen sérieux de leurs conditions de vie et de travail, mais aussi du respect pour leur métier.

Ils sont plusieurs milliers de travailleurs de l’éducation à battre le pavé à Ouagadougou et en province, à l’appel de leurs syndicats, depuis deux jours pour exprimer leur ras-le-bol au gouvernement.

Une marche a notamment ponctué la mobilisation mercredi avant le ralliement à la bourse du travail au centre-ville.

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Les travailleurs n’ont pas mâché leurs mots.

"Quand vous allez dans l’administration scolaire, on manque effectivement du nécessaire pour travailler. Ce que nous revendiquons là, ce n’est pas trop. C’est pour revaloriser les conditions de vie des enseignants. Donc, il faut que l’Etat ouvre ses yeux, pour pouvoir nous satisfaire. Nous sommes un peu négligés, donc nous sommes obligés de lutter pour la revalorisation de notre fonction éducative ", vocifère l’un des manifestants.

Des revendications justes, sur lesquelles le gouvernement est invité à répondre, conseille le coordonnateur des coordinations de syndicats de l’enseignement, Wendyam Zongo.

"Nous voulons de l’Etat de la revalorisation salariale des personnels de l’éducation et de la recherche. L’Etat doit revoir aussi l’accès à l’éducation pour que les enfants Burkinabès puissent aller à l’école. Nous travaillons dans des conditions difficiles. Prenons par exemple la cantine scolaire. Quand cela arrive dans les écoles, c’est pour deux mois alors que l’école dure neuf mois. Nous avons jusque-là refusé que notre ministre soit notre médiateur parce qu’il ne prend pas au sérieux nos revendications. Il faut que nous obtenions un protocole d’accord signé des deux parties qui nous donne une preuve et nous pouvons présenter cela à nos camarades et après ça, nous pouvons voir la conduite à tenir", déclare M. Zongo.

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Lors d’une conférence de presse organisée dans la foulée, le Premier ministre Paul Kaba Tieba s’est dit ouvert à toutes discussions, facteurs d’amélioration des conditions de travail dans la limite de la soutenabilité des finances publiques.

Il faut un sursaut patriotique de l’ensemble des burkinabè a plaidé M. Tieba.

"Aujourd’hui, je me rends compte qu’au fur et à mesure que les problèmes se posent, ça amène d’autres difficultés. C’est pour cela nous tirons les leçons de cette situation et nous essayons de trouver une solution plus globale. Le gouvernement est déterminé à trouver des solutions aux revendications de la coordination des syndicats des travailleurs du MENA. Lorsque vous prenez des décisions pour satisfaire les revendications de travailleurs, il faut s’assurer que tout cela est cohérent avec la soutenabilité financière du pays. L’année scolaire est menacée et j’en appelle au salutaire sursaut patriotique de tous pour sauver l’année scolaire", préconise M. Tieba.

Les 16 syndicats de l'enseignement ont reçus un soutien de taille, celui du président de l’unité d’action syndicale, Bassolma Bazié qui a indiqué que l’exécutif ferait mieux de se pencher sérieusement sur la situation actuelle.

Issa Napon, correpondant à Ouagadougou

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