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Manifestation contre la libération de Djibril Bassolé au Burkina


Manifestations spontanées contre la libération du général Bassolé, à Ouagadougou, le 11 octobre 2011. (VOA/Issa Napon)

La libération provisoire du général, détenu dans le cadre de son implication dans le putschs manqué, commence à faire des vagues au sein de la société civile burkinabé.

Des leaders DOSC, notamment Serges Bambara Smockey et Karim Sana Samsk, le Jah du Balai Citoyen Marcel Tankoano du M21, et Hervé Ouattara du CAR, ont ont pris la tête d'une manifestation spontanée de jeunes contre la libération du général Bassolé.

Bloqués par un cordon de CRS à l'approche des locaux de la justice militaire, Smockey a expliqué la raison de leur manifestation en indiquant que plusieurs juges corrompus ont permis cette libération provisoire.

Smokey, leader du Balai citoyen à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)
Smokey, leader du Balai citoyen à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

Il a demandé, au nom des martyrs et du peuple qui attend, que justice soit faite la réintégration de Bassolé à la MACA.

"On enterre la justice définitive pour les martyrs, on enterre tous ces sacrifices que les Burkinabès ont dû consentir pour permettre à un régime civil de pouvoir s’installer au cœur de la nation", a décrié Smockey, leader du Balai Citoyen.

"Face à la séparation du judiciaire de l’exécutif, le peuple s’est battu donc aujourd’hui les juges aussi nous doivent du respect", soutient-il.

Leur but n'était pas de foncer dans la barrière, mais de faire passer ce message en insistant que la jeunesse allait se préparer et revenir faire face à ce qu'ils qualifient de forfaiture.

Le président de l'Association des blessés du putschs manqué a indiqué qu'ils sont prêt à aller jusqu'au bout pour se faire entendre.

Herve Ouattara, président de CAR, à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)
Herve Ouattara, président de CAR, à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

"Nous attendons qu’on nous dise concrètement pourquoi on libère Djibril Bassolé sans qu’on nous dise auparavant si oui ou non il est coupable. Nous voulons qu’il y ait la liberté pour Djibril Bassolé, mais que cela se fasse en respectant le peuple burkinabè", déclare Herve Ouattara, le président du CAR.

Le président de l'association des des blessés et martyrs de l'insurrection populaire, Pouahoulabou Victor, a prévenu que si le président du Faso ne réagissait pas ils iront "réveiller leurs enfants morts dans l'insurrection" pour combattre le nouveau chemin emprunté qui veut éloigner la justice.

Le président de l'association des des blessés et martyrs de l'insurrection populaire, Pouahoulabou Victor, à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)
Le président de l'association des des blessés et martyrs de l'insurrection populaire, Pouahoulabou Victor, à Ouagadougou, Burkina, le 11 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

"Nous demandons qu’on arrête tous ces putschistes, et les juger à la hauteur de leur forfait", explique Pouahoulabou Victor. Nous demandons à ce que Djibril Bassolé rentre en prison"

Ce sont aux cris et slogans hostiles à la justice que les manifestants s'en sont retournés après une heure de face à face avec les CRS, promettant de remettre ça quand tous les Burkinabé seront informés de ce développement.

Selon les dernières informations de VOA Afrique, le général Djibril Bassolé est toujours en cellule pour sa propre sécurité. Il pourrait sortir après une réunion à 14 heures TU entre des juges et le commissaire du gouvernement.

Inculpé de trahison

M. Bassolé a été inculpé de "trahison", atteinte à la sûreté de l'Etat, "complicité d'assassinat, de blessures volontaires", sur la base d'enregistrement d'une supposée conversation téléphonique qu'il aurait eue avec le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, dans laquelle celui-ci semble affirmer son soutien au putsch de septembre 2015, dirigé par le général burkinabè Gilbert Diendéré. Cet enregistrement suscite un débat, certains étant sûrs de son authenticité, d'autres parlant de montage.

En juillet, le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU avait jugé "arbitraire" la détention de Djibril Bassolé, appelant à le "libérer immédiatement".

Le Burkina Faso avait aussitôt demandé un réexamen de cet avis, estimant que ses "arguments" n'avaient pas "été pris en compte" par l'ONU.

Selon des sources judiciaires, le procès du putsch manqué pourrait s'ouvrir fin 2017, alors que le tribunal militaire a renvoyé à début octobre l'audience de mise en accusation de toutes les personnes poursuivies dans le cadre du putsch manqué.

Issa Napon, correspondant à Ouagadougou

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