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Manifestation pour la libération de l'ex-chef de la diplomatie de Compaoré


Djibrill Bassolé à l'ONU le 28 septembre 2012.

Environ 3.000 personnes ont manifesté vendredi à Réo, la ville natale de Djibril Bassolé, l'ancien chef de la diplomatie de l'ex-président Blaise Compaoré, pour réclamer sa libération, deux ans après son incarcération pour complicité présumée dans le putsch manqué de 2015.

Portant des tee-shirts rouges à l'effigie de M. Bassolé, balais et spatules en main pour certains, les manifestants ont arpenté les rues de la ville de Réo (à 110 km à l'ouest de Ouagadougou) en scandant : "Libérez Bassolé !", "Justice pour Bassolé !", "730 jours de détention sans procès, c'est trop !".

"Nous manifestons pour montrer notre mécontentement vis-à-vis de la justice burkinabè mais surtout pour dire non à la détention illégale et arbitraire de Djibrill Bassolé", a déclaré Lazare Bamouni, un des manifestants.

"Aujourd'hui, nous sommes sortis (...) pour exprimer (notre) ras le bol parce que lorsqu'on incarcère quelqu'un sans jugement, qu'on prolonge les délais (de détention) comme si c'était un jeu, on fait souffrir injustement une personne dans sonâme, socialement et politiquement", a déclaré le député de la Nouvelle alliance du Faso (Nafa), Francois Bazié, dont le parti soutenait la candidature de Bassolé à la présidentielle de 2015.

"Nous sommes venus dire que nous en avons assez et il faudra que le président du Faso, père de la nation, fasse libérer le général Bassolé", a lancé un chef coutumier, Bassombié Bassolé, représentant les personnes âgées.

M. Bassolé a été inculpé de "trahison", atteinte à la sûreté de l'Etat, "complicité d'assassinat, de blessures volontaires", sur la base d'enregistrement d'une supposée conversation téléphonique qu'il aurait eue avec le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, dans laquelle celui-ci semble affirmer son soutien au putsch de septembre 2015, dirigé par le général burkinabè Gilbert Diendéré. Cet enregistrement suscite un débat, certains étant sûrs de son authenticité, d'autres parlant de montage.

"Cette preuve ridicule a été bottée en touche (...), mais nous constatonsque notre justice s'entête et s'enlise dans des allégations infondées et c'est ce contre quoi nous nous insurgeons depuis deux ans", a indiqué le porte-parole des manifestants, Jean Vianney Bationo. Il a critiqué "une justice des vainqueurs qui se retranche derrière le caractère libre du droit pour torturer un potentiel candidat aux élections présidentielles".

En juillet, le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Haut-commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU avait jugé "arbitraire" la détention de Djibril Bassolé, appelant à le "libérer immédiatement".

Le Burkina Faso avait aussitôt demandé un réexamen de cet avis, estimant que ses "arguments" n'avaient pas "été pris en compte" par l'ONU.

Selon des sources judiciaires, le procès du putsch manqué pourrait s'ouvrir fin 2017, alors que le tribunal militaire a renvoyé à début octobre l'audience de mise en accusation de toutes les personnes poursuivies dans le cadre du putsch manqué.

Avec AFP

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