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Report d'une réunion du comité de suivi de l'accord de paix prévue à Kidal

Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga en visite à Tessalit, Mali, 22 mars 2018. (VOA/FAMa)

Une réunion du comité de suivi de l'accord (CSA) de paix d'Alger de 2015 censé rapporter la paix au Mali, qui devait se tenir pour la première fois mardi à Kidal (nord), a été reportée par Bamako "pour des raisons d'Etat impératives", selon une lettre du président du CSA consultée par l'AFP.

Ces réunions du CSA, au nombre de 37 depuis 2015, réunissent les trois parties signataires de l'accord -- le gouvernement malien, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg) et la Plateforme (composée de groupes armés pro-gouvernementaux)-- pour surveiller sa mise en application.

C'était la première fois depuis 2015 qu'une réunion du CSA devait être délocalisée dans le nord du Mali, symbole d'un retour progressif de l'Etat malien dans les régions du nord et de l'application de l'accord de paix.

Mais dans une lettre obtenue mardi par l'AFP, le président du CSA, l'Algérien Ahmed Boutache, a indiqué aux membres du comité de suivi que la réunion de Kidal avait été reportée par Bamako "pour des raisons d'Etat impératives".

A cette réunion devaient assister, en plus des membres du comité de suivi, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta et le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum.

"Des éléments nouveaux (sont) intervenus", a déclaré lundi devant des diplomates, pour justifier ce report, le chef de la diplomatie malienne, Tiébilé Dramé, sans plus de précisions, selon une source diplomatique à Bamako.

La ville de Kidal, sous le contrôle de la CMA, est au coeur de la zone sahélienne en proie à des violences jihadistes et communautaires depuis mars-avril 2012. A l'époque, la région était tombée sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les groupes rebelles avaient signé en 2015 l'accord de paix avec Bamako, tandis que les jihadistes continuent de sévir dans une large partie du Sahel malgré des interventions militaires étrangères (française et de l'ONU) et la présence d'une force de la coalition régionale G5 Sahel aux résultats encore très minces.

La 38e réunion du CSA devra finalement se tenir à Bamako et, selon le souhait de M. Boutache dans sa lettre, "d'ici la fin de la semaine".

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Du matériel de la mission de l'ONU pillé par des manifestants à Sévaré

Un soldat de l'armée malienne monte la garde devant le poste de commandement de la Force régionale d’Afrique de l'Ouest G5-Sahel, à Sevare, 30 mai 2018.

Une manifestation contre la présence de forces étrangères au Mali a dégénéré en pillage de conteneurs appartenant à la Mission de l'ONU (Minusma) samedi à Sévaré, dans le centre du pays, alors qu'une centaine de personnes réclamaient dans le même temps à Bamako une intervention de la Russie.

A Sévaré, à 15 km de Mopti, principale ville du centre, une manifestation a rassemblé un millier de personnes aux abords du camp des forces de l'ONU et de l'aéroport, selon des témoins. Après avoir mis le feu à des pneus, des jeunes ont emporté du matériel divers, dont des câbles électriques, une climatisation et des matelas.

"Des manifestations organisées par la Plateforme Fasso Ko, censées être pacifiques, se déroulent à Sevaré depuis quelques jours, mais ont dégénéré aujourd'hui en ciblant plusieurs dizaines de conteneurs de stockage de la Minusma situés à l'extérieur du camp", a indiqué la Mission de l'ONU au Mali.

"Les manifestants ont également dérobé du matériel logistique et de construction. D'autres se sont mis en danger aux alentours de citernes de carburant qui, heureusement, n'ont pas explosé malgré la proximité d'un camion qui a été brûlé", selon un communiqué. "Bien que la sécurité du camp n'ait pas été impactée, ces actes de vandalisme sont totalement inacceptables et indignes".

Appelant la population "au calme et à la retenue", la force de l'ONU, qui s'est récemment déployée dans le centre du Mali, en proie aux attaques djihadistes et aux violences intercommunautaires, "surmonte d'importants défis et paie un très lourd tribut au Mali", souligne le texte.

La Minusma est la plus coûteuse en vies humaines des opérations actuelles de maintien de la paix de l'ONU, avec quelque 180 morts depuis son déploiement en 2013, dont plus de cent dans des actes hostiles.

Dans son communiqué, elle précise rester "résolument engagée aux côtés des forces de défense et de sécurité maliennes pour améliorer la situation sécuritaire et la protection des populations".

Le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta est secoué depuis début octobre par le plus important revers qu'ait essuyé l'armée malienne depuis des années. Quarante soldats ont été tués le 30 septembre et le 1er octobre quand les djihadistes ont attaqué les camps militaires de Boulkessy et Mondoro (centre), selon un bilan encore provisoire.

Une centaine de personnes se sont par ailleurs rassemblées samedi à Bamako, selon un correspondant de l'AFP, répondant à l'appel d'un mouvement de jeunes, le Groupe des patriotes du Mali (GPM), pour "réclamer l'intervention de la Russie afin d'aider l'armée malienne à recouvrir l'intégrité du territoire".

"Nous n'avons pas de problème avec la France et la Minusma, mais ils ont prouvé leur limite. C'est pour ça que nous voulons l'intervention de la Russie", a déclaré à l'AFP un manifestant, Clément Dembélé.

Boubou Cissé à Mopti

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Le 1er ministre cherche à resserrer les rangs après une cinglante défaite

Accueil de Boubou Cissé à Kita, le 31 août 2019. (VOA/Kassim Traoré)

Le Premier ministre malien Boubou Cissé s'est rendu jeudi auprès des blessés d'une bataille meurtrière avec les djihadistes pour manifester le soutien gouvernemental à l'armée et faire taire les accusations d'incompétence contre le pouvoir, a constaté un correspondant de l'AFP.

Au même moment, un général démissionnaire de l'armée et désormais homme politique adversaire du gouvernement a été interrogé pendant plusieurs heures à la gendarmerie pour des propos tenus sur les réseaux sociaux, considérés par le pouvoir comme des appels à un coup d'Etat.

Le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta est secoué depuis début octobre par le plus important revers qu'ait essuyé l'armée malienne depuis des années. Quarante soldats ont été tués le 30 septembre et le 1er octobre quand les djihadistes ont attaqué les camps militaires de Boulkessy et Mondoro dans le centre du pays, selon un bilan gouvernemental.

Cette bataille a conforté le sentiment d'impuissance du pouvoir face à la dégradation de la situation dans un pays en proie depuis 2012 à des insurrections indépendantistes, salafistes et djihadistes et à des violences interethniques sanglantes.

Le Premier ministre s'est rendu jeudi dans le centre du Mali pour la première fois depuis les évènements de Boulkessy. Il a exprimé la "reconnaissance" du pays à six blessés alités à l'hôpital de Sévaré, le pied ou la main dans le plâtre ou les bandages.

A quelques kilomètres de là à Mopti, devant des centaines de soldats, il a assuré que son gouvernement "mettra tout en oeuvre" pour renforcer le dispositif militaire. Cependant, a-t-il ajouté, "le problème du centre du Mali, n'est pas seulement un problème du Mali. C'est un problème international".

Des forces onusienne, française et africaine opèrent au Mali.

Le Premier ministre doit lancer vendredi à Mopti un processus visant au désarmement des peuls et de dogons. Les affrontements se sont multipliés entre ces communautés depuis 2015 dans le centre du pays, faisant des centaines de morts.

Simultanément, le général et opposant Moussa Sinko Coulibaly s'est expliqué devant les gendarmes sur ses propos sur Twitter après Boulkessy.

Le 2 octobre, il avait dénoncé "l'incompétence du régime d'une médiocrité à nulle autre pareille". "Il est impérieux de mettre fin à ce régime incompétent pour abréger la souffrance du peuple", avait-il dit.

Ces mots avaient nourri les spéculations sur l'éventualité d'un putsch similaire à celui mené en 2012 par des officiers qui jugeaient le pouvoir incapable de défendre le territoire face aux insurrections alors émergentes dans le nord.

"Il appartient à ceux qui m'ont convoqué aujourd'hui de bien analyser ce que j'ai dit" et d'y "donner la suite appropriée", a dit Moussa Sinko Coulibaly, sorti libre de son audition.

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), la principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué les attaques de Boulkessy et Mondoro. Le GSIM affirme avoir capturé deux officiers, dont un colonel, et tué au moins 85 soldats.

Marche massive à Mopti

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Les Etats-Unis montrent à nouveau leur impatience face à l'évolution du Mali

Des soldats sénégalais de la Minusma patrouillent à Gao, le 24 juillet 2019.

Les Etats-Unis ont à nouveau montré mardi à l'ONU de l'impatience face à l'évolution de la situation au Mali, jugeant inacceptable que des parties à l'accord de paix de 2015 profitent de la mission de paix de l'ONU (Minusma) sans s'acquitter de leurs obligations.

"Malgré les efforts louables de la Minusma, la tendance générale (...) est extrêmement préoccupante", a souligné l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

"Le gouvernement du Mali et les groupes armés signataires (de l'accord de paix) ont fait peu de progrès pour l'appliquer". "Ceci n'est pas acceptable" et "nous ne pouvons continuer à soutenir une mission de paix qui profite aux parties signataires alors qu'elles refusent d'appliquer pleinement leurs engagements", a averti la diplomate américaine.

Répétant une menace ancienne de Washington, Kelly Craft a évoqué implicitement l'idée de mettre un terme à la Minusma, une grosse opération militaire au coût annuel dépassant le milliard de dollars et qui subit régulièrement des attaques meurtrières.

"Nous ne pouvons pas laisser passer une autre année sans nous rapprocher de l'application de l'accord de paix". "Si toutes les parties restent réticentes à sortir du statu quo, alors nous devons être prêts à développer une approche différente" pour le Mali, a-t-elle dit, sans autre précision.

La France et le représentant de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, ont au contraire fait valoir les progrès politiques accomplis.

"Des avancées significatives ont été enregistrées dans la mise en oeuvre de l'accord, notamment en ce qui concerne les réformes politiques et institutionnelles, les questions de défense et de sécurité ainsi que les questions de développement socio-économique", a souligné Mahamat Saleh Annadif.

"Des progrès significatifs" ont été réalisés, avait aussi dit à des journalistes avant la réunion l'ambassadeur français, Nicolas de Rivière. "Beaucoup reste à faire", avait-il toutefois concédé.


L'ambassadeur du Mali à l'ONU, Issa Konfourou, a aussi évoqué des "progrès substantiels". "Nous sommes dans la bonne tendance", a-t-il assuré, indiquant comprendre "l'impatience" de certains membres du Conseil de sécurité. Mais l'insécurité et des problèmes financiers contrecarrent l'application de l'accord de paix, a fait valoir le diplomate malien.

Au Mali, trois forces interviennent dans le domaine sécuritaire : les 5.000 militaires de la force conjointe antijihadiste G5-Sahel dont le rayon d'action couvre cinq pays (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie, Niger); la force française Barkhane (4.500 militaires); et la force de paix de l'ONU Minusma qui compte environ 15.000 militaires et policiers.

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