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Mali: le secrétaire général de l'ONU voit des "progrès"

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres (2e à g.), salue le drapeau aux côtés du Premier ministre du Mali, Soumeylou Boubèye Maïga (1er à g.), le 29 mai 2018, à Bamako. (VOA/Kassim Traoré)

Le secrétaire général de l'ONU affirme dans un rapport mardi voir des "progrès" dans l'application de l'accord de paix de 2015 au Mali, où les attaques terroristes demeurent toutefois conséquentes.

"C'est le verre à moitié plein ou à moitié vide", résume un diplomate sous couvert d'anonymat à propos de la rare vision positive exprimée dans ce dernier rapport d'Antonio Guterres.

Elle permet d'éloigner la perspective de nouvelles sanctions ou d'une prochaine réduction de la mission onusienne, sous l'impulsion des Etats-Unis, alors que mars avait été donné comme échéance à Bamako pour engranger des résultats.

"En dépit des multiples défis auxquels fait face le Mali, dont plusieurs ne sont pas encore pris en compte, j'apprécie les progrès réalisés par le gouvernement et les groupes armés signataires (de l'accord de 2015) depuis la prise de fonctions du président Ibrahim Boubacar Keïta le 4 septembre 2018", indique Antonio Guterres dans ce document remis aux 15 membres du Conseil de sécurité.

A la mi-janvier, ces derniers avaient toutefois affirmé dans une déclaration adoptée à l'unanimité être "de plus en plus impatients" à l'égard des parties maliennes face aux retards pris dans l'application de l'accord de 2015.

La France avait alors menacé de nouvelles sanctions, après les premières mesures prises en décembre contre trois Maliens. Les Etats-Unis avaient évoqué une réduction de la force de paix Minusma (13.000 Casques bleus) lors du renouvellement de son mandat en juin si des progrès substantiels n'étaient pas réalisés.

"Davantage a été accompli au cours des six derniers mois que depuis l'accord de 2015" jusqu'à septembre 2018, insiste Antonio Guterres dans son rapport.

Il souligne à cet égard le retour de services administratifs dans les régions de Kidal, Ménaka et Tombouctou. Il cite aussi l'exemple de 1.400 anciens combattants ayant déposé les armes.

Pour le patron de l'ONU, les autorités maliennes doivent maintenant faire des priorités "au vu de l'ampleur et de la complexité" des réformes encore à mener. Il appelle notamment "à lancer au plan national un programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration" pour "plus de 36.000 combattants ayant fait part d'un intérêt pour y participer".

Le Conseil de sécurité, sous présidence française, a prévu de se rendre en mars à nouveau au Mali et au Burkina Faso, deux pays déjà visités fin 2017.

Malgré la Minusma, une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les violences jihadistes persistent au Mali avec 237 attaques recensées en 2018, soit 11 de plus qu'en 2017, selon l'ONU.

Avec AFP

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Crise malienne: le médiateur Pierre Buyoya insiste sur le dialogue direct

L'ex président burundais Pierre Buyoya avec sa femme Sophie (à dr.), en compagnie de l'ancienne présidente d'Irlande Mary Robinson à Kigali, au Rwanda, le 7 avril 2014. (REUTERS/Noor Khamis)

L'envoyé spécial de l'Union africaine pour le Mali et la région du Sahel, l'ancien président du Burundi Pierre Buyoya, a exprimé mardi son optimisme quant à l'issue des négociations en cours pour résoudre la crise au Mali.

"Les Maliens ont compris qu'il y a eu échec probablement parce qu'il n'y a jamais eu un dialogue direct entre protagonistes maliens", a déclaré l'ancien président dans un entretien avec Frédéric Nkundikije de la VOA. "Je pense qu'on finira par y arriver", a-t-il ajouté.

M. Buyoya, 70 ans, s’y connaît en matière de résolution des conflits. Il a été président du Burundi à deux reprises, d’abord de 1987 à 1993 et ensuite de 1996 à 2003. Dans les deux cas, à la faveur d’un coup d'État. Il quitte le pouvoir suite à un accord de paix négocié par l'ancien président sud-africain Nelson Mandela.

Depuis son départ de la présidence burundaise, M. Buyoya a contribué à divers efforts de médiation. Il a aussi dirigé des missions d'observation électorale dans de nombreux pays du continent. Autant d'expérience qu'il entend mettre à profit pour une résolution pacifique de la crise malienne.

"Le Mali est un pays important dans le dispositif de sécurité en Afrique de l'ouest", a déclaré M. Buyoya.

La coalition M5-RFP dit non au plan de sortie de crise de la CEDEAO
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Comment les Maliens ont passé la Tabaski

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Cinq soldats maliens ont été tués

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Pour l'Aïd, l'imam Dicko appelle à "chasser les démons de la division" au Mali

Mahamoud Dicko à Badalabougou le 24 juillet 2020. (VOA Bambara)

Les Maliens doivent "se faire violence" et "chasser les démons de la division", a déclaré vendredi la figure morale de l'opposition au Mali, l'imam Mahmoud Dicko, à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, alors que les efforts pour dénouer la crise politique au Mali font du surplace.


​"Chacun dans ce pays doit faire violence sur soi, doit avoir un dépassement de soi, pour que les coeurs se rapprochent, pour que nous puissions vraiment bâtir ensemble notre pays dans la paix, la prospérité et la quiétude", a déclaré à la presse l'influent chef religieux, après avoir dirigé la prière dans sa mosquée de Bamako et sacrifié un mouton, comme le veut la tradition lors de cette fête, la plus importante du calendrier musulman.

"C'est un devoir citoyen et un devoir religieux pour tout un chacun. C'est un voeu ardent que je formule. Je pense que, Inch' Allah (si Dieu le veut, ndlr), le peuple malien saura avoir les ressources nécessaires pour chasser les démons de la division, de la discorde, dans notre pays et que les coeurs se retrouvent pour qu'on ait un Mali stable dans la paix et dans la quiétude", a ajouté l'imam Dicko.

Le religieux de 66 ans est la figure clé du mouvement de contestation sans précédent du président Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK" qui a vu le jour ces derniers mois et qui fait craindre aux voisins du Mali, épicentre de la menace jihadiste au Sahel, que le pays sombre dans le chaos.

Après avoir appelé à voter pour M. Keïta en 2013, l'imam Dicko s'en est éloigné au point de devenir la bête noire du chef de l'Etat, qui le soupçonne de vouloir faire du Mali une république islamique.

L'influent imam souffle le chaud et le froid sur le plan de sortie de crise adopté par les Etats ouest-africains de la Cédéao lors d'un sommet virtuel lundi dernier.

Contrairement au mouvement d'opposition M5-RFP, coalition hétéroclite de chefs religieux, d'opposants et de membres de la société civile dont il est proche sans en faire formellement partie, Mahmoud Dicko ne réclame pas la démission du chef de l'Etat.

Mais il a rejeté la main tendue du Premier ministre Boubou Cissé, qui lui demandait de jouer de son influence pour que l'opposition le rejoigne dans un gouvernement d'union nationale, l'une des recommandations essentielles de la Cédéao.

Lors d'un tête-à-tête mardi, Mahmoud Dicko a au contraire demandé à Boubou Cissé de "rendre sa démission" afin que soit formé un "vrai gouvernement d'union nationale".

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