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Mali

17 civils tués par l'explosion d'un cadavre piégé

Le président Ibrahim Boubacar Keïta visite le village peul de Koulogon (centre) après une attaque, dans la région de Mopti, Mali, 4 janvier 2019. (Facebook/IBK Mali président)

Dix-sept civils ont été tués dans l'explosion d'un cadavre piégé dans le centre du Mali, a t-on appris mercredi auprès d'un élu local et d'une source de sécurité, quelques jours après un attentat similaire au Burkina Faso voisin.

"Mardi, dans la commune de Diankabou (centre), dix-sept civils ont été tués par un engin explosif enfoui dans le corps d’un homme abattu", a déclaré à l’AFP un élu local. L'information a été confirmée par une source de sécurité selon laquelle "le cadavre a explosé en tuant dix-sept personnes".

L'attaque de Diankabou a également fait quinze blessés parmi les civils, selon la source locale, un élu régional du centre du Mali.

Les parents d’un homme disparu, qui était allé chercher de la nourriture pour son bétail, ont découvert son cadavre dans la commune de Diankabou, a expliqué la source de sécurité.

Ils "ont approché imprudemment le cadavre qui a explosé en tuant dix-sept personnes. Les hommes armés qui ont assassiné l'homme ont mis dans et autour de son corps des explosifs", a indiqué la même source.

"C'est une méthode que les jihadistes utilisent pour avoir le plus grand nombre (de victimes) dans les attentats", a indiqué une autre source de sécurité malienne.

Deux militaires avaient été tués le 14 février et six blessés dans le nord du Burkina voisin, lors d'une attaque menée avec un procédé similaire, selon l'état-major général des armées burkinabè.

C'était apparemment la première fois qu'un corps humain était piégé dans ce pays sahélien pauvre qui fait face depuis plusieurs mois à une explosion de violences attribuées à des groupes jihadistes, dont plusieurs menées à partir du Mali.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes islamistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Ces attaques se mêlent souvent à des conflits intercommunautaires, qui ont fait plus de 500 morts parmi les civils dans le centre du Mali en 2018, selon l'ONU.

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Le chef de la diplomatie malienne rejette tout dialogue avec les djihadistes

L'opposant malien Tiébilé Dramé, négociateur de l'accord de paix avec les groupes armés touaregs, à Bamako, 9 août 2013.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, a rejeté lundi tout dialogue avec les djihadistes, y compris dans le centre du pays particulièrement touché par les violences, dans un entretien à l'AFP.

"Ce n'est pas la position du gouvernement du Mali", a répondu M. Dramé, interrogé sur un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), qui préconise de parler aux djihadistes, notamment les chefs de la "katiba du Macina" du prédicateur radical peul Amadou Koufa, apparue en 2015 dans le centre du Mali.

"Nous avons une position concertée avec nos voisins dans le cadre du G5 Sahel et nous n'en sommes pas là au moment où je vous parle", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à l'organisation régionale G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) qui s'est dotée en 2017 d'une force conjointe pour lutter contre les groupes djihadistes, en particulier dans la zone des "trois frontières", malienne, burkinabè et nigérienne.

La katiba du Macina appartient au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef radical touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Une conférence d'entente nationale organisée au Mali avait recommandé en 2017 de négocier avec Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa. Mais cet avis avait été rejeté par les gouvernements malien et français.

"Je pense que trop de sang a coulé dans cette partie de notre territoire de la part de ces +seigneurs+ (de guerre, NDLR). Ce n'est pas une option aujourd'hui+", a ajouté M. Dramé. Une série de massacres dans le centre du pays ces derniers mois a fait des centaines de morts, en particulier parmi les civils peuls et dogons.

"La crise du centre du Mali est la conséquence de la crise du Nord, c'est le prolongement de l'occupation du nord du Mali en 2012 par des forces djihadistes. Il ne faut pas perdre de vue la gémellité entre la situation au nord et la situation au centre du pays".

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

Dialogue politique inclusif au Mali

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