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Mali

Affaire Amadou Sanogo: défense et parties civiles demandent la fin du procès

Les avocats de Haya Amadou Sanogo, chef de l’ex-junte malienne, discutent au du procès à la cour d'assises de Sikasso, dans le sud du Mali, 6 décembre 2016. (VOA/Kassim Traoré)

La défense et les parties civiles au procès pour assassinats du général malien Amadou Sanogo, meneur d'un putsch en 2012 et brièvement chef de l'Etat, ont demandé jeudi la fin de cette procédure qui empoisonne le pouvoir.

Dans les limbes depuis des années, le procès s'est rouvert jeudi sous haute protection devant les assises de Bamako, mais sous un nouveau jour, avec la possibilité d'un arrangement qui y mettrait fin.

Les parties civiles ont demandé au tribunal d'entériner un accord entre elles et l'Etat qui a décidé en 2020 de les indemniser, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les assises se prononceront lundi dans cette affaire ramenant aux premiers mois de la grave crise sécuritaire traverse toujours le pays sahélien.

Amadou Sanogo et les 16 coaccusés présents au tribunal jeudi, soldats et gendarmes, dont un ancien ministre de la Défense, sont jugés non pas pour putsch de 2012 qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré mais pour l'enlèvement et l'assassinat de 21 membres d'une unité d'élite, les "Bérets rouges".

Un mois après le coup d'Etat, les "Bérets rouges" avaient vainement tenté un contre-putsch brutalement réprimé par les nouveaux maîtres de Bamako et par les "Bérets verts" qui leur étaient acquis. Les corps de 21 d'entre eux avaient été retrouvés morts dans un charnier en décembre 2013.

Le procès d'Amadou Sanogo n'a cessé d'embarrasser le pouvoir malien, inquiet des dissensions qu'il pouvait susciter au sein d'une armée par ailleurs confrontée aux jihadistes, et de la comparution d'un ministre de la Défense.

Il s'est enlisé après son ouverture en novembre 2016. En janvier 2020, la justice a ordonné la libération d'Amadou Sanogo et des autres militaires encore détenus depuis six ans, faisant redouter aux défenseurs des droits humains le classement de l'affaire pour des raisons politiques.

Depuis, le Mali a été le théâtre d'un nouveau putsch en août 2020. Les militaires qui l'ont conduit dominent les actuelles autorités de transition. Un certain nombre sont des "Bérets verts". Le numéro deux des putschistes de 2020, le colonel Malick Diaw, figurait sur la photo de groupe des putschistes de 2012.

Le général Sanogo a signé un retour en grâce public sous les nouvelles autorités en septembre.

"Je suis le général de corps d'armée Amadou Haya Sanogo, spécialité infanterie, ancien chef d'Etat logé à la base aérienne de Bamako", a décliné le principal accusé.

Me Ibrahim Waly Diawara a rapidement annoncé le "désistement" des parties civiles au nom de leur collectif d'avocats. Il a invoqué un protocole d'accord conclu avec l'Etat et en cours d'exécution pour l'indemnisation de ses clients.

La défense a également réclamé la fin du procès, en citant une loi controversée adoptée en 2019 au nom de la réconciliation et offrant la possibilité de l'amnistie aux auteurs de certains crimes perpétrés pendant la crise de 2012.

"Ce procès doit être clos ici (...) et nos clients doivent être exonérés de toutes les poursuites", a plaidé Me Alassane Sangaré. La défense argue aussi de l'accord d'indemnisation.

Amadou Sanogo, alors capitaine, avait pris le 21 mars 2012 la tête de soldats entrés en mutinerie contre l'incapacité du gouvernement à arrêter l'offensive dans le Nord de la rébellion à dominante touareg et l'afflux de jihadistes en provenance des pays voisins.

Le putsch avait en fait précipité la déroute de l'armée. Amadou Sanogo, rapidement poussé à céder le pouvoir à des autorités civiles, avait été élevé ensuite au rang de général quatre-étoiles, promotion considérée comme politique. Mais, fin 2013, il avait été arrêté pour son implication présumée dans l'assassinat des "Bérets rouges".

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Journée portes ouvertes de la société Énergie du Mali

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La France confirme qu'un journaliste français a disparu au Mali

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La France confirme "la disparition" au Mali du journaliste Olivier Dubois

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Un journaliste français porté disparu dans le nord du Mali

Un soldat français se tient à l'intérieur d'un hélicoptère militaire à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai 2017.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste français Olivier Dubois dit avoir été enlevé le mois dernier dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une branche locale d'Al-Qaïda.

Dans la vidéo, le journaliste est assis sous une tente et demande aux autorités et à ses proches de faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Il précise que c'est dans la ville de Gao qu'il a été enlevé, le 8 avril 2021.

La disparition du journaliste a été confirmée mercredi à l'agence Reuters par une source au ministère français des Affaires étrangères.

La source a ajouté que le ministère était en contact avec la famille du journaliste, effectuant des vérifications techniques sur l'authenticité d'une vidéo vue en ligne.

Sur Twitter, Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), a demandé la libération d'Olivier Dubois, exhortant les autorités maliennes et françaises à tout faire pour obtenir sa libération.

Il ajoute que l'ONG avait été informée de la disparition d'Olivier Dubois deux jours après son enlèvement mais elle avait décidé, en concertation avec les rédactions qui emploient habituellement le journaliste, de ne pas rendre l'événement public, afin, dit-il, de ne pas entraver une éventuelle résolution rapide.

Olivier Dubois travaille habituellement pour l'hebdomadaire Le Point et le quotidien Libération.

La France est intervenue au militairement au Mali depuis 2013 pour, dit-elle, lutter contre les islamistes armés qui menaçaient alors la capitale Bamako après avoir pris le contrôle du nord du pays. Cette intervention s'inscrit désormais dans une coalition plus large de cinq pays sahéliens confrontés à des degrés divers à une menace djihadiste.

Le GSIM a revendiqué en décembre et janvier la mort de cinq soldats français dans deux attaques distinctes au Mali.

La France confirme la "disparition" du journaliste Olivier Dubois

Des soldats de la force conjointe du G5 Sahel assistent à l'inauguration du nouveau quartier général de Bamako le 3 juin 2020.

Un journaliste français, Olivier Dubois, collaborateur de différents médias, affirme avoir été kidnappé début avril au Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda, dans une vidéo à la provenance indéterminée circulant sur les réseaux sociaux mercredi.

Un responsable aux Affaires étrangères françaises à Paris a confirmé à l'AFP la "disparition" d'Olivier Dubois, qui a coopéré avec des médias français comme le Point Afrique ou le quotidien Libération.

Dans un brève vidéo d'une vingtaine de secondes, Olivier Dubois explique avoir été enlevé le 8 avril à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel.

Assis par terre, les jambes croisées sur une toile de couleur verte, dans ce qui semble être une tente, il dit s'adresser à sa famille, à ses amis et aux autorités françaises "pour qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Le journaliste, vêtu d'un costume traditionnel rose clair, la barbe bien taillée, regarde fixement la caméra et s'exprime d'une voix ferme. Les mouvements de ses doigts et d'une jambe semblent néanmoins traduire une certaine nervosité.

"Nous confirmons la disparition au Mali de M. Olivier Dubois. Nous sommes en contact avec sa famille ainsi qu’avec les autorités maliennes. Nous procédons aux vérifications techniques d’usage", a assuré à l'AFP un responsable du ministère français des Affaires étrangères.

Le quotidien Libération, pour lequel il travaillait régulièrement depuis avril 2020, a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaire dans l'immédiat.

Il n'y avait plus de Français otage dans le monde depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin, une septuagénaire enlevée près de 4 ans plus tôt, par des hommes armés à Gao également, où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.

Mme Pétronin avait été libérée en même temps que l'homme politique malien Soumaïla Cissé, décédé depuis, et que deux Italiens, Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, également enlevés par des jihadistes.

Malgré des conjectures persistantes, le gouvernement malien n'a jamais confirmé le paiement d'une rançon, en plus de la libération de 200 prisonniers, dont un certain nombre de jihadistes, contre la liberté de ces quatre otages.

En octobre 2020, la Suisse avait été informée que le GSIM) avait exécuté Béatrice Stöckli, une missionnaire évangélique, qui avait été enlevée en janvier 2016 à Tombouctou. En mars dernier, le ministère suisse des Affaires étrangères avait indiqué que son corps avait pu être retrouvé et formellement identifié.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une poussée jihadiste partie du Nord, qui a plongé le pays dans une crise sécuritaire et s'est étendue au centre du pays. Les violences se sont également propagées au Burkina Faso et au Niger voisins.

Les violences - jihadistes, intercommunautaires ou autres - ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l'intervention des forces de l'ONU, française et africaines.

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