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Mali

Quinze jihadistes présumés "neutralisés" près de la frontière burkinabè

Un soldat français en patrouille dans les rues de Gossi, dans le centre du Mali, le 25 mars 2019.

L'armée malienne et la force française Barkhane ont "neutralisé" 15 jihadistes présumés dimanche dans le centre du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso, a-t-on appris lundi de sources militaires.

Par ailleurs, dans la même région, à Dioura, où une attaque jihadiste le 17 mars avait fait 26 morts parmi les militaires maliens, au moins un civil a été tué et plusieurs été blessés lundi par des tirs de soldats après une explosion accidentelle qui a fait croire à un nouvel attentat, a-t-on appris de sources concordantes.

Dimanche, "lors de l'opération Tièsaba/Bourgou 1, les FAMa (forces armées maliennes, NDLR) ont neutralisé quinze terroristes, récupéré quatorze motos, de l'armement, du matériel explosif, des munitions et fait des prisonniers", a annoncé l'armée malienne dans un communiqué lundi.

L'armée malienne n'a mentionné ni la localisation de l'opération ni la participation de Barkhane. Mais des sources militaires maliennes ont affirmé à l'AFP que l'opération avait été conduite avec la force française à la frontière burkinabè, à l'est de la capitale régionale, Mopti.

"Depuis bientôt une semaine, il y a eu des cibles et des opérations coordonnées ont été menées" entre l'armée malienne et Barkhane à la frontière, a indiqué à l'AFP un officier malien déployé dans la zone.

Selon une autre source militaire malienne, c'est dimanche "l'opération a eu lieu dans le village frontalier de Petedougou, vers le Burkina Faso". "Les forces armées du Burkina et Niger sont au courant de cette opération menée uniquement par les FAMa et Barkhane", a souligné cette source, confirmant le bilan du communiqué militaire.

L'état-major français n'a pas fait état de cette opération mais a récemment annoncé l'extension depuis le début de l'année de l'action de Barkhane au Gourma (centre). La force française a notamment établi une base avancée à Gossi pour rayonner sur cette zone, à cheval sur trois régions maliennes (Gao, Tombouctou et Mopti).

- "Foire hebdomadaire vidée" -

A Dioura, dans la même région mais au nord-ouest de Mopti, une explosion d'origine initialement inconnue a provoqué des tirs de militaires maliens sur des civils lundi, jour de foire hebdomadaire, selon l'armée et des habitants.

Dans la matinée, un détachement de l'armée venu chercher de l'eau dans la localité a été "surpris (...) par un tir d'essai ami au mortier au retour vers la base, croyant à une attaque ennemie lorsque l'obus est tombé juste à proximité", selon un communiqué de l'armée.

Les soldats ont alors "ouvert le feu sur un groupe de populations malheureusement présentes là à ce moment", tuant un civil et en blessant quatre, selon le texte.

Auparavant, un habitant, Babrou Niang, avait fait état de l'explosion accidentelle d'une grenade, selon lui. "Dans la panique, les tirs ont atteint des civils, sur le coup deux civils sont morts", a-t-il affirmé à l'AFP.

Selon, Allaye Touré, un notable, "la foire hebdomadaire s'est vidée de son monde habituel". "Les militaires pensaient que c'est une attaque contre eux", a-t-il expliqué.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit avec Barkhane.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du nord au centre du pays, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

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Ouverture d'une enquête sur la mort de sept Mauritaniens au Mali

Un convoi de véhicules de la Coalition du peuple de l'Azawad (CPA) en patrouille près de la frontière Mali-Mauritanie pour protéger les populations locales confrontées à l'insécurité liée aux troubles causés par les bandits, à Soumpi, le 22 janvier 2020.

Le gouvernement malien a annoncé samedi l'ouverture d'une "enquête transparente et diligente" sur un incident sécuritaire ayant coûté la vie à sept Mauritaniens lundi près de Nara, localité frontalière avec la Mauritanie.

"Le gouvernement du Mali, à la suite d'une séance de travail avec une délégation mauritanienne, a décidé d'ouvrir une enquête transparente et diligente dont les résultats seront partagés avec la partie mauritanienne", a annoncé dans un communiqué Abdoulaye Maïga, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.

Selon des médias mauritaniens, les victimes sont des éleveurs qui se rendaient au Mali pour y rejoindre leur troupeau en quête de pâturage.

"Le gouvernement décline toute responsabilité et souligne qu'à ce stade aucun élément ne met en cause" l'armée malienne, a souligné M. Maïga, assurant que "toutes les mesures seront prises pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes tragiques".

Une délégation ministérielle malienne termine sa visite en Mauritanie
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La présidence mauritanienne avait annoncé vendredi dans un communiqué l'envoi d'une délégation à Bamako pour "faire la lumière" sur la mort de ces Mauritaniens.

Cette décision faisait suite à une manifestation organisée le même jour à Nouakchott, la capitale, par des habitants du département de Adel Bégrou (1.100 km à l'ouest de Nouakchott), localité d'origine des victimes, à la frontière avec le Mali.

Les manifestants voulaient ainsi appeler le gouvernement à assurer la sécurité des citoyens et à faire la lumière sur cette affaire.

Cet incident coïncide avec la tentative des autorités maliennes de la transition d'obtenir le soutien de la Mauritanie pour briser l’embargo de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

Une délégation conduite par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a achevé mardi une visite en Mauritanie.

"Face à l'adversité à laquelle notre pays fait face, le gouvernement trouve troublante la survenue de cet incident", a ajouté le communiqué.

La Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont pris une batterie de mesures économiques et diplomatiques à l'encontre du Mali pour sanctionner les velléités de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années.

La fermeture des frontières mais aussi un embargo sur les échanges commerciaux et les transactions financières hors produits de première nécessité sanctionnent l'engagement révoqué par les colonels d'organiser le 27 février des élections présidentielle et législatives qui auraient ramené des civils à la tête du pays plongé dans une grave crise sécuritaire et politique.

Dernier hommage à IBK au Mali

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Les Maliens rendent un dernier hommage à l'ex-président IBK

Une photo d'Ibrahim Boubacar Keita, alors président du Mali est affichée lors d'un meeting pour sa ré-élection à Bamako, Mali, le 3 août 2018.

Le Mali a rendu vendredi un dernier hommage à l'ex-président Ibrahim Boubacar Keïta, décédé cette semaine, un an et demi après avoir été renversé par les militaires.

La junte qui lui a succédé et qui tient tête aujourd'hui à une bonne partie de la communauté internationale a organisé dans un camp militaire de Bamako des obsèques nationales sous la présidence du Premier ministre dit de transition, Choguel Kokalla Maïga.

Le colonel Assimi Goïta, un des leaders du putsch de 2020 depuis investi président de la transition, était quant à lui absent.

Ibrahim Boubacar Keïta, décédé dimanche chez lui à l'âge de 76 ans après s'être tenu à l'écart de la vie publique, devait être enterré dans l'après-midi dans sa vaste résidence après une cérémonie à la fois plus populaire et privée.

Près de 2.000 personnes, y compris d'anciens adversaires, se sont pressées chez lui pour lui dire adieu.

Le colonel Goïta, qui avait pris part aux obsèques de deux autres anciens chefs de l'Etat malien décédés en 2020 après le putsch, a été officiellement "empêché" de participer à la cérémonie officielle.

Celle-ci a rassemblé devant le cercueil recouvert du drapeau national, sur la place d’armes du 34e bataillon du Génie militaire, de nombreuses personnalités, l'ancien président par intérim Dioncounda Traoré, d'anciens ministres, des dignitaires religieux, des diplomates et un des fils du disparu, Bouba Keïta.

La Guinée, également théâtre d'un putsch en septembre 2021 et partenaire privilégié de la junte malienne face aux pressions internationales, avait dépêché son ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté.

Baba Hakib Haïdara, au nom des collaborateurs de l'ex-président, a salué "un homme d’Etat ouvert au dialogue".

Il était "un homme d’esprit, un homme de culture, mais aussi, je dirais, un homme de cœur", a dit son ancien ministre de la Santé Michel Sidibé, "il s’est toujours battu pour ce pays, il avait ses forces et ses faiblesses mais ce qui le caractérisait c’était sa dignité et son patriotisme, et cela a été mentionné aujourd’hui".

IBK, comme il était couramment appelé, avait été renversé le 18 août 2020 par des militaires qui, après un deuxième coup d'Etat en mai 2021, invoquent aujourd'hui les maux accumulés par le passé pour justifier leur refus de rendre le pouvoir aux civils dans un avenir proche.

Entamée en 2013, la présidence a largement coïncidé avec la tourmente dans laquelle le Mali est pris depuis 2012 et le déclenchement d'insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord.

La chute d'IBK avait été précédée par des mois de mobilisation au sein d'une population exaspérée par les violences en tous genres - jihadistes, communautaires ou crapuleuses -, par l'inaction et la faillite de l'Etat et par une corruption réputée galopante.

La junte a décrété un deuil national de trois jours à compter de vendredi.

La mission de l'ONU au Mali a annoncé la reprise de ses opérations aériennes

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Crise au Mali: l'enjeu va bien au-delà du pays, selon Washington et Bruxelles

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