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Malgré ses puissants soutiens, Biden, confiné, reste peu audible face à Trump

Le candidat démocrate démocrate à la présidentielle, Joe Biden.

Confiné chez lui depuis plus d'un mois, visé par une accusation d'agression sexuelle, le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden reste peu audible dans un pays centré sur la crise du Covid-19, malgré une série de soutiens de poids, avec, lundi, la puissante chef du Congrès, Nancy Pelosi.

"Alors que nous affrontons le coronavirus, Joe a été la voix de la raison et de la ténacité, en traçant un chemin clair pour nous mener hors de cette crise", a affirmé la présidente démocrate de la Chambre des représentants, en dressant un contraste à peine voilé avec le président républicain Donald Trump, qui l'affrontera le 3 novembre.

L'ancien vice-président américain s'est dit "extraordinairement honoré" de recevoir son soutien.

Plus de 2.500 élus et personnalités se sont déjà ralliés à sa candidature, a souligné lundi son équipe, avec en tête d'affiche Barack Obama, toujours très populaire chez les démocrates, et de deux de ses grands anciens rivaux progressistes, Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

S'il ne sera officiellement désigné candidat démocrate que lors de la convention du parti, repoussée au mois d'août à cause du coronavirus, un tel rassemblement aussi tôt dans une primaire démocrate est rare. Hillary Clinton n'avait ainsi été désignée vainqueur qu'en juin 2016.

Mais cet avantage, qui aurait pu lui permettre de tenter de combler l'avance prise par Donald Trump, candidat à sa réélection pratiquement depuis son arrivée à la Maison Blanche, est en grande partie paralysé par la pandémie.

Coincé dans son sous-sol, où il a installé un studio de télévision, Joe Biden multiplie les tables rondes, interviews et a lancé un podcast.

Mais ses interventions percent à peine aux côtés d'un Donald Trump ultra-présent dans les médias, et d'autres personnalités démocrates qui, elles, apparaissent en public, comme Nancy Pelosi ou le gouverneur de New York, Andrew Cuomo.

Et les républicains se moquent de ses airs de détenu à l'isolement.

Le président américain pâtit toutefois de sa sur-exposition, rythmée par des déclarations parfois hâtives, comme lorsqu'il a semblé, la semaine dernière, envisager de traiter le coronavirus à coup de désinfectant.

"Biden veut faire de cette élection plutôt un référendum sur Trump", souligne Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. "Le fait que Trump domine l'actualité et pas Biden ne pose pas de problème pour ce type de stratégie car (...) à ce stade, cela n'a pas mené à un élargissement du soutien de Trump", analyse-t-il.

- Accusation -

Mais un autre front menace Joe Biden, accusé d'une agression sexuelle que son équipe dément fermement.

Une femme, Tara Reade, l'a accusé, d'abord dans un podcast diffusé le 25 mars, de l'avoir agressée sexuellement en août 1993, lorsqu'il était sénateur et qu'elle travaillait pour son équipe à Washington.

Depuis, elle a répété ces accusations à plusieurs médias, puis présenté un rapport à la police de Washington début avril, sans citer le nom de Joe Biden, selon des médias américains.

"Cela n'est absolument pas arrivé", a réagi la porte-parole de Joe Biden, Kate Bedingfield, le 13 avril. "Ce n'est pas vrai".

Depuis, l'équipe du candidat démocrate n'a plus fait de déclarations publiques, renvoyant l'AFP à ce communiqué.

Il y a un an, Tara Reade avait accusé, en même temps que d'autres femmes, Joe Biden de gestes qu'elles jugeaient déplacés mais ne relevaient pas d'une agression sexuelle.

Le New York Times l'a depuis interviewée à plusieurs reprises ainsi que ses proches et une vingtaine de personnes qui ont travaillé avec M. Biden au début des années 1990.

Parmi les anciens collaborateurs de Joe Biden, plusieurs ont affirmé n'avoir jamais entendu parlé de ces accusations et qu'elles ne correspondaient en rien à la personnalité de ce vétéran de la politique.

Un ami de Tara Reade a toutefois confirmé au New York Times qu'elle lui avait "raconté les détails de cette accusation à l'époque".

"Un autre ami et un frère de Mme. Reade ont déclaré qu'elle leur avait parlé, au cours des années, d'un évènement traumatisant d'ordre sexuel impliquant M. Biden", selon le journal.

Grande voix du mouvement #MeToo, l'actrice Alyssa Milano, qui soutient Joe Biden, s'est dite début avril, "mal à l'aise de lâcher un homme honorable que je connais depuis 15 ans" sans "enquête approfondie".

Le président Donald Trump a été accusé de multiples gestes constitutifs d'agressions sexuelles.

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La Cour suprême autorise l'accès aux finances personnelles du président américain Donald Trump

Le président américain Donald Trump (à g.) salue le président de la Cour suprême John Roberts lors d'une session conjointe du Congrès américain au Capitole à Washington, le 4 février 2020. (REUTERS/Leah Millis/POOL)

La Cour suprême des États-Unis a statué jeudi que les finances du président Donald Trump ne sont pas protégées par immunité contre toute enquête criminelle.

"Bien qu'un président ne puisse pas être traité comme un ‘individu ordinaire’ lorsque des communications de l'exécutif sont recherchées, ... en ce qui concerne les documents privés, un président se tient 'presque au même niveau que tout autre individu'," a conclu la majorité de la plus haute cour, avec 7 juges en faveur et 2 contre. L'opinion majoritaire a été rédigée par le président de la Cour, John Roberts, un modéré de tendance conservatrice.

Cette décision, qui porte un coup dur au président, permet de faire avancer une enquête du Congrès et d'un procureur local de New York. Entre temps, le dossier est renvoyé vers une cour inférieure qui devra revoir quelques aspects procéduraux.

L'affaire découle de deux procès distincts intentés devant des tribunaux fédéraux inférieurs, libéllés Trump v. Vance et Trump v. Mazars USA.

Après que les démocrates aient remporté la majorité des sièges de la chambre basse du Congrès américain en 2018, trois commissions parlementaires distinctes commencent à enquêter sur les finances du président républicain élu en 2016.

Le procureur élu de Manhattan, Cyrus Vance, qui est un démocrate, annonce peu de temps après une enquête quasi-identique à celles des commissions parlementaires, cette fois au niveau local à New York, où est domicilié Trump Tower, le quartier général de l’empire économique du président milliardaire.

Longue saga politico-juridique

Des citations à comparaître sont envoyées aux comptables et aux institutions financières, dont la banque allemande Deutsche Bank. Les enquêteurs exigent des copies des finances personnelles de Donald Trump, ainsi que les états financiers de ses entreprises, aussi bien avant qu’après son accession à la présidence américaine. Le président Trump, scandalisé, porte plainte.

Devant les tribunaux, les avocats du président ont présenté deux arguments principaux.

Premièrement, ils ont fait valoir que les investigations de la chambre basse du Congrès constituent une violation de la séparation des pouvoirs, car seul l’exécutif a l’autorité légale de lancer des enquêtes criminelles.

Deuxièmement, ils arguent que les citations à comparaître du procureur de Manhattan sont anticonstitutionnelles parce qu'un procureur local n'a pas le pouvoir d'enquêter sur un haut fonctionnaire fédéral, et même si une telle autorité lui était conférée, celle-ci ne s’applique pas à un président exercice car ce dernier jouit d'une immunité contre toutes poursuites criminelles.

Ces arguments n’ont pas convaincu les tribunaux inférieurs, et les juges ont ordonné que les dossiers financiers recherchés par les enquêteurs leur soient remis. Le président a fait appel devant la Cour suprême.

Redéfinir la présidence

La Cour suprême a combiné ces deux affaires et a tenu deux audiences le 12 mai.

Si l'arrêt de jeudi met un terme à la controverse juridique car les décisions de la Cour suprême ne sont pas susceptibles d'appel, il a également déclenché une nouvelle vague de débat politique.

Le président a, dans un tweet, décrié ce qu'il considère comme une "persécution politique", tout en précisant que "c'est injuste".

Le 3 novembre, l’électorat américain, juge suprême, aura son mot à dire à l’occasion de la présidentielle qui devrait mettre aux prises le sortant Donald Trump avec son challenger présumé, le démocrate Joe Biden, ancien vice-président sous Barack Obama.

Kanye West, candidat de Dieu et contre Trump à la Maison Blanche

Kanye West assiste au WSJ. Magazine Innovator Awards 2019 au Museum of Modern Art de New York, le 6 novembre 2019.

Il sera le candidat de Dieu à la Maison Blanche: Kanye West a assuré mercredi au magazine Forbes qu'il ne soutenait plus Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre et a remis en question la capacité du démocrate Joe Biden à mobiliser l'électorat noir.

Dans ce long entretien fait par téléphone, le rappeur milliardaire reconnaît qu'il se lance dans la course à la dernière minute et qu'il prendra une décision définitive d'ici un mois.

"On en parle depuis des années", explique-t-il en référence à ses ambitions présidentielles, révélées samedi dans un tweet, et à ses deux principaux soutiens: sa femme Kim Kardashian et le fantasque patron de Tesla Elon Musk.

"Voyons si la nomination est pour 2020 ou pour 2024, parce que c'est Dieu qui nomme le président", dit le rappeur qui s'est rapproché ces derniers mois de la religion. "Si c'est 2020, alors j'aurais été nommé par Dieu".

Sans structure en place, il ne donne aucun détail sur sa campagne, mais assure qu'il ne soutient plus le milliardaire républicain après avoir été un de ses plus fervents partisans, notamment en portant en 2018 une casquette rouge au slogan présidentiel "Make America Great Again" dans le Bureau ovale.

"J'enlève la casquette rouge avec cet entretien", explique-t-il à Forbes, ajoutant qu'il sera le candidat d'un nouveau parti appelé "Jour de naissance".

Mais il évite de critiquer le locataire actuel de la Maison Blanche, sauf sur sa gestion du mouvement de colère contre le racisme qui s'est répandu depuis deux mois dans le pays, alimentant les soupçons d'une candidature destinée à perturber celle de Joe Biden, actuellement en tête des sondages nationaux.

"Dire que le vote noir est démocrate est une forme de racisme et de suprématie blanche", affirme Kanye West, en reconnaissant qu'il n'hésiterait pas à priver l'ex-vice président des voix de la minorité noire qui vote majoritairement pour les démocrates.

Le rappeur, qui a annoncé avoir eu le coronavirus, affiche également sa méfiance face aux vaccins qui ont, selon lui, paralysé de nombreux enfants, une assertion fausse et fermement combattue par le monde scientifique.

"Quand ils disent que le moyen de régler le Covid-19 est un vaccin, je suis extrêmement prudent", explique-t-il. "C'est la marque de la bête", lance-t-il en référence au Diable.

Donald Trump a jugé que cette candidature surprise était "intéressante" tout en estimant que l'élection de 2024 devrait être son véritable objectif.

Joe Biden n'a pas commenté l'annonce de Kanye West.

Retrait des Etats-Unis de l'OMS: des critiques à travers le monde

Le président américain Donald Trump et le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom, lors du sommet du G20 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 juillet 2017. (Photo SAUL LOEB / AFP)

Le gouvernement des Etats-Unis a officiellement lancé la procédure qui lui permet de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En lançant la procédure de retrait, le président Donald Trump met à exécution ses menaces de quitter l'agence onusienne qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Washington a envoyé la notification de son retrait au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui est le dépositaire pour l'OMS. Il a confirmé l’avoir reçue.

Pour que la décision soit effective, les Etats-Unis, membre fondateur de l'OMS en 1948, doivent être à jour dans leurs contributions et respecter un délai d'un an. Le retrait ne sera donc effectif que le 6 juillet 2021.

Les Etats-Unis apportent 15% du budget de l'agence onusienne, soit 400 millions de dollars par an.

Des responsables de santé et des adversaires de M. Trump ont critiqué sa décision. Son rival présumé pour le scrutin de novembre, le démocrate Joe Biden, a promis que les Etats-Unis reviendront immédiatement dans l'OMS s'il est élu, selon le quotidien Politico.

Pour la Fédération des scientifiques américains, ce retrait ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le coronavirus, qui s'accélère et dont le pic n'est pas encore atteint dans le pays.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, a estimé qu’il sape les efforts internationaux et aura un impact grave sur les pays en développement. Pour le gouvernement allemand, le retrait constitue un revers de la coopération internationale.

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump accuse de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en premier. Il reproche aussi au patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus et de s'être montré incapable de réformer l'organisation.

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