Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Malgré sa crise cardiaque, Bernie Sanders attaque l'année électorale en solide position

Le candidat démocrate à la présidentielle, le sénateur Bernie Sanders, lors d'un petit-déjeuner à l'hôtel de ville de Newport, New Hampshire, le 29 décembre 2019.

Une crise cardiaque, une dangereuse rivale progressiste, des doutes sur son âge... Porté par ses supporteurs, Bernie Sanders a dépassé les obstacles qui menaçaient sa candidature fin 2019 pour entamer l'année en solide position dans la primaire démocrate, avec la Maison Blanche en vue.

"Pas besoin de mendier auprès des riches et puissants". Triomphant, le sénateur indépendant a salué jeudi le montant impressionnant qu'il a récolté auprès de petits donateurs au dernier trimestre 2019: 34,5 millions, soit plus que tout autre candidat à l'investiture démocrate sur un trimestre.

Menacé cet été par l'ascension de la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, Bernie Sanders lui a depuis repris la deuxième place dans les sondages pour la primaire.

Et si le socialiste reste derrière le modéré Joe Biden, toujours favori dans les enquêtes d'opinion, il l'a dépassé de loin en 2019 en terme de fonds récoltés (96 millions contre 60 millions).

Un exploit d'autant plus remarqué que le candidat le plus âgé de la primaire, à 78 ans, avait démarré le dernier trimestre en position plus que périlleuse: il avait fait une crise cardiaque le 1er octobre.

Critiqué parce que son équipe avait dans un premier temps manqué de transparence sur son état de santé, le sénateur d'ordinaire connu pour son ton combatif avait donné de rares signes publics de vulnérabilité... avant de se reprendre.

Désormais bien rétabli, selon ses médecins, Bernie Sanders a pu dans ce retour en force compter sur le soutien de la benjamine très médiatique du Congrès: l'élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez.

C'est alors que le vétéran de la politique était encore à l'hôpital que cette voix très influente auprès des jeunes progressistes l'a appelé pour lui annoncer son soutien, selon des médias américains.

Elle a depuis fait campagne au côté de Bernie Sanders, également soutenu par d'autres visages de la gauche du parti au Congrès: Ilhan Omar et Rashida Tlaib.

Ces soutiens lui "donnent une certaine crédibilité avec les électeurs issus de minorités" alors qu'en 2016, lors de sa campagne malheureuse contre Hillary Clinton, "son équipe avait été critiquée pour son manque de diversité", souligne Miles Coleman, politologue à l'université de Virginie.

C'est "avec la force des supporteurs, un mouvement multiracial et multiculturel, que nous allons battre le pire président de l'histoire de notre pays, Donald Trump": vêtu d'une épaisse parka pour braver le froid de l'Iowa, le socialiste a ouvert l'année avec un message de défiance.

En campagne dans cet Etat du nord des Etats-Unis, qui ouvrira le bal de la primaire en votant le 3 février, le septuagénaire a affirmé dans la même vidéo qu'il remporterait le scrutin ici puis dans le New Hampshire voisin, avant de "décrocher l'investiture démocrate".

- Aucun vainqueur garanti -

Oubliée, l'image d'un Bernie Sanders convalescent. Le septuagénaire, souvent échevelé, a retrouvé les grands meetings ainsi que ses sorties vigoureuses et humoristiques lors des débats démocrates.

Celui qui prône une "révolution politique", pourfend Wall Street, appelle à un "Green New Deal" pour lutter contre le changement climatique et défend une profonde réforme du système de santé américain, compte toujours sur un solide soutien chez les jeunes.

"Les millennials apprécient l'authenticité", souligne Miles Coleman. Or Bernie Sanders "n'est pas un politique typique" et peut donc plaire davantage que les autres à une génération d'Américains qui n'est, d'autre part, plus effrayée par le mot "socialisme".

Dans l'Iowa, Etat très influent car il vote en premier, Bernie Sanders dispose en outre "d'un solide réseau de supporteurs qui date de (sa candidature en 2016) et qu'il a maintenu et enrichi", souligne William Sweeney, professeur à l'American University.

Il y figure en deuxième place de la moyenne des sondages établie par RealClearPolitics, derrière le jeune candidat modéré, Pete Buttigieg.

Et dans le New Hampshire, deuxième Etat qui votera, le 11 février, Bernie Sanders caracole en tête tandis qu'Elizabeth Warren, première durant l'automne, a plongé jusqu'à la quatrième place.

"Sanders et Warren sont tous deux menacés l'un par l'autre car ils occupent le même espace idéologique", souligne Capri Cafaro, ancienne élue démocrate et experte de l'American University.

Mais si Elizabeth Warren a chuté récemment, son statut de seule femme dans le peloton de tête "pourrait lui bénéficier à long terme" auprès d'un électorat démocrate qui a soif de changement, ajoute-t-elle.

Au final, analyse Mme Cafaro, aucun des quatorze candidats n'a encore de "voie toute tracée vers l'investiture" démocrate.

Avec AFP

Toutes les actualités

Trump doit être destitué car "le bien et la vérité comptent", affirme l'accusation

Le chef de la commission judiciaire de la chambre des représentants Jerry Nadler. Pour lui,"la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi".

Donald Trump a commis un abus de pouvoir pour son profit politique personnel et doit être destitué car "le bien et la vérité comptent", a assuré jeudi l'accusation, au troisième jour du procès historique du président américain devant le Sénat.

Après avoir exposé les faits mercredi, les procureurs démocrates se sont évertués pendant plus de neuf heures à démonter les arguments avancés dans les médias par les défenseurs du président, qui ne se sont pas encore exprimés à la barre.

Vendredi, l'accusation doit aborder l'autre chef d'accusation retenu contre M. Trump, l'entrave au travail du Congrès.

Compte tenu de la majorité républicaine au Sénat (53 sièges sur 100), les démocrates n'ont pratiquement aucune chance de gagner le procès. Mais ils espèrent marquer les esprits des électeurs à dix mois de la présidentielle.

"Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu'il fasse ce qui est bon pour ce pays, mais vous pouvez lui faire confiance pour qu'il fasse ce qui est bon pour Donald Trump", a lancé aux sénateurs l'élu Adam Schiff, qui mène l'équipe des procureurs.

"Si vous le jugez coupable, il doit être destitué car le bien et la vérité comptent, sinon nous sommes perdus", a-t-il ajouté, visiblement ému, en fin d'audience.

Sous couvert de lutte contre la corruption en Ukraine, le président a commis un "abus de pouvoir" en demandant l'été dernier à Kiev d'annoncer une enquête sur Joe Biden, son adversaire potentiel à l'élection du 3 novembre, avait auparavant plaidé Jerry Nadler, l'un des sept membres de l'accusation.

Pour parvenir à ses fins, le milliardaire "est allé plus loin" en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie, selon l'élu de New York.

Pour M. Nadler, un ennemi de longue date du milliardaire, "la destitution est la réponse ultime de la Constitution à un président qui se prend pour un roi".

- Dans son rôle -

Les faits sont peu contestés. Les défenseurs de Donald Trump, à commencer par la star des prétoires Alan Dershowitz, arguent en revanche que le dossier d'accusation ne comprend pas de délit au sens pénal du terme et que la procédure de destitution n'est pas pertinente.

M. Nadler a rappelé qu'ils n'ont pas toujours soutenu cette position, en diffusant un extrait d'une interview accordée par M. Dershowitz en 1998, lors du procès de Bill Clinton pour sa liaison avec Monica Lewinsky.

"Il n'y a certainement pas besoin d'un crime si vous avez quelqu'un qui a corrompu sa fonction de président", déclarait alors le professeur de droit.

"Quand vous commencez à user de votre pouvoir et faites du mal à des gens, alors vous commettez un crime grave" au sens de la Constitution, estimait à la même époque le républicain Lindsey Graham, devenu l'un des plus fidèles soutiens de Donald Trump.

Les partisans du président assurent par ailleurs qu'il était dans son rôle en demandant à l'Ukraine d'enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption.

"Vous croyez vraiment qu'il s'agissait de lutte contre la corruption?", a demandé Adam Schiff, en assurant que le président voulait seulement "une annonce" sur l'ouverture d'une enquête.

"C'est uniquement quand Biden a commencé à le battre dans les sondages qu'il a commencé à réclamer ces enquêtes", a renchéri sa consoeur Sylvia Garcia.

- "La même chose" -

Pendant leur longue présentation, les sénateurs ont été vus en train de s'étirer ou de s'absenter brièvement dans l'antichambre de l'hémicycle.

Mais ces audiences marathon commencent à peser sur les sénateurs, qui font office de jurés. "C'est la même chose, jour après jour, après jour, après jour", a commenté le républicain John Barrasso.

Des audiences qui énervent aussi Donald Trump. Dans une série de tweets vengeurs, il a accusé les "démocrates et Schiff le fourbe" de se livrer à une présentation "pleine de mensonges et de déformations de la réalité".

Au total, l'accusation dispose de 24 heures sur trois jours pour défendre son dossier. A partir de samedi, ce sera le tour de la défense, pour la même durée.

Puis les deux camps auront seize heures pour répondre aux questions posées par les sénateurs, par écrit.

Ils devront ensuite décider, à la majorité simple, de prolonger l'exercice en convoquant de nouveaux témoins comme le réclament les démocrates.

"J'ai bon espoir, compte tenu de ce que nous voyons ces derniers jours et des arguments percutants des procureurs, que quatre républicains se joindront à nous pour (obtenir) des témoins et des documents", a affirmé le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Sinon, ils passeront au vote sur la culpabilité du président. Il faudrait une majorité des deux tiers (67 voix) pour le destituer, un seuil a priori inatteignable.

Plaidoirie des démocrates devant les sénateurs

Plaidoirie des démocrates devant les sénateurs
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:04 0:00

Les démocrates du Congrès accusent Trump d'avoir conçu "un stratagème corrompu"

Les démocrates du Congrès accusent Trump d'avoir conçu "un stratagème corrompu"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:09 0:00

Destitution du président Donald Trump: troisième jour du procès

Destitution du président Donald Trump: troisième jour du procès
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:25 0:00

Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat

Destitution de Trump: Bataille entre démocrates et républicains au sénat
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:00 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG