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Madagascar : les deux finalistes persuadés d'avoir remporté la victoire

Le dépouillement des bulletins de vote après le premier tour, à Antananarivo, Madagascar, le 7 novembre 2018.

Les deux finalistes de l'élection présidentielle malgache, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, se sont déclarés mercredi soir devant leurs partisans convaincus de remporter la victoire, quelques heures à peine après la clôture du scrutin.

"Le changement arrive demain et, dès aujourd'hui, vous pouvez dire que +Dada+ ("Papa", son surnom en malgache) est élu", a lancé M. Ravalomanana à son quartier général. "Quoi qu'il arrive, une seule chose compte, on va remporter la victoire !"

Son rival lui a emboîté le pas peu de temps après. "C'est le numéro 13 (son numéro sur la liste des candidats) qui mène dans tout Madagascar", a asséné M. Rajoelina, "je suis persuadé de remporter une victoire mais on va attendre les résultats officiels".

Toute la journée, les Malgaches ont voté pour départager les deux anciens chefs de l'Etat, engagés dans un duel au couteau aux airs de règlements de comtes personnel.

Selon le chef de la mission des observateurs de l'Union européenne (UE), Cristian Preda, la participation était en baisse d'environ 4 à 5% à la mi-journée par rapport à celle du premier tour (54,%).

La rivalité voire l'inimitié exacerbées entre les deux hommes fait planer le risque d'une nouvelle crise politique dans un pays qui en a connu de nombreuses depuis son indépendance de la France en 1960.

Dès la fermeture des bureaux de vote, les opérations de dépouillement ont débuté dans une chaude ambiance.

Dans le lycée JJ Rabearivelo, dans le centre de la capitale du pays Antananarivo, le comptage de chacune des voix des candidats numéros 25 et 13, a été salué par les cris de joie de leurs partisans chauffés à blanc, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- Rancunes -

La Commission électorale (Ceni) a promis de publier les premiers résultats significatifs après Noël.

Lors des dernières semaines de campagne, tous les deux ont laissé libre cours à leur rancunes personnelles, nées de la crise de 2009.

Elu président en 2002, M. Ravalomanana a été contraint à la démission sept ans plus tard par une vague de violentes manifestations ourdies par M. Rajoelina. Maire de la capitale, ce dernier avait alors été installé par l'armée à la tête d'une présidence non-élue.

Ils avaient été privés de revanche en 2013, interdits de candidature à la faveur d'un accord de sortie de crise validé par la communauté internationale.

Pour retrouver le pouvoir, MM. Rajoelina et Ravalomanana n'ont pas lésiné sur les moyens financiers, apparemment illimités, ni à s'accuser de fraude.

Dès leur second débat télévisé dimanche dernier, M. Ravalomanana a reproché à son rival de préparer la fraude, faisant état de la circulation de "fausses cartes d'identité et de fausses cartes d'électeurs".

Il a assuré mercredi qu'il n'accepterait "jamais" les résultats "s'il y a de la fraude".

Quelques heures plus tard, le camp de M. Rajoelina a riposté en dénonçant les "nombreuses manipulations, actes de corruption et tentative de détournement des voix de la part des partisans du candidat 25".

- Enjeux -

Pour nombre d'observateurs, ces échanges laissent présager de très vives tensions dès la confirmation des premières tendances.

"Les résultats pourraient être très serrés et, dans ce contexte, même des irrégularités très minimes pourraient amener l'un ou l'autre candidat à les contester", a pronostiqué Marcus Schneider, analyste à la fondation allemande Friedrich Ebert.

Comme l'a souligné l'ancien ministre de l'Education et candidat malheureux au premier tour, l'universitaire Paul Rabary, la défaite leur est interdite.

"Pour Marc Ravalomanana, c'est une question de vie ou de mort. Son groupe ne peut pas survivre s'il ne reprend pas le pouvoir", a-t-il résumé. "Quant à Andry Rajoelina, son histoire personnelle est salie par le coup d'Etat. Il doit gagner pour laver son honneur".

Le Premier ministre en exercice Christian Ntsay a appelé les deux candidats à la raison. "Je suis sûr qu'ils sauront calmer leurs partisans (...), le pays ne mérite pas d'autres troubles", a-t-il estimé.

Ce face-à-face au tour très personnel a largement occulté les problèmes de fond du pays, un des plus pauvres du continent africain.

Manque criant d'infrastructure, corruption, insécurité, pauvreté, la Grande île et ses 25 millions d'habitants cumulent tous les handicaps. Victime du réchauffement climatique, sa pointe sud souffre depuis des années d'une sécheresse qui met en péril sa population.

"J'attends du prochain président (...) qu'il nous sorte de la pauvreté infernale dans laquelle nous vivons", a souhaité Monique Norosoa, une femme au foyer de 45 ans qui a voté dans le centre d'Antananarivo.

"Il doit mettre de côté ses intérêts personnels pour se consacrer à l'amélioration de la vie de tous les Malgaches".

Avec AFP

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Inondations meurtrières à Madagascar

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Des inondations font une dizaine de morts à Madagascar

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Le bilan du naufrage à Madagascar passe à 85 morts

Le général Serge Gelle, survivant du crash d'un hélicoptère à Madagascar alors qu'il était en mission de sauvetage.

Le bilan du naufrage lundi d'un bateau de transport de marchandises au nord-est de Madagascar est passé à 85 morts, a-t-on appris jeudi auprès des autorités maritimes et des gendarmes, qui ont retrouvé 21 corps supplémentaires.

"Le bilan s'élève à 85 morts, dont 21 corps repêchés hier" (mercredi), a affirmé à l'AFP le général de gendarmerie Zafisambatra Ravoavy.

Le nombre de passagers à bord de ce bateau en bois de douze mètres de long a également été revu à la hausse, à 138 passagers, dont seulement 50 ont pu être sauvés, ont précisé les autorités maritimes.

Le navire, qui n'était pas autorisé à embarquer de passagers, était parti de la petite localité d'Antseraka en direction de Soanierana-Ivongo, près d'une centaine de km plus au sud. Il s'est échoué tout près de sa destination.

La plupart de passagers étaient des saisonniers, qui venaient de cueillir de la girofle et rentraient chez eux pour les fêtes de fin d'année.

"Des effets personnels, des cartes d'identité et de l'argent ont été retrouvés par les secours", a expliqué Alban Menavolo, maire de Soanierana Ivongo.

"La plupart des passagers étaient des saisonniers, originaires de la campagne", poursuit-il. "Ces Malgaches étaient partis récolter le clou de girofle, un peu plus au nord du port de départ, et en prenant le bateau, ils comptaient rejoindre leur famille avec l'argent gagné, pour les fêtes de fin d'année", a-t-il confié à l'AFP.

La distance se parcourt en un peu plus de deux heures en bateau, contre au moins huit en taxi brousse, selon plusieurs habitants.

Une messe est prévue jeudi pour les défunts et les drapeaux sont en berne dans tout le pays. Le président Andy Rajoelina avait annoncé mardi cette journée nationale de deuil, pour marquer la tragédie de ce naufrage et d'un crash d'hélicoptère qui a fait deux disparus le même jour.

Naufrage à Madagascar: au moins 64 morts

Des enquêteurs échangent avec des habitants sur les rives après un accident de bateau qui a fait des dizaines de morts à Soanierana Ivongo, dans le nord de Madagascar, le 20 décembre 2021.

Un deuil national a été décrété sur la Grande île.

Un naufrage a fait au moins 64 morts au large des côtes du nord-est de Madagascar, et des recherches sont en cours pour retrouver les disparus, a indiqué mercredi l’Agence portuaire maritime et fluviale (APMF).

Cinquante personnes ont été retrouvées vivantes, a précisé l'agence.

L'incident a eu lieu lundi. Il s'agissait d'un navire de marchandises qui n'était pas autorisé à transporter des personnes, selon Mamy Randrianavony, directeur des opérations en mer à l'APMF.

Une équipe de recherche et de sauvetage a été déployée mais l'un des hélicoptères s'est écrasé en raison de vents violents. A bord se trouvait le Secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie nationale, le général Serge Gellé, et trois autres personnes.

Le ministre a survécu à l'incident, aidé par des habitants des villages environnants.

Mardi, le président Andry Rajoelina a rendu hommage aux secouristes et offert ses condoléances aux familles des victimes du naufrage dont il a qualifié le bilan de "terrible".


Selon le quotidien Madagascar Tribune, le bateau naufragé opérait "clandestinement" et avait à son bord "plus de 130 personnes".

Le drapeau national sera mis en berne en hommage aux victimes dès jeudi, précise le journal.

Avec Reuters.

Un ministre malgache nage pendant des heures après le crash de son hélicoptère

Toamasina, Madagascar.

Le secrétaire d'Etat malgache à la Gendarmerie, le général Serge Gellé, a nagé près de douze heures pour rejoindre le rivage après que l'hélicoptère qui le transportait s'est écrasé en mer, ont indiqué mardi la gendarmerie et les autorités maritimes.

Outre le ministre, l'hélicoptère, qui s'est écrasé au large des côtes nord-est du pays, transportait trois gendarmes. L'un d'eux, éjecté en même temps que M. Gellé, a lui aussi survécu, tandis que les deux autres sont portés disparus, selon ces sources.

Le ministre et le gendarme survivants ont été retrouvés séparément par des riverains sur la plage de Mahambo, à environ 75 km au nord de Toamasina, la grande ville portuaire de l'est malgache, a précisé le directeur de l'autorité maritime, Jean-Edmond Randrianantenaina.

Selon lui, "a priori, les deux hommes ont été éjectés de l'hélicoptère et ont ensuite été séparés en mer. Ils n'étaient pas ensemble".

"Mon tour de mourir n'est pas encore arrivé, merci à Dieu" et "aux villageois et aux pêcheurs de Mahambo", déclare dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Serge Gellé, 57 ans, secouru par la population locale.

Les traits tirés, vêtu d'un treillis et allongé sur chaise longue, le ministre, général de gendarmerie de 57 ans, précise n'avoir "aucune blessure, seulement froid". "Je pourrai reprendre le travail d'ici 24 heures", assure-t-il.

"C'est un militaire de caractère", a commenté auprès de l'AFP le général de gendarmerie Zafisambatra Ravoavy qui a travaillé longtemps avec le général Gellé.

"Il a toujours pratiqué le sport avec beaucoup d'endurance. Et il a gardé ce rythme même en étant ministre, comme un jeune de 30 ans. Il a un moral d'acier, il a été rejeté par les vagues et il n'a pas lâché", a-t-il ajouté, précisant que le général s'était servi d'un coussin de siège de l'hélicoptère comme bouée de sauvetage.

Le général Gellé fait partie des nouvelles recrues du président Andry Rajoelina et est entré au gouvernement à la faveur du dernier remaniement en août, après plus de 30 ans de carrière dans la gendarmerie.

L'hélicoptère transportait le ministre et les trois gendarmes vers Antseraka (nord-est), petite localité au large de laquelle un navire a fait naufrage lundi matin, faisant au moins 21 morts et une soixantaine de disparus, selon un bilan actualisé des autorités maritimes mardi.

La gendarmerie malgache a indiqué ne pas connaître dans l'immédiat les circonstances de la chute de l'hélicoptère. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux occupants portés disparus.

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