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Londres sommé par l'ONU de rendre les Chagos à l'île Maurice

L'archipel des Chagos

Le Royaume-Uni a subi mercredi un revers cinglant à l'Assemblée générale de l'ONU où une majorité de pays lui a demandé de rétrocéder sous six mois à l'île Maurice l'archipel des Chagos qui abritent une base britannico-américaine stratégique.

Initiée par Maurice, une résolution en ce sens, non contraignante mais à forte valeur politique, a été adoptée par 116 pays, six s'exprimant contre dont les Etats-Unis et 56 Etats choisissant l'abstention.

Les pays africains ont voté massivement en faveur de la résolution, les Européens affichant des positions divergentes, partagés entre leur soutien à un pays de l'Union européenne et le respect du droit international.

Les Chagos se trouvent au coeur d'un litige vieux de cinq décennies, depuis la décision britannique de séparer en 1965 cet archipel de l'île Maurice et d'y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l'île principale de Diego Garcia.

L'île Maurice a obtenu son indépendance en 1968. Le Royaume-Uni avait expulsé environ 2.000 Chagossiens vers Maurice et les Seychelles pour faire place à la base militaire. Depuis 1975, Maurice a multiplié les procédures judiciaires afin d'obtenir le retour des îles Chagos dans son giron.

"Le colonialisme ne peut plus être toléré", a lancé le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth, regrettant que Londres "n'ait pas fait amende honorable" après l'avis de la Cour internationale de justice (CIJ).

Cette instance a déclaré fin février dans un avis consultatif que Londres devait "dans les plus brefs délais" mettre fin à son administration des Chagos.

Cet avis étant resté sans suite, Maurice avait décidé de porter le dossier devant l'Assemblée générale des Nations unies, même si ses décisions n'ont pas force de loi internationale comme les décisions du Conseil de sécurité.

- "Dernière colonie britannique" -

L'ambassadrice britannique à l'ONU Karen Pierce a souligné que ce dossier était un problème bilatéral et a insisté sur le "rôle vital" de la base militaire pour la sécurité de la région, "dont Maurice".

Dans leur avis, les juges de la plus haute juridiction des Nations unies avaient estimé que le Royaume-Uni avait "illicitement" séparé l'archipel des Chagos de l'île Maurice.

En 2017, seulement quinze pays dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis avaient voté contre une demande par Maurice de saisie de la CIJ.

Coincés entre leur soutien à Londres et la nécessité de respecter la justice internationale, 65 pays s'étaient alors abstenus dont l'Allemagne, la France ou le Canada, tandis que 94 avaient voté en faveur de la demande de Maurice d'un avis juridique international.

Pravind Jugnauth avait déjà estimé en février que "le temps était arrivé pour le démantèlement de la dernière colonie britannique en Afrique". Il avait souligné dans le même temps que Port Louis ne réclamait pas le démantèlement de la base britannico-américaine de Diego Garcia.

Pour justifier le maintien de son contrôle, le Royaume-Uni avait alors insisté sur le rôle défensif de cette base qui permet de défendre le monde contre "les menaces terroristes, le crime organisé et la piraterie".

En 2016, le Royaume-Uni a prolongé jusqu'en 2036 un contrat sur l'utilisation de la base militaire avec les Etats-Unis. Celle-ci a joué un rôle stratégique clé lors de la Guerre froide avant d'être utilisée dans les années 2000 lors des conflits en Irak et en Afghanistan.

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Grand spectacle au Mondial 2019: l'Australie remonte le Brésil

La Brésilienne Marta, fête avec ses coéquipières du Groupe C de la Coupe du Monde, à Montpellier en France, remporté par l'Australie (3-2) le 13 juin 2019.

Une remontada, beaucoup de joueuses de talent, des belles actions en pagaille: l'Australie a remonté deux buts pour battre le Brésil (3-2) dans un match magnifique, jeudi à Montpellier au Mondial-2019.

L'Australie se rachète de son entrée manquée contre l'Italie (2-1) dans ce groupe C relevé.

"C'est une des plus belles performances du football australien, je suis très fier des filles", a salué leur sélectionneur, Ante Milicic.

Les Brésiliennes devront impérativement finir le travail contre les "Azzurre" mardi, pour gonfler les trois points déjà pris contre la Jamaïque (3-0), mais sans la Parisienne Formiga, suspendue et blessée au pied.

Elles peuvent se mordre les doigts d'avoir gaspillé leur avance, acquise grâce à un penalty de Marta 27 s.p.) et le but magistral de Cristiane (38), au terme d'une action collective. Mais les "Matildas" étaient un brin au-dessus, dans le jeu collectif et dans l'envie.

L'opposition de style a donné toute sa saveur au match. Moins bien organisées mais plus instinctives, à l'image de la formidable Debinha, les Brésiliennes ont d'abord frappé en contres.

Marta, remise de sa blessure à la cuisse gauche qui lui a fait manquer le premier match, a ouvert le score sur penalty (27 s.p.) avant de sortir à la pause.

La faute est venue d'Elise Kellond-Knight, qui a légèrement tiré par le maillot Leticia Santos et l'a déséquilibrée.

- Le plus beau but -

Puis les Brésiliennes ont marqué peut-être le plus beau but depuis le début de la compétition: après un petit-pont de Tamires sur Emily Gielnik, la latérale a parfaitement lancé Debinha dans la profondeur, dont le centre a été parfaitement repris d'une tête décroisée par Cristiane.

La buteuse auriverde revient ainsi à une longueur de l'Américaine Alex Morgan (5 buts) après son triplé contre les "Reggae Girlz".

Mais les "Matildas" n'ont pas baissé les bras. Après des tentatives de Tameka Yalop (43) et Gielnik (45), elles ont décroché la réduction du score juste avant la pause, Caitlin Foord reprenant en force une déviation de Chloe Logarzo dans une défense brésilienne submergée (45+2).

A la mi-temps, Vadao a remplacé ses deux stars, Marta par Ludmila et Formiga par Luana. Formiga a été touché au pied, a expliqué le sélectionneur. A 41 ans, elle s'est épuisée à passer une mi-temps à chasser seule les deux milieux avancés de l'Australie, dont l'increvable Tameka Yalop.

Pour la deuxième période, Vadao a aussi troqué son 4-1-4-1 pour un 4-3-3 calqué sur celui des Australiennes. Mais cela n'a pas empêché le retour des Océaniennes, sur centre de Chloe Logarzo transformé en but (58), personne ne le touchant, ni Samantha Kerr, la destinatrice, ni les Brésiliennes.

Kerr, la star australienne, n'a pas marqué, mais elle a poussé Monica à marquer contre son camp (66). L'attaquante était hors-jeu, signalé, sur l'action, mais elle n'a pas touché le ballon. Après consultation de la vidéo, la Suissesse Esther Staubli a finalement accordé le but.

Les Brésiliennes ont poussé jusqu'au bout, et réclamé un "penalty évident", selon Marta pour un ceinturage sur Andressa. "Il y a de quoi être en colère", a pesté la star brésilienne.

Mais les Australiennes, plus fraîches, ont tenu. Toutes les actrices de ce match ont en tout cas offert une très belle publicité au foot féminin.

Mondial 2019: La Chine envoie l'Allemagne... et les Bleues en 8e de finale

Le bonheur de la Chine est contagieux: son succès contre l'Afrique du Sud (1-0) jeudi propulse l'Allemagne et surtout la France, pays organisateur, en huitièmes de finale du Mondial féminin.

Quatre jours avant leur dernier match de poule, à Rennes contre le Nigeria, les Bleues sont assurées de terminer au pire parmi les quatre meilleures "troisièmes" de groupe.

Les joueuses de Corinne Diacre auront sûrement à cœur de réaliser un sans-faute, après leurs victoires initiales contre la Corée du Sud (4-0) et la Norvège (2-1), mais cela leur permet d'aborder encore plus sereinement leur dernier match de poule en Bretagne.

Le court succès des Chinoises fait également les affaires de l'Allemagne, prétendant comme la France au titre mondial, assuré de finir dans les deux premières places qualificatives du groupe B.

Dans un Parc des princes à moitié rempli, la Chine a fait honneur à son rang de 16e nation au classement Fifa devant des "Banyana Banyana" (49e rang mondiale) courageuses mais peu dangereuses pour le second match de leur histoire en Coupe du monde.

Les Chinoises ont fait le siège de la gardienne sud-africaine avant de trouver la solution par Li Ying (40e). La N.10 a jeté sa jambe gauche pour reprendre victorieusement, du tibia, un centre de Zhang Rui venu de la droite.

Ce but à l'arraché permet à l'équipe de Chine d'effacer quelque peu la désillusion du match précédent, où elle s'était inclinée de justesse (0-1) face à l'Allemagne, une des nations favorites pour le sacre mondial.

La voilà revenue à la hauteur de l'Espagne (3 points également), son prochain adversaire lundi au Havre et surtout son plus sérieux concurrent dans le groupe B. La rencontre dans la cité normande aura un air de "petite finale" pour la qualification en huitième de finale.

"L'Espagne est une équipe très forte, ils ont un style traditionnel qui ressemble à la sélection masculine", mais "j'espère que les joueuses vont pouvoir déployer leur potentiel", a lancé le sélectionneur chinois, Jia Xiuquan.

- Kgatlana trop seule -

Si la victoire des Chinoises ne souffre d'aucune contestation, elles ont cependant eu du mal à concrétiser leurs temps forts jeudi, par manque de précision plus que d'occasions.

Elles en ont eu à la pelle, notamment par la "locale" Wang Shuang, mais les tentatives de la jeune attaquante du Paris SG (33e, 84e) n'ont pas fait mouche.

Deux minutes après avoir marqué, elles ont failli récidiver sur une tête de Wang Shanshan (42e). La barre transversale puis la "goal line technology", qui a photographié le ballon sur la ligne de but, ont refusé le 2-0. Yang Li a eu sa chance aussi en toute fin de partie mais la gardienne a repoussé sa frappe à bout portant (90e).

Volontaires mais très maladroites, les Sud-Africaines n'ont eu que quelques contre-attaques à se mettre sous la dent, sous l'impulsion de Thembi Kgatlana qui a soit manqué de jus, soit de partenaires pour mener à bien ses raids.

"Bien sûr nous sommes déçus mais c'est une performance honorable", a réagi la sélectionneuse Desiree Ellis, "fière" de son équipe.

Nouvelle-Zélande: l'Australien inculpé pour la tuerie de Christchurch plaide non coupable

Brenton Tarrant

L'extrémiste australien Brenton Tarrant, inculpé pour le meurtre de 51 fidèles en mars dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a suscité vendredi la colère des victimes en apparaissant le sourire aux lèvres à l'audience, alors que ses avocats plaidaient non coupable en son nom.

Son conseil, Shane Tait, a déclaré à la Haute Cour de cette grande ville du sud de l'archipel que son client plaidait "non coupable de tous les chefs d'accusation", ce qui a aussi provoqué l'incrédulité des survivants et proches des victimes du carnage.

Brenton Tarrant, qui se définit lui-même comme un suprémaciste blanc, est apparu lors de cette brève audience par visioconférence depuis la prison de haute sécurité d'Auckland.

Il a été inculpé de 51 chefs de meurtre, de 40 chefs de tentative de meurtre et d'un chef d'acte terroriste.

Son procès débutera en mai 2020, a annoncé vendredi le juge.

Le 15 mars, cet Australien de 28 ans avait ouvert le feu pendant la prière du vendredi dans deux mosquées de Christchurch, la plus grande ville de l'île du Sud. Il avait diffusé son action en direct sur Facebook.

- "Laissez-moi dans sa cellule" -

Le sourire qu'il a affiché lors de la retransmission à l'audience a provoqué la colère des survivants de ce qui est le pire massacre commis de l'histoire moderne néo-zélandaise, et qui étaient massés en nombre sur les bancs du public.

"Cela montre juste qu'il est un animal", a déclaré à l'AFP à l'extérieur du tribunal Mustafa Boztas, qui a été blessé à la cuisse. "Il est tellement triste que quelqu'un puisse être à ce point inhumain et prendre la vie d'innocents."

Abdul Aziz, un réfugié afghan, a expliqué qu'il voulait revoir le visage de l'accusé. Le 15 mars, c'est lui qui s'était opposé au tireur à la mosquée de Linwood et l'avait poursuivi à l'extérieur muni seulement d'un terminal de paiement par carte bancaire, ce qui avait vraisemblablement permis de sauver des vies.

"Il rigolait ici et il pense qu'il est un dur, mais il n'était qu'un lâche quand je me suis opposé à lui et qu'il est parti en courant", a-t-il dit.

"A ce moment-là, il n'était pas suffisamment un homme pour se tenir face à moi, mais maintenant, il se tient là en souriant."

"Laissez-moi 15 minutes dans sa cellule et on verra s'il peut encore sourire."

- Apte à être jugé -

Au cours de l'audience de vendredi, le tribunal a été informé que des expertises psychiatriques avaient établi que Tarrant était apte à être jugé, selon un communiqué diffusé par le juge Cameron Mander peu après l'audience.

Le juge Cameron Mander a fixé au 4 mai 2020 l'ouverture d'un procès qui devrait s'étaler sur au moins six semaines. Mais des juristes relèvent que ce procès, le plus grand jamais organisé en Nouvelle-Zélande, pourrait durer deux fois plus longtemps.

Une nouvelle audience a été fixée au 15 août.

Didar Hossain, qui a perdu un oncle et plusieurs amis le 15 mars, a déploré qu'il faille attendre autant pour obtenir justice.

"Cela devrait être fini dans les six mois. Ce serait mieux pour nous. Nous ne sommes pas contents", a-t-il dit.

Le juge Mander a interdit aux médias de prendre des photos ou des vidéos de l'apparition de Tarrant sur la transmission audiovisuelle diffusée pendant l'audience. Il a en revanche autorisé l'utilisation d'images prises lors d'une audience précédente qui avait eu lieu en avril.

A la suite du massacre de Christchurch, Le gouvernement néo-zélandais a durci la législation locale sur les armes et a annoncé qu'il allait réexaminer les lois concernant la répression des discours de haine.

Le gouvernement a par ailleurs apporté son soutien aux efforts internationaux visant à amener les géants des réseaux sociaux à faire davantage pour combattre l'extrémisme en ligne.

Avec AFP

Washington accuse Téhéran d'être "responsable" des attaques contre des pétroliers

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, lors de son point de presse, sur la situation de crise dans le golfe, au Département d'État des États-Unis, le 13 juin 2019

Les Etats-Unis ont accusé sans détour l'Iran d'être "responsable" des attaques de jeudi contre deux pétroliers en mer d'Oman, un incident qui fait craindre un nouvel embrasement dans le Golfe.

Pétrolier en feu, opérations de sauvetage de dizaines de marins: deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible d'une attaque dans un passage maritime stratégique mondial, ce qui a immédiatement fait grimper les prix du pétrole.

La tension était déjà élevée depuis de précédentes attaques, il y un mois quasiment jour pour jour, contre quatre navires au large des Emirats arabes unis, acte pour lequel Téhéran avait déjà été montré du doigt par Washington.

Mais, à l'époque, l'administration de Donald Trump avait pris plusieurs jours avant de parvenir à cette conclusion.

Jeudi, sa réaction a été immédiate.

"Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d'Iran est responsable des attaques de ce jour en mer d'Oman", a lancé le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d'une allocution solennelle, accusant Téhéran de vouloir empêcher le passage du pétrole par le détroit d'Ormuz pour perturber le marché mondial.

Il a évoqué, à l'appui de ses accusations, des informations récoltées par les services de renseignement, "les armes utilisées", les précédentes attaques contre des navires et le fait qu'aucun des groupes alliés de l'Iran dans la région n'ait les moyens d'atteindre "un tel niveau de sophistication".

L'US Navy a vu une mine non explosée sur le flanc d'un des pétroliers, selon un responsable américain, qui n'a toutefois pas été en mesure d'évoquer un lien entre cet engin et l'Iran à ce stade.

Pour Mike Pompeo, ces actes "représentent une menace claire pour la paix et la sécurité internationales, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l'Iran".

- "Suspicieux" -

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen contre les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, a aussi dénoncé une "escalade majeure", mettant en cause, au moins indirectement, le régime iranien.

L'Iran avait pourtant auparavant exprimé ses "inquiétudes" après des "incidents suspects", indiquant avoir secouru 44 membres d'équipage des deux pétroliers après des appels de détresse.

"Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment" de ces "attaques" contre des "tankers liés au Japon survenues" au moment même où le Premier ministre japonais Shinzo Abe rencontrait le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a réagi sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

La région subit depuis plus d'un mois une escalade des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Washington, qui ne cesse de durcir ses sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran après avoir claqué la porte il y a un an de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, a soudainement multiplié début mai les déploiements militaires au Moyen-Orient, accusant le régime iranien de préparer des attaques "imminentes" contre des intérêts américains.

Selon le commandement central américain (Centcom), chargé notamment du Moyen-Orient, l'USS Mason a fait route vers le navire japonais attaqué "pour fournir de l'assistance". Ce destroyeur lance-missiles doit rejoindre l'USS Bainbridge, qui a secouru les 21 membres d'équipage du Kokuka Courageous.

La République islamique a balayé ces accusations tout en menaçant de s'affranchir de certaines restrictions à son programme nucléaire.

Le chef de l'ONU Antonio Guterres a averti jeudi que le monde ne pouvait pas se permettre un conflit majeur dans le Golfe.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en urgence à huis clos. L'ambassadeur américain Jonathan Cohen a répété que tous les éléments semblaient désigner l'Iran, ont rapporté des diplomates.

"Il faut que le Conseil de sécurité reste saisi du sujet", a fait valoir Jonathan Cohen. "Si on ne réagit pas, d'autres attaques sont possibles".

"L'Iran rejette catégoriquement les accusations infondées des Etats-Unis et les condamne dans les termes les plus forts", a répliqué la mission iranienne auprès de l'ONU dans un communiqué jeudi soir.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a dénoncé "une évolution dangereuse" au Moyen-Orient.

Les circonstances des attaques sont encore floues.

- "Trop tôt" pour un accord -

A Oslo, les autorités maritimes ont fait état de trois explosions à bord d'un pétrolier norvégien. Battant pavillon des îles Marshall et propriété du groupe norvégien Frontline, le pétrolier "Front Altair" a été "attaqué" entre les Emirats et l'Iran "à 06H03 locales", ont-elles indiqué, précisant qu'aucun membre d'équipage n'avait été blessé et que ce tanker de 111.000 tonnes était en flammes.

La télévision d'Etat iranienne Irib a montré des images spectaculaires d'une épaisse colonne de fumée noire s'élevant du navire.

Le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs mais son équipage a été sauvé --un marin a toutefois été légèrement blessé-- et sa cargaison de méthanol est intacte, a affirmé son opérateur japonais Kokuka Sangyo. Le navire se dirigeait vendredi vers le port omanais de Khor Fakkan.

Malgré son accusation directe contre l'Iran, l'administration américaine n'a annoncé aucune nouvelle mesure de représailles. Elle a même, d'une certaine manière, réitéré son appel au dialogue que venait de repousser le Guide suprême iranien.

L'ayatollah Khamenei a ainsi rejeté jeudi tout dialogue avec Donald Trump, qui "ne mérite pas qu'on échange des messages avec lui".

Le président des Etats-Unis a tweeté qu'il était "trop tôt pour ne serait-ce qu'envisager de trouver un accord". "Ils ne sont pas prêts et nous non plus", a-t-il écrit, après avoir multiplié les appels du pied ces dernières semaines.

Mais, selon Mike Pompeo, Washington souhaite toujours que Téhéran revienne à la table des négociations "le moment venu".

Avec AFP

Nouvelle audience d'extradition pour Julian Assange, accusé d'espionnage

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks.

Une audience se tient vendredi matin devant le tribunal londonien de Westminster pour examiner la demande d'extradition du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, déposée par les Etats-Unis qui l'accusent d'espionnage.

L'audience devrait surtout avoir trait à des éléments de procédure, avec le dépôt des preuves à l'appui de cette demande d'extradition, a déclaré mardi le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson lors d'une conférence de presse. Julian Assange ne devrait pas être présent et s'il l'est, ce sera par visioconférence, a-t-il précisé.

La "première vraie confrontation des arguments", entre la défense et les autorités américaines, aura lieu dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon M. Hrafnsson.

Une précédente audience prévue fin mai avait été reportée, les avocats de l'Australien, actuellement détenu dans la prison de Belmarsh (sud-est de Londres) faisant valoir qu'il était en mauvaise santé.

Réfugié pendant près de sept ans à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a bénéficié de l'asile politique, M. Assange, 47 ans, en a été extrait le 11 avril par la police britannique avec l'aval de Quito. Il a été immédiatement placé en détention puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Washington accuse l'Australien de 47 ans d'espionnage et a formellement requis mardi son extradition.

Les Etats-Unis lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Ils l'accusent également d'avoir "comploté" avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent.

Julian Assange est soupçonné d'avoir "aidé" et "incité" le soldat Manning "à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère", a indiqué fin mai le ministère américain de la Justice, en révélant dix-sept nouveaux chefs d'inculpation.

- "Risques d'atteintes aux droits" -

La lecture "de l'acte d'accusation est très révélatrice de la nature de toute cette affaire", a estimé mardi Kristinn Hrafnsson, en soulignant que la législation anti-espionnage invoquée par la justice américaine était un "cadre juridique archaïque" qui "n'a jamais été utilisé contre un éditeur et un journaliste auparavant".

Pour lui, cette affaire constitue un "moment décisif pour la préservation du journalisme. Pour la liberté de la presse".

L'avocat Christophe Marchand, membre de l'équipe juridique de Julian Assange, craint que si celui-ci "pose le pied sur le territoire américain, il ne quitte jamais le pays. Il restera en prison toute sa vie parce que c'est une question de vengeance" pour les Etats-Unis, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de mardi.

Amnesty International plaide également pour que les autorités britanniques n'accèdent pas à la demande d'extradition américaine car Julian Assange "court un risque réel et grave d'atteintes à ses droits s'il y est envoyé".

"Le Royaume-Uni doit respecter son engagement de ne pas l'envoyer dans des endroits où il pourrait être soumis à la torture, à des mauvais traitements ou à la peine de mort", a déclaré Massimo Moratti, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Europe, cité dans un communiqué de l'ONG.

C'est officiellement pour éviter l'extradition aux Etats-Unis que l'Australien s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres, se soustrayant ainsi à une demande d'arrestation de la justice suédoise qui le recherchait pour viol et agression sexuelle présumés de deux Suédoises en août 2010 - une affaire depuis classée.

En annonçant jeudi avoir certifié la demande d'extradition américaine, le ministre britannique de l'Intérieur Sajid Javid a déclaré que "c'est maintenant aux tribunaux de décider".

Il appartiendra toutefois au final au ministère de l'Intérieur d'appliquer ou pas la décision de justice.

Avec AFP

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