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Iles Chagos : Londres regrette l'expulsion "honteuse" des habitants

Theresa May lors d'une réunion à 10 Downing Street à Londres, le 24 juillet 2018.

Le Royaume-Uni a exprimé lundi ses "regrets" devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour la "manière honteuse" dont les habitants des îles Chagos avaient été traités en 1965, tout en estimant que ce tribunal n'était pas l'endroit adéquat pour régler son différend avec l'île Maurice, qui revendique sa souveraineté sur cet archipel britannique de l'océan Indien qui accueille une importante base militaire américaine.

Les débats se sont ouverts lundi devant le tribunal de La Haye sur l'avenir de ce territoire séparé de l'île Maurice par le colonisateur britannique en 1965, et où Londres a ensuite installé une base commune avec les Etats-Unis sur l'île de Diego Garcia.

La séparation de l'archipel de 55 îles, dont seules trois sont habitées, a été suivie de l'expulsion d'environ 2.000 Chagossiens vers l'île Maurice et les Seychelles pour faire place à la base militaire de Diego Garcia.

"La manière dont les Chagossiens ont été ensuite traités est honteuse et nous la regrettons vivement", a affirmé le député britannique et conseiller juridique du gouvernement, Robert Buckland.

"Mais il s'agit d'un différend bilatéral" entre Londres et Port-Louis, et les juges de la CIJ devraient "renoncer à donner leur avis sur la question", a-t-il ajouté.

Plus tôt, l'ancien président mauricien Anerood Jugnauth avait affirmé que "plus de cinquante ans après l'indépendance, le processus de décolonisation de Maurice reste incomplet". Le découpage territorial a été effectué "sous la contrainte" dans le cadre des pourparlers sur l'indépendance de l'île Maurice accordée trois ans plus tard par Londres.

- Avis consultatif -

La session ouverte lundi est la conséquence d'une résolution adoptée en juin 2017 par l'Assemblée générale de l'ONU. Dans un revers diplomatique infligé à Londres, le texte présenté par Maurice et soutenu par les pays d'Afrique demandait à la CIJ son avis dans ce litige qui dure depuis plus d'un demi-siècle.

Les 15 juges de l'organe judiciaire principal des Nations unies doivent entendre les arguments sur "les conséquences légales de la séparation de l'archipel des Chagos de Maurice".

L'Union africaine et 22 pays, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Allemagne et plusieurs pays d'Asie et d'Amérique latine, doivent prendre part à la procédure prévue sur quatre jours.

Ensuite, les juges de la CIJ, un tribunal chargé notamment d'examiner les conflits juridiques entre Etats, émettront leur "avis consultatif" dans un délai qui peut se compter en mois, voire en années.

Cet avis non contraignant pourrait apporter de l'eau au moulin de Maurice qui réclame le retour des Chagos dans son giron et estime que Londres "a illégalement démembré" son territoire.

L'avocat général de Maurice, Philippe Sands, a diffusé lundi une vidéo présentant le témoignage émouvant d'une Chagossienne expulsée, Marie Elyse, qui a fait part, en pleurs de sa volonté de retourner "sur son île de naissance".

Le Royaume-Uni s'était servi des pourparlers sur l'indépendance de ce territoire semi-autonome pour parvenir à ses fins, tout en versant une somme de 3 millions de livres de l'époque en échange des Chagos.

Lors de rencontres secrètes à Londres, le Premier ministre britannique de l'époque, Harold Wilson, avait voulu "faire peur" aux responsables mauriciens pour les forcer à céder l'archipel convoité, a affirmé lundi M. Jugnauth.

- Bombardements américains -

Harold Wilson leur a dit qu'ils pouvaient rentrer à Port Louis "avec ou sans l'indépendance" et que "la meilleure des solutions pourrait être l'indépendance et le détachement (des Chagos) par le biais d'un accord", a-t-il poursuivi.

"C'est avec en toile de fond cette énorme pression et dans des circonstances équivalant à la contrainte que, moins de cinq heures plus tard, quatre des cinq représentants de Maurice ont cédé le détachement de l'archipel des Chagos", a-t-il dit.

Un peu plus tard, alors que la guerre froide s'intensifiait, le Royaume-Uni a établi, au début des années 1970, une base militaire conjointe avec les États-Unis à Diego Garcia, la plus grande et la plus connue des Chagos. Depuis, la base - dont le bail court jusqu'en 2036 - a joué un rôle clé dans des opérations militaires américaines.

La base a notamment servi aux campagnes de bombardement américaines en Afghanistan et en Irak.

Le vote de la résolution sur la saisine de la CIJ était considéré comme un test de la capacité du Royaume-Uni à rallier ses voisins européens, un an après son référendum de sortie de l'UE.

Mais ce vote par 95 voix contre 15 a surtout été marqué par l'abstention de 65 pays dont de nombreux membres de l'Union européenne comme la France, l'Italie et l'Allemagne.

Londres s'est à plusieurs reprises engagé à céder l'archipel des Chagos à Maurice lorsqu'il ne sera plus nécessaire à des fins de défense.

Avec AFP

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Beyrouth annonce des élections parlementaires anticipées en pleines manifestations exacerbées par l'explosion

La police anti-émeute libanaise arrête un manifestant anti-gouvernemental, qui tentait d'atteindre le bâtiment du Parlement, lors d'une manifestation contre les élites politiques et le gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le samedi 8 août 2020. (Photo AP / Hussein Malla)

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Beyrouth contre la classe politique jugée responsable du drame qui a fait plus de 150 morts, 6.000 blessés, plus de 300.000 sans-abri et des disparus. Le gouvernement annonce les élections parlementaires anticipées.

Les manifestants se sont dirigés vers la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations, avec pour mot d'ordre "Le Jour du jugement". Des guillotines en bois y ont été installées et des manifestants brandissaient des cordes avec un noeud coulant à leur extrémité.

Les foules scandaient: "Vengeance, vengeance, jusqu'à la chute du régime". Certains portaient des masques, d'autres des drapeaux ou des portraits des victimes de l'explosion, alors que les forces de sécurité tentaient d'empêcher certains groupes d'avancer vers le Parlement.

Des manifestants ont pris d'assaut le quartier général de l'Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d'être délogés par l'armée. D'autres protestataires ont investi le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que certains manifestants leur ont lancé des pierres. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, dangereuse substance chimique.

-Elections parlementaires anticipées-

Le Premier ministre Hassan Diab, contesté, a annoncé qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Il estime que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

"J'appelle toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir. Leurs responsables n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord", a-t-il ajouté, a affirmé M. Diab.

-Visioconférence de soutien-

L'ONU et la France organiseront dimanche une visioconférence de soutien au Liban. Pour la France, cette rencontre doit marquer le début d'une "démarche d'urgence et d'espoir pour l'avenir" du pays.

La France n'a pas voulu donner le montant de l'aide qui pourrait être dégagée dimanche, mais l'ONU a chiffré à 85 millions de dollars le coût des seuls besoins de santé. "L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population", a expliqué l'Élysée, en visant "la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et le restauration des hôpitaux et écoles".

Les représentants de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie, de Jordanie, d'Égypte y participeront. Israël n'est "pas dans le tour de table". L'Iran n'a "pas manifesté sa volonté de participer", alors que "les pays du Golfe ont été invités".

-Une catastrophe de trop-

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l'explosion de mardi a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s'était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

L'industrie aérienne envisage des réductions d'effectifs dans les 12 mois

Le logo de l'Association du transport aérien international (IATA), au salon international du tourisme ITB à Berlin, Allemagne, le 7 mars 2018. REUTERS / Fabrizio Bensch - UP1EE370TU52S

La plupart des compagnies aériennes envisage des réductions d'effectifs dans les douze mois à venir en raison d'une reprise du trafic aérien freinée par les incertitudes liées au Covid-19, selon un sondage publié mercredi par l'Association internationale du transport aérien (Iata).

"La majorité (55%) des responsables des compagnies aériennes interrogés s'attendent à devoir réduire leurs effectifs au cours des 12 mois à venir" en raison d'un trafic qui va rester faible à court terme, a indiqué l'Iata dans un communiqué.

Cette déclaration est le résultat d'un questionnaire sur la confiance des dirigeants de compagnies que l'organisation a envoyé à plus de 300 compagnies aériennes partout dans le monde.

45% des dirigeants ont indiqué avoir déjà réduit leurs effectifs en raison de l'impact de la crise du Covid-19 sur le secteur du transport aérien.

57% d'entre eux s'attendent à un recul de leur rentabilité au cours des 12 prochains mois et pensent que les prix des billets pourraient baisser en raison de la faible reprise de la demande. 19% misent sur une augmentation progressive des tarifs une fois que l'équilibre entre l'offre et la demande sera retrouvé.

L'Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, table sur un retour du trafic aérien d'avant-crise en 2024 et estime à 63% la chute du trafic en 2020 par rapport à 2019 avec un manque à gagner de 419 milliards de dollars pour le secteur, en raison de la crise du coronavirus.

L'Asie Pacifique et l'Europe devraient être les premières à retrouver un trafic au niveau de celui de 2019 alors que l'Amérique du Nord et l'Amérique latine devraient connaître un retour à la normale plus lent qu'ailleurs, selon l'Iata.

Le secteur du transport aérien a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus avec la quasi-totalité des flottes d'avions clouée au sol et la suppression de dizaines de milliers d'emplois.

L'américaine United a annoncé qu'elle pourrait congédier jusqu'à 36.000 salariés. American Airlines a évoqué le chiffre de 25.000 suppressions.

L'allemande Lufthansa veut supprimer 22.000 emplois, Air Canada 20.000, British Airways 12.000, Air France-KLM jusqu'à 12.500, l'australienne Qantas 6.000, le scandinave SAS 5.000, le britannique EasyJet 4.500.

LATAM, la compagnie la plus importante d'Amérique latine, a annoncé la suppression de 2.700 emplois et est placée, comme la colombienne Avianca, sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

En dépôt de bilan, le géant australien Virgin Australia est en passe d'être racheté par une société américaine et a annoncé mercredi qu'il allait fermer l'une de ses filiales et supprimer 3.000 postes.

La britannique Virgin Atlantic a déposé le bilan aux Etats-Unis et a déjà annoncé la suppression de 3.000 emplois.

Industrie aérienne africaine: “des faillites à partir de mai-juin”, selon l’expert Abderhamane Barthé
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Les points de contrôle à New York pour faire appliquer la quarantaine covid-19

Des gens sont assis devant le Metropolitan Museum of Art le samedi 2 mai 2020 à New York, en respectant la distanciation sociale afin de prévenir la propagation du coronavirus. (Photo AP / Ron Blum)

New York va mettre en place des postes de contrôle aux accès clés de la ville afin de s'assurer que les voyageurs en provenance d'Etats américains très affectés par le coronavirus respectent bien la quarantaine qui leur est imposée, a annoncé le maire de la ville mercredi.

Les visiteurs venus de 35 Etats connaissant une forte recrudescence de l'épidémie, comme les très peuplés Etats de Floride et du Texas, sont actuellement soumis à une quarantaine de deux semaines à leur arrivée à New York.

Afin de tenter de mieux faire respecter cette mesure, le maire Bill de Blasio a annoncé que les forces de l'ordre allaient installer "des points d'enregistrement des voyageurs" au niveau des principaux ponts et tunnels menant à la métropole à partir de jeudi.

Les voyageurs en provenance des Etats problématiques devront alors remplir un formulaire de santé. Celui-ci doit aussi aider les autorités à faire un suivi des contacts en cas d'infection.

Les personnes arrivant dans les aéroports de New York doivent déjà remplir ce formulaire. Quiconque refuse de le faire risque une amende de 2.000 dollars.

"La ville de New York tient bon contre le Covid-19, et les New-Yorkais ont montré une discipline exemplaire", a déclaré M. de Blasio. "Nous n'allons pas laisser cet effort nous filer entre les doigts et nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la santé et la sécurité des New-Yorkais."

Les individus ne respectant pas la quarantaine imposée risquent une amende de 10.000 dollars.

Plus de 32.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans l'Etat de New York, selon l'université Johns Hopkins.

La ville a été l'épicentre de l'épidémie américaine au printemps, mais a ensuite réussi à la maintenir sous contrôle, même lorsque les cas sont repartis à la hausse dans d'autres parties du pays à partir de la fin juin.

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