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Libye : Haftar reçu discrètement à Rome

Le général anti-islamiste libyen Khalifa Haftar lors de la cérémonie de son investiture en tant que nouveau chef de l'armée nationale libyenne, Tobrouk, 15 mars 2015.

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a discrètement reçu jeudi matin à Rome le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est libyen qui a lancé une offensive sur Tripoli.

"Cela a été une rencontre assez longue, un long échange d'informations. Je lui ai fait part de la position du gouvernement. Nous voulons un cessez-le-feu et nous considérons la voie politique comme l'unique solution", a déclaré M. Conte à la presse en marge d'un autre rendez-vous à la mi-journée.

Rien n'avait filtré auparavant du passage de M. Haftar en Italie. Selon des médias italiens, il devait ensuite se rendre à Paris.

Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait annoncé que le président français Emmanuel Macron envisageait de rencontrer M. Haftar.

M. Conte avait pour sa part déclaré la semaine dernière qu'il souhaitait rencontrer le responsable libyen, après avoir reçu le Premier ministre du gouvernement libyen d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, le 7 mai à Rome.

Après plus d'un mois d'offensive infructueuse des troupes du maréchal Haftar pour s'emparer du contrôle de Tripoli, la situation semble dans l'impasse tant militaire que politique en Libye.

L'Union européenne a condamné lundi l'offensive des forces du maréchal, la qualifiant de menace pour la sécurité internationale, et a appelé à un cessez-le-feu immédiat en Libye.

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Plusieurs blessés suite à l'attaque de la base militaire française à Gao

Des soldats français font exploser des mines terrestres sur le site où un kamikaze a commis un attentat, dans le nord de Gao, sur la route de Gourem, le 10 février 2013.

Un véhicule-suicide a explosé lundi à l'entrée de la vaste base française de Gao, dans le nord-est du Mali, faisant plusieurs blessés militaires et civils, selon les autorités des armées concernées.

"L'attaque a été menée par un véhicule-suicide à 15h45 (locales et GMT) à l'entrée de la partie française du camp de Gao", partagé entre la force française antijihadiste Barkhane, la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et les forces armées maliennes (FAMa), a précisé mardi à l'AFP le porte-parole de l'état-major français des armées, le colonel Frédéric Barbry.

"Deux militaires estoniens et un militaire français, blessés, demeurent hospitalisés" sur la base de Gao mais "leur état n'inspire pas d'inquiétude", a-t-il ajouté. Le précédent bilan donné côté français lundi soir faisait état de "trois blessés français et estoniens", sans plus de précision.

Le ministère estonien de La Défense a quant à lui parlé de cinq soldats estoniens blessés.

Une cinquantaine de militaires estoniens assurent à Gao des missions de patrouille et de protection des installations de l'opération Barkhane, qui mobilise 4.500 Français au Sahel et dont la principale emprise militaire au Mali est située à Gao.

Deux civils maliens ont également été blessés dans l'attaque, selon l'état-major français.

A Bamako, une source sécuritaire malienne avait indiqué plus tôt à l'AFP que l'attaque avait fait "plusieurs blessés dans le camp malien qui se trouve à côté de la partie française du camp, dont deux enfants de moins de huit ans". L'explosion a "soufflé des portes et des fenêtres", selon cette source.

"Deux personnes étaient à bord du véhicule-suicide qui arborait les couleurs de la Minusma", a précisé mardi le porte-parole de l'état-major français, confirmant partiellement des informations de source sécuritaire malienne, selon lesquelles "il y avait au moins trois kamikazes dans le véhicule piégé" qui était "peint aux couleurs des véhicules de l'ONU".

L'un des assaillants, vêtu d'un uniforme rappelant celui des forces armées maliennes, "a été neutralisé par les gardes après être sorti du véhicule armé et faisant des gestes agressifs", selon le colonel Barbry. Le second individu est mort dans l'explosion de la voiture piégée.

Selon l'état-major français, le véhicule s'est d'abord présenté à l'entrée du camp des FAMa, devant lequel se trouvait une longue file de voitures. Les attaquants se sont alors rabattus sur la porte principale de la base côté français.

Il y a un an, en juillet 2018, des soldats français de Barkhane en patrouille avaient été visés à Gao par une attaque à la voiture piégée, qui avait fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils.

En avril 2018, des jihadistes avaient tenté de prendre le contrôle du "Super Camp" de l'ONU et de la force française Barkhane à Tombouctou, dans le nord du Mali: un Casque bleu avait été tué et sept militaires français blessés lors d'un assaut d'environ quatre heures.

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit avec Barkhane. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

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